Péritio (astronomie)

Un événement péritio détecté à l'observatoire de Parkes.

En radioastronomie, un péritio est un court signal radio artificiel de quelques millisecondes ressemblant à un sursaut radio rapide (fast radio burst, FRB).

Un péritio diffère des interférences radio classiques par sa forme d'impulsion de quelques millisecondes à quelques dizaines de millisecondes, qui décroît en fréquence avec le temps. En outre, un péritio se détecte simultanément dans de nombreux faisceaux, indiquant son origine terrestre, tandis qu'un FRB réel n'apparaît que dans un ou deux des faisceaux, dénotant son origine galactique[1].

Le premier signal a été détecté en 2001 mais n'a été découvert qu'en 2007 en examinant des données anciennes. Détectées pour la première fois à l'observatoire de Parkes en Australie, les données recueillies suggéraient également que la source était locale[2],[3]. On a par la suite découvert que les signaux étaient causés par l'ouverture prématurée de la porte d'un four à micro-ondes situé à proximité.

Origine du nom

En raison de leur origine initialement incertaine, les signaux radio ont été baptisés du nom du péritio, un animal fictif imaginé par Borges, sous la forme d'un cerf ailé projetant l'ombre d'un homme. Ce nom a été choisi car, bien qu'il soit d'origine humaine, ce genre de signal présente des caractéristiques semblables au phénomène naturel des FRB[2]. Ce nom a été inventé par Sarah Burke-Spolaor et son équipe à l'université de Swinburne (en) en 2011[2].

Détection

Des péritios ont été observés à l'observatoire de Parkes en Australie et à l'observatoire radio de Bleien en Suisse[4]. Après la découverte du premier FRB en 2007, Sarah Burke a recherché des signaux similaires dans d'anciennes données. Les 16 signaux qu'elle a trouvés semblaient remplir toute la partie du ciel observable par le télescope, et ce manque de directivité l'a conduit à en déduire que les signaux étaient d'origine humaine et terrestre[5].

Entre 1998 et 2015, d'anciennes données ont montré 46 péritios identifiés à l'observatoire de Parkes[4]. Le , 16 péritios ont été détectés au même endroit en 7 minutes[4]. En , 3 péritios supplémentaires ont été détectés à l'observatoire de Parkes[4]. En 2015, 25 péritios avaient fait l’objet de publications scientifiques[4].

Hypothèses sur l'origine du signal

Ces signaux imitaient certains aspects des FRB qui semblaient provenir de l'extérieur de la Voie Lactée[2],[6] mais la possibilité qu'ils aient une origine astronomique a rapidement été exclue[7],[8],[9]. Pour surveiller les activités radioélectriques à proximité du télescope, le CSIRO, l'agence scientifique australienne, a installé un capteur d'interférences radio (radio frequency interference, RFI) sur le site de Parkes en . Cette forme de surveillance est devenue de plus en plus courante à mesure que les émetteurs radio se sont répandus à proximité des radiotélescopes, notamment les téléphones mobiles, le Wi-Fi et la télévision numérique.

Des informations importantes ont été révélées par les données du moniteur RFI, qui n'étaient pas accessibles pour les précédentes découvertes de péritios. Chaque événement était accompagné d'une brève période d'émission radio à une fréquence de 2,5 GHz qui était en dehors du champ de vision du radiotélescope. Ces pics étaient probablement liés aux péritios[5],[10].

Plusieurs sources potentielles hypothétiques de péritios ont été évoquées, dont les suivantes[11] :

Identification de l'origine

En 2015, des péritios ont été découverts suite à l'ouverture prématurée de la porte d'un four à micro-ondes à l'observatoire de Parkes. Le , trois péritios ont été produits expérimentalement : des tasses en céramique remplies d'eau ont été chauffées au four à micro-ondes et la porte a été ouverte avant l'arrêt du four[4]. Le four émet une impulsion radio à balayage de fréquence qui imite un FRB lorsque le magnétron s'éteint[12],[4]. L'enquête a incriminé deux fours à micro-ondes de marque Matsushita pour la plupart des péritios enregistrés, tous deux fonctionnels et âgés de 27 ans[4]. Des péritios ont été produits lors d'environ la moitié des ouvertures anticipées de la porte du four[13].

Notes et références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Peryton (astronomy) » (voir la liste des auteurs).
  1. ↑ (en) « Peryton Research | CaltechMicrowave2.org », caltechmicrowave (consulté le )
  2. Burke-Spolaor, Bailes, Ekers et Macquart, « Radio Bursts with Extragalactic Spectral Characteristics Show Terrestrial Origins », The Astrophysical Journal, vol. 727, no 1,‎ , p. 18 (DOI 10.1088/0004-637X/727/1/18, Bibcode 2011ApJ...727...18B, arXiv 1009.5392, S2CID 35469082)
  3. ↑ Hall, « Microwave Ovens Spark Radio Signals », Sky & Telescope, (consulté le ) : « The reason dates back 17 years, when astronomers first spotted fleeting bursts of radio signals in their data. »
  4. Petroff, Keane, Barr et Reynolds, « Identifying the source of perytons at the Parkes radio telescope », Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, vol. 451, no 4,‎ , p. 3933–3940 (DOI 10.1093/mnras/stv1242, Bibcode 2015MNRAS.451.3933P, arXiv 1504.02165, S2CID 118525156)
  5. (en) Petroff, « How we found the source of the mystery signals at The Dish », The Conversation, (consulté le )
  6. ↑ Bagchi, Nieves et McLaughlin, « A search for dispersed radio bursts in archival Parkes Multibeam Pulsar Survey data », Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, vol. 425, no 4,‎ , p. 2501–2506 (DOI 10.1111/j.1365-2966.2012.21708.x, Bibcode 2012MNRAS.425.2501B, arXiv 1207.2992, S2CID 118723247)
  7. ↑ Saint-Hilaire, Benz et Monstein, « Short-duration Radio Bursts with Apparent Extragalactic Dispersion », The Astrophysical Journal, vol. 795, no 1,‎ , p. 19 (DOI 10.1088/0004-637X/795/1/19, Bibcode 2014ApJ...795...19S, arXiv 1402.0664, S2CID 118369831)
  8. ↑ Katz, « What Perytons are not, and Might Be », The Astrophysical Journal, vol. 788, no 1,‎ , p. 34 (DOI 10.1088/0004-637X/788/1/34, Bibcode 2014ApJ...788...34K, arXiv 1403.0637, S2CID 118642445)
  9. ↑ Kulkarni, Ofek, Neill et Zheng, « Giant Sparks at Cosmological Distances? », The Astrophysical Journal, vol. 797, no 1,‎ , p. 70 (DOI 10.1088/0004-637X/797/1/70, Bibcode 2014ApJ...797...70K, arXiv 1402.4766, S2CID 34705804)
  10. ↑ Hall, « MICROWAVE OVENS SPARK RADIO SIGNALS », Sky and Telescope, (consulté le )
  11. ↑ Bushwick, « Mysterious Radio Bursts Are Indeed Coming From A Galaxy Far, Far Away », Popular Science, (consulté le )
  12. ↑ P. Gilster, « Puzzling Out the Perytons », Centauri Dreams,‎ (lire en ligne, consulté le )
  13. ↑ (en) Maggs, « The Women On The Hunt For Perytons And Life In Outer Space », The Mary Sue, (consulté le )

Voir aussi

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