Pacifique de Valigny

Pacifique de Valigny
En .
Biographie
Naissance
Décès
(à 79 ans)
Montréal
Nom de naissance
Henri Louis Joseph Buisson
Nationalité
Activités
Religieux catholique (à partir du ), enseignant (-), prêtre catholique (à partir du ), missionnaire catholique (-), écrivain
Autres informations
Nom en religion
Père Pacifique
Ordre religieux

Pacifique de Valigny, de son vrai nom Henri-Louis-Joseph Buisson, né le à Valigny, hameau de Glénay dans les Deux-Sèvres et mort le à Montréal au Québec, est un prêtre capucin français, missionnaire auprès des Micmacs en Gaspésie au Canada. Il est notamment connu pour sa défense de la culture autochtone et son étude de la langue micmacque.

Biographie

Henri-Louis-Joseph Buisson est né le à Valigny, un hameau de Glénay dans les Deux-Sèvres en France du mariage de Louis Buisson, un cultivateur, et de Marie Ruault[1].

Le , il rejoint les Capucins à Carcassonne en France. Il fait son noviciat en Espagne. Le , il est ordonné prêtre à Vic en Catalogne, et il prend le nom religieux de Pacifique de Valigny. De 1886 à 1889, il est professeur de grammaire à l'école séraphique d'Igualada en Catalogne[2]. Il étudie à l'école apostolique des Jésuites à Poitiers[2].

Face aux persécutions religieuses en France, les Capucins se rendent au Canada afin d'éviter le service militaire obligatoire en France. En 1890, Pacifique de Valigny rejoint la paroisse Saint François d'Assise qu'avait fondée les pères capucins Ladislas et Alexis à Ottawa[3]. De 1890 à 1892, il y enseigne la philosophie et, de 1892 à 1894, la théologie[2].

En 1893, André-Albert Blais, évêque de Rimouski, se rend à Ottawa afin de proposer aux Capucins la mission de Ristigouche dans la région de la Baie-des-Chaleurs en Gaspésie. Après une visite à Ristigouche, Pacifique de Valigny accepte la charge et les supérieurs majeurs des Capucins en France le nomment officiellement comme missionnaire à Ristigouche[2].

La mission couvre un large territoire de près de 800 km2 allant de Saint-Étienne-de-Matapédia jusqu'à Escuminac, avec des colons français et anglais. Elle comprend les paroisses de la région, notamment Pointe-à-la-Garde et à Saint-Fidèle ainsi que la réserve indienne des Micmacs[2].

Dès son arrivée en 1894, il fait construire une chapelle à Ristigouche afin de remplacer l'église incendiée l'année précédente. En 1900, Pacifique de Valigny fait ouvrir quatre autres chapelles, à Saint-Antoine-de-la-Garde, aux Stigmates, à Saint-Fidèle-de-Sigmaringen et à Marieville. Le père Pacifique dirige également les colons à L'Alverne et fonde la colonie de Saint-Conrad-de-Parzam[2].

Après la fin de son apostolat en 1931[4], il continue à oeuvrer pour la mission. Entre 1936 et 1939, il fait remonter de la rivière Ristigouche une épave que l'on pense être le Marquis de Malauze, issue de la bataille de la Ristigouche. Il en retire des parties des cabines, des mâts, des ponts, de la coque et de la quille. L'ensemble est reconstruit pour être exposé au coeur du village de Listuguj[5].

Père Pacifique près du
Marquis de Malauze, 1946

Il meurt à Montréal le à quelques jours de son 80e anniversaire[4].

Défenseur de la culture autochtone

Le père Pacifique et des Micmacs

Pacifique de Valigny a été un promoteur et défenseur notoire de la culture et la langue autochtone. Il apprend la langue micmacque jusqu'à la parler et l'écrire couramment. Son nom en Micmac est Lnoi Patlias: c'est son nom de plume pour certaines de ses publications.

Pendant plusieurs années, il édite un journal mensuel écrit en micmac[6], dont quelques numéros seront reproduits dans l'hebdomadaire New Freeman de la paroisse de Saint John au Nouveau Brunswick[7].

Il dispense des leçons de micmac aux religieuses du Saint-Rosaire que l’on fait venir pour enseigner et faire le catéchisme aux jeunes enfants de Ristigouche[3]. Il publie des manuels de prières et des sermons rédigés en micmac: certains sont des rééditions de manuels plus anciens, comme le « Manuel de prières, instructions et chants sacrés en hiéroglyphes Micmacs » de Christian Kauder en 1817[8], quand d'autres sont des nouvelles productions.

En 1910, le Pacifique de Valigny célébre le tricentenaire de la conversion du grand chef micmac Membertou en organisant un congrès de toutes les tribus de la nations micmacque vivant en Gaspésie et dans les Maritimes[9]. À l'occasion, il publie un ouvrage intitulé « Une tribu privilégiée »[10],[11], et il intervient dans ce context au Congrès eucharistique international à Montréal [12].

Pacifique de Valigny a aussi eu une activité académique, où il a communiqué et publié sur ses travaux sur la langue et la culture micmaque. En 1906, il participe au 15e Congrès international des Américanistes à Québec, où il tient un discours intitulé « Quelques traits caractéristiques de la tribu des Micmacs »[13]. Il participera aussi au premier congrès de l'AFCAS à Montréal en 1933, où il présentera ses travaux sur l'histoire et la géographie du pays Micmac[14]. Il publiera aussi dans les annales de l'ACFAS ses travaux sur la grammaire et la langue Micmac [15],[16].

Œuvres

Pacifique de Valigny a eu une production d'écrits religieux, en langue micmaque ainsi qu'une production académique et historique sur la langue et la culture micmaque.

Écrits religieux

  • Père Pacifique, Tan Migmag Inog Tlei Ponaneoimgeoei Oigatigan — Almanach Micmac, , 32 p. (ISBN 066597941X, lire en ligne)
  • Père Pacifique, Alasotmangeoel — Le Paroissien Micmac, Ste-Anne de Ristigouche, P. Q., (ISBN 0-665-79655-2, lire en ligne)
  • Abbé Maillard, complété en 1900 par le Père Pacifique, Sigentatimgeoei — Le Catéchisme Micmac, Ste-Anne de Ristigouche, P. Q., (réimpr. 1916) (1re éd. 1906) (ISBN 0665726996, lire en ligne) ;
  • Père Pacifique, Minoi Sigentatimgeogei Gisna Espi Ginamatimgeoel, Catéchisme de Persévérance Historique et Liturgique, Ristigouche P. Q., (ISBN 0-665-75713-1, lire en ligne)
  • Lnoi Patlias, Alasotmamgeoel : Le Paroissien Micmac, Prayer-Book in Micmac, Nouvelle Édition Considérablement Augmentée, Ste-Anne de Ristigouche, P. Q., (ISBN 0-665-79655-2, lire en ligne)
  • Lnoi Patlias, Petite histoire de la religion en Micmac — Sacred History in MicmacSag metj teli pmi Alasotmeoinoimgel Osgitgamog, The Micmac Messenger, Restigouche P. Q., (lire en ligne)

Production académique

  • Père Pacifique, Une tribu privilégiée, Sainte-Anne de Ristigouche, [17]. Aussi publié en trois parties dans La Nouvelle-France en mars[18], avril[19] et mai[20] 1910.
  • Père Pacifique, Le Pays des Micmacs, . Réédité dans « Père Pacifique, Études historiques et géographiques, Ristigouche, (lire en ligne) », à partir de la page 182 du pdf.
  • Père Pacifique, Leçons Grammaticales Théoriques et Pratiques de la Langue Micmaque, Bureau du Messager Micmac, Sainte-Anne de Ristigouche, (lire en ligne). Tiré à part des Annales de l'ACFAS Vol. 4, 1938[15], et Vol. 5, 1939[16].
  • Père Justin de Montagnac et Père Pacifique de Valigny, Chroniques des plus anciennes églises de l'Acadie : Bathurst, Pabos et Ristigouche, Rivière Saint-Jean, Memramcook, L'Echo De Saint-Francois, (lire en ligne)

Fonds

Un fonds d'archives du père Pacifique de Valigny est conservé à l'Université de Moncton au Nouveau-Brunswick[21].

Hommages

Une école primaire à Pointe-à-la-Croix est nommée École Père-Pacifique en son honneur[22].

Notes et références

  1. « Naissances - 1836-1872 Archives départementales des Deux-Sèvres et de la Vienne », sur Archives départementales des Deux-Sèvres et de la Vienne (consulté le ).
  2. A.-Cléophas Morin, Dans la Maison du Père : Nécrologie sacerdotale du diocèse de Rimouski 1867-1967, Rimouski (Québec), (lire en ligne [PDF]), p. 137-138.
  3. Claude Allard, « La mission des Pères Capucins auprès des Indiens de Ristigouche », Sessions d'étude - Société canadienne d'histoire de l'Église catholique, no 46,‎ (ISSN 0318-6172, DOI 10.7202/1007117ar).
  4. Justin de Montagnac, « Le Père Pacifique de Valigny, Capucin 1863 -1943 », dans Chroniques des plus anciennes églises de l'Acadie, L'écho de Saint François, (lire en ligne)
  5. « Épave du Marquis de Malauze », sur Répertoire du patrimoine culturel du Québec (consulté le ).
  6. Olsetemangeoei : migmaoi solnaltjit [« Le messager micmac »], Sainte-Anne de Restigouche, Quebec, Père Pacifique, journal hebdomadaire publié entre 1903 et 1908 (lire en ligne).
  7. « Fiche du périodique erreur du modèle [[modèle:Langue|{{langue}}]] : texte absent[[Catégorie:Page utilisant un modèle avec une syntaxe erronée|Langue]] édité par le Père Pacifique ».
  8. Christian Kauder, Manuel de prières, instructions et chants sacrés en hiéroglyphes Micmacs, (lire en ligne)
  9. Souvenir d'un IIIe centenaire en pays Micmac, 1910.
  10. Brisson 2003.
  11. Pacifique 1910.
  12. Souvenir d'un IIIe centenaire en pays Micmac 1910, Appendix D, p. 86.
  13. Congrès international des américanistes : XVe session, tenue à Québec en 1906, vol. I, Québec : Dussault & Proulx, Imprimeurs, , 468 p. (lire en ligne), p. 315-328.
  14. « Programme du premier congrès tenu à Montréal de l'ACFAS », sur Bibliothèque et Archives Nationales du Québec, (consulté le )
  15. Père Pacifique, « Traité théorique et pratique de la langue micmaque », Annales de l'ACFAS, vol. 4,‎ , p. 211-334 (lire en ligne, consulté le )
  16. Père Pacifique, « Traité théorique et pratique de la langue micmaque (suite et fin) », Annales de l'ACFAS, vol. 5,‎ , p. 157-400 (lire en ligne, consulté le )
  17. Brisson 2003, p. 81.
  18. Père Pacifique, « Une tribu privilégiée (premier article) », La Nouvelle-France,‎ , p. 127-134 (lire en ligne).
  19. Père Pacifique, « Une tribu privilégiée (deuxième article) », La Nouvelle-France,‎ , p. 175-179 (lire en ligne).
  20. Père Pacifique, « Une tribu privilégiée (dernier article) », La Nouvelle-France,‎ , p. 214-221 (lire en ligne).
  21. « Fonds Pacifique-de-Valigny » [PDF], sur Université de Moncton (consulté le ).
  22. « École Père-Pacifique », sur Centre de services scolaire René-Lévesque (consulté le ).

Annexes

Bibliographie

  • 1610-1910, Souvenir d'un IIIe centenaire en pays Micmac. Sist gasgemtelnaganipongegeoei Migoitetemagani oigatigen. Souvenir of the Micmac tercentenary celebration, Frères Mineurs Capucins, Ste-Anne de Ristigouche, P. Q., (lire en ligne)
  • Marie-Paule Dessaivre, Le père Pacifique de Valigny : un capucin français parmi les autochtones du Canada, L'Harmattan, , 129 p. (ISBN 9782140291128)
  • Réal Brisson, Les Micmacs du Québec, Guide bibliographique annoté, (ISBN 2-550-40247-2, lire en ligne)

Articles connexes

Liens externes

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