Paix de Callias

Hippocrate refusant les présents d'Artaxerxès.

La paix de Callias est un traité conclu en 449 av. J.-C. par lequel l'Empire achéménide et les Grecs mettent fin aux guerres médiques après la victoire d'Athènes à la bataille du Cap Mycale, en 479 av. J.-C. Elle porte le nom de Callias, l'homme politique athénien qui l'aurait négociée. Son existence est contestée depuis l'Antiquité et fait encore aujourd'hui l'objet d'un vif débat parmi les historiens[1].

Histoire

Le contenu du traité est rapporté par plusieurs sources. Selon Plutarque, le roi s'engage « à toujours rester à une étape de cheval de la mer grecque et à ne pas circuler avec de longs navires ou des navires à éperon de bronze entre les îles Cynaées et les îles Chélidoniennes. » Il[2] ajoute que d'après Callisthène, « ces conditions ne furent pas stipulées par un traité : le Barbare adopta cette attitude à cause de la peur que lui avait inspirée » la bataille de l'Eurymédon[2]. Plutarque lui-même utilise comme source un texte appartenant à une collection de décrets rassemblés par le général macédonien Cratère au IIIe siècle av. J.-C. Pour Diodore de Sicile, la paix de Callias impose aux Perses de reconnaître l'autonomie des cités grecques d'Asie mineure. Aucun satrape ne doit envoyer de troupes à moins de trois jours de marche des côtes, et aucun navire de guerre perse ne doit pénétrer dans les eaux entre Phasélis et les îles Cyanées[3].

La réalité de cette paix est discutée : les sources du Ve siècle, Thucydide en particulier, n'en parlent pas : la première allusion remontant au Panégyrique d'Isocrate, qui date de -380 environ. Le traité de Callias est gravé au milieu du IVe siècle à Athènes pendant que les Athéniens revisitent et réinterprètent le siècle précédent. Théopompe dénonce le traité explicitement comme un faux[4]. On a également avancé que les Achéménides n'ont pas pour habitude de conclure des traités de ce type.

Inversement, on a fait valoir que les sources anciennes sont relativement cohérentes entre elles, ce qui rend peu crédible l'idée d'une invention de toutes pièces d'un texte au IVe siècle av. J.-C.

Notes

  1. Donald Kagan note que le sujet donne lieu à un article tous les deux ans. Pericles and the Birth of Democracy, Free Press, 1991, p. 276, note 2.
  2. Plutarque, Vies parallèles [détail des éditions] [lire en ligne], Cimon, XIII, 4. Extrait de la traduction d'Anne-Marie Ozanam.
  3. Diodore de Sicile, Bibliothèque historique [détail des éditions] [lire en ligne], XII, 4, 5-6.
  4. Théopompe, frag. 153 et 154.

Bibliographie

  • (en) E. Badian, « The Peace of Callias », The Journal of Hellenic Studies 107 (1987), p.  1-39.
  • (es) Carlos Schrader, La paz de Calias. Testimonios e interpretacion, 1976, 217 p. et la discussion de ce livre par Édouard Will dans la Revue Historique (avril 1979), p. 466-469.
  • (fr) P. Briant, Histoire de l'Empire perse. De Cyrus à Alexandre, Fayard, Paris, 1996, p. 574-575.
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