Palais Esterházy (Fertőd)
| Palais Esterházy | ||
Le palais Esterházy vu du ciel. | ||
| Nom local | Esterházy-kastély | |
|---|---|---|
| Période ou style | Architecture rococo | |
| Architecte | Menyhért Hefele et Miklós Jacoby | |
| Début construction | 1721 | |
| Fin construction | Reconstruit après 1763 | |
| Propriétaire initial | Nicolas Ier Esterházy | |
| Protection | ||
| Coordonnées | 47° 37′ 14″ nord, 16° 52′ 18″ est | |
| Pays | ||
| Comitat | ||
| Localité | Fertőd | |
| Géolocalisation sur la carte : Hongrie
| ||
Le palais Esterházy [ˈɛstɛɾˌhaːzi], au cœur du domaine d'Eszterháza, se trouve à Fertőd, dans le comitat de Győr-Moson-Sopron (nord-ouest de la Hongrie). Comprenant un palais, des jardins et de la forêt aménagée, c'est une propriété de la noblesse hongroise, de style baroque, surnommé le « Versailles à la hongroise ». Haydn y composa une partie de son œuvre.
Histoire
Au tournant des XVII et XVIIIe siècles, les plus importants palais Esterházy se situent en Hongrie occidentale, plus en sécurité, à proximité des principales villes du pays, dont Vienne et Presbourg (Bratislava) en Slovaquie[1].
Un premier palais avait été édifié en 1720-1721 par l'architecte Anton Erhard Martinelli, mais en 1762, le prince Nicolas Ier (Miklos) Esterházy, fasciné par Versailles, ordonna de le rebâtir[2].
Une première phase[1] (1762-1772) sous la houlette de Nikolaus Jacoby et de Ferdinand Modlhammer, concerna notamment le château à un étage, un opéra, un théâtre de marionnettes accolé aux jardins à la française, des écuries et remises.
Lors de la seconde phase[1] (1775-1785), le château fut rehaussé d'un étage probablement selon les plans de Nikolaus Jacoby, un nouvel opéra plus vaste fut construit, les jardins réagencés et un pavillon chinois surélevé dans le Lustwald à proximité.
C'est la création non impériale la plus importante de l'art de cour à l'époque de Marie-Thérèse d'Autriche.
La floraison du baroque à laquelle sa construction, et celle d'autres châteaux somptueux reconstruits par les Esterhazy comme Kismarton à Eisenstadt en Autriche, se rattache alors avant tout à un besoin de reconstruire le pays hongrois sur l'état d'abandon des siècles précédents[3].
Le palais Esterházy constitue donc un véritable « Versailles à la hongroise » avec ses nombreuses fenêtres, statues et jardins. Le prince Esterházy en fit un lieu de fêter permanente, avec un manège de 110 chevaux, une garde personnelle de 150 grenadiers, un théâtre de marionnettes, un opéra[2].
Facteur essentiel de la réputation de ce lieu, Le compositeur de musique autrichien Joseph Haydn y séjourna de 1767 à 1790, y composant nombre de ses œuvres[3].
Cette vie de cour luxueuse, l'orchestre centré sur l'œuvre de Haydn, et les gigantesques jardins baroques menèrent aux limites des possibilités financières de la famille Esterhazy[1].
Après la deuxième guerre mondiale, puis de nouveau au début du XXIe siècle, des travaux de restauration ont été entrepris[4].
Le palais
Trois portes monumentales en fer forgé ouvrent sur la cour d'honneur. Deux corps de bâtiment de couleur ocre forment un demi-cercle autour de cette cour, partie la plus impressionnante du château, orientée nord-sud[4] (la façade sud donnant sur les jardins). Considérée d'inspiration française, cette cour s'inspira plutôt de précurseurs viennois (palais Liechtenstein, château Hetzendorf).
Les deux volées d'escaliers de style grec menant à la porte de l'étage noble sont très originaux. Ils ont été créés par Menyhért Hefele.
Il y a en tout 126 pièces, toutes soigneusement décorées de anneaux peints, imitant Schönbrunn, ou de laques chinoises. On peut notamment citer :
- le hall de cérémonie et la salle de concert,
- la bibliothèque renfermant 22 000 ouvrages,
- la grande salle aux miroirs,
- la Sala Terrena, la plus vaste, salle à manger au sol de marbre blanc ce Carare et au plafond décoré d'anges dansant et portant des guirlandes de fleurs représentant le monogramme E de la famille,
- les appartements de l'impératrice Marie-Thérèse qui y séjourna en 1773 et aurait alors déclaré "Si je veux entendre de bons opéras, j'irai à Esterhaza.".
Parmi les éléments remarquables, deux Chasses au cerf d'après des gravures de Watteau, et une autre dessinée d'après Ridinger[1].
Une partie des objets décoratifs consiste en porcelaines d'Europe et de Chine[1].
Certaines pièces ont disparu. Parmi celles-ci, la chambre de Joseph Haydn et le jardin d'hiver.
Les jardins
Le parc d'Esterháza et le jardin français, dont la superficie atteignit 300 hectares, sont une copie de ceux du château de Versailles.
L'ensemble est constitué aujourd'hui d'une partie à la française, d'une partie à l'anglaise et d'une roseraie[5].
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Façade côté jardins. -
L'ensemble après restauration -
Façade côté cour, après rénovation (photo de 2010).
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Vue côté cour, depuis le perron. Après rénovation (photo de 2010). -
Grille du palais Esterházy. -
Vue nocturne du palais Esterházy. -
Vue de la cour d'honneur depuis le perron, après rénovation (photo de 2010).
Postérité
Un Haydn Festival s'y tient régulièrement [6].
Références
- Catalogue de l'exposition "Nicolas II Esterházy, 1765-1833 : un prince hongrois collectionneur", Musée national du château de Compiègne, 21 septembre 2007-7 janvier 2008, notice BNF FRBNF41183063
- Hongrie, Hachette - Le Routard, 2021-2022
- Miklos Molnar, Histoire de la Hongrie, Tempus (ISBN 2-262-02238-0)
- Le Guide Vert, Hongrie, Michelin, (ISBN 978-2-06-724298-2)
- ↑ https://www.europeanhistoricgardens.eu/fr/palais-esterhazy189
- ↑ https://www.olyrix.com/articles/production/7054/haydneum-eszterhaza-festival-haydn-l-infedelta-delusa-l-infidelite-dejouee-concert-ouverture-1-septembre-2023-article-critique-compte-rendu-esterhazy-palais-fertod-smith-szelpal-kalafszky-berchtold-megyesi-orfeo-orchestra-gyoergy-vashegyi-opera-musique
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