Palmira San Juan Barbero

| Naissance | Moral de Sayago |
|---|---|
| Décès | Ségovie |
| Surnom |
Palmira "Amor" San Juan Barbero |
| Nationalité |
Espagnole |
| Activité |
Activiste |
| Condamnation |
Emprisonnement (en) |
|---|
Palmira San Juan Barbero (Moral de Sayago, - Ségovie, 2002), connue aussi sous le nom de Palmira "Amor" San Juan, est une activiste politique espagnole, qui fut victime de la répression franquiste[1],[2].
Biographie
Née à Moral de Sayago, commune de la province de Zamora, Palmira San Juan était la fille de Justo San Juan et Vicenta Barbero Pascual. Elle avait un frère aîné appelé José Manuel. Le père, homme progressiste et cultivé, l'a nommée Palmira. Au début des années 1920, la famille a émigré en Argentine et s'est établie à Bahía Blanca, dans une colonie qui allait devenir le quartier Villa Mitre[3].
Pendant son enfance, elle a souvent accompagné son père dans les maisons culturelles anarchistes et au Casal Catalan de Bahía Blanca, où elle a pris goût à la poésie et au théâtre[4]. A l'âge de dix ans elle a interprété le personnage appelé Amour dans une oeuvre à l'esprit antimilitariste et, à la suite de cela, ce nom lui est resté. La famille s'est impliquée politiquement en collaborant avec les groupes qui aidaient les réfugiés italiens arrivés en Argentine en fuyant le fascisme. Cet activisme, après le coup d'Etat du général José Félix Uriburu en 1934, leur valut d'être expulsés vers l'Espagne. Ils sont rentrés à Moral de Sayago où, en 1936, avec le triomphe du Front Populaire, son oncle Ángel Barbero Pascual a été nommé vice-président du comité directeur de la mairie que présidait Guillermo Isidro Carrasco[5].
Après le soulèvement nationaliste du 18 juillet 1936, la famille San Juan Barbero a fait l'objet de la répression franquiste. Palmira et sa mère ont été arrêtées pour forcer la reddition du père de Palmira et de son frère José Manuel, qui avaient disparu avec Guillermo Isidro Carrasco et Ángel Barbero. Lorsqu'ils ont été retrouvés, ils ont été fusillés, le et le [5].

Après avoir été libérée, Palmira San Juan a été à nouveau arrêtée en 1942, accusée d'espionnage et de propagande illégale, pour avoir écouté clandestinement les émissions de la BBC et avoir dactylographié et divulgué les communiqués de guerre. La peine a été de quinze ans de prison. Elle a été incarcérée dans l'ancienne prison de Ségovie pendant huit ans, pendant lesquels, grâce au poste qu'elle occupait à la réception des colis, elle a pu éviter en partie la surveillance pénitentiaire et introduire des paquets, des lettres, des livres et d'autres effets personnels pour les détenues. En 1949, elle a été l'une des meneuses, avec Tomasa Cuevas, María Salvo, Manolita del Arco, Soledad Real, Juana Doña et d'autres prisonnières politiques, d'une grève de la faim pour revendiquer leur dignité et leurs droits en tant que personnes[6].
Le photographe Juan Misis, incarcéré dans la section des hommes de la Prison de Ségovie, l'a vue de loin et ils ont entamé une correspondance entre les grilles. Il a pu sortir avant elle et en 1950, lorsqu'elle a été libérée, ils se sont mariés. Ils ont eu deux enfants. Palmira San Juan est morte en 2002[7].
Reconnaissances
Luis Misis Herrero, petit-fils de Palmira San Juan et de Juan Misis, a enregistré Palmira pendant deux ans, est allé en Argentine, a résidé pendant un temps à Bahía Blanca et a visité les lieux où s'est déroulée son enfance; et il a parlé avec des personnes qui se souvenaient d'elle. Il a pu ainsi reconstruire l'histoire de sa grand-mère et créer le documentaire Amor San Juan, projeté à Bahía Blanca en et présenté ensuite dans divers festivals où il a été récompensé[8],[9],[10].
En 2019, la Mairie de Ségovie a décidé de rendre hommage aux prisonnières politiques et aux femmes réprimées pendant le franquisme. Pour cela, elle a placé une plaque en honneur à Palmira San Juan dans le passage qui relie les deux pavillons de l'ancienne prison de Ségovie, laquelle a été transformée en un centre d'art et de création, connu sous le nom de La Cárcel Segovia Centre de Création[11].
Notes et références
- ↑ (es) Begoña Galache, « Una vida de película », La Opinión El Correo de Zamora, (consulté le )
- ↑ Segoviadirecto Diario, « Segovia rinde homenaje a Palmira ‘amor’ San Juan », (consulté le )
- ↑ (es) Villa Mitre Digital, « Felices 114 años ¡Villa Mitre! », (consulté le )
- ↑ (es) « Difundir e integrar la memoria histórica catalana | El Digital de Bahía », (consulté le )
- Dios Vicente, « Control y represión en Zamora (1936-1939): La violencia vengadora ejecutada sobre el terreno », Historia y comunicación social, no 7, , p. 47–74 (ISSN 1137-0734, lire en ligne)
- ↑ (es) Vega Sombría et Juan Carlos García Funes, « Lucha tras las rejas franquistas. La prisión central de mujeres de Segovia », Studia Historica. Historia Contemporánea, vol. 29, , p. 281–314 (ISSN 2444-7080, lire en ligne)
- ↑ (es) Aurelio Martín, « Amor entre barrotes », El Día de Segovia, (consulté le )
- ↑ (es) « Luis Misis Herrera difunde sus raíces a través del cine », La Nueva, (consulté le )
- ↑ (es) I. G., « La historia de la represaliada Palmira San Juan se proyecta hoy en el Etnográfico », La Opinión El Correo de Zamora, (consulté le )
- ↑ (es) Marcos.B, « ESPACIO SEMINCI. PRIMERAS JORNADAS DE CINE DOCUMENTAL DE CASTILLA Y LEÓN: ‘Amor Sanjuán’ (Luis Misis Herrero, 2006) », (consulté le )
- ↑ (es) Redacción, « El pleno homenajea a Palmira San Juan y las presas políticas de la ciudad », El Adelantado de Segovia, (consulté le )
Liens externes
- Le documentaire Amor Sanjuán réalisé par Luis Misis Herrero a obtenu une Mention Spéciale du Jury au Festival Alcances de Cadix et le prix du Meilleur scénario à FILOFEST en Slovénie
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