Paraedessa

Paraedessa est un genre d'insectes hémiptères du sous-ordre des Hétéroptères (les punaises), de la famille des Pentatomidae et de la sous-famille des Edessinae, présent en Amérique latine, et qui compte une dizaine d'espèces.

Description

Il s'agit de petites espèces (entre 10 et 13 mm de long), au corps ovale allongé dont les bords latéraux sont subparallèles, avec un processus métasternal (excroissance typique des Edessinae) bifurqué vers l'avant comme vers l'arrière, les branches antérieures dépassant les mésocoxae, des antennes de 5 articles, jaune à brun clair, la marge postérieure du pronotum sans épines ou projections vers l'arrière. Les projections arrières du 7e segment abdominal sont peu saillantes, au plus 1,2 fois plus longues que larges (elles sont plus longues chez Pygoda) et les cories sont brunes avec des ponctuations blanchâtres et noires (avec des veines jaunes chez Pygoda). Le pronotum est unicolore (alors que chez Hypoxys, il présente une bande transversale postérieure plus sombre) et la face dorsale de l'abdomen bleu métallisé. D'autres critères concernent les organes génitaux mâles et femelles[2],[3].

Répartition et habitat

Ce genre est présent dans la zone néotropicale, à cheval sur l'Amérique du Sud amazonienne (6 espèces, réparties entre la Colombie, l'Équateur, le Pérou, le Vénézuela, la Guyane française, le Suriname et le Brésil, plus les 2 espèces d'Amérique centrale qui « descendent » jusqu'au Vénézuela), le sud de l'Amérique centrale (2 espèces, P. cyanodorsata (du Costa-Rica au Vénézuela) et P. subrectangulata, du Nicaragua au Vénézuela), et l'île de Puerto-Rico (1 espèce, P. paravinula) dans les Antilles[2].

Biologie

Comme tous les Edessinae, les espèces de ce genre sont phytophages et polyphages. Leur biologie n'est toutefois que peu connue. Elles se rencontrent parfois sur des plantes cultivées.

Ainsi, Paraedessa paravinula a été trouvée sur bigaradier (Rutaceae), pomme de terre et aubergine sauvage (Solanaceae)[4], ainsi que sur des jeunes plants de café où elle occasionne certains dégâts[5].

Au Pérou, Paraedessa heymonsi a été trouvée colonisant les figuiers de Barbarie (Opuntia ficus-indica, Cactaceae) dans des bois semi-arides, lors de la saison chaude et humide (d'octobre à avril), où elle se nourrit aussi bien sur les raquettes, les fruits verts et les fleurs. Elle y est prédatée par une araignée du genre Argiope (Araneidae), d'origine non indigène. Lors de la saison sèche et froide, elle se réfugie plutôt dans des Faux-poivrier odorants (Schinus molle, Anacardiaceae)[6], qui restent verts toute l'année.

Systématique

Ce genre a été créé en 2013 par des chercheurs brésiliens, Valéria Juliete da Silva, Benedetto Mendes Nunes et José Antônio Marin Fernandes[2], dans le cadre de la vaste entreprise menée par ce dernier de révision du genre Edessa pris au sens large, et de ses plusieurs centaines d'espèces décrites et encore à décrire. Cette révision passe à la fois par la constitution de groupes d'espèces distincts au sein de genres riches en espèces, et par la déterminationde nouveaux genres pour certaines espèces comprises précédemment dans Edessa et des espèces nouvellement décrites.

Paraedessa comprend 4 espèces précédemment placées dans le genre Edessa, ainsi que 5 espèces nouvelles décrites en même temps que sa création. Son espèce type est Paraedessa stolida, par désignation originale. Cette espèce avait été décrite initialement par Carl von Linné en 1758 sous le nom de Cimex stolidus, puis déplacée dans le genre Tetyra par J. C. Fabricius, puis enfin dans le genre Edessa par Carl Stål. Deux autres espèces ont été décrites en 1904 par Gustave Breddin, l'un des principaux descripteurs d'espèces du genre Edessa, et une par Harry G. Barber en 1935, qui l'a comprise dans le sous-genre Hypoxys. Dans les clés de détermination, Paraedessa est d'ailleurs toute proche d'Hypoxys[3], rétabli par une révision moderne au rang de genre à part entière[7]. Tant E. stolida, qu'E. heymonsi et E. paravinula ont été également rapprochée d'Edessa affinis (une espèce non encore révisée), et pour la dernière, d'Edessa vinula.

Étymologie

Le nom de ce genre est construit à partir du préfixe « para- », du grec παρά (« à côté », « auprès », « tout proche »)[8] et Edessa (nom du genre principal de la sous-famille des Edessinae), pour signifier la grande proximité entre les deux genres[2].

Liste des espèces

Selon BioLib (10 mai 2026)[1], les espèces sont :

  • Paraedessa albomaculata Silva & Fernandes, 2013
  • Paraedessa cyanodorsata Silva & Fernandes, 2013
  • Paraedessa ecuadoriensis Silva & Fernandes, 2013
  • Paraedessa heymonsi (Breddin, 1904)
  • Paraedessa paravinula (Barber, 1935)
  • Paraedessa silvicola Silva & Fernandes, 2013
  • Paraedessa stolida (Linnaeus, 1758)
  • Paraedessa subretangulata Silva & Fernandes, 2013
  • Paraedessa verhoeffi (Breddin, 1904)

Liens externes

Notes et références

  1. BioLib, consulté le 10 mai 2026.
  2. (en) Valéria Juliete Da Silva, Benedito Mendes Nunes et José Antônio Marin Fernandes, « Paraedessa, a new genus of Edessinae (Hemiptera: Heteroptera: Pentatomidae) », Zootaxa, vol. 3716, no 3,‎ , p. 395-416 (ISSN 1175-5334 et 1175-5326, DOI 10.11646/zootaxa.3716.3.4, lire en ligne [PDF], consulté le )
  3. (en) « Edessinae Amyot & Serville 1843 - Plazi TreatmentBank », sur treatment.plazi.org (consulté le )
  4. (en) « Plant Host Records Pentatomidae: Edessinae », sur lamp.ndsu.edu (consulté le )
  5. (en) Barber, H. G., « A new species of Edessa from Puerto Rico (family Pentatomidae) », American Museum novitates, no 786,‎ , p. 1-3 (lire en ligne [PDF])
  6. (es) Julio D. Vilca-Vivas et Joel L. Vilca-Pizarro, « Fluctuación y comportamiento poblacional de Paraedessa heymonsi (Breddin) y su depredador Argiope sp. en Opuntia ficus-indica (L.) MILL. », Bioagro, vol. 35, no 1,‎ , p. 43-48 (ISSN 2521-9693 et 1316-3361, DOI 10.51372/bioagro351.5, lire en ligne [PDF], consulté le )
  7. Benedito Mendes Nunes, Lourival Dias Campos, Maria Thayane Da Silva Mendonca, Eduardo Victor De Paiva Cunha et Fernandes, J.A.M., « Revision of Hypoxys Amyot & Serville, 1843 stat. rest. (Heteroptera Pentatomidae) », Zootaxa, vol. 4742, no 3,‎ , p. 401-441 (ISSN 1175-5334 et 1175-5326, DOI 10.11646/zootaxa.4742.3.1, lire en ligne, consulté le )
  8. « para- », dans Wiktionnaire, le dictionnaire libre, (lire en ligne)
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