Parlement de Ravennika (1209)

Le premier Parlement de Ravenne est convoqué en par l'empereur latin Henri de Flandre dans la ville de Ravenne en Grèce centrale dans une tentative de résoudre la rébellion des barons lombards du royaume de Thessalonique.

Contexte

États grecs et latins du sud de la Grèce, vers 1210

Suite à la prise de Constantinople par la Quatrième croisade en , l'établissement de l'Empire latin sur les ruines de l'Empire byzantin ainsi que du traité de partage des dernières terres parmi les chefs des Croisés, la plupart de la Grèce est conquise relativement rapidement par les Croisés. Boniface de Montferrat établit le royaume de Thessalonique au nord ainsi qu'à l'est de la Grèce et octroie des fiefs à ses partisans en Thessalie et en Grèce centrale. Plus au sud, Guillaume Ier de Champlitte et Geoffroi Ier de Villehardouin conquièrent le Péloponnèse, établissant la Principauté d'Achaïe, sous la suzeraineté de Thessalonique. Uniquement l'Épire demeure aux mains des grecs, Michel Ier Comnène Doukas y établissant une principauté séparée[1].

En luttant contre les bulgares, Boniface de Montferrat est tué en 1207, laissant son fils en bas-âge Démétrios de Montferrat sur le trône. Les puissants barons lombards cependant, sous le régent Oberto II de Biandrate, s'opposent à Démétrios et sa mère Marguerite de Hongrie, et préfèrent que le trône revienne au fils aîné de Boniface, Guillaume VI de Montferrat. Ils s'opposent aussi à l'empereur latin, Henri de Flandre, et réclament la souveraineté sur la majeure partie des terres européennes de l'Empire byzantin pour Thessalonique. Henri parvient à déjouer les barons lombards et, en janvier, couronne Démétrios roi, mais Biandrate et les autres barons lombards lancent une rébellion à travers le royaume. Henri emprisonne Biandrate à Serrès et marche vers le sud à travers la Thessalie, surmontant l'opposition des barons à Larissa. Henri traite avec indulgence les barons qui se sont rendus, leur permettant de garder leurs fiefs. Or, la rébellion n'est pas encore apaisée, car les barons de Grèce centrale et d'Eubée s'opposent toujours à l'empereur[1],[2].

Parlement de Ravenne et suites

Espérant rapidement mettre fin au conflit et sans nouveaux massacres, Henri convoque un parlement dans la vallée de Ravenne, une ville près de Lamia, en . Des barons lombards, seul Amédée Pofey (Amedeo Buffa) vient, est gracié et réinvesti de son fief. Les autres persistent dans leur rébellion et restent retranchés dans leurs châteaux. Le parlement rassemble cependant le reste des nobles francs du sud de la Grèce, tel qu'Othon de La Roche, seigneur de Thèbes et Athènes, ainsi que Geoffroi Ier de Villehardouin, désormais Prince d'Achaïe. Henri reçoit Villehardouin comme son vassal, subordonnant ainsi l'Achaïe directement à Constantinople plutôt qu'à Thessalonique, et le nomme sénéchal de l'Empire latin[1],[2]. Avoir avoir reçu la reconnaissance impériale de son titre, Villehardouin attache également sa position vis-à-vis de la république de Venise, en devenant son vassal dans le traité de Sapientza en juin[3].

Henri reprend alors sa marche vers le sud, force la soumission d'Albertino de Canossa et de Ravano dalle Carceri à Thèbes, et poursuit sa route vers Athènes. Biandrate s'échappe entre-temps et se dirige vers l'Eubée, où Henri le suit. Biandrate tente de faire assassiner l'empereur, mais Henri est protégé par Ravano dalle Carceri, l'un des tierciers de Négrepont. Biandrate est finalement contraint de capituler, mettant fin à la rébellion lombarde[1],[2].

Notes et références

  1. (en) A History of the Crusades : The Later Crusades, 1189-1311 [« Histoire des croisades : Les dernières croisades, 1189-1311 »], , 896 p. (ISBN 9780299048440)
  2. (en) William Miller, The Latins in the Levant : A History of Frankish Greece (1204-1566) [« Les Latins au Levant : une histoire de la Grèce franque (1204-1566) »], Londres,
  3. (en) Filip Van Tricht, The Latin Renovatio of Byzantium : The Empire of Constantinople (1204-1228) [« La Renovatio latine de Byzance : L'Empire de Constantinople (1204-1228) »], , 548 p. (ISBN 978-90-04-20323-5)
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