Parti libéral (Belgique)

Parti libéral
Présentation
Fondation 1846
Disparition 1961
Fusionné dans Parti de la liberté et du progrès
Siège Bruxelles
Positionnement Centre-gauche à gauche
Idéologie Libéralisme
Anticléricalisme
Progressisme
Couleurs

Le Parti libéral est un ancien parti politique belge libéral de gauche[1],[2] créé en 1846[3] et fusionné en 1961 dans le Parti de la liberté et du progrès (unitaire).

Histoire

Congrès libéral du , tenu dans la salle Gothique de l'hôtel de ville de Bruxelles

On retrouve les prémices d'un parti libéral en Belgique peu après la création du Royaume uni des Pays-Bas auquel les provinces belges sont rattachées en 1815, dans le mouvement appelé « unionisme » qui s'allie par les circonstances avec les catholiques contre la politique menée depuis La Haye par le roi Guillaume. Dès la déclaration de l'indépendance du pays, le il est, avec le Parti catholique, l'un des deux partis qui dominent la vie politique belge. Cependant, ce n'est qu'en 1846 qu'il s'organise et établit son programme lors d'un congrès fondateur à l'Hôtel de ville de Bruxelles et ce, sous la présidence d'Eugène Defacqz. Parmi ses membres, il on trouve notamment Walthère Frère-Orban, Jules Bara, Pierre Van Humbeeck et Charles Sainctelette.

Plate-forme de la bourgeoisie urbaine, ce parti attache une importance particulière à l'indépendance du pouvoir civil face au clergé. Soucieux de l'amélioration de la situation des classes ouvrières, il est perçu comme une formation progressiste, comme la gauche de l'époque, par opposition à la droite catholique et conservatrice. Entre 1847 à 1884, il est le seul parti rival du Parti catholique qui obtient soit la majorité absolue des sièges ou se retrouve dans l'opposition. À la suite des élections générales de 1847 (nl), il remporte une grande victoire électorale et ce, à la suite de l'abaissement du cens. C'est Charles Rogier qui prend la tête d'un cabinet qui sera rapdiemment dominé par Walthère Frère-Orban.

Dans l'opposition à partir de 1852, le parti revient au pouvoir à la suite des élections générales de 1857 (nl). C'est ce que l'on appelle le « grand ministère libéral »[réf. nécessaire], d'abord dirigé par Charles Rogier puis, après la démission de ce dernier à la fin de l'année 1867, lui succède Walthère Frère-Orban en . L'usure du pouvoir et les dissensions au sein du parti seront parmi les principales raisons de la perte des élections générales d'août 1870 (nl)[réf. nécessaire].

Le parti est alors profondément divisé entre les radicaux, tel Paul Janson, qui réclament un élargissement du corps électoral et les doctrinaires, tel Frère-Orban, qui, y sont radicalement opposés. Frère-Orban parvient cependant à rassembler les deux tendances autour d'un même programme et remporte une dernière victoire aux élections générales de 1878 (nl) où il redevint Chef de cabinet. Sa politique déclenche rapidement la première guerre scolaire qui conduit le parti au désastre des élections générales de 1884 (nl). Le Parti catholique obtint alors une majorité absolue qu'il ne perd qu'après la Première Guerre mondiale. En effet, à la suite de l'introduction du suffrage plural en 1893, le poids du Parti libéral décroît significativement et celui-ci demeure dans l'opposition jusqu'au premier conflit mondial, lorsque le Parti libéral et le Parti ouvrier sont invités à former un gouvernement d'Union nationale. Dans l'entre-deux-guerres, les libéraux gouvernent plus fréquemment avec le Parti catholique.

Après la Seconde Guerre mondiale, ils sont appelés à participer à diverses coalitions jusqu'en 1961. À cette date, faisant suite à la crise liée à l'indépendance du Congo belge et aux grandes grèves, sous l'égide d'Omer Vanaudenhove, le parti renonce à sa philosophie anticléricale et opère un processus d'ouverture marqué par un changement de nom : il se renomme « Parti de la liberté et du progrès » (PLP) dans le contexte des tensions communautaires croissantes, qui annoncent l'arrivée des premières réformes de l'état et du fédéralisme belge.

Présidents

Personnalités

Résultats électoraux

Parlement national

Chambre des Représentants

Année Voix % Sièges Participation gouvernementale
1847 9 142 52,1
55  /  108
Rogier I
1848 30 806 59,5
83  /  108
1850 15 320 54,8
69  /  108
1852 16 888 57,4
57  /  108
Rogier I et de Brouckère
1854 16 087 57,4
54  /  108
de Brouckère, De Decker
1856 12 472 45,1
45  /  108
de Brouckère
1857 39 280 54,7
70  /  108
Rogier II
1859 15 052 54,2
69  /  116
1861 15 979 57,5
66  /  116
1863 17 799 45,5
59  /  116
1864 39 576 49,7
64  /  116
1866 20 965 58,2
70  /  122
Rogier II et Frère-Orban I
1868 13 619 44,3
72  /  122
Frère-Orban I
17 173 55,6
61  /  122
Opposition
32 448 44,5
52  /  124
Opposition
1872 9455 31
53  /  124
Opposition
1874 17 531 52,5
56  /  124
Opposition
1876 19 788 46,3
57  /  124
Opposition
1878 18 966 52,6
72  /  132
Frère-Orban II
1880 21 283 50,3
74  /  132
1882 22 001 52,8
79  /  138
1884 21 294 38,9
52  /  138
Opposition
1886 18 965 51,3
40  /  138
Opposition
1888 19 967 37,3
40  /  138
1890 20 829 54,5
44  /  138
1892 47 518 45,4
60  /  152
Opposition
1894 515 808 31,37
17  /  152
Opposition
1896 193 563 19,52
11  /  152
Opposition
1898 177 802 18,14
13  /  152
Opposition
1900 464 959 22,67
31  /  152
Opposition
1902 266 891 25,06
33  /  162
1904 283 411 25,35
42  /  166
Opposition
1906 207 341 17,68
37  /  164
Opposition
1908 331 981 27,64
36  /  164
Opposition
1910 236 467 18,55
36  /  168
Opposition
1912 291 084 11,10
21  /  186
Opposition
1914 326 922 24,50
31  /  186
Broqueville II, Cooreman et Delacroix I
1919 310 876 17,65
34  /  186
Delacroix II et Carton de Wiart
1921 343 959 17,80
33  /  186
Theunis I
1925 304 757 14,65
23  /  187
Opposition puis Jaspar I
1929 369 114 16,55
28  /  187
Jaspar II et Renkin
1932 313 722 14,08
24  /  187
de Broqueville III, Theunis II et Van Zeeland I
1936 292 970 12,40
23  /  202
Van Zeeland II, Janson, Spaak I puis opposition
1939 335 966 17,18
33  /  202
Pierlot II, III, IV, V et VI, Van Acker I et II
1946 211 143 8,93
17  /  202
Opposition, Van Acker III et Huysmans, opposition
1949 767 180 15,25
29  /  212
Gaston Eyskens I
1950 556 102 11,25
20  /  212
Opposition
1954 626 983 12,15
24  /  212
Van Acker IV
1958 585 999 11,05
20  /  212
Opposition puis Gaston Eyskens III et III (remanié)
1961 649 376 12,33
20  /  212
Opposition
Evolution des résultats électoraux du Parti Libéral à la Chambre des Représentants.

Voir aussi

Articles connexes

Notes et références

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