Partizán (média)

Partizán
Vidéaste Web
Le logo de la chaîne en 2026.
Informations
Créateur Márton Gulyás
Nationalité Hongroise
Nombre d'abonnés 611 000 (février 2026)
Autres activités Artiste, militant politique
Site internet https://www.partizan.hu/
Chaîne Partizánmédia

Partizán est une chaîne YouTube hongroise et l'un des médias indépendants les plus populaires du pays. Créée en 2017 et animée par Márton Gulyás, la chaîne compte en plus de 600 000 abonnés. Elle aborde essentiellement des sujets politiques, avec un point de vue critique du gouvernement Fidesz de Viktor Orbán.

Historique

Partizán est créée en 2017 par Márton Gulyás, un militant politique et une personnalité des médias en Hongrie[1],[2]. Déjà marginalement connu comme vidéaste web grâce à ses vidéos tournées dans son appartement dès le milieu des années 2010, il accède à la notoriété après avoir été victime d'une arrestation musclée par la police hongroise en 2017[1]. Il « ne prétend pas être journaliste à 100 % » mais plutôt « utiliser des outils journalistiques »[2].

Le nom de la chaîne, Partizán, provient de sa volonté d'évoquer le dilemme des journalistes indépendants confrontés à la pression politique et publicitaire[2]. Avec cette chaîne YouTube, il se donne pour objectif de constituer une « voix critique » et « combattre la propagande » dans un paysage médiatique largement dominé par les médias favorables au gouvernement Fidesz de Viktor Orbán. Il dit également vouloir « libérer l'imagination politique des gens »[3]. Légalement, le média est publié par la Fondation Partizán pour la production de contenu critique du système[4].

Partizán se développe rapidement durant la pandémie de Covid-19 en diffusant des interviews en format long, parfois jusqu'à quatre heures, durant les différents confinements. Dès lors, l'équipe qui anime la chaîne s'agrandit continuellement. Márton Gulyás considère de plus en plus Partizán comme une société de production plus qu'une simple chaîne d'information[1].

La chaîne obtient un grand succès, elle compte 270 000 abonnés en 2022. Márton Gulyás attribue cette réussite à la « lassitude de la population » face à la couverture jugée biaisée de la télévision publique. Il fait également le choix de rester proche des gens en traversant le pays avec un camion-satellite pour donner la parole à la population[3]. Il veut en particulier toucher la population des campagnes, plus conservatrices et qui vote largement pour le Fidesz. il organise des projections publiques de leurs contenus, mais aussi des discussions en petit comité[1].

Lors de la campagne précédant les élections législatives de 2022, il invite plusieurs personnalités, dont le leader de l'opposition unie Péter Márki-Zay. Celui-ci commet une erreur de communication en déclarant vouloir envoyer des soldats hongrois en Ukraine pour lutter contre l'invasion russe, propos qui sont immédiatement exploités par le gouvernement contre lui[5].

Au printemps 2024, Partizán organise une « tournée de printemps » durant laquelle l'équipe se déplace dans 7 moyennes et grandes villes de Hongrie pour montrer que la Hongrie ne se limite pas à Budapest. Ils s'installent en plein air et proposent aux passants d'assister à des retransmissions en direct et de débattre de sujets divers avec Márton Gulyás. Le principe suivi est que le directeur du média défend un point de vue politiquement clivante et que toute personne volontaire peut s'inscrire pour tenter de lui donner tort à l'issue d'un échange[4].

Ligne éditoriale

Partizán produit une grande diversité de contenus, qui vont du « journalisme d'investigation aux talk shows, en passant par les podcasts, les newsletters et les événements live ». La chaîne est également connue pour sa bonne couverture des différentes périodes électorales et ses débats animés, reconnue par le parti au pouvoir lui-même[4].

Márton Gulyás se définit comme « social-démocrate ». Malgré son positionnement très critique du gouvernement de Viktor Orbán[3], la chaîne Partizán n'est pas complaisante envers l'opposition[5]. Elle est comparée à la plateforme américaine de gauche Vox[1].

Parmi les invités figurent des personnalités de différents bords politiques, malgré une sous-représentation du Fidesz, qui décline généralement les invitations faites par les médias d'opposition. Márton Gulyás admet qu'il est risqué pour les personnalités du gouvernement d'accepter de participer[5].

Modèle économique

Le budget annuel de Partizán est d'environ 1,5 million d'euros[4], à hauteur de 80 000 euros par mois en 2022[2], ce qui lui permet de louer des bureaux dans le centre-ville de Budapest et un studio de production en banlieue, équipé de deux plateaux de tournage, des moyens « dignes de chaînes de télévision régionales françaises ». La rédaction emploie en 2025 plus de 70 personnes, à l'origine essentiellement d'anciens membres du monde du spectacle comme Márton Gulyás[1]. Elle s'appuie également sur le travail d'une équipe de 180 bénévoles, répartis pour moitié à Budapest et pour moité dans le reste du pays[4].

Le projet est initialement financé par des microdons réalisés par des citoyens hongrois[5]. Par la suite, avec l'expansion de la chaîne, les revenus se diversifient. La moitié des revenus provient de gros donateurs anonymes en Hongrie et de subventions étrangères, notamment américaines ; l'autre moitié des vues du média, des soutiens sur Patreon, du merchandising, de micro-dons et d'abonnements de soutien. Par exemple, le camion aménagé utilisé pour traverser le pays durant la campagne de 2022 est financé par la National Endowment for Democracy à hauteur de 93 000 euros[1].

Le Partizán profite également de la règle des « 1 % d'impôts », qui permet à tout contribuable hongrois d'affecter 1 % de l'impôt sur le revenu qu'il paie à une entité à but non lucratif de son choix. Cela permet au média d'être paradoxalement celui recevant le plus de fonds du gouvernement hongrois, à hauteur d'un million d'euros en 2024 [4].

Références

  1. Antoine Vermeersch, « Partizan, le média d’opposition qui s’impose face au gouvernement hongrois », sur Magyarpart, (consulté le )
  2. (en) Andy Heil et Akos Keller-Alant, « The Hungarian Journalist Trying To Break Viktor Orban's Grip On Media, And Voters », Radio Free Europe/Radio Liberty,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. « Partizan, la petite chaîne hongroise qui combat la "propagande" », sur L'Express, (consulté le )
  4. (en) « Funding the future: Partizán’s strategies for community building in Hungary », sur The Fix, (consulté le )
  5. « Partizan, la petite chaîne hongroise qui « combat la propagande » », sur SudOuest.fr, (consulté le )

Liens externes

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