Un avion émet un SOS en mer du Japon. Aussitôt plusieurs avions du Valley Forge se mettent à sa recherche. À proximité de l'archipel de Shuri, Sonny finit par repérer l'épave d'un vieux PBY Catalina près d'un îlot désert mais aucune base ni aucun aéroport n'a signalé de perte d'avion.
De retour de leur vol de reconnaissance, afin d'éviter au porte-avions un déroutement inutile, Buck Danny et ses amis, accompagnés d'un médecin, embarquent à bord d'un hélicoptère Chickasaw afin de porter secours à d'éventuels survivants. À peine arrivés sur l'île, ils constatent que la situation est autrement compliquée et que "on a cherché à faire disparaître l'épave".
Étant toujours sur place, les auteurs de la tentative de cette élimination se rendent maîtres des Américains. Ces derniers se retrouvent prisonniers, à la merci d'un ancien commandant de sous-marin allemand de la Seconde Guerre mondiale à la recherche d'un trésor englouti dans son ancien sous-marin coulé… Et voilà les pilotes d'avion forcés de plonger en scaphandre et aux prises avec des poulpes géants.
Un caboteur ou un yacht (fictif), le MV ou SS Falcon, renommé ensuite Ituri.
Un sous-marin (fictif, prétendu "de grande croisière") allemand : le U-135 ; la désignation a bien existé, mais dans une catégorie différente.
Destroyer ("torpilleur") X-112 (fictif, et dont l'allure générale - deux cheminées, un seul canon de retraite, avec une teugue et une étrave à guibre prononcée - est assez proche de celle des petits torpilleurs français de la Classe La Melpomène, de 1935-1938.
Avions
Sur la couverture : un XF9F-2 Panther (reonnaissable à sa perche / tube / antenne de pointe avant, caractéristique).
Les chasseurs Grumman Cougar du groupe aérien embarqué du Valley Forge.
Cet épisode met en valeur le bombardier torpilleur embarqué Grumman Avenger TBF-1, et le bimoteur amphibie PBY Catalina. Les auteurs disposent désormais d'une documentation technique plus riche, et ils montrent une utilisation du système américain de repérage anti-sous-marin dit « punaise morte » (ou "MAD Bird") Un PBY Catalina utilisant un détecteur d'anomalie magnétique. qui a précédé les antennes fixes placées dans le prolongement arrière (queue) du fuselage ; les MAD remorqués sont toujours employés, mais principalement par des hélicoptères ;
Capteur Raytheon AN/ASQ-81 sur un Sikorsky SH-3 Sea King.Capteur Raytheon AN/ASQ-81 sur le support latéral d'un SH-60
Le principe (domaine magnétique) de cet équipement n'a rien à voir avec celui des bouées sonobuoys[1], travaillant dans la gamme acoustique.
La photographie du Catalina remorquant son MAD correspond exactement et précisément au scenario de l'aventure. Elle a probablement inspiré les auteurs.
Déroulé et rebondissements scénaristiques
Comme souvent, Buck Danny prend des initiatives sans en référer à ses supérieurs hiérarchiques (commandant - qui de toute façon semble absent sur le porte-avions - , amiral).
Dès l'interception du S.O.S., Danny déclenche de lui-même l'opération de recherche de l'avion en détresse, mettant ainsi l'amiral devant le fait accompli. L'amiral ne sera mis au courant de l'opération qu'après le retour à bord des avions de recherche.
Étant par principe inséparable et cœur de l'action, le trio de pilotes compose l'équipe héliportée ; il et complété d'un chirurgien dont le rôle sera déterminant.
Au moment du crash du Catalina, le Valley Forge se trouvait à 280 nautiques du lieu de l'accident (panche PAT.2., case B1). Il aura sans doute fait route vers ce point (l'île "Shuri") pour réduire cette distance, ce qui rendra réalisable le raid de l'hélicoptère, dont la distance franchissable n'est que de 390 nautiques.
Investigation de l'épave - faiblement immergée - par plongée autonome ;
Plonger à plusieurs est une précaution élémentaire ; deux plongeurs, c'est le minimum ; mais trois (surtout pour une plongée si peu profonde - quelques mètres, à peine) ça n'était pas indispensable compte tenu de la menace, pourtant bien perçue et analysée (planche PAT.9) ; laisser le docteur Donogan seul en faction semble bien imprudent ; l'un des aviateurs aurait dû former un duo de surveillance avec lui.
En dépit des consignes reçues, le médecin manque de vigilance.
Les pilotes avaient emporté leurs casquettes d'uniforme et leurs papiers d'identité, pourtant aussi inutiles les uns que les autres en vol et en mission. Les papiers sont nécessaires au déroulement du scénario, les casquettes à leur identification.
Tandis que l'épave est quasiment en surface ou très peu immergée, et très proche du rivage, les trois investigateurs parcourent la distance en plongée dès la plage, alors qu'ils auraient pu l'effectuer à la nage en suface, économisant leur énergie et leurs réserves d'air comprimé.
Planche PAT.14, le dialogue radio avec la patrouille de Cougar, venue du Valley Forge en reconnaissance, montre que :
bien que l'idée de Tumbler (planche PAT.6) visât (initialement) à éviter au porte-avions un déroutement, il n'en a rien été (ce qui d'ailleurs est de bonne logique opérationnelle, car sans mission précise : à la planche PAT.1, case C1, le même Tumbler exprimait sa lassitude "Des patrouilles, toujours des patrouilles… et sans histoires !") ; le chef de patrouille demande en effet : "Le Valley Forge doit-il garder le cap sur vous ?" (case C1) ;
contrairement à son caractère audacieux propre, Danny, à la radio, ne tente rien pour envoyer un signal d'alerte à l'appareil en question ;
étrangement, le pilote évoque un échange radio avec "la base" - comme s'il avait oublié qu'il est en contact avec un porte-avions.
Planche PAT.16 et suivantes : le dénommé Wangler, prétendu ancien commandant de sous-marin dans la Kriegsmarine porte un uniforme estival/tropical fantaisiste (veston croisé à larges revers, casquette dotée de galons et macaron imaginaire) mais avec des galons (sur les épaules) de Korvettenkapitän.
Planche PAT.18, case C2 : Wangler prétend qu'il n'y a pratiquement pas de courants marins dans le secteur de l'épave du sous-marin ; cette affirmation sera contredite un peu plus tard :
Planche PAT.27, case D2, Wangler oriente les recherches de l'épave de l'U-135 dans une direction où, d'après ses calculs, "il a dû être entraîné par les courants sous-marins".
…
Historique
Les dessins originaux du combat des trois héros contre une pieuvre géante dans l'épave du sous-marin coulé ont été jugés trop effrayants par la Commission de Surveillance de la Presse des Jeunes. Convoqué par le ministère de l'information, Hubinon a été obligé de modifier ses dessins sous peine d'une interdiction du journal Spirou[1].
Revues
Album
Notes et références
Jean-Michel Charlier et Victor Hubinon, Tout Buck Danny, vol. 5 : Pilotes de porte-avions, Dupuis, (ISBN2-8001-1127-5), p. 52.