Paul Colin (écrivain)
| Naissance |
Sens |
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| Décès |
(à 98 ans) Clamart |
| Activité principale | |
| Distinctions |
| Langue d’écriture | français |
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| Genres |
Paul Colin, né le à Sens et mort le à Clamart[1],[2], est un écrivain français qui a reçu le prix Goncourt en 1950 pour Les Jeux sauvages[3], son premier roman.
Biographie
Jeunesse
Paul Colin nait à Sens le dans une famille de la bourgeoise catholique. Son grand-père paternel Auguste Colin est notaire à Crécy-en-Brie (Seine-et-Marne). Son grand-père maternel, Frédéric Vernis dit « le Mexicain » est un ingénieur des mines qui a construit des chemins de fer au Caucase et au Mexique avant de revenir en 1894 à Sens développer une entreprise de matériel agricole[4]. Son père Pierre Colin est une notabilité locale qui préside le tribunal de commerce de Sens et devient dans les années 1930 président du syndicat national des marchands-réparateurs de machines agricoles.
Paul Colin s'engage le dans la cavalerie (2ème régiment de hussards de Chamborant) stationné à Tarbes où il suit le cours des élèves-officiers de réserve (EOR). La débâcle le surprend à Montauban où il est démobilisé le . Réfractaire au STO, il vit en Sologne, travaille comme aide-géomètre et fait des relevés topographiques en découvrant bois et marécages qu'il décrira dans son livre. Il rencontre Charlotte Serre, née en 1924, qu'il épouse le à Heubecourt (Eure) où il se cache pour échapper aux gendarmes[5].
Vie professionnelle et écriture
Après-guerre, Paul et Charlotte Colin vont s'installer à Nyons (Drôme) au milieu de la nature, dans les petites Baronnies du nord de la Provence. Paul Colin s'exerce sans succès à la vente d'herbes aromatiques et médicinales, à la fabrication de savon et d'huile d'olive, de farine d'épeautre (blé rustique drômois), puis à l'élevage de souris blanches. Les dettes s'accumulent. Il consacre son temps à rédiger un manuscrit sur ses cahiers d'écritures comptables à l'entête « Les plantes des Baronnies »[5]. Il dactylographie le texte et poste en aux éditions Gallimard le tapuscrit d'un roman intitulé Les corps sont perdus.
Inscrit au chômage, sans ressources, Paul Colin apprend que son livre va être édité. Il entretient une correspondance avec Jean Paulhan qui, dans un courrier du , suggère à Gaston Gallimard de faire accélérer la publication[6]. Le rapport de lecture de Jacques Lemarchand avait en effet été très favorable.
L'ouvrage sort en librairie le sous le titre Les Jeux sauvages. Dans Combat du , le roman bénéficie d'une excellente critique, relevant que « les scènes audacieuses mais sans vulgarité se mêlent à une poésie enivrante — poésie de l'enfance sauvage, de la liberté, de la passion dévorante — sans détruire l'unité romanesque », et soulignant de façon prémonitoire que Paul Colin ferait un excellent Goncourt 1950. L'article est signé de André Brissaud dans ce quotidien engagé d'après-guerre, où Jacques Lemarchand tient la rubrique théâtrale[7]. La critique des Nouvelles littéraires met aussi en évidence l'ouvrage pour l'obtention d'un prix : « Le début des Jeux sauvages est éclatant et Paul Colin a beaucoup de talent », même s'il souligne « l'effervescence de ses personnages, leurs âmes hallucinées […] Je ne vois pas Boileau lisant les Jeux sauvages, ni Bernardin de Saint-Pierre, ni même Voltaire… Mais nous sommes si amoureux du talent, si dévots de l'art pour l'art, que M. Paul Colin peut tout dire, nous faire accepter l'incroyable, tolérer l'illogique, fermer les yeux au monstrueux. C'est un virtuose – déjà. Mais pourra-t-il hausser le ton ? Pour un jury de la découverte, voici une chance à jouer »[8].
Prix Goncourt et retrait de la vie publique
Le , Pierre Mac Orlan, nouveau membre du jury du prix Goncourt réuni chez Drouant, annonce à la presse qu'au cinquième tour, le prix a été attribué par cinq voix à Paul Colin pour Les Jeux sauvages, les autres voix s'étant dispersées sur les autres candidats. La surprise est totale, même pour l'éditeur qui n'a fait imprimer que quelques centaines d'exemplaires. Face à la demande, Gallimard assure un nouveau tirage en urgence, tout en négociant la publication du Goncourt 1950 en intégralité dès la semaine suivante dans France-Dimanche du .
Après l'obtention de ce prix[9], Paul Colin acquiert une propriété vinicole et se retire de la vie littéraire. Un second roman, Terre paradis, publié en 1959, passe quasi inaperçu[10],[11]. Après cet échec, l'auteur abandonne l'écriture.
Paul Colin meurt le à Clamart et est inhumé le au cimetière de Sens.
Œuvre
- 1950 : Les Jeux sauvages aux éditions Gallimard — Prix Goncourt[12]
- 1959 : Terre paradis, éditions Gallimard.
Notes et références
- ↑ Le Monde, 24 mars 2018, p. 20.
- ↑ Lieux de naissance et décès trouvés dans la base MatchId des fichiers de décès en ligne du Ministère de l'Intérieur avec les données INSEE (consulté le 4 janvier 2020).
- ↑ Jean-Paul Jean et Alban Bensa, « Paul Colin (1920-2018), Prix Goncourt 1950 inattendu », sur En attendant Nadeau, (consulté le )
- ↑ Société amicale des anciens élèves de l'École nationale supérieure des Mines de Saint-Étienne, Bulletin no 250, 20 novembre 1931.
- Paul Colin, Prix Goncourt 1950, Revue du syndicat national des marchands-réparateurs de machines agricoles, 1951.
- ↑ Gaston Gallimard, Jean Paulhan, Correspondance 1919-1968. Jean Paulhan à Gaston Gallimard, 23 janvier 1950, Gallimard 2011, pp. 366 et 413.
- ↑ Jacques Brissaud, « Candidats aux grands prix littéraires de la saison », sur Gallica, Presse, Journal Combat du 27 novembre 1950, p.7, (consulté le ).
- ↑ Robert Kemp, Les Nouvelles littéraires, 16 novembre 1950 ; Cf. Goncourt, 100 ans de littérature (Dominique-Antoine Grisoni dir.), Agnès Viénot éd., 2003, pp. 106-107.
- ↑ Sur la contestation de ce prix Goncourt, voir Paul Léautaud, Journal Littéraire au 22 janvier 1950 et Pierre Assouline dans Le Monde des livres du 28 août 2008.
- ↑ Le Prix Goncourt pourquoi pour qui ? émission de l'ORTF du 30 novembre 1970 sur le site de l'INA.
- ↑ Guillaume Sbalchiero, « Goncourt oubliés 2 : Paul Colin, 1950 », L'Express, 5 avril 2012.
- ↑ Christian Pelletier, « Les Jeux sauvages de Paul Colin, prix Goncourt 1950 », La Corne de Brume - Revue du C.R.A.M., décembre 2013, p. 17-24.
Liens externes
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