Paul Marguerite de La Charlonie
Paul Marguerite de La Charlonie, né à Paris le 18 avril 1844 et mort à Laon le [1] est un ingénieur, industriel et collectionneur d'antiquités français[2] de la Belle-Époque. Imprégné de culture classique, ses voyages autour de la Méditerranée et les cours d'archéologie qu'il suit à l'École du Louvre nourrissent sa passion pour les antiquités grecques. Cet intérêt l'amène à rassembler une importante collection de 1604 objets archéologiques, aujourd'hui conservée au musée d'Art et d'Archéologie de Laon (Aisne).
Enfance
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Naissance
Joseph-Eugène-Paul Marguerite, dit Paul Marguerite de La Charlonie, né le 18 avril 1844 dans le 5ᵉ arrondissement de Paris, est issu d’une famille de la petite bourgeoisie parisienne[3]. Il est le cadet d’Armand Anasthas Albert Marguerite (1842-1915). Ses parents, Louis Eugène Marguerite (1807-1900), marchand de laine originaire de Rouen, et Justine Zénaïde Delacharlonny (1814-1877), issue d’une famille de marchands de draps de Saint-Quentin, se marient le 3 avril 1837.
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Louis Eugène Marguerite. -
Justine Zénaïde Delacharlonny.
La famille Marguerite s’installe rue de Paradis-au-Marais (actuelle rue des Francs-Bourgeois), au cœur du quartier industriel du Marais à Paris. Issus d’une ancienne lignée de commerçants, les Marguerite profitent du déclin de l’aristocratie dans le quartier après la Révolution française, qui favorise l’installation de nombreux artisans et négociants dans les immeubles anciens du Marais[4].
Scolarité

Paul Marguerite de La Charlonie et son frère aîné, Albert, reçoivent leur première instruction chez les Frères des Écoles chrétiennes à Paris, institution reconnue pour la rigueur morale et doctrinale de son enseignement. Dans ses souvenirs, il se décrit comme un enfant « calme, réfléchi, plus plongé dans les livres, dès que j'ai su lire, que dans les jeux agités... Je me souviens avoir passé de longues heures entre les genoux de mon bisaïeul (qui était né en 1763 sous Louis XV et qui me racontait des [histoires] du temps passé) »[5].
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Il poursuit ensuite ses études au lycée Charlemagne, établissement parisien réputé, où il suit les cours classiques des humanités. En 1862, à l’âge de dix-huit ans, il obtient une double distinction au baccalauréat ès lettres et ès sciences[6].
L’année suivante, Paul Marguerite de La Charlonie se présente au concours d’entrée à l’École polytechnique, auquel il échoue. Il qualifiera plus tard cet échec de décisif dans l’orientation de sa carrière :
« Je m’étais épuisé à travailler jusque 4 heures du matin la veille de l’examen [...]. Saisi d’une angoisse devant ma mauvaise chance, je ne pus que balbutier. Aujourd’hui, je suis enchanté de cet échec qui m’a permis de suivre une carrière pour laquelle j’étais bien plus fait.[7]»
En 1863, il intègre l’École impériale centrale des Arts et Manufactures, alors située dans le quartier du Marais[8]. L’établissement a pour objectif de former des ingénieurs capables de maîtriser le développement de l’industrie et de l’entreprise. Après quatre années d’études, il en sort septième de la promotion 1867, dans la spécialité mécanique[9].
Paul Marguerite, Marguerite-Delacharlonny ou Marguerite de La Charlonie ?
Paul Marguerite de La Charlonie, d’abord connu sous le nom de Paul Marguerite, adopte dès 1868 le patronyme Delacharlonny, celui de sa mère, dans le cadre de ses activités industrielles. Ce choix, à la fois hommage familial et stratégie sociale, s’explique par le prestige commercial associé à cette famille de négociants en étoffes établie à Saint-Quentin et Noyon.
Son nom d’origine, « Marguerite », lui cause une gêne durable en raison des confusions de genre qu’il suscite. Il précise dans son testament que son nom complet doit être écrit « Paul Marguerite-de La Charlonie » afin d’éviter toute ambiguïté. Dans la vie publique, il signe généralement « Paul Marguerite de La Charlonie » ou « M. de La Charlonie », tout en conservant l’usage de « Marguerite » dans ses documents officiels.
Cette dualité nominale engendre des variations orthographiques entre « Delacharlonny » et « de La Charlonie ». Il justifie finalement la forme « de La Charlonie » par la mention d’un Jean de La Charlonie, né à Paris en 1670, citée dans un acte ancien aujourd’hui disparu.
L’évolution du nom remonte au XVIIIᵉ siècle : Jean-Jacques de La Charlonie, marchand de toiles à Saint-Quentin, en modifie la graphie en « Delacharlonny » vers 1752 pour distinguer son activité commerciale d’une appartenance noble jugée inappropriée. Paul Marguerite attribue à tort cette transformation à son grand-père, alors qu’elle revient à son arrière-grand-père.
Cette adaptation du nom s’inscrit dans un phénomène social plus large de la bourgeoisie du XIXᵉ siècle, où l’ajout de particules ou la référence à des familles anciennes visent à renforcer le prestige social. Autour de lui, plusieurs proches suivent ce modèle, comme Hélène Craponne, devenue « Helen de Craponne », ou Alexandre Dubois Delarue, qui signe « Dubois de La Rüe ». Toutefois, chez Marguerite de La Charlonie, cette évolution traduit moins une recherche d’apparat qu’une volonté d’affirmation intellectuelle et morale[4].
Chef d'entreprise

Acquisition de l'usine Saint-Charles d'Urcel
En 1867, à la suite de l’obtention de son diplôme d’ingénieur, Paul Marguerite de La Charlonie s’engage dans la voie du progrès industriel et technique promue sous le Second Empire. Son insertion professionnelle se concrétise rapidement grâce à son père, Louis Eugène Marguerite, qui acquiert dès 1865, par adjudication publique, une fabrique d’alun et une briqueterie situées à Urcel, près de Laon (Aisne)[10]. À cette époque, le village compte environ 630 habitants, principalement ouvriers, vignerons et cultivateurs.
L’établissement, connu sous le nom d’usine Saint-Charles, est cédé par les frères André Hurier (1804-1885) et Charles-Léon Hurier (1813-1904), industriels originaires de Saint-Quentin et cousins de la famille Delacharlonny. Des liens commerciaux existaient vraisemblablement entre les deux familles, l’alun étant utilisé comme fixateur de couleur pour les étoffes et la laine.
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L’usine Saint-Charles s’inscrit dans une tradition industrielle ancienne, remontant au XVIIIᵉ siècle. Des gisements de lignite pyriteuse, appelés localement « cendres noires », sont découverts vers 1770 dans les bois d’Urcel. Leur traitement permet la production de sulfate de fer et de sulfate d’alumine, deux composés essentiels à la chimie industrielle, à la teinture et à la fabrication d’encre. La première exploitation à visée industrielle est autorisée par le Conseil du roi en 1786 à un entrepreneur anglais, Édouard Chamberlain. L’établissement passe ensuite aux frères Moreau d’Olibon, puis à plusieurs propriétaires successifs avant d’être repris, vers 1825, par les frères Hurier, qui en assurent la gestion pendant près de quarante ans[11].
Occupant une surface d’environ dix hectares, l’usine comprend deux pôles principaux : une fabrique d’alun et une briqueterie. Son implantation présente plusieurs avantages : la proximité immédiate des matières premières (cendres noires et terres réfractaires), situées sur la propriété ou sur des terrains attenants dotés de droits d’extraction, ainsi qu’un accès direct à la route impériale n°2 (Paris-Maubeuge) et à la gare de Chailvet, distante de moins de deux kilomètres[12].
De la modernisation à la fermeture de l'usine Saint-Charles

À partir de 1874, Paul Marguerite de La Charlonie prend la direction définitive de l’usine Saint-Charles d’Urcel et entreprend une vaste modernisation industrielle. Inspiré par les travaux du chimiste Eusèbe Gris, il met au point un engrais à base de sulfate de fer (couperose verte), qu’il produit à grande échelle selon un procédé d’oxydation et de cristallisation des pyrites[13]. Ce fertilisant, diffusé à bas coût, rencontre un succès national, relayé dans la presse agricole et scientifique (Journal d’agriculture pratique, Revue des industries agricoles, Annales de chimie et de physique)[14],[15],[16],[17],[18],[19],[20],[21].
Ses produits sont récompensés par des médailles d’or et de bronze aux Expositions universelles de 1878 et 1889, et l’entreprise atteint une production de plus de 270 tonnes de sulfate de fer en mars 1893[22]. Parallèlement, Marguerite transforme le site en exploitation mixte combinant usine, ferme expérimentale et résidence patronale dotée de bureaux, laboratoire, orangerie et logements ouvriers. Il s’investit aussi dans la vie locale en devenant conseiller municipal d’Urcel en 1874[23].
À la fin du siècle, l’« affaire Hurier » devient une source majeure de conflit : Paul Marguerite de La Charlonie estime avoir été lésé lors de l’achat de l’usine par les frères Hurier, alors jugée moins rentable que prévu. Malgré plusieurs tentatives, il renonce à toute poursuite judiciaire. En 1898, il doit encore près de 6 700 francs aux anciens propriétaires et reconnaît l’échec de son entreprise. La fermeture de l’usine est engagée en 1901, suivie de la vente du matériel et de la cessation définitive d’activité en 1903, marquant la fin de sa carrière industrielle[4].
Tirant les leçons de cette expérience, Paul Marguerite de La Charlonie décide d'instaurer, en 1913, un legs de 5 000 francs à destination des élèves de l'École centrale des Arts et Manufactures, afin de leur permettre de consulter un juriste avant la signature de tout contrat d'engagement. Un autre legs de 5 000 francs est attribué à la caisse de secours des Amis des sciences (versé en 1930)[24].
Idées politiques et religieuses
Idées politiques
Dans sa jeunesse, Paul Marguerite de La Charlonie adhère aux idées républicaines, comme nombre d’ingénieurs formés sous le Second Empire. En 1873, il se décrit encore comme un « vieux républicain », mais son adhésion relève davantage du conformisme que d’un engagement profond[25].
Au fil des années, son opinion évolue vers une hostilité marquée envers la Troisième République et la démocratie parlementaire, qu’il accuse d’instabilité et de corruption, notamment après les scandales politiques du XIXᵉ siècle (affaires des décorations, de Panama). Il rejette le suffrage universel, qu’il estime confier le pouvoir à une majorité ignorante, et défend une vision élitiste du gouvernement fondée sur le mérite, l’instruction et la vertu morale[26],[27].
Hostile au parlementarisme et aux réformes sociales, il critique la législation syndicale, la fiscalité républicaine et la protection des salariés, jugées contraires à l’initiative individuelle. Il refuse même la charité, qu’il considère comme un frein à la prise de conscience des inégalités[28]. Ce rejet s’enracine dans une mémoire familiale marquée par la Révolution française, qu’il rend responsable des ruines successives de ses ancêtres.
Marguerite de La Charlonie développe une méfiance généralisée envers toutes les classes sociales : il condamne la paresse ouvrière, la frivolité bourgeoise et la décadence aristocratique, tout en défendant l’idée d’« élites » morales et intellectuelles aptes à gouverner[29].
S’il rejette la démocratie, il ne se réclame pas non plus du monarchisme traditionnel. Il imagine un système monarchique réformé, où le chef de l’État serait choisi de manière élective au sein d’une famille noble, inspiré des modèles antiques.Dans les dernières décennies de sa vie, il se rapproche de la droite nationaliste et antisémite, soutenant activement des journaux tels que L’Action française et La Libre Parole, auxquels il adresse des lettres d’encouragement[30].
Idées religieuses
À partir des années 1890, Paul Marguerite de La Charlonie développe un antisémitisme virulent et une vision complotiste des rapports religieux et politiques en France. L’affaire Dreyfus agit comme un déclencheur, nourrissant chez lui la conviction de l’existence d’un « bloc judéo-protestant-maçonnique »[31] qu’il accuse de miner la France catholique, de corrompre la vie politique et de dominer les institutions culturelles.Son antisémitisme s’exprime également dans les milieux savants : membre de la Société pour l’encouragement des études grecques, il tente d’y introduire des mesures discriminatoires, telles que des déclarations généalogiques obligatoires[32].
Sa méfiance s’étend aux protestants, qu’il associe au judaïsme politique et économique, et aux francs-maçons, qu’il accuse d’influencer les décisions publiques au détriment des intérêts catholiques et nationaux[33],[34].
Cette idéologie se reflète jusque dans son testament. Rédigé en 1902 et modifié à plusieurs reprises, il comporte des clauses discriminatoires excluant les personnes juives, protestantes ou étrangères de ses legs. Marguerite retire notamment le don prévu pour le musée du Louvre, en raison de la présence de responsables juifs dans son administration, dont Henri Marcel, Georges Bénédite et Camille Dreyfus[35]. En 1921, il lègue finalement ses biens à l’Académie des inscriptions et belles-lettres, à condition que les bénéficiaires soient catholiques sur plusieurs générations et sans ascendance étrangère. Ces restrictions conduisent l’Académie, comme le Louvre, à refuser le legs de sa collection[4].
Le goût des mots : le théâtre et la poésie.
Paul Marguerite de La Charlonie entretient tout au long de sa vie une profonde affinité avec les arts du spectacle et la poésie, caractéristiques d’une sociabilité cultivée propre aux élites intellectuelles de la fin du XIXᵉ siècle. Grand amateur de théâtre, il fréquente assidûment les salles parisiennes et accorde une place importante aux représentations dans son emploi du temps. Son goût éclectique l’amène à assister aussi bien à des pièces classiques qu’à des spectacles de boulevard, d’opéra ou du Grand-Guignol. Il s’essaie également à l’écriture dramatique, notamment à travers de courtes pièces destinées aux enfants de son entourage, dont certaines furent perdues lors de l’incendie de l’usine d’Urcel[4].
Son activité poétique s’inscrit dans la tradition humaniste des milieux lettrés de son époque. Inspiré par ses voyages, son environnement et ses souvenirs niçois, il compose des poèmes en vers français et latins qu’il fait parfois imprimer ou illustrer. Vers 1911, il entreprend la rédaction d’un recueil de sonnets inspiré par la figure d’André Chénier, symbole pour lui de l’artiste savant[36].
Pendant la Première Guerre mondiale, ses poèmes prennent un ton plus politique et polémique, dénonçant la démocratie républicaine et la médiocrité des élites. Quinze de ses sonnets sont censurés en 1917, ce qui le conduit à publier une version remaniée sous le titre Quelques pensées pour le temps présent par divers auteurs[37]. L’année suivante paraît vraisemblablement le recueil complet, Sonnets sonnants, chantants, tonnants (1918), imprimé à Paris sous sa supervision[38].
La villa Carlonia de Nice
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En 1895, Paul Marguerite de La Charlonie fait construire sa villa de villégiature, la villa Carlonia au 13, rue Maccarani à Nice, au cœur du quartier des Musiciens, alors en plein essor à la Belle Époque[39]. Conçue par les architectes Joseph Mars et Albert Tournaire, la demeure adopte un style néo-classique mêlant équilibre, décor abondant et références à l’Antiquité, en accord avec le goût cultivé de son commanditaire[40]. La façade symétrique, ornée de rinceaux, griffons, urnes et figures ailées, est rehaussée d’un décor peint et du monogramme de Paul Marguerite de La Charlonie. L’édifice, organisé sur trois niveaux, associe fonctionnalité et élégance, reflétant l’attrait de son propriétaire pour la culture grecque et le confort moderne.
La villa, baptisée du nom italianisé ou hellénisé de La Charlonie, « Carlonia », devient un lieu de vie intellectuelle et poétique. Marguerite de La Charlonie y séjourne régulièrement, y reçoit des amis écrivains et ecclésiastiques, et compose des poèmes inspirés par Nice, sa lumière et ses fêtes, notamment son carnaval[41]. Il y accueille également son père, Louis Eugène Marguerite, qui y réside jusqu’à sa mort en 1900[42].
Très intégré à la vie culturelle locale, il devient membre de la Société des Lettres, Sciences et Arts des Alpes-Maritimes en 1900, institution qui promeut la recherche et la diffusion du savoir à Nice. Dans son testament, il lègue la villa et sa bibliothèque à cette Société, souhaitant en faire un lieu durable d’échanges intellectuels[43]. Aujourd’hui encore, la villa Carlonia abrite le siège de la Société des Lettres, Sciences et Arts des Alpes-Maritimes, ainsi que le Consulat général honoraire de Grèce, perpétuant la vocation culturelle et humaniste voulue par son fondateur.
- Plans de la villa Carlonia par les architectes Tournaire et Mars (1895).
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Coupe -
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Premier étage -
Façade est -
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Façade sud
Les voyages de Paul Marguerite de La Charlonie
La Revue générale des sciences pures et appliquées ou l'ambition du voyage didactique.

À la fin du XIXᵉ siècle, Paul Marguerite de La Charlonie s’inscrit dans le mouvement des croisières savantes lancées par la Revue générale des sciences pures et appliquées, revue bimensuelle fondée en 1890 par Louis Olivier pour promouvoir les échanges entre scientifiques, industriels et érudits[44]. Ces voyages, organisés en partenariat avec la Compagnie des Messageries Maritimes, visaient à allier formation intellectuelle et découverte culturelle. Les passagers, souvent issus des milieux cultivés, bénéficiaient de conférences à bord, d’un salon de lecture, d’une bibliothèque et d’un laboratoire photographique. Les croisières, d’une durée moyenne de trois semaines, réunissaient entre 150 et 200 participants et parcouraient principalement le bassin méditerranéen, notamment la Grèce, haut lieu des études classiques.
Séduit par cette formule alliant plaisir, savoir et voyage, Marguerite de La Charlonie participe à sa première croisière en avril 1898, accompagnée de son ami Georges Hélie[45]. Cette expérience marque un tournant décisif : entre 1898 et 1912, il prend part à une quatorzaine de croisières savantes, principalement en Méditerranée, mais aussi à des voyages personnels en Italie, Allemagne et France[46]. Après la fermeture de son usine d’Urcel en 1901, il consacre pleinement son temps à ses deux passions : l’archéologie et la photographie.
Témoin de cette période, l’historien Jérôme Carcopino le décrit comme un amateur éclairé, passionné par les poteries attiques et membre de l’Association pour l’encouragement des études grecques, mais davantage photographe qu’archéologue[47]. Utilisant un appareil Kodak portatif, il réalise de nombreux clichés de sites antiques, de paysages et de scènes de vie.
Conservé aujourd’hui au Musée d’Art et d’Archéologie du Pays de Laon, le fonds photographique Marguerite de La Charlonie comprend environ 250 photographies et cartes postales, témoignant de l’essor des voyages d’études méditerranéens et de la démocratisation de la photographie de terrain au tournant du XXᵉ siècle.
- Photographies de la croisière en Grèce de la Revue générale des sciences pures et appliquées. Avril 1898, Paul Marguerite de La Charlonie. Musée d’Art et d’Archéologie de Laon.
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La Grèce et la Turquie
Entre 1898 et 1912, Paul Marguerite de La Charlonie participe à plusieurs croisières savantes en Méditerranée, notamment en Grèce, où il effectue quatre voyages qui marquent profondément son œuvre poétique et intellectuelle. Ces expéditions, organisées par la Revue générale des sciences pures et appliquées, mêlaient tourisme érudit, archéologie et enseignement, dans un contexte d’enthousiasme pour la culture classique et l’hellénisme.
Lors de ses séjours en Grèce continentale et insulaire, il découvre les principaux sites archéologiques : Athènes, Éleusis, Égine, Épidaure, Delphes, Corinthe, Olympie, Mycènes ou encore Mistra. Ces visites, guidées par des savants tels que Salomon Reinach ou Paul Monceaux, mêlent admiration artistique et réflexion politique sur le rôle de la Grèce antique dans la civilisation européenne. Paul Marguerite de La Charlonie exprime son émotion à travers plusieurs poèmes, dont Lever de soleil sur le golfe de Corinthe (1913), où il célèbre la beauté lumineuse du paysage grec.
Ses itinéraires s’étendent également à la Crète, les Cyclades, le Dodécanèse, les îles Ioniennes et la Thessalie, où il photographie paysages, ruines et scènes de vie quotidienne. À Chypre et à Malte, il s’intéresse aux héritages médiévaux, tandis qu’en Turquie, il explore Constantinople, Brousse, Troie, Éphèse, Pergame et Halicarnasse[4].
- Fonds iconographique de Paul Marguerite de La Charlonie (Grèce). Musée d'Art et d'Archéologie de Laon.
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Vue panoramique d'Athènes. -
L'Asclépiéion (Athènes) -
Stade de Delphes. -
Croisiéristes à Mycènes. -
Ruines de Délos.
L'Italie
Paul Marguerite de La Charlonie parcourt à plusieurs reprises l'Italie entre 1901 et 1912, dans le cadre de croisières savantes ou de voyages personnels. Après une première croisière en Sicile et en Campanie (Naples, Pompéi, Paestum) en 1901, il entreprend seul un grand périple à travers l’Italie du Nord, visitant l’Ombrie, la Toscane, la Ligurie, la Lombardie et l’Émilie-Romagne. Ce voyage, qu’il qualifie de « jours de rêve inoubliables », marque le début d’un attachement durable à l’Italie. Il participe ensuite à une croisière en Adriatique en 1905 (Ancône, Ravenne, Venise, Trieste), puis à celle de Pâques 1906, qui le conduit en Sardaigne. Ses derniers séjours italiens, entre 1909 et 1912, le mènent à Pallanza, Rapallo et Rome. Ses carnets et correspondances témoignent d’un émerveillement constant devant la diversité des paysages et la richesse monumentale du pays[4].
- Fonds iconographique de Paul Marguerite de La Charlonie (Italie). Musée d'Art et d'Archéologie de Laon.
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Lac de Garde, ville de Riva del Garda. -
La maison de Tasso surplombant la mer de Sorrente. -
Positano (baie de Naples). -
Rue de Chiaia (Naples). -

Autres destinations : l'Égypte, le Proche-Orient, la péninsule Ibérique, la Corse.
En 1903, il découvre l’Égypte, de la vallée du Nil à Assouan, expérience marquée par une admiration pour l’immensité des temples de Karnak et des paysages désertiques, mais aussi par une certaine déception face à la modernisation du pays et à la domination britannique. L’année suivante, il parcourt le Proche-Orient — Damas, Jérusalem, Jaffa et Beyrouth — s’imprégnant des hauts lieux bibliques et des villes orientales encore traditionnelles.
En 1905, il participe à la croisière sur l’Adriatique (Croatie, Bosnie-Herzégovine, Monténégro), découvrant l’amphithéâtre de Pula, Dubrovnik, Sarajevo et la baie de Kotor, malgré des conditions de voyage éprouvantes. L’année suivante, il rejoint la croisière de Pâques qui lui fait traverser la Corse, dont il visite les principaux sites, d’Ajaccio à Bonifacio, malgré les intempéries et les grèves qui perturbent l’itinéraire. Entre 1905 et 1907, il explore également la péninsule Ibérique, les Baléares, les Canaries, Madère et le Portugal, notant la richesse artistique de l’Andalousie et les paysages volcaniques des îles atlantiques. Enfin, ses escales au Maroc (Tanger, Mazagan, Mogador) lui révèlent un univers sensoriel et architectural nouveau, entre héritages coloniaux et traditions locales. Ces voyages successifs façonnent son regard de futur collectionneur, nourrissant son goût pour les civilisations méditerranéennes[4].
Les études grecques
Élève à l'École du Louvre

À la suite de la fermeture de l’usine d’Urcel et du décès de son père en 1900[48], Paul Marguerite de La Charlonie se consacre entièrement à ses voyages et à l’étude de l’archéologie grecque. À partir de 1901, il suit en auditeur libre les cours de l’École du Louvre, alors installée dans la cour Visconti du musée du Louvre[49]. Fondée en 1882, cette institution dispense un enseignement théorique et pratique de l’histoire de l’art et de l’archéologie, accessible à un large public d’auditeurs. Marguerite de La Charlonie y suit notamment les cours d’Edmond Pottier, d’Étienne Michon, de Maxime Collignon et d’Ernest Babelon, dont il illustre les enseignements par des dessins de statues et de céramiques grecques dans ses carnets[50]. Autour de lui se forme un cercle d’amis partageant les mêmes intérêts, parmi lesquels sa cousine Marguerite Vérel, l’ingénieur Paul Huet, ainsi que des artistes, érudits et conservateurs comme Renée Assa, Alexandre Dubois de la Rüe ou Madeleine Massoul. Ces réunions, organisées à son domicile parisien du 21 rue Bonaparte, témoignent d’un milieu cultivé et curieux des civilisations antiques, au sein duquel se croisent amateurs, chercheurs et professionnels des musées[51].
La vie associative
La formation de Paul Marguerite de La Charlonie à l’École du Louvre s’accompagne d’une activité associative soutenue qui l’intègre pleinement au milieu académique des études grecques du début du XXᵉ siècle. En 1903, il devient membre de l’Association pour l’encouragement des études grecques en France, société savante fondée en 1867 et destinée à promouvoir la recherche et la diffusion des connaissances sur la civilisation grecque dans ses multiples dimensions — littéraires, philosophiques, religieuses, philologiques, historiques et archéologiques. Dirigée à cette époque par Edmond Pottier et Salomon Reinach, l’association publie la Revue des Études grecques, devenue un organe majeur des études classiques françaises[52].
Paul Marguerite de La Charlonie y participe activement : il y présente en 1907 des réflexions sur les vases grecs et intervient lors des séances sur la promotion de l’association[53]. Entre 1915 et 1919, il fait admettre plusieurs de ses amis et collaborateurs, dont Ferdinand Pupil[54] et le docteur Eddé[55], afin de soutenir son projet de création d’un « musée de l’Hellénisme ».
Parallèlement, il s’intéresse aux activités de la Ligue française des droits de l’hellénisme, fondée en 1905 pour défendre la civilisation grecque face aux menaces de l’Empire ottoman et aux rivalités balkaniques[56]. Cette ligue, issue du mouvement philhellène né au XIXᵉ siècle, réunit chercheurs et hommes politiques tels qu’Alfred Croiset, Charles Diehl, Hubert Pernot, Aristide Briand ou Georges Clemenceau, et promeut une solidarité culturelle et politique franco-grecque[57].
L’engagement de Paul Marguerite de La Charlonie s’élargit ensuite à d’autres institutions savantes. En 1908, il rejoint la Société nationale des Antiquaires de France, qui se consacre à l’étude des langues, arts et antiquités des civilisations anciennes et médiévales[58], ainsi que l’Association des Amis du musée du Louvre[59], dont l’objectif est de soutenir le musée par le mécénat et la valorisation de ses collections.
En parallèle de cette vie associative, il se tient informé de l’actualité artistique et archéologique à travers des périodiques spécialisés tels que la Revue Græcia, consacrée aux échanges culturels entre la France et la Grèce, ou le Journal des Arts, chronique des ventes et activités du marché de l’art à Paris[60].
Sur les vases dits enfumés (1907)
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Sur les vases antiques dits enfumés[53] est un article scientifique publié en 1907 dans la Revue des Études grecques par Paul Marguerite de La Charlonie. Ce travail illustre sa volonté d’appliquer les méthodes expérimentales issues des sciences physiques à la recherche archéologique.
Dans cet article, Marguerite de La Charlonie conteste l’explication communément admise selon laquelle les vases dits « enfumés » auraient été accidentellement noircis par la fumée des bûchers funéraires. Il avance l’hypothèse que ces céramiques auraient été volontairement fabriquées à partir d’argiles naturellement grises et cuites selon des procédés contrôlés pour obtenir des teintes métalliques. Pour étayer cette thèse, il réalise à Urcel des expériences de combustion sur des tessons antiques, dont il tire la conclusion que la fumée ne pouvait expliquer les colorations uniformes observées sur certains vases.
Sur la base de ces essais, il propose une nouvelle classification distinguant les vases gris à figures noires et les vases noirs à figures grises, qu’il interprète comme des productions intentionnelles plutôt qu’accidentelles. Toutefois, cette interprétation se révéla ultérieurement erronée : les études céramologiques menées au XXᵉ siècle ont confirmé que la coloration de ces vases résulte bien d’un phénomène de réduction à la cuisson, déjà maîtrisé par les potiers grecs, et non de l’emploi d’argiles grises particulières.
Les contemporains de Marguerite de La Charlonie, notamment Edmond Pottier, accueillirent sa théorie avec réserve, soulignant le manque de fondements archéométriques de ses expériences[61]. Malgré cette erreur d’interprétation, son étude témoigne d’une démarche novatrice pour l’époque, cherchant à introduire la méthode scientifique et expérimentale dans l’analyse des céramiques antiques.
Le projet de Musée de l'Hellénisme
Parallèlement à la constitution de sa collection, Paul Marguerite de La Charlonie développe une réflexion approfondie sur la muséographie et sur la place de l’art grec dans la culture française. En 1907, après un voyage en Allemagne consacré à la visite des musées d’archéologie, il publie dans L’Art et les Artistes une tribune dénonçant la « stagnation » du Louvre face au dynamisme des musées allemands. Il y déplore « son escalier Daru inachevé que déshonorent ses criardes mosaïques » et appelle à une réforme ambitieuse du musée, qu’il juge essentiel au rayonnement culturel national. Dans cette perspective, il considère l’art grec comme un capital symbolique et politique, garant du statut de la France comme « capitale artistique du monde »[62].
Cette conviction conduit à l’élaboration, en 1915, de son projet de musée de l’Hellénisme, conçu comme un musée privé consacré à la civilisation grecque. Rédigé durant la Première Guerre mondiale, le projet se veut à la fois patriotique et pédagogique : « S’occuper de ce musée, c’est travailler pour le pays. [63]» Présenté le 1er juillet 1915 à l’Association pour l’encouragement des études grecques, il établit un parallèle entre la Grèce des guerres Médiques et la France en guerre : « Ce qu’ils ont fait contre l’Asiatisme, nous devons le faire contre la pensée allemande.[64]» Conçu en pleine guerre comme une « forteresse contre la Kultur allemande, une machine de guerre[64]», le musée de l’Hellénisme devait incarner, selon son créateur, la supériorité de l’héritage grec et la vitalité de la culture française.
Le programme prévoit un bâtiment moderne doté d’un éclairage zénithal et de cloisons mobiles, articulé autour de trois sections — Nature, Arts et Littérature — pour replacer l’art grec dans son contexte intellectuel. La Charlonie imagine un musée explicatif et vivant, où conférences et notices permettraient au public de comprendre le sens des œuvres, rompant avec la simple accumulation d’objets. Soutenu par Edmond Pottier, qui examine la collection et corrige la note de présentation, le projet bénéficie d’une reconnaissance scientifique partielle.
Sa publication, cependant, se heurte aux difficultés du temps de guerre : pénurie de papier, lenteurs administratives et tensions au sein de la Société des études grecques, dont La Charlonie critique ouvertement certains membres. Grâce à l’appui de Pottier, le texte paraît finalement en 1916 dans la Revue archéologique.
Le projet suscite à la fois soutiens et réserves. Des archéologues comme Maxime Collignon et Ernest Babelon doutent de la viabilité d’un musée privé, tandis que La Charlonie défend un modèle indépendant, comparable au musée des Arts décoratifs. En parallèle, il fonde la Société des amis de l’Hellénisme, cercle destiné à soutenir le projet et à assurer son financement. Malgré la richesse de son programme et quelques soutiens, son projet de musée de l'Hellénisme ne vit jamais le jour, mais demeure le témoignage d’un philhellénisme militant, à la croisée de l’engagement patriotique et de la réflexion muséographique[4].
Collection
Constitution de la collection
Selon sa correspondance avec son amie céramiste Madeleine Massoul, Paul Marguerite de La Charlonie a commencé à acheter des oeuvres le jour de l’enterrement de son père, le 23 juin 1900 :
« C’est le jour de l’enterrement de mon père, partant seul du cimetière, abandonné de mes parents et de mes amis dont aucun n’avait songé à m’éviter la triste solitude d’un pareil moment que je me suis fait archéologue en achetant à quelques pas du cimetière mon premier vase antique.[65]»
Il achète des antiquités lors de ses nombreux voyages en Grèce, en Turquie, en Italie ou en Égypte[66] ainsi que chez des marchands d'art et d'antiquités parisiens[67], mais également dans les salles de vente parisiennes. Il rassemble ainsi jusqu'à son décès près de 1604 objets[68] parmi lesquels on retrouve des vases, des figurines en terre cuite et des sculptures en marbre datés de l'âge du bronze jusqu'aux premiers siècles après Jésus Christ[69].
Ses voyages
Lors de ses premiers voyages, Paul Marguerite de La Charlonie commence à rassembler des fragments archéologiques qu’il considère comme des souvenirs plutôt que comme les éléments d’une véritable collection. À Athènes, en 1898, il note :
« À la découverte d’Athènes, j’ai vu l’entrée du port du Pirée, arrivée à Athènes, ville sale. Enfin un premier temple grec, il est complet et en assez bon état, mais lourd, je pars à la recherche de fragments antiques.[70]»
Il rapporte alors un morceau de mosaïque d’Éleusis ainsi que deux petits vases, grec et romain, avant de poursuivre cette pratique à Olympie et à Troie, où il recueille divers fragments de marbre et débris archéologiques.
Les antiquaires
Entre 1900 et 1920, Paul Marguerite de La Charlonie acquiert un grand nombre d’œuvres et d’antiquités auprès de marchands principalement établis à Paris. Sa correspondance avec ces antiquaires, conservée sur près de deux décennies, témoigne d’une activité particulièrement intense entre 1906 et 1911, avant un ralentissement durant la Première Guerre mondiale et une reprise plus mesurée au début des années 1920. Ces échanges révèlent une démarche méthodique : négociation des prix, vérification de l’authenticité des pièces et archivage rigoureux des factures et reçus. Parmi ses principaux correspondants figurent Étienne D. Pignatelli, son fournisseur le plus constant, ainsi que Georges Manolakos et G. S. Yanakopoulos, représentants du réseau grec actif sur le marché parisien. D’autres marchands, tels que Jean et Nicolas de Salomon, Félix Oblet, E. Lageois, Altounian, Bozzi ou Castellanos, entretiennent avec lui des relations plus ponctuelles. L’ensemble de cette correspondance met en évidence son insertion dans un marché de l’art cosmopolite, articulé entre les antiquaires parisiens et les négociants méditerranéens[4].
Les ventes aux enchères
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Dès 1903, Paul Marguerite de La Charlonie fréquente assidûment la salle des ventes Drouot à Paris, où il réalise ses premières acquisitions d’antiquités. Ses achats initiaux portent sur des lots modestes — vases, terres cuites et statuettes — dont les prix demeurent accessibles, mais leur accumulation traduit une volonté méthodique de constituer une collection variée. À partir de 1904, il élargit ses acquisitions à des têtes en marbre, amphores, fragments en ivoire et statuettes égyptiennes issues notamment de la vente Amélineau consacrée aux fouilles d’Abydos. Son intérêt s’étend ainsi au-delà du monde gréco-romain, dans une approche encyclopédique typique des collectionneurs érudits de son temps. Client de maisons renommées comme Rollin et Feuardent, il privilégie les ensembles de plusieurs pièces plutôt que les objets prestigieux isolés. En 1907, il est déjà reconnu comme un collectionneur actif du marché de l’art parisien, fréquentant les milieux savants et posant, photographié par Liébert, avec l’une de ses pièces. Sa présence à Drouot se poursuit jusqu’en 1920, marquée par un intérêt constant pour les petits bronzes, les terres cuites et les vases antiques[4].
Composition de la collection
| Composition de la collection conservée au musée d'Art et d'Archéologie de Laon. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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- Oeuvres de la collection La Charlonie au musée d'Art et d'Archéologie de Laon
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Le 21 rue Bonaparte, écrin de la collection La Charlonie
À partir de 1896, Paul Marguerite de La Charlonie et son père quittent leur logement de la rue de Lutèce pour s’installer au 21, rue Bonaparte, dans le 6e arrondissement de Paris, à proximité du Louvre. Le nouvel appartement comprend six pièces éclairées par de hautes fenêtres munies de persiennes, ainsi qu’une cuisine ; l’ensemble est chauffé au charbon, qui sert également à la cuisson.
- 21 rue Bonaparte, 6e arrondissement, Paris, logement de Paul Marguerite de La Charlonie à partir de 1896.
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En 1936, le général Toulorge, alors président de la Société des Lettres, Sciences et Arts des Alpes-Maritimes, livre une description évocatrice de ce cadre de vie. Il décrit « le premier étage d’un petit hôtel vieillot, précédé d’une cour discrète dont le pavé sonnait dur et qui s’éclairait le soir de lumières falotes[71] ». L’intérieur, selon son témoignage, est rempli « dans un ordre un peu confus, de meubles et d’objets de toutes sortes[71]». L’accumulation y est frappante : livres, gravures, revues, vases, coupes, sculptures, peintures et figurines se côtoient, et le manque de classement apparent ne serait, selon lui, que le reflet de l’avidité et de la passion de recherche du collectionneur. Au fil des années, les pièces se transforment progressivement en un véritable écrin pour la collection de Paul Marguerite de La Charlonie, grâce notamment à l’installation de grandes vitrines en acajou spécialement conçues pour accueillir ses antiquités, ainsi que des petits socles.Les encadreurs sont d’ailleurs souvent également restaurateurs et conduisent pour lui des réparations sur les oeuvres nouvellement achetées[4].
Legs

Les conditions du legs au musée Guimet ayant été jugées trop restrictives, c'est finalement le musée d'Art et d'Archéologie de Laon qui reçoit en 1937 la collection. Conservées en caisses dans les réserves, les œuvres de la collection de Paul Marguerite de la Charlonie échappent aux destructions et pillages de la Seconde Guerre mondiale[72]. Sa collection a été en partie dispersée au musée du Louvre et au musée de Sèvres, ainsi qu’auprès de ses amis Louis Brinquant et Madeleine Massoul. Il s’agit principalement de céramiques ou de petites figurines.
Fin de vie
À la fin de sa vie, Paul Marguerite de La Charlonie prépare méthodiquement sa succession, conscient de son déclin et de l’impossibilité d’un retour à Paris. Renonçant aux voyages et à ses activités, il s’attache à « mettre en ordre » ses affaires, alignant ses biens et ses volontés sur ses convictions en faveur de la science, de l’hellénisme et de la transmission. Engagé dans la gestion de ses dommages de guerre, il poursuit son travail administratif avec rigueur, inspiré par une maxime de Sophocle l’enjoignant à « vivre ou mourir dignement ». L’hellénisme, devenu pour lui un guide moral, accompagne ses derniers mois. Il meurt le 26 octobre 1921, à l’âge de soixante-dix-huit ans, d’abord inhumé à Laon puis transféré en 1926 au cimetière du Nord (Montmartre)[4].
Bibliographie
Écrits de Paul Marguerite de La Charlonie
- Paul Marguerite-Delacharlonny, Louis-Alexis Caby (1795-1882), Paris, A.Quantin, , 4 p. (BNF 4-LN27-34052)
- Paul Marguerite-Delacharlonny, « Sur l’hydrate type du sulfate d’alumine neutre », Annales de chimie et de physique, no 6, tome 1., , p.425-432.
- Paul Marguerite-Delacharlonny, « Effets utiles du sulfate de fer en agriculture », Journal de l’agriculture, 1er janvier 1887, Tome 1, pp. 773-777.
- Paul Marguerite-Delacharlonny, « Destruction des mousses dans les prairies », Journal de l’agriculture, 2 juillet 1887, Tome 2, pp. 463-462.
- Paul Marguerite-Delacharlonny, « Le fer dans la végétation », Journal d’agriculture pratique, de jardinage et d’économie domestique, 1er janvier 1888, pp. 136-139.
- Paul Marguerite-Delacharlonny, « Suppression de la maladie des pommes de terre par le sulfate de fer », Journal d’agriculture pratique, de jardinage et d’économie domestique, 1er janvier 1889, pp. 126-129.
- Paul Marguerite-Delacharlonny, « Essai de la classification des diverses chloroses et leurs remèdes », Association française pour l'avancement des sciences : conférences de Paris. 19, Compte-rendu de la 19e session. Seconde partie. Notes et mémoires, 1890, pp. 871-873.
- Paul Marguerite-Delacharlonny, « Effets du sulfate de fer sur les récoltes et les maladies des plantes en 1889 », Association française pour l'avancement des sciences : conférences de Paris. 19, Compte-rendu de la 19e session. Seconde partie. Notes et mémoires, 1890, pp. 873-875.
- Paul Marguerite-Delacharlonny, « Le sulfate de fer pour la destruction des sanves », Journal d’agriculture pratique, de jardinage et d’économie domestique, 1er juillet 1900, p. 40.
- Paul Marguerite de La Charlonie, « Tribune libre », L’Art et les artistes, revue mensuelle d’art ancien et moderne, , p.370-372
- Paul Marguerite de La Charlonie, « Sur les vases dits enfumés », Revue des Études Grecques, no 20, fascicule 18, , p.232-239
- Paul Marguerite de La Charlonie, « Création à Paris d’un musée de l’Hellénisme antique et moderne », Revue archéologique, no 2, , p.228-235
Notes et références
- ↑ « Recueil des actes administratifs de la Préfecture du département de la Seine », sur Gallica, (consulté le )
- ↑ Biographie.
- ↑ Archives de la ville de Paris, État civil reconstitué (XVIe-1859), Acte des naissances, 5Mi1 557,18/04/1844.
- COLLET Louise, La collection d'antiques de Paul Marguerite de La Charlonie (1844-1921). Mémoire de recherche, École du Louvre, sous la direction de Louise Détrez, juin 2020.
- ↑ Archives du Musée d’Art et d’Archéologie du Pays de Laon, Livre de copies de lettres, Lettre du 16/05/1921 de Paul Marguerite de la Charlonie à Paul Huet.
- ↑ Karolina Kaderka, « Paul Marguerite de La Charlonie, Grand collectionneur d’art antique », Centraliens, no 663, , p. 50-54 (lire en ligne [PDF])
- ↑ Archives du Musée d’Art et d’Archéologie du Pays de Laon, Livre de copies de lettres, Lettre du 8/02/1920, de Paul Marguerite de La Charlonie à Jeanne Clinchard.
- ↑ Archives Nationales, site de Pierrefitte-sur-Seine, École centrale Paris : archives papier (1820-2016), 20170270/1-20170270/3251, procès-verbal d’admission, 1863.
- ↑ Archives Nationales, site de Pierrefitte-sur-Seine, Registre de promotion de l’École impériale centrale des arts et manufactures, 1867.
- ↑ La collection de Paul Marguerite de la Charlonie (1844–1921) au musée de Laon 1937–1987, [Exposition, Laon, Musée d’Art et d’Archéologie du Pays de Laon, janvier-mars 1988], sous la direction de Caroline Jorrand, Laon, 1988, p.6-7.
- ↑ Guy Pluchart, « Cendrières et usines vitrioliques dans le département de l’Aisne 1753-1914 », Mémoires-Fédération des sociétés d’histoire et d’archéologie de l’Aisne, vol. Tome XL, , p. 81-109 (lire en ligne)
- ↑ Bruno Billon-de-Sars, Paul Marguerite de la Charlonie (1844-1921), Industriel et collectionneur, [Auto-édition], , 37 p.
- ↑ Eusèbe Gris, De l'Action des composés ferrugineux solubles sur la végétation, et de leur application au traitement de diverses altérations maladives de la plante, Paris, Leclerc, , 104 pages
- ↑ Paul Marguerite-Delacharlonny, « Sur l’hydrate type du sulfate d’alumine neutre », Annales de chimie et de physique, vol. Sixième Série, no Tome 1, , p. 425-432 (lire en ligne)
- ↑ Paul Marguerite-Delacharlonny, « Effets utiles du sulfate de fer en agriculture », Journal de l’agriculture, vol. Tome 1, , p. 773-777 (lire en ligne)
- ↑ Paul Marguerite-Delacharlonny, « Destruction des mousses dans les prairies », Journal de l’agriculture, vol. Tome 2, , p. 463-462. (lire en ligne)
- ↑ Paul Marguerite-Delacharlonny, « Le fer dans la végétation », Journal d’agriculture pratique, de jardinage et d’économie domestique, , p. 136-139 (lire en ligne)
- ↑ Paul Marguerite-Delacharlonny, « Suppression de la maladie des pommes de terre par le sulfate de fer », Journal d’agriculture pratique, de jardinage et d’économie domestique, , p. 126-129 (lire en ligne)
- ↑ Paul Marguerite-Delacharlonny, « Essai de la classification des diverses chloroses et leurs remèdes », Association française pour l'avancement des sciences : conférences de Paris., no 19, Compte-rendu de la 19e session. Seconde partie. Notes et mémoires., , p. 871-873. (lire en ligne)
- ↑ Paul Marguerite-Delacharlonny, « Effets du sulfate de fer sur les récoltes et les maladies des plantes en 1889 », Association française pour l'avancement des sciences : conférences de Paris., no 19, Compte-rendu de la 19e session. Seconde partie. Notes et mémoires., , p. 873-875 (lire en ligne)
- ↑ Paul Marguerite-Delacharlonny, « Le sulfate de fer pour la destruction des sanves », Journal d’agriculture pratique, de jardinage et d’économie domestique, , p. 40 (lire en ligne)
- ↑ COLLET Louise, La collection d'antiques de Paul Marguerite de La Charlonie (1844-1921). Mémoire de recherche, École du Louvre, sous la direction de Louise Détrez, juin 2020. Annexe I, figure 14.
- ↑ Arch. dép. de l’Aisne, Conseil municipal,FRAD002_E_DEPOT_0443_1D1 - Urcel 1874, 1874.
- ↑ Archives du Musée d’Art et d’Archéologie du Pays de Laon, Dossier Généalogie, Enveloppe Copie des plis cachetés à l’Académie des sciences. Legs Paul Marguerite de la Charlonie, Testament du 12 mars 1902.
- ↑ Archives du Musée d’Art et d’Archéologie du Pays de Laon, Carnet de voyage en Angleterre, Récit de voyage en Angleterre, 1873, septième journée.
- ↑ Archives du Musée d’Art et d’Archéologie du Pays de Laon, Dossier PMDLC, Lettre du 13/03/1898 d’Eugène Marguerite à Paul Marguerite de La Charlonie : « Je n'approuve pas du tout ton cri de à bas la République ne t'occupe donc pas de tout cela je te prie. »
- ↑ Archives du Musée d’Art et d’Archéologie du Pays de Laon, Livre de copies de lettres, Lettre du 18/09/1915 de Paul Marguerite de La Charlonie à Joseph Denais.
- ↑ Archives du Musée d’Art et d’Archéologie du Pays de Laon, Livre de copies de lettres, Lettre du 27/08/1907 de Paul Marguerite de La Charlonie à Helen de Craponne.
- ↑ COLLET Louise, La collection d'antiques de Paul Marguerite de La Charlonie (1844-1921). Mémoire de recherche, École du Louvre, sous la direction de Louise Détrez, juin 2020. Annexe II. 3.Poésies choisies : R.F. (1914) / Les résultats du régime républicain (1917)/La Haute Bourgeoisie (1917)/À certains royalistes (sans date).
- ↑ Archives du Musée d’Art et d’Archéologie du Pays de Laon, Livre de copies de lettres, Lettre du 3/05/1913 de Paul Marguerite de La Charlonie au journal l’Action française : « Il faudrait donc un roi élu dans une famille donnée et à défaut par une réunion des sommités du pays formée de 25-30 personnes ce qui coïncide à notre époque à l'élection sur le pavois d'un chef par les hommes de guerre du pays. C'est cela qui serait vraiment traditionnel. »
- ↑ Archives du Musée d’Art et d’Archéologie du Pays de Laon, Dossier Généalogie, Enveloppe Copie des plis cachetés à l’Académie des sciences. Legs Paul Marguerite de la Charlonie, Testament du 18 avril 1921.
- ↑ ASSOCIATION POUR L’ENCOURAGEMENT DES ÉTUDES GRECQUES EN FRANCE, « Séance du 8 juin 1916 » Revue des études grecques : publication trimestrielle de l'Association pour l'encouragement des études grecques, 1er juillet 1916 : « Paul Marguerite de La Charlonie demande en résumé (…) 6° La condition imposée à ceux qui veulent devenir membres de notre Société d'une déclaration indiquant leur lieu de naissance et celui de leurs parents. »
- ↑ COLLET Louise, La collection d'antiques de Paul Marguerite de La Charlonie (1844-1921). Mémoire de recherche, École du Louvre, sous la direction de Louise Détrez, juin 2020. Annexe II. 3.Poésies choisies : Protestant
- ↑ Archives du Musée d’Art et d’Archéologie du Pays de Laon, Dossier PMDLC, Enveloppe N°8 Lettres manuscrites de Mars 1898, Lettre du 14 mars 1898 d’Eugène Marguerite à Paul Marguerite de la Charlonie : « Tu paies les impôts plus chers que protestants, francs-maçons et juifs qui tous se reconnaissent et s'unissent contre les catholiques. Nous sommes dans une drôle de position nous autres catholiques ».
- ↑ Archives du Musée d’Art et d’Archéologie du Pays de Laon, Dossier Généalogie, Enveloppe Copie des plis cachetés à l’Académie des sciences. Legs Paul Marguerite de la Charlonie, Testament du 30 décembre 1913 : « En raison de la stupidité comme nature ou comme prix des objets faisant partie des derniers achats effectués par le Musée du Louvre ainsi que de l’entrée de nombreux juifs ou judaïsants dans l’administration du Musée du Louvre. Henry Marcel mari d’une juive, Léon fils d’une juive, Georges Bénédite juif, Camille Dreyfus juif etc. et des trafics qu’on peut supposer autour des achats j’annule le legs que j’avais fait au musée du Louvre. »
- ↑ Archives du Musée d’Art et d’Archéologie du Pays de Laon, Livre de copies de lettres, Lettre du 8 octobre 1917 de Paul Marguerite de La Charlonie à Georges Lhuillier.
- ↑ Archives du Musée d’Art et d’Archéologie du Pays de Laon, Dossier Poésies écrits.
- ↑ Archives du Musée d’Art et d’Archéologie du Pays de Laon, Livre de copies de lettres, Lettre du 10/11/1917 de Paul Marguerite de la Charlonie.
- ↑ Archives de Nice-Côte d’Azur, Série T (2 T) - Dépouillement des dossiers d'autorisation de voirie (1890-1900), 2 T 155-5081, Dessin de la façade et plan de situation, 1895.
- ↑ Archives du Musée d’Art et d’Archéologie du Pays de Laon, Dossier Nice, Enveloppe 2 Plans de la villa Carlonia.
- ↑ COLLET Louise, La collection d'antiques de Paul Marguerite de La Charlonie (1844-1921). Mémoire de recherche, École du Louvre, sous la direction de Louise Détrez, juin 2020. Annexe II. 3.Poésies choisies : Simple question aux étrangers (Février 1900) / Sonnet sur Nice (1913) / Le carnaval (sans date).
- ↑ Archives du Musée d’Art et d’Archéologie du Pays de Laon, Dossier PMDLC.
- ↑ Archives du Musée d’Art et d’Archéologie du Pays de Laon, Dossier Généalogie, Enveloppe Copie des plis cachetés à l’Académie des sciences. Legs Paul Marguerite de la Charlonie, Testament du 12/03/1902.
- ↑ COLLET Louise, La collection d'antiques de Paul Marguerite de La Charlonie (1844-1921). Mémoire de recherche, École du Louvre, sous la direction de Louise Détrez, juin 2020. Annexe I, Figure 18 / et Archives du musée d’art et d’archéologie du pays de Laon, Dossier « Collection 2 », Enveloppe « Croisières pas faîtes », exemple de prospectus de la Revue générale des sciences pures et appliquées, pour le voyage aux Baléares du 15 mars au 7 avril 1913. L’ensemble des exemplaires de la Revue sont disponibles en ligne sur le site Gallica via le lien suivant : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb343784049/date.langEN.
- ↑ Archives du musée d’art et d’archéologie du pays de Laon, Dossier « Hélène de Craponne, Georges Hélie (…) Trèves », Enveloppe Georges Hélie, Lettre du 7/03/1898, de Georges Hélie à Paul Marguerite de La Charlonie : « Le voyage en Grèce dont vous m'envoyer le prospectus est en effet très tentant et il pourrait se faire que nous nous y décidions. Je vous avouerai que pour mon compte votre présence m'y encouragerait, car pour la société en général surtout celle des rencontres elle n'a jamais été de mon goût ; et l'est maintenant moins que jamais. Rencontrons-nous pour discuter cette grave question. »
- ↑ COLLET Louise, La collection d'antiques de Paul Marguerite de La Charlonie (1844-1921). Mémoire de recherche, École du Louvre, sous la direction de Louise Détrez, juin 2020. Annexe II. 4. Tableau récapitulatif des voyages de Paul Marguerite de la Charlonie.
- ↑ Jérôme Carcopino, Souvenirs romains, Paris, Hachette, , 291 p., p. 28-30
- ↑ Archives départementales des Alpes-Maritimes, État civil, Décès, 2 Miec 89/89, N°1637, 1900.
- ↑ Philippe Durey, « École du Louvre », dans Geneviève Bresc-Bautier, Yannick Lintz, Guillaume Fonkenell, Françoise Mardrus, Histoire du Louvre Volume III. Dictionnaire thématique et culturel, Paris, Fayard, Louvre éditions, , p. 142-144.
- ↑ Karolina Kaderka, « La collection Paul Marguerite de La Charlonie (1844-1921) au musée d’Art et d’Archéologie de Laon », dans Dietrich Boschung, Cécile Colonna, Néguine Mathieux et François Queyrel (dir.), La Belle Époque des collectionneurs d’antiques en Europe (1850-1914), Paris, Hermann éditeurs, Louvre éditions, , p. 162-163
- ↑ Archives du Musée d’Art et d’Archéologie du Pays de Laon, Dossier 1 Correspondances, Enveloppes Renée Assa, Alexandre Dubois de la Rüe, Ferté, Huet ; Dossier 2 Correspondances, Enveloppes Le Lasseur, Lemonnier, Marquant, Sistermans, Vérel-Morand.
- ↑ Association pour l'encouragement des études grecques en France, « Séance du 4 juin 1903 », Revue des études grecques : publication trimestrielle de l'Association pour l'encouragement des études grecques, , p. 495 (lire en ligne)
- Association pour l'encouragement des études grecques en France, « Sur les vases antiques dits enfumés », Revue des études grecques : publication trimestrielle de l'Association pour l'encouragement des études grecques, , p. 232 (lire en ligne)
- ↑ Association pour l'encouragement des études grecques en France, « Séance du 1er juillet 1920 », Revue des études grecques : publication trimestrielle de l'Association pour l'encouragement des études grecques, , p. 55 (lire en ligne)
- ↑ Association pour l'encouragement des études grecques en France, « Séance du 4 novembre 1920 », Revue des études grecques : publication trimestrielle de l'Association pour l'encouragement des études grecques, , p. 43 (lire en ligne)
- ↑ Un prospectus en sa possession daté de 1907 signale une intervention sur le thème de la représentation de la Grèce dans l’Europe orientale (Archives du Musée d’Art et d’Archéologie du Pays de Laon, Dossier Journaux, Associations, Livres, Enveloppe Ligue française des droits de l’hellénisme).
- ↑ Christophe Corbier, « Contribution à une histoire du concept d’hellénisme de Chateaubriand à Théodore Reinach », Cahiers balkaniques, no 47, (lire en ligne)
- ↑ Société nationale des antiquaires de France, « Séance du 3 juin », Bulletin de la Société nationale des antiquaires de France, , p. 223 (lire en ligne)
- ↑ Archives du Musée d’Art et d’Archéologie du Pays de Laon, Dossier Journaux, Associations, Livres, Enveloppe École du Louvre/Amis du Louvre.
- ↑ Archives du Musée d’Art et d’Archéologie du Pays de Laon, Dossier Journaux, Associations, Livres, Enveloppe Revue Græcia / Enveloppe Journal des Arts.
- ↑ COLLET Louise, La collection d'antiques de Paul Marguerite de La Charlonie (1844-1921). Mémoire de recherche, École du Louvre, sous la direction de Louise Détrez, juin 2020. Annexe I, Figure 31.
- ↑ Paul Marguerite de La Charlonie, « Tribune libre », L’Art et les artistes, , p. 370-372 (lire en ligne)
- ↑ Archives du Musée d’Art et d’Archéologie du Pays de Laon, Livre de copies de lettres, Lettre du 10/10/1915 de Paul Marguerite de La Charlonie à Mr Fougères (1863-1927) directeur de l’École d’Athènes.
- Paul Marguerite de La Charlonie, « Création à Paris d’un musée de l’Hellénisme antique et moderne », Revue archéologique, no 2, , p. 228-235 (lire en ligne)
- ↑ Archives du Musée d’Art et d’Archéologie du Pays de Laon, Livre de copies de lettres, Lettre du 14/05/1917 de Paul Marguerite de La Charlonie à Madeleine Vérel.
- ↑ Arnaud Schwartz, « A Laon, une magnifique collection d’antiquités méditerranéennes », sur la-croix.com, (consulté le )
- ↑ Robert Stuart Merrillees, « II. Paul Marguerite de La Charlonie, collector and connoisseur », Cahiers du Centre d’Études Chypriotes, vol. 40, no 1, , p. 23–28 (DOI 10.3406/cchyp.2010.951, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Caroline Jorrand, « I. Les nouvelles salles d’archéologie méditerranéenne du Musée de Laon : les salles Paul Marguerite de La Charlonie », Cahiers du Centre d’Études Chypriotes, vol. 40, no 1, , p. 19–22 (DOI 10.3406/cchyp.2010.950, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Christophe Hugot, « Musée de Laon : nouvelle salle d’archéologie », sur Insula, (consulté le )
- ↑ Archives du Musée d’Art et d’Archéologie du Pays de Laon, Livre de copies de lettres, Lettre du 16/04/1898 de Paul Marguerite de La Charlonie à Eugène Marguerite.
- SOCIÉTÉ DES LETTRES, SCIENCES ET ARTS (ALPES-MARITIMES), Annales de la Société des lettres, sciences et arts des Alpes-Maritimes, (lire en ligne), p. 13
- ↑ Karolina Kaderka, « Paul Marguerite de la Charlonie, grand collectionneur d'art antique », Centraliens, , p. 50-54
Liens externes
- Karolina Kaderka, « Paul Marguerite de la Charlonie, grand collectionneur d'art antique », Centraliens, 2019, p. 50-54.
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