Paul Noël (peintre)

Paul Noël
Autoportrait, gravure de Paul Noël, Rijksmuseum Amsterdam.
Biographie
Naissance
Décès
(à 33 ans)
Sosoye
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
Maîtres
Œuvres principales
Les Vendangeurs amoureux (d), Deux buveurs au marché près de la Westerkerk à Amsterdam (d)

Paul Noël, né à Waulsort le et mort à Sosoye le , est un peintre et un graveur de l'école belge.

Biographie

Famille

Paul (Paul Godefroid Joseph) Noël, né à Waulsort le , est le fils de Gérard Joseph Noël (1739-1804), cultivateur et propriétaire, et de Marie Claire Petit (1746-1821). Il demeure célibataire[1].

Formation

Deux buveurs au marché près de la Westerkerk à Amsterdam, Rijksmuseum Amsterdam.
Les Vendangeurs amoureux, dessin de Johan Heinrich Neuman, d'après un tableau de Paul Noël, Rijksmuseum Amsterdam.
Deux jeunes près de bétail au repos (1816).
Chanson devant la maison d'une paysanne.

En 1799, en raison de ses aptitudes pour le dessin, son père, homme aisé, l'envoie se former à Dinant, où il reçoit des leçons de premiers principes et dessin et de peinture auprès d'un artiste dénommé Lyon. Il étudie ensuite à l'Académie royale des beaux-arts d'Anvers sous les professorats de Guillaume Herreyns et Petrus van Regemorter[2]. En 1807, il obtient le second prix de dessin d'après les antiques. En 1811, il parfait sa formation à Paris et copie les maîtres anciens[3].

Carrière

De retour en Belgique, il expose au Salon de Gand de 1812 et obtient, grâce à son paysage, le second prix du concours organisé par l'Académie de la ville. Il expose lors des salons triennaux de 1813 à 1821, de même qu'au salon de Douai de 1819. En 1814, il retourne à Paris et suit les leçons du peintre Jacques François Joseph Swebach-Desfontaines qui l'initie à la peinture de genre et de paysages ornés de figures et de représentations animalières. Lorsque les événements politiques de 1815 contraignent Paul Noël à quitter la France, son professeur l'enjoint, en vain, de l'accompagner à Saint-Pétersbourg. Il préfère revenir en Belgique, mais toutes les études qu'il a réalisées en France sont perdues ou volées. En 1816, il obtient un premier prix en dessin à l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles[4].

Paul Noël voyage beaucoup et parcourt les villes, où il parfait son art : Bruxelles, Gand, Anvers, Amsterdam et La Haye. Il aime beaucoup la Hollande et y passe une grande partie de ses dernières années. Le , l'Académie royale des beaux-arts d'Amsterdam le reçoit parmi ses membres. En 1820, il visite Londres. Aux Pays-Bas, il connaît le succès et vend aisément ses toiles. Le roi Guillaume Ier acquiert, en 1821, Le Marché d'Amsterdam, qui reçoit les éloges du peintre Jacques-Louis David. Le , il reçoit le diplôme de membre honoraire de la Société des beaux-arts de Bruxelles[5].

Au début de 1822, Paul Noël se rend à Paris, où il tombe malade. Sur les conseils de ses médecins, qui le croient atteint de nostalgie et d'une maladie de langueur, il revient en Belgique pour s'établir chez son beau-frère, le docteur Nicolas Thirion. Il meurt chez ce dernier, à l'âge de 33 ans, à Sosoye, le [6],[7].

Œuvre

Caractéristiques

Selon Jules Petit, son biographe, Paul Noël se classe comme un peintre de genre qui a trop peu étudié l'histoire pour exceller dans cette partie. Sa seule toile historique connue La Mort d'Archimède se distingue par la vérité, la force de son expression et la correction de son dessin. Vers la fin de sa vie, il s'occupe exclusivement de peinture de genre, où il atteint une grande perfection. Il se montre fidèle aux traditions de l'art. S'il est original, il est sans prétention à l'innovation. Ses tableaux se distinguent par un coloris sage, par des expressions variées et par une teinte de gaieté qui leur confère un charme certain. Jadis occupé à retoucher de vieux tableaux, il conserve une habitude technique de pointillage[8].

Parmi ses meilleures productions, Une Halte de cavalerie bavaroise se remarque par son originalité, rendue avec beaucoup de vérité et d'expression soutenue par un coloris brillant. Sa manière relève de celle du peintre de l'école de Leyde Willem Van Mieris, surtout dans ses scènes gracieuses et naïves de chaumières. Au cours de ses voyages, il réalise de nombreux albums de croquis. Sa maîtrise du paysage lui permet d'enrichir ses scènes de genre, dans lesquelles sont parfois représentés des arbres noirs entre lesquels se dessine un horizon lumineux. Il place souvent des animaux dans ses tableaux : leur dessin est pur et noble, leur coloris et leur pose sont naturels. Il laisse également quelques portraits de parents et d'amis[8].

Dans sa jeunesse, il réalise deux gravures sur cuivre : Cheval de labour et Chèvres au repos[9]. Théodore Hippert mentionne aussi deux gravures intitulées : Les deux Lévriers et Brebis et agneaux[10].

Expositions

Expositions recensées par Philippe Vandermaelen[11] :

Collections muséales

  • Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique (Bruxelles) : Halte de cavaliers bavarois à la porte d'une ferme (1815), huile sur toile, inventaire no 146, format 44 × 48 cm, don de S.M. Guillaume 1er, Roi des Pays-Bas, Bruxelles, 1817[12].
  • Rijksmuseum Amsterdam : Deux buveurs au marché près de la Westerkerk à Amsterdam et Les Vendangeurs amoureux (dessin de Johan Heinrich Neuman, d'après un tableau de Paul Noël)[13].

Références

  1. ↑ Jules Petit 1845, p. 1.
  2. ↑ Athanase Raczynski, Histoire de l'art moderne en Allemagne, vol. 3, Paris, J. Renouard, , 582 p. (lire en ligne), p. 213.
  3. ↑ Jules Petit 1845, p. 3-5.
  4. ↑ Jules Petit 1845, p. 5-7.
  5. ↑ Jules Petit 1845, p. 10-16.
  6. ↑ « État-civil de Sosoye », sur agatha.arch.be, (consulté le ).
  7. ↑ Jules Petit 1845, p. 14-16.
  8. Jules Petit 1845, p. 17-22.
  9. ↑ Jules Petit 1845, p. 21.
  10. ↑ T. Hippert et J. Linnig, Le peintre-graveur hollandais et belge du XIXe siècle, vol. 1, Bruxelles, Fr-J. Olivier, , 1123 p. (lire en ligne), p. 714.
  11. ↑ Philippe Vandermaelen 1837, p. 139.
  12. ↑ « Paul Joseph Noël », sur fine-arts-museum.be, (consulté le ).
  13. ↑ (nl) « Paul Noël », sur rijksmuseum.nl, (consulté le ).

Annexes

Articles connexes

Bibliographie

  • Jules Petit, Paul Noël, peintre de genre, Liège, Félix Oudart, , 30 p. (lire en ligne).
  • Philippe Vandermaelen, Dictionnaire des hommes de lettres, des savans, et des artistes de la Belgique présentant l'énumération de leurs principaux ouvrages, Bruxelles, Établissement géographique, , 268 p. (lire en ligne), p. 4.

Liens externes

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