Pauline de Tourzel

| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nationalité | |
| Activités | |
| Père |
Louis François du Bouchet de Sourches (d) |
| Mère | |
| Conjoint |
Alexandre Léon Luce de Galard de Brassac de Béarn (d) |
| Enfant |
Pauline de Tourzel, née le à Paris et décédée le au château de La Rochebeaucourt, est une aristocrate et mémorialiste française.
Biographie
Famille
Marie Charlotte Pauline du Bouchet de Sourches est née le à Paris. Issue de la famille du Bouchet de Sourches, elle est la fille de la marquise de Tourzel, Louise-Élisabeth de Croÿ, dernière gouvernante des enfants de Louis XVI et de Marie-Antoinette d'Autriche, et de Louis-François du Bouchet de Sourches, comte de Sourches.
Elle est aussi la petite-fille de Louis II du Bouchet de Sourches et l'arrière-petite-fille du maréchal de Maillebois. Par son mariage, elle est connue sous le nom de comtesse de Béarn[1].
En 1837, elle hérite de sa sœur, la duchesse de Charost, la terre et le château de Clères, situés près de Rouen[2].
Vie à la cour de Louis XVI
À la suite de la nomination de sa mère comme gouvernante des enfants de France, Pauline de Tourzel vit intimement avec la famille royale au palais des Tuileries. On dit qu'elle rit de l'humour de la comtesse de Provence, dîne avec la famille royale, et apprend à jouer au billard du roi Louis XVI lui-même, bien qu'elle ne soit pas officiellement présentée à la cour, au grand dam de Mesdames Tantes, Madame Victoire et Madame Sophie.
Pauline de Tourzel est adorée du dauphin, futur Louis XVII, qui trouve en elle une alternative plus ludique à sa gouvernante en titre, sa mère, la marquise de Tourzel, qu'il surnomme « Madame Sévère ». Tous deux jouent à des jeux sans fin lors de l'assignation à résidence de la famille aux Tuileries. Pauline de Tourzel jouera d'ailleurs un rôle crucial lors de la fuite de la famille royale à Varennes, en persuadant le jeune garçon de s'habiller en fille, le convainquant que tout cela fait partie d'un jeu de soldats. L'année suivante, lors de la journée du 10 août 1792, la famille royale auprès des députés de l'Assemblée législative pendant que les Tuileries sont pris d'assaut : le dauphin pleure et s'inquiète du sort de sa bien-aimée Pauline.
Durant son séjour aux Tuileries et plus tard à la prison du Temple, Pauline de Tourzel développe également une amitié intime avec la fille du roi et de la reine, Marie-Thérèse de France, proche en âge.
Expérience de la Révolution française
Les principaux événements
Durant la journée du 10 août, parfois surnommée « Seconde Révolution », la famille royale, Louis XVI, Marie-Antoinette, leurs deux enfants, la sœur du roi Madame Élisabeth, l'amie proche de la reine la princesse de Lamballe et la mère de Pauline de Tourzel se réfugient en lieu sûr, auprès du députés de l'Assemblée nationale, dans la salle du manège, quelques instants avant la prise des Tuileries par une foule parisienne. La princesse de Tarente propose de s'occuper de Pauline de Tourzel. Elle suggère aux dames d'honneur, réunies dans l'une des chambres de la reine, de fermer les fenêtres et d'éclairer la pièce. Lorsque la foule entre dans la salle où sont rassemblées les dames d'honneur, la princesse de Tarente, selon Pauline de Tourzel, s'approche d'un des révolutionnaires et lui demande sa protection[3]. Il accepte et les escorte hors du palais[3]. Suivant cet exemple, le reste des dames d'honneur quitte le palais à peu près de la même manière[4]. Parvenues dans la rue, la princesse de Tarente et Mademoiselle de Tourzel sont découvertes par la foule, qui les conduits en prison. Finalement, le directeur de la prison les laisse libres et la princesse de Tarente emmène Pauline de Tourzel avec elle chez sa grand-mère, après quoi elle pourra rejoindre sa mère[3].
Pauline de Tourzel rejoint sa mère et la famille royale dans l'ancien couvent des Feuillants, où l'Assemblée les retient quelques jours. Elle accompagne ensuite la famille royale lors de son transfert à la prison du Temple où elle dort au troisième étage, dans une ancienne cuisine, auprès d'Élisabeth de France.
Fuite
Le , accompagnée de sa mère la marquise de Tourzel et de la princesse de Lamballe, elles sont transférées à la prison de La Force pour y être interrogées. Peu avant les massacres de Septembre, le citoyen Hardy aide Pauline de Tourzel à s'évader de la prison ; elle est bientôt rejointe par sa mère, qui échappe également aux massacres, bien que leur codétenue, la princesse de Lamballe, soit assassinée.
Leur sauveteur, Monsieur Hardy, leur conseille de quitter Paris, car si Madame de Tourzel a été acquittée par le tribunal improvisé qui s'est formée, Pauline est une évadée, et pourrait à tout moment être arrêtée. Elles partent donc à la campagne, où elles vivent incognito, d'abord à Vincennes, puis dans la propriété du frère de Pauline, à Abondant, près de Dreux[3].
Pauline de Tourzel continue de rendre visite à Marie-Thérèse de France tout au long de sa détention à la tour du Temple et continue de lui écrire pendant son exil après son départ de France en 1795, lui envoyant une fleur de la tombe de ses parents.
La Restauration
Pauline de Tourzel et son mari, en raison de leurs sympathies pour la maison de Bourbon, ne sont pas bien considérés par l'empereur Napoléon, et leurs correspondances sont surveillées par la police secrète.
Pauline de Tourzel et Marie-Thérèse de France, devenue duchesse d'Angoulême, sont réunies le au château de Compiègne, au début de la Restauration. Elle devient dame d'honneur de la duchesse d'Angoulême, et elle accompagne celle-ci sur les tombes de ses parents. Elle l'accompagne également dans son voyage à travers la France, notamment à Bordeaux, mais elles sont finalement séparées le à la suite de l'abdication du roi Charles X.
Elle s'éteint neuf ans plus tard, au château de La Rochebeaucourt.
Écrits
Elle a laissé des mémoires, intitulés Souvenirs de quarante ans, 1789-1830, lire en ligne, publiés par son fils Louis-Hector de Galard de Brassac de Béarn[1].
Sa vie a inspiré deux livres publiés par son descendant Gaston de Béarn : Pauline aimée (1980) et Pauline mariée et l'enfant du Temple (1983).
Mariage et descendance
Elle avait épousé à Paris, le , Alexandre Léon Luce de Galard de Brassac de Béarn, (Paris, - Paris, ), marquis de Brassac, comte de Béarn, chambellan de l'empereur Napoléon Ier, ministre plénipotentiaire, comte de l'Empire, fils de Guillaume Alexandre de Galard, marquis de Brassac, comte de Béarn, baron de La Rochebeaucourt, maréchal des camps et armées du roi, premier gentilhomme de la chambre du comte de Provence, et d'Anne Marie Gabrielle Potier de Novion. De ce mariage naîtront :
- Alix de Galard de Brassac de Béarn (Paris, - Paris, ), mariée à Paris le avec Adrien Eugène Gaspard de Tulle, marquis de Villefranche (1793-1850), fils de Joseph Guy Louis Hercule Dominique de Tulle, marquis de Villefranche, maréchal de camp, pair de France, et de Marie Charlotte Alexandrine de Lannoy, dont postérité ;
- Louis Hector de Galard de Brassac de Béarn (Paris, - Bruxelles, ), marquis de Brassac, comte de Béarn, baron de La Rochebeaucourt, ministre plénipotentiaire, sénateur de 1854 à 1870, marié en 1824 avec Coralie Le Marois (1804-1828), puis en 1839 avec Marguerite de Choiseul-Praslin (1819-1891), dont postérité des deux mariages[5].
Bibliographie
- Cléry, Jean Baptiste Cant Hanet. A Journal of the Terror : récit des événements survenus au Temple pendant l'emprisonnement de Louis XVI, par M. Cléry, valet de chambre du Roi (Londres : Folio Society, 1955)
- Fraser, Antonia. Marie Antoinette : Le Voyage (Londres : Phoenix, 2006)
- Nagel, Suzanne. Marie Thérèse : Le destin de la fille de Marie-Antoinette (Londres : Bloomsbury, 2008)
- Marie-France Brive : Les Femmes et la Révolution française. L'effet 89. Université de Toulouse-Le Mirail. Centre de promotion de la recherche scientifique. Colloque international . Presses Universitaires du Mirail, 1989.
Références
- Vicomte Albert Révérend, Titres anoblissements et pairies de la Restauration 1814-1830, tome deuxième, Paris, Librairie Honoré Champion, rééd 1974, pp. 420-422
- ↑ H. Lemarchand, « Clères - Les Seigneurs de Clères », sur docs.google.com, (consulté le )
- Memoirs of the Dutchess de Tourzel, governess to the children of France during the years 1789, 1790, 1791, 1792, 1793 and 1795, 1886
- ↑ Madame Campan, Memoirs of the Court of Marie Antoinette, Queen of France, Project Gutenberg
- ↑ Georges Martin, Histoire et généalogie de la Maison de Galard, La Ricamarie, l'auteur, , 239 p., p. 132-137
Liens internes
- Famille du Bouchet de Sourches
- Maison de Croÿ
- Famille de Galard
- Château de La Rochebeaucourt
- Château de Brassac (Tarn et Garonne)
- Château de Clères
Liens
- Pauline de Tourzel, Souvenirs de quarante ans, 1789-1830
- Portail de la Révolution française