Pauliska ou la Perversité moderne

Pauliska ou la Perversité moderne, mémoires récents d'une Polonaise est un roman en 2 volumes in-12 publié par Révéroni Saint-Cyr en l'an VI chez Lemierre à Paris.
C'est le plus connu des romans de l'auteur, exemplaire du roman « noir » à tendances sado-masochistes[2].
Résumé
Tome I
Le roman se présente sous la forme de mémoires. La comtesse Pauliska, une Polonaise veuve, raconte ses malheurs.
La guerre entre la Russie et la Pologne la force d'abord à fuir sa terre natale avec son fils Edvinski. Avant de partir, elle avoue son amour au jeune chevalier de Malte, Ernest Pradislas. Elle parvient, après avoir évité un abus sexuel à une douane, à Ust, une ville hongroise. Dans cette ville, elle loge chez le baron d'Olnitz pendant qu'Ernest intègre un régiment polonais. Après quelques aventures, Ernest finit par partir avec son régiment, et le baron emprisonne mystérieusement Pauliska chez lui. Il s'avère être un matérialiste vampirique qui cherche à effectuer des expériences physiques sur Pauliska. Elle parvient malgré tout à s'enfuir avec l'aide de la gouvernante Gerboski, puis elle reprend sa route. Pour échapper à une patrouille russe, elle se cache dans une crevasse qui la fait tomber dans un gouffre immense où habitent une petite communauté coupée du monde. Elle y retrouve notamment le chevalier de Morsall qu'elle considère comme son propre père. Après avoir aidé comme elle pouvait la communauté, elle part et demande une audience au général Kockziusko. Mais faute d'argent, on lui refuse. Elle décide ainsi de se rendre à Bude pour trouver un travail et subvenir à ses besoins et ceux de son fils. Elle se rend donc seule dans une maison isolée pour répondre à une annonce mais se retrouve prise au piège par une bande de faux-monnayeurs menée par le cruel Anglais Talbot. Elle rencontre un Français, Durand, et tente de s'évader avec lui. Talbot s'en rend compte : il écarte Durand et livre Pauliska à Falso, un Italien qui cherche à abuser d'elle. Mais des hommes de justice investissent leur repaire et libèrent Pauliska. En voulant rentrer dans la maison qu'elle avait louée avant d'être prise au piège, elle constate que son enfant a été enlevé. Désespérée, elle reprend la route pour aller vers Genève. Sur le chemin, elle retrouve par hasard Ernest qui lui fait le récit de ses aventures depuis leur séparation.
Avec son régiment, il participe à plusieurs batailles. Un jour, il suit en cachette une femme voilée jusque dans un château étrange. Là-bas, plusieurs femmes le saisissent et le mettent en cage : il devient prisonnier d'une secte misandre. Malgré sa détention, il noue un lien avec une nouvelle arrivante, une dénommée Nircé, qui reprend par la suite son vrai nom, à savoir Julie de Morsheine. Celle-ci est en réalité tombée amoureuse de lui, et a voulu fuir le monde en intégrant cette secte. Ernest en profite et parvient à s'enfuir de la secte en sa compagnie. Ils s’enrôlent ensuite ensemble dans les Corps Francs : Ernest prend un faux nom pour ne pas être repéré en tant que déserteur ; et Julie cache son statut de femme.
Tome II
Ils participent très vite à une bataille qui blesse Julie. Mais son identité bientôt découverte, ils quittent le Corps pour aller chez la tante de Julie, mademoiselle Beinher. C’est au tour d'Ernest de dissimuler son identité et de se déguiser en femme pour habiter chez elle. Mais ils se rendent compte qu'elle que mademoiselle Beinher est manipulée par un faux dévot masochiste qui profite de sa position pour la voler. Ils tentent de le démasquer mais il est plus rapide en découvrant la véritable identité d'Ernest et en les renvoyant immédiatement. Ils se rendent alors dans les montagnes où habite le père de Julie. Ce dernier blesse sa fille par accident. Puis, après différentes discussions, il est projeté qu'Ernest épouse Julie.
De retour au présent, c'est effectivement en direction du château où se trouve Julie qu'Ernest et Pauliska se dirigent. Cette dernière, se sentant trahie par son ancien amant, songe à abréger sa vie, d'autant plus que Julie témoigne d'une jalousie excessive. Elle est finalement contrainte de quitter les lieux. En se dirigeant vers l'Italie, elle fait une halte à Bologne et reconnaît son fils peint sur des tableaux. Elle décide donc d'aller à la rencontre du peintre, Paolo Guardia, qui détient bel et bien Edvinski. C'est le baron d'Olnitz qui a fait en sorte que Pauliska soit appâtée par ces peintures représentant son fils disparu, dans le but de la capturer à nouveau. Cependant, à la suite d'un procès houleux, Edvinski lui est rendu. Il raconte ses infortunes.
Sa mère ne revenant pas de chez Talbot, il est sauvé par son maître d'écriture, aussi frère de Paolo Guardia et agent du baron. Il est ensuite conduit jusqu'à Bologne en passant par Clagenfurth, où on l'emprisonne en compagnie de la belle Zéphérina, également sœur du peintre. S'éleve alors une querelle entre Paolo Guardia et son frère, car l'un veut faire castrer Edvinski pour le vendre à un Cardinal ; tandis que l'autre veut le vendre au baron d'Olnitz. Et alors que le mystérieux frère Taillandino vient un jour pour opérer définitivement Edvinski, des huissiers investissent leur demeure pour leur reprendre l'enfant en vue du procès amorcé par Pauliska.
Seul le peintre se fait capturer pour le procès. Après l'avoir gagné, Pauliska et son fils vont en direction de Rome. Mais le baron d'Olnitz retrouve sa trace et parvient de nouveau à l'enlever. Avec l'avocat Salviati, il met au point des expériences pour rajeunir. Pour exécuter l'une d'elles, l'avocat a besoin de deux femmes. Il fait venir Paolo Guardia, qui est en réalité le chef de leur secte de magnétiseurs et qui est sorti indemne de son procès, afin d'avoir à sa disposition Zéphérina et Pauliska. Une nouvelle querelle s'élève entre les membres de la secte jusqu'à l'arrivée de soldats avertis par le Français Durand, qui refait son apparition. Il raconte son histoire depuis sa séparation avec Pauliska.
Chez les faux-monnayeurs, il est supplicié par Talbot sous une presse. Puis, le cruel Anglais l'enferme dans une caisse qu'il met sur le Danube. Durand est secouru par un meunier puis, une fois guéri de ses blessures, il cherche Pauliska jusqu'à la retrouver chez le baron.
Pour préparer le procès final qui va avoir lieu, Salviati, le baron d'Olnitz, Paolo Guardia, le frère Taillandino, Zéphérina, Edvinski, et Pauliska sont enfermés dans le château Saint-Ange. Une année passe avant que les interrogatoires commencent. Le baron en meurt de faiblesse et Salviati en profite pour préparer, dans le secret de son cachot, un mauvais plan. Enfin, après quelque temps, le jugement est rendu dans les souterrains du château. Tous les antagonistes du roman sont fermement condamnés et Pauliska libérée. Cela n'est pas sans agacer Salviati qui provoque une explosion énorme dans le château. Pauliska cherche dans la fumée son fils qui est finalement sauvé par Zéphérina au prix de sa vie. Celle-ci entretenait une tendresse ambiguë envers Edvinski depuis leur rencontre. Après cette dernière scène, le dénouement a lieu : les coupables sont punis ; le chevalier de Morsall vient voir Pauliska ; Julie meurt de jalousie ; Ernest se marie avec l'héroïne ; et tous deux partent s'installer à Lausanne.
Édition moderne
- Jacques Antoine de Révéroni Saint-Cyr, Pauliska ou La Perversité moderne, Paris, Regine Deforges, 1976.
- Jacques Antoine de Révéroni Saint-Cyr, Pauliska ou La Perversité moderne, éd. Antoine de Baecque, Paris, Payot & Rivages, 2001. (ISBN 9782743608743)
Notes et références
- ↑ « Le baron d'Olnitz mord Pauliska », sur Utpictura18
- ↑ Jean Théodoridès, Histoire de la rage : cave canem, Paris/New York/Barcelone, Masson, , 289 p. (ISBN 2-225-80710-8), p. 245 et 253.
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