Pays d'Auge (cidre)

Le cidre Pays d'Auge ou Pays d’Auge – Cambremer est une appellation d'origine protégée donnée à un cidre effervescent, non pasteurise et non gazéifié, élaboré à partir de pur jus de pommes à cidre, de variétés spécifiques provenant de vergers identifiés situés dans l'aire géographique. L'arrêté du [1] relatif à l'appellation d'origine protégée « Pays d'Auge »/« Pays d'Auge-Cambremer » abroge le décret du [2]relatif aux appellations d'origine contrôlées "Pays d'Auge".

Histoire de la production du cidre en Normandie et plus spécifiquement dans le Pays d'Auge

La culture du pommier à cidre a pris son essor d'abord dans la vallée d'Auge, vers la fin du XIe siècle. Le premier texte l'évoquant est de 1082. Elle a gagné le reste du Pays d'Auge et le Bessin aux XIIe siècle puis l'ensemble de la Basse-Normandie aux XIIIe et XIVe siècles[3],[4]

La production de cidre bouché non pasteurisé, avec prise de mousse en bouteille apparaît et se développe à la fin du XIXe siècle.

Au début des années 1960, les producteurs du Pays d’Auge s'organisent au sein du cru de Cambremer pour défendre les usages traditionnels de production.

Aire géographique

Il convient de distinguer l'aire de production des pommes et d’élaboration des cidres fixé par l'Institut national de l'origine et de la qualité les 7 et qui englobe 248 communes appartenant aux départements du Calvados, de l'Eure et de l'Orne et l'aire retenue pour la dénomination Pays d’Auge-Cambremer. Pour celle-ci les fruits doivent être récoltés et les cidres élaborés sur le territoire des communes suivantes appartenant toutes au département du Calvados : 17 communes sont retenues en totalité : Auvillars, Beaufour-Druval, Beuvron-en-Auge, Bonnebosq, Cambremer, Formentin, Hotot-en-Auge,La Houblonnière, La Roque-Baignard, Le Fournet, Léaupartie, Montreuil-en-Auge, Notre-Dame-de-Livaye, Repentigny, Rumesnil, Saint-Ouen-le-Pin, Victot-en-Auge. 2 le sont partiellement : Mézidon Vallée d'Auge (pour le seul territoire des communes déléguées Crèvecoeur-en- Auge et Monteille) et Notre-Dame-d'Estrées-Corbon (pour le seul territoire de la commune déléguée de Notre-Dame-d'Estrées)[5].

Spécificité de ce cidre

Les caractéristiques de ce cidre : un titre alcoométrique volumique acquis supérieur ou égal à 3,5 % ; un titre alcoométrique volumique total supérieur ou égal à 6 % ; une teneur en sucre supérieure ou égale à 20 grammes par litre ; une pression minimale de 1,5 bar à 20°C. Il présente une robe jaune dorée à orangée et se distingue par un équilibre sucré en attaque, plutôt amertumé en fin de bouche et par son acidité discrète.

Conditions de production

Terrains et climat

L'interprofession des appellations cidricoles décrit ainsi ce qui a donne l'originalité de cette production[6] : "provenant de vergers hautes tiges et basses tiges, les pommiers sont installés sur des sols de coteaux argilo-calcaires peu profonds qui limitent la vigueur des arbres au profit de la richesse en sucres et de la qualité organoleptique des fruits. Les arbres bénéficient d’un climat de type tempéré océanique caractérisé par de faibles amplitudes de température et par une pluviométrie régulière modérée. Des siècles de sélection variétale ont contribué à une prédominance dans les vergers des variétés locales douces-amères (Bedan, Bisquet, Noël des Champs...), très parfumées, équilibrées en sucres, et des variétés amères riches en tanins (Domaine, Fréquin Rouge...)".

Densité et productivité du verger

Les vergers présentent une densité de plantation maximale de :

-280 arbres par hectare pour les pommiers conduits en haute tige, avec un écartement minimal de 5 mètres entre

les arbres : ;

-1 000 arbres par hectare. pour les pommiers conduits en basse tige :

Le rendement moyen maximum des vergers en production est fixé à :

- à 20 tonnes de pommes ou 150 hectolitres de moût par hectare pour les vergers haute tige;

- 30 tonnes de pommes ou 225 hectolitres de moût par hectare pour les vergers basse tige :

Élaboration des cidres

La pasteurisation, l'adjonction d'eau et de colorants ainsi que toute opération ayant pour but de modifier

la richesse naturelle en sucre des moûts et des cidres sont interdites à tous les stades de l'élaboration.

La proportion de pommes de variétés phénoliques est supérieure ou égale à 70 % ; celle de pommes de variétés acidulées est inférieure ou égale à 25% ; le nombre de variétés différentes est supérieur ou égal à 3 variétés.

La mise en bouteille a lieu au minimum six semaines après le pressurage et au plus tard le

de l'année suivant celle de la récolte. La prise de mousse est obtenue exclusivement par fermentation en bouteille d'une partie des sucres résiduels, éventuellement après ajout de levures sèches actives. La gazéification est interdite.

Notes et références

  1. ↑ Arrêté du 17 janvier 2026 relatif à l'appellation d'origine protégée « Pays d'Auge »/« Pays d'Auge-Cambremer »
  2. ↑ Décret n° 2009-1350 du 29 octobre 2009 relatif aux appellations d'origine contrôlées « Martinique », « Marc d'Alsace » suivie de la dénomination « Gewurztraminer », « Calvados », « Calvados Domfrontais », « Calvados Pays d'Auge », « Cornouaille », « Domfront », « Pays d'Auge », « Pommeau du Maine » et « Pommeau de Normandie »
  3. ↑ Musset Lucien. Aperçus sur quelques problèmes de l'histoire rurale de la Basse-Normandie (XIIe - XIIIe siècles). In: Cahier des Annales de Normandie n°24, 1992. Recueil d'études offert à Gabriel Désert. pp. 99-107.
  4. ↑ Morice Philippe. Pommes, cidre et calvados en Normandie . In: Études Normandes, livraison 17, n°58, 4e trimestre 1955. Pommes, cidre et calvados en Normandie. pp. 1-16.
  5. ↑ Cahier des charges de l’appellation d’origine « Pays d'Auge » ou « Pays d'Auge Cambremer" homologué par arrêté du 17 janvier 2026, JORF du 21 janvier 2026. Bulletin officiel du Ministère de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire n° 2026- 4 du 22 janvier 2026 [lire en ligne]
  6. ↑ IDAC, « Le Cidre Pays d'Auge. Des terroirs uniques », sur IDAC (consulté le )
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