Peinture sur écorce

La peinture sur écorce (en anglais : bark painting), est une forme d’art des Aborigènes d'Australie qui consiste à peindre sur une bande d’écorce d’arbre (généralement de l'eucalyptus).
Cette forme d'expression artistique est rencontrée en Terre d'Arnhem et d’autres régions du nord de l’Australie, ainsi que dans certaines parties de la région de Kimberley en Australie-Occidentale[1].
Les plus anciennes peintures sur écorce datent du XIXe siècle, dont une chasse au kangourou du British Museum qui a été recueillie près de Boort dans le nord de Victoria par l’explorateur britannique John Hunter Kerr[2].
Caractéristiques
Technique
L’artiste commence par choisir un tronc d’eucalyptus qu'il incise avant d'en tirer une longue lamelle d’écorce, découpée à l’aide d’une hachette et selon les dimensions souhaitées. L’écorce est ensuite nettoyée de sa couche supérieure par l’artiste, toujours à l’aide d'une hachette. L’écorce est chauffée au dessus d’un feu pour être déroulée et aplanie. Elle est ensuite laissée à sécher plusieurs jours à plat sur le sol et peut être recouverte de pierres pour ne pas qu’elle s’enroule[3].
Pour peindre, l’artiste s’assoit en tailleur et pose l’écorce horizontalement sur ses genoux. Traditionnellement, l’artiste peint sans dessin préparatoire[4]. La peinture est appliquée sur la face la plus lisse de l’écorce et du suc d’orchidée est utilisé comme premier enduit. La première couche de peinture est mélangée avec le suc[3].
On retrouve une technique proche chez les Pygmées du peuple Mbuti[5].
Fonctions
Traditionnellement les peintures sur écorce sont produites à des fins pédagogiques et cérémonielles et sont des objets éphémères.
Les dessins effectués sur les peintures sur écorce authentiques appartiennent à l’artiste ou à son clan, ils ne peuvent être peints par d’autres artistes. Dans de nombreux cas, ces dessins sont aussi utilisés pour peindre les corps pour des cérémonies ou des rituels, et pour décorer les totems utilisés dans les cérémonies funéraires. Les dessins eux-mêmes sont millénaires, mais la technique de peinture sur écorce est un phénomène relativement moderne, bien qu’il existe des preuves que des artistes peignaient ces dessins sur des murs d’écorce et des toits dans leurs abris.
Aujourd’hui, les peintures sur écorce sont très recherchées par les collectionneurs et les musées[6],[7].
Galerie
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Peinture sur écorce aborigène. -
Peinture du Brooklyn Museum. -
Peinture du peuple Kunwinjku.
Notes et références
- ↑ Karel Kupka, « Notes explicatives », dans Peintres aborigènes d’Australie, Société des Océanistes (ISBN 978-2-85430-048-2, DOI 10.4000/books.sdo.844).
- ↑ (en) Notice de l'œuvre sur britishmuseum.org, site du British Museum.
- Karel kupka, Peintres aborigènes d’Australie, Paris, Société des Océanistes, (DOI 10.4000/books.sdo.842), p. 84.
- ↑ Karel Kupka, Un art à l’état brut : peintures et sculptures aborigènes d’Australie, Lausanne, Suisse, La guilde du Livre, , p. 68.
- ↑ Serge Bahuchet et R. Farris Thompson, Pygmées ? : Peinture sur écorce battue des Mbuti, Haut-Zaïre (catalogue d'exposition), Éditions Dapper, Paris, 1991, 168 p. (ISBN 2-906067-13-X).
- ↑ (en) Jennifer Isaacs, Australia's living heritage, Arts of the dreaming, Lansdowne, 1984, p. 178-205.
- ↑ (en) Robert Layton, The Anthropology of Art, 1991, p. 137.
Annexes
Bibliographie
- (en) Luke Taylor, Seeing the Inside: Bark Painting in Western Arnhem, Landbooks, 1996.
- (en) Jennifer Isaacs, Australia's living heritage, Arts of the dreaming, Lansdowne, 1984.
Articles connexes
Liens externes
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