Phare de Beg Leger

Phare de Beg Leger
Localisation
Coordonnées
48° 44′ 19″ N, 3° 32′ 54″ O
Localisation
Histoire
Construction
1883-1884
Automatisation
Non
Gardienné
Non
Visiteurs
Non
Architecture
Hauteur
8 m
Élévation
63 m
Matériau
Équipement
Portée
12 milles marins (20 km) pour le secteur blanc, 9 milles marins pour les secteurs vert et rouge
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Le phare de Beg Leger (parfois orthographié Beg Léguer)[1],[2] est un phare en France. Il se situe dans la commune de Lannion, département des Côtes-d'Armor, en région Bretagne. Il se trouve à proximité de la plage de Mez-an-Aod, et de la plage de Maez-an-Aod[3].

Description

Le phare de Beg Leger se situe sur une falaise[4], à l'embouchure et sur la côte Nord de l'estuaire du fleuve côtier Léguer (orthographié Leger en breton), ou rivière de Lannion[4],[5],[6],[7], en Bretagne nord[8]. Il se situe au nord-ouest de Lannion (48 000 habitants en 2022)[1] et permet l'entrée dans le fleuve pour accéder au port de Lannion[8],[5].

La zone de falaises rocheuses où se trouve le phare s’étend sur plusieurs kilomètres, du sud de Trébeurden jusqu’à Servel, à l’entrée de Lannion. Cette zone, d’une superficie d’environ 135 hectares, est protégée « zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique » (ZNIEFF) et sous la responsabilité du Conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres (CELRL). Des espèces emblématiques et protégées en Bretagne, comme le chou marin, le panicaut maritime (ou chardon bleu des dunes), y poussent. Le Léguer, qui prend sa source près de Bourbriac, dans les tourbières de Saint-Houarneau, s’écoule sur 58 kilomètres environ et se jette dans la Manche au pied du phare de Beg-Leger[1].

Beg Leger est une maison-phare[9], servant à la fois de phare et de maison de gardien, avec un avant-corps semi-circulaire[5] surmonté d’une lanterne circulaire, peinte en rouge, sur une plate-forme dont le garde-corps est également peinte en rouge. La lanterne est surmontée d’un dôme sphérique. En effet, le feu était alimenté au pétrole jusqu'en 1940. Le dôme était ouvert à cette époque, afin de laisser s’échapper les fumées résultant de la combustion[7]. Les murs de la maison et de l’avant-corps semi-circulaire sont crépis en blanc, mais les chaines d'angle, la plate-forme de la lanterne et l’entourage des fenêtres sont en pierres apparentes, un granit qui vient des carrières de l’île-Grande[1]. Les volets (deux sur la maison, de part et d’autre de l’avant-corps, et trois sur l’avant-corps lui-même) sont peints du même rouge que la lanterne. Sur la façade de la maison, de part et d’autre de l’avant-corps, le nom du phare est inscrit en grosses lettres rouges « Beg Leger » (orthographe en breton)[7],[1]. La maison est composée d’un rez-de-chaussée (avec une grande cuisine, un séjour, une salle d’eau comprenant un WC) et d’un étage comprenant deux chambres et un WC avec lavabo[9].

Le phare n'est pas très haut : la tour n’a que huit mètres de hauteur. Cependant, sur sa falaise, il culmine à 63 mètres au-dessus du niveau de la mer[4],[6],[7],[1]. Des arbres (rares dans cette région) ont été plantés derrière le phare afin de le rendre plus visible de la mer[7]. Depuis la terre, à l’inverse, il apparaît caché entre les arbres[10].

Le feu est tricolore :

  • blanc au centre ; c'est sur lui que le navigateur doit s'aligner ;
  • vert sur un côté ; cela indique les roches de Locquémeau ;
  • rouge de l'autre côté ; cela indique le dangereux rocher du Tarv bras[4],[7].

Depuis 2014, la lampe à iode de 90 watts a été remplacée par une source lumineuse à LED à très faible consommation électrique[7]. Le feu a une portée de 12 milles[1],[6] (20 kilomètres[4],[7]) pour le secteur blanc, à neuf milles pour les secteurs vert et rouge[1],[6].

Historique

À l’origine il y avait un moulin à eau à l’emplacement du phare, visible sur la carte marine de 1837[1], qui servait d’amer[6]. Le phare a repris sa dénomination. Sa construction a démarré en 1883 et s’est terminée fin 1884[1],[5]. Il est mis en service le 1er janvier 1885[1],[7].

Son architecture est atypique pour l’époque. À la suite du décès de Léonce Reynaud (1803-1880), certains ingénieurs des Phares et Balises désiraient changer de style. Le nouveau directeur rompt avec le précédent style des maisons-phares, et les projets de maisons-phares avec en leur centre un avant-corps circulaire se multiplient. Le premier projet qui aboutit sera le petit phare du Millier dans la baie de Douarnenez, qui est construit en 1880. Le phare de Beg Leger est la seconde construction de ce type (1883-1884). Une troisième maison-phare sur le port d'Erquy est en projet, mais le projet est jugé trop onéreux et sera remplacé par une simple tourelle sur le musoir de la jetée[1].

Le premier feu installé en 1885 sur le phare de Beg-Leger est fixe et tricolore (blanc, rouge et vert) [1]. Il est électrifié en 1940. Durant l’Occupation, le phare est éteint par les Allemands qui ne souhaitaient pas aider les bateaux alliés à se repérer. Ils le rallumaient ponctuellement pour leurs propres navires[7]. Après la Libération, le feu fixe est transformé en feu à occultations[1] à partir du . Son cycle est de douze secondes : cinq secondes d'allumage, une seconde d'extinction, puis trois fois une seconde d'allumage séparées par une seconde d'extinction[7].

Le logement de fonction a été occupé par un gardien de phare et sa famille jusqu'en 1988. Le dernier gardien à y habiter se nommait Yves Bellec. Son fils, le chanteur Jean-Yves Bellec, aimait tant ce lieu qu’il lui a consacré une chanson : « Beg Leguer », figurant sur l’album du même nom. À partir de 1988, le phare est occupé par un agent des services techniques et sa famille. Depuis 1998, il est la propriété du ministère de l'Équipement et sert de résidence de vacances aux employés du service de l'équipement[7]. Il est géré par l’Association Sportive, Culturelle et d’Entraide des Côtes-d'Armor (ASCE 22), une association rattachée au ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie et du ministère du Logement, de l’Égalité des Territoires et de la Ruralité[9].

Propriété privée, la maison-phare ne se visite pas. En revanche on peut l’admirer depuis le sentier littoral[1]. Elle se situe sur le sentier de randonnée entre Lannion et Trébeurden par le GR 34[10].

Notes et références

  1. Oldcrowexpress, « Maison phare de Beg-Leguer », sur Phares et Radio de F5OHH, (consulté le ).
  2. David Kerhervé, « Insolite. Avec celui de Beg Léguer, un deuxième phare à Lannion ! », sur actu.fr, (consulté le ).
  3. « Phare de Beg Léguer », sur Mapcarta (consulté le ).
  4. (en) Anna Cherer, « Life in Beg Leguer Lighthouse, France - Un phare dans la nuit », sur Aminus3 (consulté le ).
  5. « phare du Beg Léguer », sur Wikimapia places (consulté le ).
  6. admin, « Phare de Beg-Leger », sur PLEINS FEUX SUR LES PHARES, (consulté le ).
  7. « Le phare de Beg-Leguer clignote depuis 130 ans », sur Ouest-France, (consulté le ).
  8. « Affiche phare de Beg Leguer », sur Cestmaplage.
  9. « 70 - Maison-phare de Beg Leguer – Lannion », sur Site internet de la FNASCE, des URASCE et des ASCE, (consulté le ).
  10. « Randonnée entre Lannion et Trébeurden par le GR®34 », sur Office de Tourisme de la Côte de Granit Rose (consulté le ).

Annexes

Articles connexes

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