Philippe Laguérie

Philippe Laguérie
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Fonctions
Supérieur général de l'Institut du Bon-Pasteur
-
Luis Gabriel Barrero Zabaleta (d)
Prieur
Église Saint-Nicolas-du-Chardonnet
-
Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
Activité
Père
Georges Laguérie (d)
Fratrie
Bernard-Marie Laguérie (d)
Autres informations
Ordres religieux

Philippe Laguérie, né le à Sceaux, est un prêtre catholique français, personnalité du catholicisme traditionaliste, cofondateur et supérieur de l'Institut du Bon-Pasteur.

Ordonné prêtre par Marcel Lefebvre au sein de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, Philippe Laguérie est prêtre de l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet à Paris. Il s'installe à Bordeaux en 1998. Exclu de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X en 2004, il est l'un des cofondateurs de l'Institut du Bon-Pasteur reconnu par Rome en 2006, et son supérieur jusqu'en 2019.

Il est proche de plusieurs milieux d'extrême droite. Il a notamment marié et donné l'extrême-onction à Jean-Marie Le Pen.

Biographie

Au sein de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X

Issu d'une famille catholique, Philippe Laguérie entre au séminaire en 1973 à Écône au sein de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X. Il est ordonné prêtre le par Marcel Lefebvre.

D'abord préfet de discipline et professeur de philosophie et théologie à l'école Saint-Michel à Niherne, dans l'Indre, il prend, à partir de 1984, la succession de François Ducaud-Bourget comme curé de l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, située à Paris, dans le Ve arrondissement[N 1],[1].

Il tente en avec l'aide de quatre cents fidèles d'occuper l'église Saint-Germain-l'Auxerrois[2]. Chassé par la police, il est sanctionné le 10 par l'abbé Paul Aulagnier puis pardonné le 14[3].

En 1998, il rejoint Bordeaux, où il obtient de la mairie en 2002 l'autorisation d'utiliser l'église Saint-Éloi à côté de la Grosse cloche, église désaffectée entre 1981 et 2001 qu'il rend au culte[4].

Il est exclu par le supérieur de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, Bernard Fellay, le [5], à la suite de critiques de la formation au sein du séminaire d'Écône où la « sévérité incroyable » de Benoît de Jorna, supérieur du séminaire, décourage, selon lui, les vocations de séminaristes[4], invoquant soixante départs de séminaristes sur les sept départs années[6].

Cofondateur de l'Institut du Bon-Pasteur

Le , l'abbé Laguérie est nommé supérieur du nouvel Institut du Bon-Pasteur (IBP), fondé avec l’accord du pape Benoît XVI, institut de droit pontifical dont le siège est à Bordeaux où se trouve aussi l'église Saint-Éloi où il exerce son ministère après une convention signée avec le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux[7]. Cet acte rétablit la pleine communion de l'abbé Laguérie (et de ses fidèles) avec l'Église catholique locale[réf. nécessaire].

Selon le droit canon, l'Institut de droit pontifical du Bon-Pasteur est une société de vie apostolique dépendant à la fois de la commission Ecclesia Dei et de la congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique. Il exerce une juridiction ordinaire sur les prêtres qui en dépendent.

Le , un décret du cardinal Ricard érige Saint-Éloi en paroisse personnelle[N 2], en l'église Saint-Éloi[8].

Le , l'abbé Laguérie est réélu pour six ans à la tête de l'Institut du Bon-Pasteur. Le suivant, Rome entérine cette élection. Après deux mandats à la tête de l'Institut du Bon-Pasteur, l'abbé Laguérie laisse la place au prêtre colombien Luis Gabriel Barrero le [9],[10].

Liens avec l'extrême droite

Les connexions de Laguérie avec l'extrême droite ne sont pas rares[11]. En 1987, alors que Jean-Marie Le Pen vient de créer le scandale par ses propos sur les chambres à gaz nazies, on entend l'abbé à la télévision française prendre la défense du président du Front national, qu'il présente comme une victime de la « grande banque juive qui tient la France en dictature depuis quarante-cinq ans » et prendre la défense de négationnistes en ces termes : « Les thèses des professeurs Roques et Faurisson sont parfaitement scientifiques »[12]. Néanmoins, dans un article publié sur son blogue le , il se montre très critique vis-à-vis des déclarations révisionnistes de Richard Williamson qu'il qualifie de « divagations scandaleuses et inadmissibles » et de « gangrène », précisant : « Qu'un chrétien, un prêtre ou encore un évêque cautionne cela ou semble vouloir en atténuer l'horreur est scandaleux, oui, et inadmissible. Et il devra en rendre des comptes devant Dieu, dans la proportion de sa responsabilité terrestre[13] ».

Le , l'abbé Laguérie procède à la célébration d'une messe à Saint-Nicolas-du-Chardonnet[14] pour les obsèques de Paul Touvier, condamné pour crimes contre l'humanité en 1994 pour l'exécution de sept Juifs lorsqu'il était chef de la Milice lyonnaise sous l'Occupation allemande. Au cours de cette messe, l'abbé Philippe Laguérie qualifie notamment l'ancien milicien d'« âme sensible, délicate et même nuancée » et souhaite se faire « l'avocat de Paul Touvier auprès de Dieu », fustigeant la LICRA, les communistes, les francs-maçons, la presse, etc[15],[16].

Après son exclusion de la Fraternité Saint-Pie X, l'abbé Laguérie reste proche des milieux d'extrême droite. En 2008, c'est à Saint-Éloi qu'il baptise le quatrième enfant de l'humoriste Dieudonné[17], enfant dont le parrain serait Jean-Marie Le Pen, présent à la cérémonie selon le journal Libération[18],[19]. Une partie de la gauche bordelaise lui reproche également de célébrer chaque une messe de requiem pour le maréchal Pétain[11].

En 2010, l'émission de France 2, Les Infiltrés évoque une connexion entre l'abbé Laguérie et l'association nationaliste Dies Iræ, dont le leader, Fabrice Sorlin, serait un ami du prêtre. L'abbé Laguérie et l'Institut du Bon-Pasteur nient toute relation avec Dies Iræ[20],[21]. Philippe Laguerie, porte plainte pour diffamation contre les journalistes, mais perd en 2014 le procès : les journalistes sont relaxés[22]. L'appel de ce jugement, pour le volet civil, est rejeté le [23].

Le , il marie religieusement Jean-Marie et Jany Le Pen à leur domicile de Rueil-Malmaison, sous le mandat de l'ordinaire du lieu, Matthieu Rougé, évêque de Nanterre[24]. C'est également l'abbé Laguérie qui délivre à Jean-Marie Le Pen l'absolution et l'extrême-onction le , quelques semaines avant la mort de ce dernier, le [25].

Ouvrages

  • Avec Paul Aulagnier et Marcel Lefebvre, La messe traditionnelle, trésor de l'Église, éd. Fideliter, , 144 p. (ISBN 2903122547 et 9782903122546, OCLC 463623518).
  • Avec ma bénédiction : quatorze ans au Chardonnet, Paris, éd. Certitudes, , 450 p.
  • L'Évangile inconnu, Versailles, Via Romana, , 180 p. (ISBN 978-2-916-72773-8).

Notes et références

Notes

  1. Il aura notamment l'occasion de marier Albert Spaggiari et Emilia de Sacco.
  2. Canon 518 : « En règle générale, la paroisse sera territoriale, c’est-à-dire qu’elle comprendra tous les fidèles du territoire donné ; mais là où c’est utile, seront constituées des paroisses personnelles, déterminées par le rite, la langue, la nationalité de fidèles d’un territoire, et encore pour tout autre motif. »

Références

  1. Michel Dreyfus-Schmidt, « Maintien de l'occupation illégale de l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet » [Question écrite au ministre de l'Intérieur], sur Sénat, (consulté le ).
  2. « Des traditionalistes ont occupé Saint-Germain-l'Auxerrois », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  3. « L'abbé Laguérie rétabli dans ses fonctions de curé de Saint-Nicolas-du-Chardonnet : Les traditionalistes accusent l'épiscopat et l'Etat de vouloir leur asphyxie financière », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  4. Nicolas Senèze, « Les lefebvristes se déchirent », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le ).
  5. Philippe Brassart, « Messes basses à Bordeaux », La Dépêche du Midi,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  6. « L’abbé Philippe Laguérie exclu de la Fraternité Saint-Pie X », cath.ch, Agence de presse internationale catholique,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  7. « Convention entre le cardinal Ricard et l’Institut Bon Pasteur », Cath.ch,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  8. Jean-Pierre Ricard, « Décret d'érection de la paroisse personnelle de Saint-Éloi », sur archidiocèse de Bordeaux, (version du sur Internet Archive).
  9. « Un nouveau supérieur général pour l’Institut du Bon Pasteur », sur Institut du Bon Pasteur, (consulté le ).
  10. Clémence Houdaille, « Un supérieur général colombien pour l’Institut du Bon-Pasteur », La Croix,‎ (lire en ligne, consulté le )
  11. Landron 2015.
  12. « "Des moulins à vent" », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  13. « L'abbé Laguérie condamne avec force les "divagations" de Mgr Williamson », La Croix,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  14. « Touvier, la haine jusqu'au dernier acte du milicien », L'Humanité,‎ (lire en ligne, consulté le )
  15. Renaud Dely et Jean Hatzfeld, « Requiem pétainiste pour Touvier », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  16. « Paul Touvier a été inhumé au cimetière communal de Fresnes », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  17. « "Oui, j'ai bien célébré le baptême de la fille de Dieudonné" », sur Le HuffPost, (version du sur Internet Archive).
  18. Christophe Forcari et Catherine Coroller, « Dieudonné, les liens du baptême », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  19. Chloé Leprince, « Le Pen-Dieudonné : beaucoup d'intox... mais une vidéo », sur L'Obs (consulté le ).
  20. Joséphine Bataille, « La face sombre des traditionalistes », La Vie,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  21. Yann Saint-Sernin, « Saint-Éloi, Saint-Projet, Dies Irae : des liens très discrets », sur Sud Ouest (consulté le ).
  22. E.P. et AFP, « Bordeaux : Les catholiques traditionalistes ont perdu leur procès contre «Les Infiltrés» », 20 minutes,‎ (lire en ligne).
  23. N. S. (avec AFP), « « Les Infiltrés » : l’institut du Bon-Pasteur débouté en appel », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le ).
  24. Paul Laubacher, « À 92 ans, Jean-Marie Le Pen s’est… marié », sur Le Nouvel Obs, (consulté le ).
  25. Alexandre Sulzer, « Mort de Jean-Marie Le Pen : une extrême-onction anticipée lui avait été donnée par un prêtre traditionaliste », Le Parisien,‎ (lire en ligne Accès payant, consulté le ).

Voir aussi

Bibliographie

  • E. P., « Qui est Philippe Laguérie, le prêtre controversé qui a donné l’extrême-onction à Jean-Marie Le Pen ? », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  • Olivier Landron, À la droite du Christ : Les catholiques traditionnels en France depuis le concile Vatican II (1965-2015), Éditions du Cerf, , 152 p. (ISBN 978-2-204-10849-2, lire en ligne)

Articles connexes

Liens externes

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