Pièces de clavecin d'Anglebert
Les Pièces de clavecin sont un recueil de morceaux pour clavecin du compositeur Jean-Henri d'Anglebert, parue en 1689, deux ans avant sa mort.
Contexte et création
Jean-Henri d'Anglebert compose son Livre premier, comme il l'a sous-titré, pour la princesse de Conti Marie-Anne de Bourbon[1]. La préface de son recueil laisse cependant présager d'un second livre qui a été interrompu par la mort du compositeur[1]. Il écrit ainsi « Je n'ay mis des pièces dans ce recueil que sur quatre tons, bien que j'en ay composé sur tous les autres. J'espère donner le reste dans un second libre. »[1]. Certaines pièces manuscrites du compositeur sont conservées dans un petit volume conservé à la Bibliothèque nationale de France[1].
Structure
L'ouvrage, quelque peu disparate, comprend quatre suites, contenant les divers mouvements de danse traditionnels, des transcriptions d'œuvres de Jean-Baptiste Lully, des transcriptions de vaudevilles mis « pour remplir des fins de pages, qui se seroient trouvé inutiles sans cela »[2]. On y trouve aussi des pièces pour orgue ainsi qu'un traité de l'harmonie au clavier réduit à cinq leçons « pour se perfectionner de soi-même »[2]. Il s'y trouve, en introduction, une table des agréments très complète et, selon la musicologue Adélaïde de Place, l'une des plus précises de l'histoire du clavecin français[2]. Certains signes, dans cette table, sont de l'invention du compositeur, d'autres sont repris par les autres musiciens français[2].
Analyse
Les quatre suites qui composent le recueil sont reliées tonalement, puisqu'elles sont dans les tonalités de sol majeur, sol mineur, ré mineur et enfin ré majeur[2]. Elles contiennent toutes les danses traditionnelles de la suite de danse, une allemande, un ou plusieurs courantes, une ou deux sarabandes, une gigue[2]. Le compositeur y ajoute aussi des gaillardes, des gavottes, des menuets, des chaconnes en rondeau ou encore des passacailles[2]. Les trois premières suites sont ouvertes par des préludes non mesurés, qu'Adélaïde de Place remarque plus libres que ceux de Nicolas-Antoine Lebègue, mais plus courts que ceux de Louis Couperin[2]. Les notes constituant les accords sont en rondes, tandis que le chant et les notes de passages sont en croches exclusivement[2]. Il faut noter aussi que, dans la Troisième suite, le compositeur conclut par des Variations sur les folies d'Espagne comprenant vingt-deux couplets[2]. La Quatrième suite se conclut elle sur un Tombeau de Mr de Chambonnières, qui était son professeur, et qui doit être jouée « fort lentement », sur un rythme de pavane et dans le style des tombeaux joués par les luthistes[2].
Les transcriptions des œuvres de Jean-Baptiste Lully sont notables au titre de premier essai de transcription pour le clavecin[2]. D'Anglebert écrit aussi dans sa préface qu'« il faut avouer que les ouvrages de cet homme incomparable sont d'un goût fort supérieur à tout autre. Comme ils réussissent avec avantage sur le clavecin, j'ay cru qu'on me sçauroit gré d'en donner ici plusieurs de différent caractère », laissant entendre que ces transcriptions pourraient être un hommage[2]. Adélaïde de Place soupçonne cependant aussi que cela pourrait être dû à la vogue qu'a connu ce genre d'arrangements[2]. On y trouve ainsi des extraits de Cadmus et Hermione, de Proserpine, de La Mascarade, de Phaëton, de Roland, d'Armide, du Triomphe de l'amour et de Bacchus ainsi que d'Acis et Galatée[2].
Références
- Tranchefort et de Place 1987, p. 11.
- Tranchefort et de Place 1987, p. 12.
Bibliographie
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- François-René Tranchefort (dir.) et Adélaïde de Place, Guide de la musique de piano et de clavecin, Paris, Fayard, (ISBN 9782213016399).
. - Guy Sacre, La musique de piano : dictionnaire des compositeurs et des œuvres, vol. I (A-I), Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 2998 p. (ISBN 2-221-05017-7), p. 88-90.
Liens externes
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