Pierre Barnabé
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| Directeur général de Soitec |
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| A travaillé pour |
Soitec (depuis ) Atos SE (- Bull (- SFR (- Alcatel-Lucent (- |
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| Distinction |
Pierre Barnabé est un dirigeant de groupe industriel français né le à Auch dans le Gers.
Il a fait carrière de Thomson à Soitec en passant par Alcatel, SFR et Atos.
Biographie
Formation
Pierre Barnabé est diplômé de l’École supérieure de commerce de Rouen (devenue Neoma Business School) (promotion 1993[1]), formation qu'il a complétée par un Mastère Spécialisé en Technologie et Management à l'École centrale Paris[2] (Promotion 1994[3]).
Alcatel (1998–2011)
Pierre Barnabé commence sa carrière au sein d'Alcatel fin 1998. Il occupe tout d'abord des fonctions commerciales, pour devenir vice-président France (2004) puis vice-président Europe du dud (2006). Il devient CEO d'Alcatel-Lucent France de 2009 à 2010 puis directeur des ressources humaines (DRH) du groupe Alcatel-Lucent en 2010[4].
SFR (2011–2013)
À l’été 2011, il reprend SFR Business Team[5]. Il veut recentrer la branche entreprises de SFR sur le Cloud[6] et oriente sa stratégie pour « devenir un cloud service provider »[7].
En 2012, il développe avec la Caisse des dépôts et consignations et Bull, le projet de cloud souverain Numergy. À cette occasion il déclare qu'avec le cloud souverain « les entreprises auront accès à des machines virtuelles qui seront situées en France et opérées par des acteurs français »[8],[9]. Deux ans plus tard, il quitte la direction exécutive de SFR Business Team pour devenir directeur général délégué de Bull[10],[11] aux côtés de Philippe Vannier.
Bull (2013–2015)
Juste après son départ de SFR, il précise que « le projet Bull m'attirait. »[2] et prend la direction générale déléguée de Bull. En 2014, Bull est racheté par Atos, la fusion s'opère le .
Atos (2015–2022)
Au sein du nouveau groupe constitué, il dirige la division Big Data and Security, « vue par les analystes comme le joyau du groupe »[12]. Il pilote notamment le développement commercial de la branche supercalculateurs[13] et focalisant « le seul constructeur européen » sur l'optimisation de la consommation d'énergie[14]. Du au , le conseil d'administration du groupe le nomme provisoirement co-directeur général du groupe après la démission d’Elie Girard[15],[16].
Soitec (2022-2026)
Nomination controversée et crise de gouvernance
En , le président du conseil d'administration de Soitec annonce que Pierre Barnabé rejoindra la société le et deviendra son directeur général en , en remplacement de Paul Boudre[17]. Cette annonce crée un conflit entre le conseil d'administration et le comité de direction de Soitec[18]. Paul Boudre avait exprimé son souhait de rester à la tête de l'entreprise, ou bien à défaut que son adjoint le remplace, ou bien à défaut que l'on recrute un patron venant du secteur des semi-conducteurs. L'annonce de la nomination de Pierre Barnabé fait chuter l'action Soitec de plus de 20 %[source secondaire souhaitée][19],[20].
Deux explications ont été données dans la presse à ce changement brutal.
- Selon Doug O’Loughlin, spécialiste de conduite des organisations, qui a mené une enquête approfondie sur la motivation du changement de dirigeant, Bpifrance aurait piloté l'opération probablement sur demande du ministère de l'Économie, car il est reproché à Paul Boudre d'avoir introduit des chinois au capital de Soitec alors que l'activité de fabrication de semi-conducteurs est considérée comme stratégique. Pierre Barnabé jouit quant à lui d'une image plus conciliante avec les souhaits du ministère[21].
- Selon Les Échos, il y aurait un conflit persistant entre Paul Boudre et le président du conseil d'administration, Eric Meurice, ancien patron d'ASML et excellent connaisseur du secteur des semi-conducteurs. Ce dernier aurait fait adopter par le conseil une décision de changement de directeur général sans attendre la limite d'âge de Boudre. Sur une centaine de candidats potentiels, les candidatures internes n'ayant pas été retenues, les deux finalistes étaient Christophe Duverne, ancien cadre dirigeant dans les semi-conducteurs, et Pierre Barnabé[22].
2025 : fronde syndicale contre un projet d'augmentation
En vue de l'assemblée Générale des actionnaires du et à un an de la décision de renouveler ou non son mandat de Directeur Général, le Conseil d'Administration a « renouvelé sa confiance » à Pierre Barnabé et décidé un ensemble de mesures visant à revaloriser sa rémunération (augmentation de la partie fixe de 10 %, attribution exceptionnelle d'actions gratuites correspondant au total à 400 % de sa rémunération, possibilité de verser une prime exceptionnelle à concurrence de la rémunération annuelle fixe). Une intersyndicale (CGT, CFE-CGC, FO, CFDT) a immédiatement dénoncé ces mesures, dans un contexte de performances décevantes de Soitec et de destruction de valeur, et organisé un rassemblement des salariés[23] devant le siège de Bernin qui a donné lieu, un mois après la décision initiale et avant même la tenue de l'assemblée générale, à une réunion extraordinaire du Conseil d'Administration annonçant l'abandon des mesures[24] envisagées à court terme et le report de la discussion à 2026.
2026: fin prématurée du mandat et ultime polémique autour d'une intervention au dernier jour de son mandat
Le , le conseil d'administration de Soitec annonce le départ de Pierre Barnabé "pour raisons personnelles"[25]. Le , le média en ligne La Lettre dévoile le point de chute de Pierre Barnabé, qui va rejoindre Dassault Systèmes comme directeur des opérations[26]. Au dernier jour de son mandat, le , alors que Soitec annonce à ses salariés des mesures d'austérité salariale et de rupture conventionnelle collective pour faire face à la situation économique[27], Pierre Barnabé donne une conférence à Paris intitulée "Relance d’une pépite française dans un cycle baissier des semi-conducteurs" qui suscite la colère des salariés concernés par les mesures sociales annoncées[28].
Distinctions et classements
Pierre Barnabé est chevalier de l'Ordre national du Mérite[29].
Notes et références
- ↑ « NEOMA Alumni - Réseau des diplômés de NEOMA Business School », sur NEOMA Alumni (consulté le )
- Guillaume de Calignon, « Pierre Barnabé, sur le nuage de Bull », sur lesechos.fr, (consulté le ).
- ↑ « CentraleSupélec Alumni », sur CentraleSupélec Alumni (consulté le )
- ↑ Carole Bellemare, « Pierre Barnabé aux ressources humaines d'Alcatel-Lucent », sur LeFigaro.fr, (consulté le ).
- ↑ Carole Bellemare, « Pierre Barnabé - SFR », sur Le Figaro, (consulté le ).
- ↑ « Les axes stratégiques de SFR Business Team : cloud, international et fibre », sur LeMondeInformatique.fr, .
- ↑ Par Olivier Chicheportiche, « SFR Business Team veut devenir un acteur incontournable du Cloud », sur ZDNet.fr, .
- ↑ Marc Cherki, « SFR, Bull et l'État lancent un deuxième projet «cloud» », sur LeFigaro.fr, (consulté le ).
- ↑ Marc Cherki, « Le cloud à la française émerge avec SFR et Bull », sur LeFigaro.fr, (consulté le ).
- ↑ Didier Barathon, « Après SFR, Pierre Barnabé rebondit chez Bull », sur lemondeinformatique.fr, (consulté le ) « Après un départ brutal de SFR Business Team, Pierre Barnabé rejoint Bull […] A peine éjecté de la direction générale de SFR Business Team, Pierre Barnabé rebondit ».
- ↑ Olivier Chicheportiche, « Pierre Barnabé, ex-patron de SFR Business Team, recruté par Bull », sur zdnet.fr, (consulté le ).
- ↑ Florian Dèbes et Anne Drif, « L'ombre de Thales plane sur le dossier Atos », sur LesÉchos.fr,
- ↑ Jean-Philippe Nicoleau, « Industrie. Bull, l’histoire d’une renaissance à Angers », sur ouest-france.fr, .
- ↑ Stephane de Sakutin, « Atos vise "12 à 15%" du marché mondial des supercalculateurs », sur Capital.fr, (consulté le ).
- ↑ « Atos change de directeur général », sur agefi.fr, : « Le groupe de services informatiques a annoncé ce mercredi soir le remplacement de son directeur général par Rodolphe Belmer, actuel directeur général d'Eutelsat. Ce dernier prendra ses nouvelles fonctions au plus tard le . En attendant, à compter du lundi , Pierre Barnabé et Adrian Gregory sont nommés co-directeurs généraux par intérim. ».
- ↑ 6medias, « Dans une mauvaise passe financière, le géant de l'informatique français Atos annonce du changement », sur Capital.fr, (consulté le ).
- ↑ Paul Loubière, « Soitec: pourquoi Paul Boudre est débarqué », sur Challenges, (consulté le )
- ↑ Marina Alcaraz, « Crise de gouvernance chez Soitec, qui chute en Bourse », sur Les Échos,
- ↑ L'action Soitec vaut :
Le : 205 €
Le : 167,60 €
Le : 153,40 € - ↑ « Soitec chute en Bourse à cause d'un conflit sur le sort du directeur général », sur Le Revenu, (consulté le )
- ↑ Ridha Loukil, « Le rôle trouble de Bpifrance dans la bataille de gouvernance chez Soitec », Usine Nouvelle, (lire en ligne)
- ↑ Emmanuel Grasland et Florian Dèbes, « Soitec, le clash qui a sidéré la place de Paris », Les Échos, (lire en ligne)
- ↑ « Isère. « Un décalage indécent » : malaise et colère autour de l’augmentation de rémunération du DG de Soitec », sur ledauphine.com, (consulté le )
- ↑ « Soitec : après la fronde, l'augmentation du directeur général est finalement reportée », sur latribune.fr, (consulté le )
- ↑ Marie Lyan, « Surprise dans les semi-conducteurs : Pierre Barnabé quittera finalement Soitec en 2026 », La Tribune, (lire en ligne
)
- ↑ Robin Carcan, « Le "démissionnaire" de Soitec Pierre Barnabé va rejoindre Dassault Systèmes », La Lettre, (lire en ligne
)
- ↑ Marion Garreau, « Avec un chiffre d’affaires trois fois inférieur à ses ambitions, Soitec veut réduire ses effectifs, sur la base du volontariat », L'Usine Nouvelle, (lire en ligne
)
- ↑ Robin Carcan, « L'autosatisfecit exagéré de l'ex-patron de Soitec lors d'une rencontre privée d'Axcel Partners », La Lettre, (lire en ligne
)
- ↑ « Décret du 14 mai 2010 portant promotion et nomination », sur legifrance.fr, .
Voir aussi
Article connexe
Liens externes
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