Pierre Lereboullet

| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 70 ans) Boulevard Saint-Germain (7e arrondissement de Paris) |
| Nom de naissance |
Pierre Emile Auguste Lereboullet |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activité | |
| Père |
Léon Lereboullet (d) |
| Enfant |
Jean Lereboullet (d) |
| Membre de |
|---|

Pierre Lereboullet, né le à Paris 6e et mort le à Paris 7e, est un médecin français.
Biographie
Fils de Marie Joséphine Anne Ida Egger et de Léon François Camille Lereboullet, professeur agrégé au Val-de-Grâce, Pierre Lereboullet est issu d'une famille alsacienne de médecins. Après des études au lycée Louis-le-Grand, il est reçu premier à l'externat en 1895, premier à l'internat de médecine en 1897 et il obtient la médaille d'or en 1901[1]. Comme major de promotion, ayant le droit de faire sa première année à la clinique chirurgicale de la Charité, il est l'interne du professeur Paul Tillaux. En seconde année, il est l'interne d'Henri Barth. En troisième année, il devient, à l'Hôtel-Dieu, l'interne de Édouard Brissaud, en quatrième année, celui de Augustin Gilbert, puis en cinquième année, celui de Victor Hutinel[1].
Médecin des hôpitaux en 1907, il est agrégé en 1913. Durant la Première Guerre mondiale, il est agrégé remplaçant du docteur Jules Dejerine à la Salpêtrière, de 1916 à 1917. A partir de 1920, il se consacre de plus en plus à la pédiatrie : il intègre l’hôpital des Enfants-Malades, et devient agrégé de médecine infantile, aidant Pierre Nobécourt dans son enseignement. Il est nommé Professeur d'Hygiène et de Clinique de la Première Enfance à la Faculté de médecine en 1928.
Il est président du Comité national de l'Enfance, de l'Office de protection de la maternité et de l'Enfance du département de la Seine. Chargé, depuis 1928, de diriger l'Institut de puériculture de la Ville de Paris, créé par Gaston Variot, aux Enfants-Assistés, il y poursuit, chaque année l'éducation de nombreuses jeunes filles pour leur apprendre leur métier de futures mères de famille[1].
Il est élu membre de l'Académie de médecine, le . Il est également membre de l'Association de "Médecine et famille". Il a également des patients du monde, comme Boni de Castellane[2].
Le , il reçoit une médaille honorifique pour ses 50 ans de carrière à la Faculté de médecine de Paris[1].
Travaux
Ses travaux scientifiques portent particulièrement sur la pathologie hépatique et sur la pédiatrie[3]. Dans sa jeunesse, il a été le brillant collaborateur de ses maitres et, surtout, d’Augustin Gilbert, avec qui, pendant dix ans, il devait faire une série de travaux, devenus classiques, sur les maladies du foie. Dans la période de maturité et jusqu’à la fin de sa vie, il a dirigé ses propres élèves et est devenu un grand chef d'école en pédiatrie[1].
Pierre Lereboullet étudie la stéatose hépatique latente des alcooliques, la pneumonie, l'érysipèle, la tuberculose, les cirrhoses alcooliques avec ictère, souvent sévères, les cirrhoses hypertrophiques diabétigènes, les cirrhoses pigmentaires diabétigènes, etc[1].
Il consacre son mémoire de médaille d'or et sa thèse aux cirrhoses biliaires. Avec Augustin Gilbert, il décrit la famille biliaire, dans ses caractères héréditaires, sous le nom de « cholémie familiale ». Une autre série de ses recherches a trait au diabète sucré, à ses relations avec le foie et le pancréas, à son traitement différent suivant qu'il s'agisse de diabètes avec anhépatie ou de diabètes avec hyperhépatie[1].
Il met en place aux Enfants-Malades, aidé de ses élèves P.-L. Marie, Joannon, Lelong, Boulanger-Pilet, etc., la vaccination antidiphtérique par l'anatoxine de Ramon. Pierre Lereboullet étudie, d'autre part, les diphtéries malignes, les septicémies surajoutées, le rôle de la surrénale, déjà vu par Roux et Yersin dans leur mémoire initial, ce qui le conduit au traitement des diphtéries graves par l'adrénaline. Le Manuel de la diphtérie, qu'il rédige avec Boulanger-Pilet, résume ces études[4].
En 1932, il rédige, un Manuel de puériculture à usage journalier, en collaboration avec Alfred Zuber (d) et François Saint-Girons (d)[5]. Il dirige la publication du Guide de la jeune mère (1937) avec Germaine Drayfus Sée, Hélène Deros et Nelly de Lamaze[6]. Par ailleurs, il s'est beaucoup occupé de la question de la dénatalité et de la repopulation[1].
Famille
Son grand-père, Dominique Auguste Lereboullet, mort en 1865, est un médecin et un zoologiste, doyen de la Faculté des Sciences de Strasbourg. Il a été le premier en France à introduire les études histologiques[7]. Ses recherches biologiques les plus connues portent sur la reproduction des crustacés.
Son père, Léon Lereboullet, après être passé par l'École de Santé militaire à Strasbourg, est agrégé de médecine à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce. Plus tard, il poursuit sa carrière médicale dans la vie civile à Paris. Il est membre libre de l'Académie nationale de médecine. Il dirige, avec Amédée Dechambre et Mathieu Dusel, la publication du Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales. Il dirige la Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie aux côtés d’Amédée Dechambre.
Son grand-père maternel, Émile Egger, est un helléniste, qui occupe en Sorbonne la chaire de littérature grecque pendant quarante-quatre ans[8].
De Louise Marie Madeleine Rocherolles, épousée le , à Paris 6e, il a eu cinq enfants, dont l'abbé André Lereboullet, se consacrant aux œuvres sociales, et le Docteur Jean Lereboullet. Son épouse étant gravement malade, Pierre Lereboullet consacre beaucoup de temps à sa famille[9].
À l’issue de ses obsèques à Saint-Thomas d’Aquin, il a été inhumé, le , au cimetière du Montparnasse[10].
Publications
- Le Traitement du myxoedème chez l'enfant, 1943.
- La Prophylaxie de la diphtérie dans les collectivités des nourrissons, 1940.
- Le Bégaiement, sa nature et son traitement, 1937.
- Le guide de la jeune mère, 1937.
- Septicémie méningococcique à forme purpurique et à début abdominal, suivie de guérison, 1933.
- Les Suppurations pulmonaires et bronchiques du jeune enfant et leur traitement, 1932.
- Un cas de maladie de Rittes, 1932.
- Les Troubles vasomoteurs des extrémités chez l'enfant et leur origine endocrinienne, 1932.
- Les Cirrhoses chez l'enfant, 1932.
- Manuel de puériculture, 1932.
- Tuberculose infantile, 1928.
- La Grippe : clinique, prophylaxie, traitement, 1926.
- Les Enfants trouvés et l'hospice des Enfants assistés, 1925.
- Famille, travail, épargne, 1924.
- Thérapeutique des maladies infectieuses, 1913.
- La Cholémie simple familiale, son importance en pathologie, 1910.
- Les Cirrhoses biliaires, 1902.
- Rapport général présenté ... par l'Académie de médecine sur les vaccinations et revaccinations pratiquées en France et dans les colonies françaises, 1885-1942.
Références
- Paul Carnot, « Pierre Lereboullet (1874-1944) », Bulletin de l'Académie nationale de médecine, Paris, J.-B. Baillière, 3e série, vol. 109, t. 129, , p. 25=8 (ISSN 2271-4820, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ « Mort de M. de Castellane », L’Avenir de Touraine, Tours, vol. 7, no 1895, , p. 1 (ISSN 2968-4021, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ « Décès de M. Lereboullet », Bulletin de l'Académie nationale de médecine, Paris, J.-B. Baillière, 3e série, vol. 108, no 32, , p. 587-8 (ISSN 2271-4820, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ « CTHS - LEREBOULLET Pierre Émile Auguste », sur cths.fr (consulté le )
- ↑ Alfred Zuber (1865-1938), François Saint-Girons (1885-1959) et Pierre Lereboullet (1874-1944), Manuel de puériculture, (lire en ligne)
- ↑ Pierre (1874-1944) Auteur du texte Lereboullet, Germaine (1895-1940) Auteur du texte Dreyfus Sée, Nelly de Auteur du texte Lamaze et Hélène Auteur du texte Deros, Le guide de la jeune mère (9e édition) / par le Prof. P. Lereboullet, le Dr Germaine Dreyfus-Sée, Mlle de Lamaze et Mlle Deros ; entièrement mis à jour par le Dr Jean Dayras,..., (lire en ligne)
- ↑ (de) G. Dhom, Geschichte Der Histopathologie, Berlin, Springer, (lire en ligne), p. 21-22.
- ↑ Christophe Charle, « 37. Egger (Emile) », Publications de l'Institut national de recherche pédagogique, vol. 2, no 1, , p. 67–68 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Pierre Lereboullet », sur Site de syndromedegilbert ! (consulté le )
- ↑ « On nous prie d’annoncer… », Figaro, Paris, vol. 118, no 70, , bd6t5103383t/f2 (ISSN 2496-8994, lire en ligne sur Gallica).
Liens externes
- Ressources relatives à la recherche :
- Ressource relative à la santé :
- Portail de l'enfance
- Portail de la médecine
- Portail de Paris