Pierre Michel Moisson-Desroches

Pierre Michel Moisson-Desroches
Naissance
Caen
Décès (à 79 ans)
Sury-le-Comtal
Nationalité française
Profession
ingénieur en Chef des Mines
Autres activités
Professeur (1816-1827) à l'école des mineurs de Saint-Etienne
Formation
Conjoint
Joséphine Élisabeth Fortunée Latil[1] (Brescia 13.XI.1800 - Boulogne-Billancourt 7.I.1890)

Compléments

  • Pionnier du chemin de fer en France

Pierre Michel Moisson-Desroches (1785-1865) est un Polytechnicien, ingénieur du corps des mines.

Sa notoriété tient au fait qu’il aurait adressé en 1814 à Napoléon Ier un mémoire intitulé « Sur la possibilité d'abréger les distances en sillonnant l'empire de sept grandes voies ferrées ». Toutefois, l’existence même de ce mémoire n’est pas avérée.

Biographie

Tombe rénovée

Fils d’un jardinier, Pierre Michel Moisson-Desroches est né à Caen le [2]. Diplômé de Polytechnique et de l’École des Mines de Paris (Corps des Mines), ingénieur en chef des Mines[3], professeur à l’école des mineurs de Saint-Étienne, il organise les études de l’école à la demande de son directeur, Louis-Antoine Beaunier. Il a comme collègue le professeur Gallois et, entre autres, comme élèves Boussingault et Fourneyron.

Moisson-Desroches est surtout connu pour être l'auteur d'un mémoire intitulé « Sur la possibilité d'abréger les distances en sillonnant l'empire de sept grandes voies ferrées » qui aurait été adressé à Napoléon Ier en 1814. Ce mémoire, si son existence était avérée, en aurait fait le précurseur des chemins de fer en France.

En 1831, il adresse à l’administration des Ponts et Chaussées « un projet de chemin de fer à roulettes et à glissière[4]. »

Il prend sa retraite à Boulogne sur Seine. En visite chez sa fille, receveuse des Postes à Sury-le-Comtal, il y meurt le et est inhumé dans le cimetière de Montbrison[5]. Sur sa tombe, préservée par l’Association des Amis du Rail du Forez (ARF), on peut lire : « Ici repose Pierre-Michel Moisson-Desroches, ingénieur en chef des mines, promoteur des chemins de fer en 1814, né à Caen le 9 juillet 1785, décédé le 30 mai 1865 »[6]. Cette tombe, retrouvée par hasard en 1913 dans une partie du cimetière dédiée au déblayage et au nettoyage (La Presse du p. 2/4), laissée à l'abandon a fait l'objet, en 2014, d'une rénovation par l'ARF, la ville de Montbrison et le Conseil Général de la Loire[7].

Controverse sur l'existence du mémoire de 1814 à Napoléon

L'existence du mémoire de 1814 à Napoléon fait débat[8].

Aucune mention dans un quelconque ouvrage n'est faite à ce mémoire du vivant de son auteur et la première mention à celui-ci intervient seulement en 1870[9]. De plus, aucune trace de ce mémoire n'a été trouvé dans les Archives Nationales par des historiens ayant fait des recherches systématiques dès le début du XXeme siécle[5]. On ne peut toutefois pas exclure que le mémoire ait été perdu du fait de la mauvaise conservation des Archives[10].

Plus étonnant, Pierre Michel Moisson-Desroches lui-même n'y fait jamais référence dans l'abondante correspondance qu'il a tout au long de sa vie avec divers correspondants (correspondance conservée aux Archives)[11].

Enfin les circonstances historiques de l'année 1814, pendant laquelle Napoléon était soit sur le front de l'Est soit prisonnier à l'Ile d'Elbe, rendent peu crédible l'existence d'un tel mémoire ou a minima la lecture de celui-ci par Napoléon.

Le mémoire été remis en avant en 2014 par Gérard Vachez. Néanmoins dans son ouvrage Gérard Vachez reconnait que l'hypothèse qu'il défend - celle de l'existence du mémoire - relève de "intime conviction"[12].

Écrits

Brevet d'invention

  • , enregistrement d'un brevet de 10 ans, déposé par Pierre Michel Moisson-Desroches-Latil, pour le « perfectionnement du traitement direct des minerais de fer par le procédé catalan »[13]

Informations complémentaires

En Fer de France, association interprofessionnelle de la filière ferroviaire française, baptise du nom de Moisson-Desroches son nouveau cycle de perfectionnement des jeunes dirigeants[14]. Elle entend ainsi rendre hommage au talent de visionnaire de Pierre Michel Moisson-Desroches, qui aurait - si l'existence du mémoire est avérée - eu "avant tous les autres l'intuition de la rupture stratégique que représentait le chemin de fer". Ce choix de naming a également fortement contribué à la notoriété de Pierre Michel Moissons-Desroches auprès des professionnels du secteur ferroviaire.

Notes et références

  1. Joséphine Latil est la fille de François Latil (1765-1848), militaire. Le mariage eut lieu à Saint-Etienne le 21 janvier 1823, avec comme témoin Louis-Antoine Beaunier et François-Michel de Rozière. Sur l'histoire de la famille Latil (branche de Sisteron), voir Histoire et généalogie des Latil.
  2. Site annales, Pierre Michel Moisson-Desroches (1785-1865), lire (consulté le 05/01/2009).
  3. Le dossier individuel de Moisson-Desroches, ingénieur des mines, est conservé aux Archives nationales sous la cote F/14/027342 (voir Ministère des travaux publics, dossiers individuels des ingénieurs des mines (XVIIIe-XXes), inventaire-index par Martine ILLAIRE, conservateur en chef, Paris, Archives nationales, 2006, page 25.
  4. P.-Ch. Laurent de Villedeuil, Bibliographie des chemins de fer (1771-1846), Paris, 1906, page 264, 1re colonne in fine.
  5. Louis-Joseph Gras, Histoire des premiers chemins de fer français : Saint-Étienne à Andrézieux - Saint-Étienne à Lyon - Andrézieux à Roanne, Théolier, 1924, page 3 et suiv.. Gras, malgré ses recherches, n'a retrouvé le mémoire de Moisson-Desroches dans aucun service d'archive au ministère des Travaux publics, aux Archives nationale ou à la Bibliothèque nationale
  6. Site Forez, de la Loire à Pont de l'Ane : brève histoire de la 1re ligne de chemin de fer, lire (consulté le 05/12/2010).
  7. Gérard Vachez, Pierre-Michel Moisson-Desroches - Le précurseur du chemin de fer français, Saint-Étienne, éditions Amis du Rail du Forez (ARF), 2014, p. 54-60. Journée spéciale de l'ARF (septembre 2014), Sur les traces de la 1re ligne d'Europe Continentale avec l’inauguration de la rénovation de la tombe de Moisson-Desroches
  8. Cf. "Le mystère du mémoire de Moisson-Desroches", Historail n°76, janvier 2026.Voir également la Page discussion, rubrique "QQ précisions", du présent article Wikipedia)
  9. Ce mémoire est cité pour la première fois dans le « Dictionnaire universel des contemporains, contenant toutes les personnes notables de la France et des pays étrangers... (Quatrième édition entièrement refondue et considérablement augmentée) », par G. Vapereau, Paris, 1870, page 1286.
  10. Sur l’histoire des archives du ministère des Travaux publics, leur condition de conservation, de tri, de destruction et leur transfert périodique aux Archives nationales, voir Ét. GUILLEMOT, « État sommaire des versements faits aux Archives nationales par les ministères… », série F14. Travaux publics », Paris, Archives nationales, 1962.
  11. Cf. "Le mystère du mémoire de Moisson-Desroches", Historail n°76, janvier 2025.
  12. p16 Gérard Vachez, Pierre-Michel Moisson-Desroches : le précurseur du chemin de fer français, Saint-Étienne, Éditions ARF, , 80 p. (ISBN 978-2-9515606-8-0).
  13. France, Bulletin des lois de la République française, numéros 1-36, imprimerie nationale, 1831, p. 259-260 lire.
  14. Communiqué d'actualité sur le site de Fer de France

Voir aussi

Bibliographie

  • Gérard Vachez, Pierre-Michel Moisson-Desroches : le précurseur du chemin de fer français, Saint-Étienne, Éditions ARF, , 80 p. (ISBN 978-2-9515606-8-0)

Articles connexes

Liens externes

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