Pierre Morel (résistant)

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(à 97 ans) 15e arrondissement de Paris |
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Pierre Morel, né le à Saint-Aubin-du-Cormier (Ille-et-Vilaine) et mort à 97 ans le à Paris (quinzième arrondissement), est un agent de renseignement et résistant français.
Il s'engage dans la résistance au début de la Seconde Guerre mondiale, travaille en 1943 pour le SOE, dans le réseau Oscar-Parson de François Vallée.
Après la guerre, il sera chirurgien-dentiste de profession. En , il est élu président du Comité d'action de la Résistance.
Identités
Son activité dans les réseaux de résistance et de renseignement l'amène à endosser plusieurs identités.
Membre du réseau Parson, il adopte le pseudonyme de « Pierre Morvan », que lui a donné le commissaire de police Louradour. Il emprunte le nom de « Marot » en Espagne, transformé en « Harot » à cause d'une erreur de transcription. Lors de son entraînement au SOE, il se fait appeler « Pierre Mathieu », matricule 40.064.
Famille
Son père, Louis Morel, soldat de 3e classe, a été déporté. Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume et reçoit la médaille de la Résistance française ainsi que la Croix de guerre.
Sa mère, Alice Céline (née Dufeu), est chargée de mission 3e classe ; elle est citée à l'ordre de la division. Aveugle, elle est accueillie à l'Institut National des Invalides, où elle mourra.
Claude, son frère, est chargé de mission 3e classe. Déporté, il est fait officier de la Légion d'honneur, obtient la médaille de la Résistance française et Croix de guerre.
Pierre Morel se marie, en 1947, avec Simone Chevrel. Ils ont trois fils : Patrick, Didier et Bruno.
Résistance
1939
Jusqu'au début de la guerre, Pierre Morel fait ses études au lycée de Rennes. En 1939, son père est nommé chef d’atelier des réparations de l’armée de l’air à Clermont-Ferrand. La famille déménage, Pierre entre au lycée Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand.
1941
En 1941, il a ses premiers contacts avec la résistance à Clermont-Ferrand : il est recruté par un camarade de lycée, Marc Tertière. Marc Tertière, Pierre Morel, Jean-Michel Flandin, professeur de lettres, et Saintenac, professeur de philosophie, entreprennent des actions de résistance ; elles consistent à peindre des « V » et des croix de Lorraine sur des murs, publier et diffuser des tracts dans les boîtes aux lettres.
En novembre, repéré par les services de renseignements du Régime de Vichy, Pierre Morel retourne au lycée de Rennes. Il entre en contact avec un autre groupe de résistants, formé par des camarades. Il est recruté par Bernard Dubois, un camarade de lycée, et intègre le groupe résistant dirigé par Robert Tiercery, surnommé « Fred ». Leur mission principale consiste à collecter des renseignements militaires pour les transmettre ensuite à Paul Moysan, à Brest. Ils forment les nouvelles cellules résistantes et recherchent des terrains de parachutage. Ce groupe est lié à Madame Prod'homme, dite « Herminie », à Rennes, qui les aide financièrement. Pierre Morel prend contact avec Joël Le Tac, chef du réseau Overcloud, et participe activement au réseau.
1942
En février, Joël Le Tac et d'autres membres du réseau sont arrêtés. Le réseau est en grande partie démantelé. En juin, Pierre Morel obtient le bac de philosophie. Il démarre des études de médecine et s'inscrit en PCB[1]. Il abandonne ses études afin d'élaborer une couverture pour ses activités de résistant.
1943
Début 1943, Paul Moysan établit une liaison avec le réseau de renseignements Marathon-Chinchilla d'Yves Mindren.
En mai, Pierre Morel s'installe à Hédé.
En juin, Yves Mindren est arrêté. François Vallée « Oscar » arrive, envoyé par le SOE pour former le réseau action Parson en Bretagne. Le groupe entre en contact avec François Vallée par l’intermédiaire de Léopold Lauraine et de René Ballard. Pierre Morel prend la tête du groupe Tiercery ; les missions du groupe sont le renseignement, l'organisation de groupes paramilitaires, et la recherche et préparation de terrains de parachutage en Ille-et-Vilaine.
Le , arrivent deux membres du réseau, parachutés près de Martigné-Ferchaud.
En novembre, après le départ en Angleterre de René Bichelot, la zone d'action de Pierre Morel s'étend au nord de l'Ille-et-Vilaine et à la majorité des Côtes-du-Nord, à l’est de Saint-Brieuc. Pierre Morel s'installe à Saint-Servan et adopte l'identité de « Pierre Morvan ». Il établit son quartier général à Saint-Jouan-des-Guérets. À la fin du mois, son père et son frère sont arrêtés et déportés, ainsi que Madame Prod’homme, Robert Tiercery et de nombreux membres du groupe.
En décembre, le réseau Oscar-Parson Buckmaster est démantelé. François Vallée s'échappe et se rend à Paris. Il donne l'ordre à ses lieutenants de partir pour l'Angleterre. Dans la nuit du 23 au 24, Pierre Morel tente de partir par mer depuis la baie de Fresnaie, à Saint-Cast, mais échoue.
1944
En janvier, une nouvelle tentative est prévue. Le 13, l'organisation est découverte. Pierre Morel évite son arrestation par la Gestapo. François Vallée lui ordonne de gagner Paris, de prendre contact avec le réseau d'évasion « Pernod », et s'échapper par l'Espagne.
Le , avec quatre aviateurs américains, il gagne Lannemezan, échappe à la Gestapo, arrive à Tarbes, puis Bagnères-de-Bigorre.
En mars, il tente de franchir les Pyrénées, sans succès : parti de Tarbes, il passe à Bagnères-de-Bigorre (hôtel des Américains), Sainte-Marie-de-Campan, Caderolles, Camparan[2], La Houle, puis revient sur ses pas en voyant des Allemands venir vers eux depuis la frontière. Pierre Morel, victime de gelures graves au pied, rentre à Tarbes. De retour à Paris, il est envoyé à Lannion pour organiser un réseau d’évasion par mer, entre les ponts de Biht et de Begleber. La Gestapo le repère. Il sauve les convoyeurs et les agents du réseau « Pernod », en particulier, deux sœurs résistantes de Gap, et les ramène à Paris.
En mai, avec trois amis, il organise un nouveau départ : Toulouse, Pamiers, Verniolle (où il prend contact avec un guide espagnol et entreprend la marche à pied), Saint-Paul-de-Jarrat, Mercus, Tarascon-sur-Ariège, Vicdessos, pique d'Endron. Le 23, il passe la frontière d'Andorre à 2879 mètres d'altitude, marchant pieds nus pendant 24 heures. Il descend vers Ordino. Le 25, il passe la frontière espagnole à La Farga. Le groupe est arrêté par les carabinieros. Il reste en liberté surveillée pendant une semaine, à Seo-de-Urgel.
En juin, il est emprisonné successivement à Lérida, Saragosse et Miranda de Ebro.
Le , il est libéré, passe une semaine à Madrid et arrive à Gibraltar le 8. Il part à Londres par avion le 10, et y arrive le 11. Il fait son rapport, commence son entraînement (Ruislip, Ringway), et est transféré au BCRA.
Le , Pierre Morel est muté à la DGER[3].
Au milieu du mois de novembre, il participe à la campagne d’Alsace.
1945
En janvier, il est sur le front de l’Atlantique. Il est démobilisé le .
Après la guerre
Après sa démobilisation, il reprend ses études d'odontologie.
Le , il obtient le diplôme de chirurgien-dentiste à la faculté de médecine de Paris. Il est officier liquidateur du réseau Oscar-PARSON.
En 1987, il prend sa retraite le .
En , il devient président du Comité d'action de la Résistance.
Le 2005, il succède à Jacques Poirier à la présidence de Libre Résistance, association des anciens de la section F du SOE, jusqu'à fin 2009.
Pierre Morel meurt le 2020, à Paris, à l’âge de 97 ans[4].
Distinctions et honneurs
Décorations nationales
Grand officier de la Légion d'honneur (décret du )[5]
Commandeur de la Légion d'honneur (décret du , JO du )
Officier de la Légion d'honneur (décret du , JO du )
Chevalier de la Légion d'honneur (décret du , JO du )
Croix de guerre - avec palme et étoile d'argent (décret du et décret du )
Médaille de la Résistance française (décret du )
Médaille des évadés
Croix du combattant volontaire de la Résistance
Croix du combattant
Croix du combattant volontaire de la guerre de -
Médaille de reconnaissance de la Nation
Décorations étrangères
Annexes
Notes
- ↑ PCB (Physique Chimie Biologie) est le nom de l'année universitaire préparatoire à la première année de médecine.
- ↑ À vérifier.
- ↑ DGER : Direction générale des études et recherches
- ↑ Pascal Simon, « Nécrologie. Décès du résistant bretillien Pierre Morel », sur Ouest-France, (consulté le )
- ↑ « Décret du », sur legifrance.gouv.fr.
Sources et liens externes
- Libre Résistance, bulletin d’information et de liaison, anciens des Réseaux de la Section F du S.O.E. (Special Operations Executive), Amicale BUCK, no 16, 1er trimestre 2006.
- Lt. Col. E.G. Boxshall, Chronology of SOE operations with the resistance in France during world war II, 1960, document dactylographié (exemplaire en provenance de la bibliothèque de Pearl Witherington-Cornioley, consultable à la bibliothèque de Valençay). Voir sheet 32, PARSON CIRCUIT.
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