Pierre Weber

Pierre Weber
Illustration.
Fonctions
Député français

(19 ans, 3 mois et 24 jours)
Élection 30 novembre 1958
Réélection 18 novembre 1962
5 mars 1967
23 juin 1968
11 mars 1973
Circonscription 3e de Meurthe-et-Moselle
Législature Ire, IIe, IIIe, IVe et Ve (Cinquième République)
Groupe politique IPAS (1958-1962)
RI (1962-1978)
Prédécesseur Circonscription créée
Successeur André Rossinot
Maire de Nancy

(8 ans, 3 mois et 30 jours)
Prédécesseur Raymond Pinchard
Successeur André Rosambert
Conseiller général de Meurthe-et-Moselle

(34 ans)
Circonscription Canton de Nancy-Est
Successeur Roland Teyssandier
Biographie
Nom de naissance Pierre Marie Joseph Weber
Date de naissance
Lieu de naissance Lyon 3e (Rhône, France)
Date de décès (à 92 ans)
Lieu de décès Nancy (Meurthe-et-Moselle, France)
Nationalité Française
Profession Docteur en médecine

Pierre Weber, né le dans le 3e arrondissement de Lyon (Rhône)[1] et mort le à Nancy (Meurthe-et-Moselle), est un homme politique français.

Biographie

Etudiant à la faculté de médecine de Nancy, il est docteur en médecine en [2].

Résistant, ancien interné politique[3], membre du Comité départemental de libération[4], il est désigné conseiller municipal de Nancy à la Libération. Lors des premières élections municipales organisées après la guerre, en , il se présente sur une liste de résistants, de gauche pour certains, en tant que membre du mouvement Ceux de la Résistance[5]. Il est élu au même poste et est aussi élu adjoint[6], aux sports.

La même année, en septembre, il est aussi élu conseiller général du canton de Nancy-Est, dès le premier tour[7],[8] ; il est alors le benjamin du conseil général de Meurthe-et-Moselle[9]. Il fait partie du comité exécutif d'une nouvelle formation politique locale, l'Action républicaine lorraine, aux côtés de Pierre André, Raymond Pinchard, et Robert Kalis[10]. Il reçoit la médaille de la résistance en 1946[11].

Lors des élections municipales de 1947, il mène une liste modérée, qui se veut apolitique et comprend d'autres anciens résistants et d'autres conseillers généraux[12],[13]. Réélu conseiller municipal, il est élu premier adjoint du nouveau maire, Jean Lionel-Pèlerin, qui menait une liste gaulliste rivale[14],[15]. Il préside alors le syndicat des médecins de Meurthe-et-Moselle[16].

Il est élu député de Nancy en . Il soutient les gouvernements du général de Gaulle[17]. En 1962, il n'a pas rejoint le « cartel des non » hostile au général de Gaulle et à son projet de réforme constitutionnelle[18], contrairement à d'autres députés sortants de droite. Proche de Valéry Giscard d'Estaing, c'est un allié des gaullistes sans être un inconditionnel[19]. Il appuie ensuite les gouvernements de Georges Pompidou[20] puis de Valéry Giscard d'Estaing[21]. Il est apparenté au groupe des Républicains indépendants à l'Assemblée nationale[22].

Adjoint au maire depuis 1945, il est élu maire de Nancy en 1961, en remplacement de Raymond Pinchard, décédé. La fin de son mandat est marquée par une crise politique, en 1969-1970. Un projet gouvernemental désignant Metz comme chef-lieu de la région Lorraine entraîne la division du conseil municipal[23] - la plupart de ses anciens colistiers désapprouvent et désavouent l'attitude du docteur Weber (il a notamment annoncé qu'il démissionnait en mais n'en a rien fait) -, la démission de conseillers municipaux, des candidatures rivales à l'occasion d'une élection partielle (28 membres de la liste « Nancy-capitale », conduite par le sénateur Marcel Martin, conseiller municipal démissionnaire, hostile au maire, sont élus en ), l'impossibilité pour Pierre Weber de diriger la municipalité, du fait du blocage de ses opposants, la dissolution du conseil municipal, sur décision du Conseil des ministres (décret du ), le retrait du docteur Weber en et la victoire de ses opposants lors d'une autre élection municipale en 1970[24],[25].

Il préside encore le syndicat des médecins de Meurthe-et-Moselle dans les années 1960[26].

Il parvient à conserver son siège de député en 1973[25]. Mais il est battu en 1978, dès le premier tour, par André Rossinot, également médecin, conseiller municipal depuis 1969 et candidat en 1973[27], qui se déclare aussi partisan de Valéry Giscard d'Estaing.

La dernière phase de son engagement politique est marquée par son appui apporté au Front national de Jean-Marie Le Pen[28].

Notes et références

  1. État civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970
  2. « La vie universitaire », L'Est républicain, 16 juin 1936
  3. L'Est républicain, 7 octobre 1947
  4. « Comité départemental de Libération», L'Est républicain, 12 octobre 1945
  5. L'Est républicain, 26 avril 1945, Ibid., 11 mai 1945
  6. L'Est républicain, 19 mai 1945
  7. L'Est républicain, 25 septembre 1945, p. 2
  8. Rapports et délibérations du Conseil général du département de la Meurthe et Moselle, 1945
  9. L'Est républicain, 30 octobre 1945
  10. L'Est républicain, 27 novembre 1945
  11. Journal officiel, 11 juillet 1946 : Décret du 14 juin 1946.
  12. L'Est républicain, 7 octobre 1947 (Parmi lesquels l'abbé Mansuy, Alain de Lambilly, Robert Kalis et Raymond Pinchard).
  13. Paris-presse, L’Intransigeant, 15 octobre 1947
  14. L'Est républicain, 27 octobre 1947
  15. François Audigier et Frédéric Schwindt (dir.), Gaullisme et gaullistes: dans la France de l'Est sous la IVe République, Presses universitaires de Rennes, 2009
  16. L'Est républicain, 17 février 1947, L'Est républicain, 9 février 1948
  17. Profession de foi de P. Weber, 1967
  18. Profession de foi de P. Weber, 1962
  19. François Roth, Encyclopédie de la Lorraine. Epoque contemporaine, vol. 2. Le vingtième siècle 1914-1994, Presses universitaires de Nancy, 1994, p. 225
  20. Profession de foi de P. Weber, 1973
  21. Profession de foi de P. Weber, 1978
  22. Assemblée nationale - Mandats à l'Assemblée nationale
  23. « Lors des élections de mars 1965, la liste d'Union et d'action municipale réunissait les trois députés, MM. Weber, Roger Souchal et William Jacson, et aussi MM. Martin, Deiber et Bertin. Elle avait, dès le premier tour de scrutin, enlevé les 37 sièges à pourvoir, ayant obtenu 29 S23 voix contre 14 990 à la liste d'Union démocratique (douze P.C., huit P.S.U., onze S.F.I.O., six rad.) (...) » : "Une longue crise", Le Monde, 10 février 1970.
  24. "Nancy-capitale (M. Marcel Martin) l'emporte malgré le désistement des représentants de la majorité pour une liste apolitique", Le Monde, 17 février 1970 (la Liste d'union pour le développement de Nancy, menée par Roger Souchal et le docteur William Jacson (U.D.R.), soutenue par le docteur Weber, est arrivée en deuxième position au premier tour).
  25. « Savez-vous pourquoi le conseil municipal de Nancy a été dissous en 1969 ? », L'Est républicain, 19 octobre 2021
  26. "Une assemblée extraordinaire des médecins de Meurthe-et-Moselle se réunira samedi", Le Monde, 19 décembre 1964
  27. Profession de foi de Pierre Weber au premier tour, et professions de foi de ses adversaires
  28. L'Est républicain, 17 août 2004 (nécrologie) : « C'est pourquoi, au printemps de cette année, Pierre Weber avait déconcerté, voire choqué, nombre d'observateurs de la vie politique locale en acceptant de figurer sur la liste des candidats du Front National aux élections régionales 2004 en Meurthe et Moselle ».

Voir aussi

Articles connexes

Lien externe


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