Pierre d'Almeïda Portugal
| Pierre d'Almeïda Portugal | ||
Pierre d'Almeïda Portugal et sa famille par Domenico Pellegrini | ||
| Naissance | Lisbonne |
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| Décès | (à 59 ans) Koenigsberg |
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| Allégeance | ||
| Grade | général de division | |
| Années de service | 1777 – 1813 | |
| Conflits | Guerres napoléoniennes | |
| Distinctions | Officier de la Légion d'honneur | |
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Pierre d'Almeïda Portugal, - Pedro José de Almeïda Portugal - né le à Lisbonne et mort le à Koenigsberg, est un noble portugais, marquis d'Alorna et comte d'Assumar et un général portugais du Premier Empire.
Biographie
Origines et enfance
Pierre naît le à Lisbonne, capitale du Royaume de Portugal, dans la freguesia de Sainte Catherine. Il était le seul enfant mâle de Jean de Almeida Portugal, 2e Marquis d'Alorna, et de son épouse Léonor de Lorena et Távora.
Alors que Pierre est âgé de quatre ans, en , un attentat est organisé à l'encontre du roi Joseph Ier. Le marquis de Pombal, premier ministre du royaume, se saisit personnellement de l'affaire et suspecte, puis fait arrêter, sans preuves la famille d'Almeida Portugal, ouvertement opposée à Pombal et soutien des jésuites, alors persécutés au Portugal. Tous les membres de la famille, femmes et enfants compris, sont condamnés à être exécutés, leurs biens saisis, leurs demeures rasées, le sol salé, leurs titres déchus et leurs armes effacées[1].
Le jeune Pierre est alors condamnée à mort. Seule l'intervention de la reine Marie-Anne-Victoire d'Espagne et de la princesse héritière Maria Francesca permet de réduire le nombre de condamnés à mort et donc d'épargner femmes et enfants
Les parents de sa mère : François de Assis de Távora et Léonor de Távora, ainsi que ses frères, Louis Bernard et Joseph Marie, furent exécutés publiquement, le , l'épisode est resté dans l'histoire sous le nom de procès des Távoras[2]. Son père fût enfermé au Fort de Junqueira près de Lisbonne et sa mère et ses deux soeurs furent envoyés au couvent de Chelas. Pierre était alors âgé de cinq ans et son éducation fût confiée aux domestiques de la famille.
Pierre comte d'Assumar
En 1777, le roi Joseph Ier décède et Marie Ire accède au trône portugais. La reine du Portugal pris comme première décision le renvoi de Pombal et la libération des prisonniers d'État. Lorsque Pierre retrouva sa famille, il était âgé de 23 ans. Le nom de la famille fut réhabilité, leurs armoiries leur furent rendus et leurs biens restitués.
Étant fils héritier du marquis d'Alorna, Pierre reçut, comme le veut la tradition familiale, le titre de comte d'Assumar.
Il se marie le à Lisbonne avec Henriqueta Julia Gabriela da Cunha (1787-1829), fille ainée du comte de São Vicente.
Le naît son premier fils : Jean d'Almeïda Portugal - João de Almeida Portugal. L'année suivante, en 1797, naît son second fils : Michel d'Almeïda Portugal - Miguel de Almeida Portugal
Guerre du Rousillon et travail d'organisation des armées royales portugaises
En novembre 1793, il était adjudant général du corps portugais servant dans l'armée espagnole contre la France, puis, en 1798, il devint le chef de la légion des troupes légères également connue sous le nom de Légion Alorna.
En 1797, Pierre, déjà maréchal de camp (équivalent au grade de général de brigade), fût nommé commandant de la Légion des troupes légères.
En 1799, avec les proportions que prenait la révolution française, les autorités portugaises craignaient une éventuelle invasion du pays par les troupes françaises, notamment après la lourde défaite subit par les 5 400 soldats des troupes portugaises lors de la Guerre du Rousillon et après la rupture de l'alliance tacite avec l'Espagne en 1795. Conscient que ses effectifs n'étaient pas en capacité d'entrer au combat si une invasion française s'organisait, le prince régent, Jean de Bragance, fils aîné de la reine, chargea le comte d'Assumar de lui présenter ses idées sur la manière de les organiser et de les discipliner de manière appropriée. Le général formula son plan dans des mémoires intitulés Réflexions sur le système économique de l'armée. Il s'efforça de fonder la constitution de l'armée sur des règles fixes et bien définies, facilitant la transition de la paix à la guerre et la rendant possible par un simple ordre du pouvoir suprême. Il organisa enfin le tout de telle sorte qu'en allouant la somme annuelle de six millions et demi de réal à la défense du pays, avec les économies réalisées pendant la paix, il y ait toujours un trésor de guerre réservé pour couvrir les dépenses extraordinaires d'une année de préparation et des deux premières années de campagne. Ce travail donna un résultat tout à fait positif, et nombre des méthodes couramment adoptées dans l'armée allemande étaient déjà proposées dans les mémoires que Pierre d'Almeïda écrivit à la fin du XVIIIe siècle[3].
Guerre des Oranges et réorganisation de la province de Beira
Peu de temps après que ce mémoire fut connu, les relations diplomatiques avec l'Espagne furent perturbées, et comme le gouvernement se préparait à la guerre, Pierre prit le commandement des troupes qui se rassemblèrent dans la province de Beira, à l'est du Portugal, face à la frontière espagnole. Mais ce fut en vain qu'il demanda plus de forces, d'argent et de ressources indispensables à une bonne défense ; ses demandes ne reçurent que des promesses en réponse. Il usa alors de son propre crédit pour ravitailler Almeida et, grâce à son énergie et à son sens de la logistique et de l'organisation, réussit à transformer les rochers de Monsanto en zone propice à la guerilla et à construire un fort avec des casemates à l'épreuve des bombes à Guarda. Il fortifia la position de Talhadas avec trois redoutes et autres retranchements. Il mit en état de défense le château de Vila Velha de Ródão, qui n'était qu'un amas de pierres, en y levant des structures de bois et en y creusant des tranchées. Il réalisa des travaux dans les environs de Sortelha et de Celorico da Beira. Il créa un hôpital militaire à Fundão, établit dans cette ville mais aussi à Cardigos et à Celorico da Beira, des entrepôts pour ravitailler ses positions, et, afin de faciliter les communications avec Abrantes, une route, depuis baptisée route du marquis d'Alorma. En récompense de tant de services fructueux, le gouverneur lui ordonna de servir comme commandant en second du général Jean Dordaz de Queiros, à qui il confia le commandement supérieur de la province de Beira.
La Guerre des Oranges, déclenchée le , aboutie finalement à la perte d'Arronches et de Flor da Rosa sur la province de Pierre, puis, en 1801, au Traité de Badajoz qui scella la défaite portugaise face aux troupes franco-espagnoles.
Le , le gouvernement portugais nomma une importante commission composée de plusieurs généraux, présidée par le ministre de la Guerre, D. João de Almeida Melo e Castro, chargée d'étudier les institutions militaires et les réformes qu'elles nécessitaient. Le comte d'Assumar ne faisait pas partie de cette commission, mais il était impossible d'ignorer son avis sur un sujet où il était si compétent. Une notification lui fut adressée le , lui ordonnant de voter pleinement sur le projet déjà élaboré. Il le fit par écrit, déclarant le plan proposé "incomplet" et "censurant quiconque tenterait de modifier ce que l'expérience avait démontré comme valable simplement par souci d'innovation." Il semble que le comte d'Assumar ait également écrit à cette époque la lettre suivante : « Observations sur les Mémoires du général Dumouriez concernant la défense du Portugal, avec le plan de réorganisation de l'armée dans le plan de défense du pays », l'ouvrage est aujourd'hui considéré comme perdu, aucun exemplaire n'ayant été retrouvé.
Avec la mort de son père, le , Pierre devient le sixième marquis d'Alorna et son fils aîné, Jean d'Almeïda Portugal, devînt comte d'Assumar.
Le marquis d'Alorna fut impliqué dans la conspiration ourdie en 1805 pour s'emparer de la régence du prince Jean, accusé de se laisser dominer par les factions françaises présentes à la cour. De ce fait, il ne se rendit pas à Rio de Janeiro pour exercer le poste de gouverneur auquel il avait été nommé et fût chassé de la cour en 1806.
Première et deuxième invasion française du Portugal
Il fut ensuite promu lieutenant général, responsable de l'administration militaire de l'Alentejo, où il servit en 1807. De son quartier général de Vila Viçosa, il se rendit à Elvas à l'approche de la guerre. Il renforça la garnison et la ravitailla. Il ordonna au lieutenant-colonel Lecor, son aide de camp, de recueillir des nouvelles des Français. Si ceux-ci avaient envahi la province, il devait se rendre à Lisbonne pour avertir le prince, recommandant aux magistrats de couper les ponts et de tout mettre en œuvre pour empêcher l'entrée des étrangers. Le lieutenant-colonel Lecor, après avoir accompli sa mission, retourna à Elvas, avec l'ordre de ne pas gêner la marche des troupes du général Solano, et le marquis d'Alorna dut se résigner à se conformer aux ordres du régent, qui abandonna le Portugal et parti pour le Brésil, il déposa aux troupes espagnols la reddition de la ville d'Elvas le sur ordre du prince régent.
Le , le Général Junot reçoit directement de l'Empereur Napoléon Ier l'ordre de créer plusieurs régiments composés des effectifs de l'armée portugaise et regroupé sous le nom de Légion Portugaise, pour être intégrés à la Grande Armée. L'armée royale portugaise est dissoute par l'Empereur le , le même jour Junot le charge des fonctions de commandant des troupes portugaises stationnées dans les provinces de Beira, Trás-os-Montes et Estrémadure et d'inspecteur général des troupes portugaises. Le paraît le décret de formation de la Légion Portugaise dont il est nommé commandant. Le , il fut nommé inspecteur général des troupes portugaises pour tout le Portugal[4].
Le marquis d'Alorna quitta le Portugal avec les forces sous son commandement au début du mois d', les troupes ayant reçut comme ordre de Junot de marcher sur Salamanque puis sur Valladolid. Il nomme le général Pamplona chef d'état major de la Légion Portugaise, ce sont sous ses ordres que les troupes marcheront jusqu'à Ciudad Rodrigo. Le marquis d'Alorna rejoignit les troupes à Ciudad Rodrigo. La Légion marcha sur Salamanque le , puis sur Valladolid. La légion marcha ensuite sur Burgos, qu'elle atteignit le avant de se diriger vers Briviesca, ou elle est restée en cantonnement huit jours et fût passée en revue par le Maréchal Bessières. Le duc d'Istrie fît l'éloge des troupes, il reçut le général et son état-major avec beaucoup d'attention et les invita à dîner. Le marquis d'Alorna, gravement malade, retourna à Burgos, et le général Pamplona reprit le commandement des troupes, qui reçurent l'ordre de se rendre à Bayonne, où se trouvait alors Napoléon, et où elles pourraient mieux se munir d'armes et d'uniformes. La Légion arriva à Bayonne le 29, le marquis d'Alorna le rejoignit alors et le , Napoléon Ier procéda à la première revue des régiments portugais. Il constate des défauts dans l'organisation, l'uniforme et l'équipement des soldats portugais, qui avaient quittés le Portugal sans recevoir les uniformes ni les pièces d'équipements nécessaires, mais il était satisfait de leur air pimpant. Il ordonna de leur donner un repas en commun avec la garde impériale. Il traita les officiers, dont le marquis d'Alorna avec respect et gentillesse et les convia à dîner[5].
Il est fait officier de la Légion d'honneur le [6].
Le , il fut nommé général de division au service de l'Espagne bonapartiste et, le , il fut désigné pour servir sous Masséna dans son état-major, et prit une part importante à la capitulation d'Almeida les 27 et .
Il rentra en France en juillet 1811 et fut désigné pour le corps d'observation des côtes de l'Océan le .
Nommé général de division au service de la France le , il fut chargé du commandement du 2e escadron de chasseurs portugais, puis du régiment de chasseurs à cheval portugais.
Nommé commandant à Mohilew le , il suivit la retraite de Russie et mourut à Koenigsberg au cours de celle-ci.
Mariage et descendance
Il se marie le à Lisbonne avec Henriqueta Julia Gabriela da Cunha (1787-1829), fille ainée du comte de São Vicente. Deux enfants sont issus de ce mariage :
- Jean d'Almeïda Portugal - João de Almeida Portugal ( - )
- Michel d'Almeïda Portugal - Miguel de Almeida Portugal (1797-1806)
Références
- ↑ « Une barbarie portugaise… » [archive du ], sur dubleudansmesnuages.com (consulté le )
- ↑ « D. Pedro de Almeida Portugal, 3.º marquês de Alorna - Portugal, Dicionário Histórico », sur www.arqnet.pt (consulté le )
- ↑ « Marquês de Alorna, general português », sur www.arqnet.pt (consulté le )
- ↑ Paul Boppe, La Légion Portugaise (1807-1813), Paris, Berger-Levrault et Compagnie, éditeurs, (lire en ligne)
- ↑ (pt) Artur Ribeiro, La Légion Portugaise au service de Napoléon (1808-1813), Lisbonne, Librairie Ferin, (lire en ligne)
- ↑ « Cote LH//25/18 », base Léonore, ministère français de la Culture.
Voir aussi
Bibliographie
Liens externes
- Ressource relative à la vie publique :
- Resposta que deu o Marquez de Alorna sobre o novo Plano Militar em 1804, dans la Bibliothèque Nationale du Portugal
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