Pieu Punji
Le bâton punji ou pieu punji est un type de pieu piégé, généralement déployé en nombre substantiel[1], et destiné à ralentir la progression de l'ennemi.

Origine étymologique
Le terme punji fut cité par les soldats indiens au 19e siècle en référence aux pièges déployés par les autochtones Punjabi pour capturer les animaux[2].
Dispositif
Il s'agit d'une simple pointe, en bois ou en bambou, qui est aiguisée, chauffée et généralement insérée dans le sol, le tout camouflé par des sous-bois naturels, des cultures, de l'herbe, des broussailles ou des matériaux similaires. Dans un contexte de guérilla, d'autres types de pièges peuvent y être incorporés, par exemple une fosse camouflée dans laquelle un soldat pourrait tomber (c'est alors un trou de loup). Certaines pointes peuvent recevoir un revêtement de poison provenant de plantes, de venin d'animaux ou même d'excréments humains[3], provoquant une infection ou un empoisonnement chez la victime même si la blessure elle-même ne mettait pas sa vie en danger. Des piques punji peuvent également être déployées dans la préparation d'une embuscade : les soldats attendant le passage de l'ennemi déployaient des pièges punji dans les zones où l'ennemi surpris pourrait être censé se mettre à couvert, ce qui obligeait les soldats à plonger pour se mettre à l'abri et à s'empaler[1],[4].
La simplicité de conception et d'installation permet un grand nombre de variante. Par exemple une fosse peut être creusée avec des pièges de punji placés sur les côtés et pointant vers le bas, rendant l’extraction de la personne très complexe sans causer de graves blessures, ou dotée d'un système de planches pivotantes qui se referment sur la jambe durant la chute[5].
Le but de ces dispositif est moins de blesser, parfois gravement, que de ralentir la progression des unités ennemies. Leur facilité de conception permet d'en fabriquer un grand nombre à moindre coût et force l'adversaire à progresser prudemment, et contrairement à un soldat mort, un blessé nécessite que plusieurs soldats décrochent du front pour l'évacuer et élimine donc plusieurs soldats du combat[1],[6],[7].
Guerre du Vietnam
Pendant la guerre du Vietnam, les Viet Cong ont délaissé l'affrontement direct pour des tactiques de guérilla et ont utilisé l'environnement à leur avantage. Ils ont installé nombre de ces pièges pour compléter diverses défenses, telles que le fil de fer barbelé[8], et guider et ralentir la progression de leur adversaires. Ces pièges ont été diversifiés et améliorés avec des moyens locaux ou récupéré lors de précédents conflits[4] (piégeage de portes, grenade cachée, bambou hérissé de pointes mis sous tension et libéré lors de la rupture du filin qui le retient, déclenchement de mine à distance, ...). Durant l'année 1965, 70% des pertes des US Marine Corps ont été induites par les pièges et les mines, et 1965 à la mi-1970, 11% des décès et 17% des blessés des troupes US leur sont imputés. Ces moyens légers ont mis à rude épreuve le moral des Américains, les obligeant à progresser avec une extrême précaution sur un terrain hostile, érodant leur moral et leur vigilance, tout en réduisant l'écart technologique entre les deux belligérants. Le problème fut suffisamment important pour qu'en 1967, tout nouvel arrivant au Vietnam soit briefé sur les dangers latents de ces pièges[4] et les méthodes de détection incertaine au prix d'une progression lente[9].
Références
- Michael Lanning et Dan Cragg, Inside the VC and the NVA: The Real Story of North Vietnam's Armed Forces, Ivy Books, , 120–168 p.
- ↑ (en) National Army Museum of New Zealand, « Punji Spikes » (consulté le )
- ↑ Virgil Erwin, "Cat Lo: A Memoir of Invincible Youth"
- (en) Tom Laemlein, « Dangerous steps: Vient Cong booby traps », sur The armory life, (consulté le )
- ↑ Maquetland, « Vietnam Piège Punji Trap Aubagne Musée Légion » (consulté le )
- ↑ (en) Jon Guttman, « Pointed End to a Foot Patrol », historynet (consulté le )
- ↑ (en) Jon Guttman, « Punji stakes : pointed end to a foot patrol », (consulté le )
- ↑ Lieutenant General John H. Hay, Jr., Tactical and materiel innovations, WASHINGTON, D. C., United States Army Center of Military, coll. « US Army, Vietnam Studies », (1re éd. 1974) (lire en ligne)
- ↑ (en) « Vietnam punji sticks », sur Legends live on, (consulté le )
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