Pilar Calveiro

Pilar Calveiro
Biographie
Naissance
Disparition
Nationalité
Domicile
Formation
Activité
Autres informations
Lieu de détention
Escuela de Mecánica de la Armada (centro clandestino de detención) (d) (-)

Pilar Calveiro, née à Buenos Aires le , est une politologue et chercheuse argentine résidant au Mexique depuis 1978. Elle s'est exilée dans ce pays après avoir été séquestrée en 1977, en tant que membre Montoneros, et incarcérée dans différents centres de détention clandestin dont l'Escuela de Mecánica de la Armada (ESMA). Son compagnon Horacio Campiglia (es) disparaît aussi en 1980. Au Mexique, elle mène un travail de recherche universitaire sur les liens entre politique et violence. Elle écrit deux livres sur l'engagement politique durant les années 1970 et le pouvoir concentrationnaire pendant la dictature militaire en Argentine (1976-1983). Elle témoigne à plusieurs reprises dans des procès pour crime contre l'humanité.

Biographie

Pilar Calveiro, naît le à Buenos Aires. Militante de l’organisation Montoneros pendant les années 1970, elle est arrêtée par la dictature militaire argentine le , illégalement détenue (officiellement « disparue ») pendant un an et demi dans plusieurs centres clandestins de détention comme Mansión Seré et Escuela de Mecánica de la Armada[1]. Lors de son arrivée à l'ESMA on lui attribue le numéro 362[2].

Elle vit depuis 1978 au Mexique où elle s’est installée après un bref exil en Espagne[1].

Docteure en sciences politiques diplômée de l’université nationale autonome du Mexique[3], elle occupe un poste de professeure et chercheuse à la Benemérita Universidad Autónoma de Puebla. Son travail de recherche porte sur l’analyse politique de l’expérience argentine et les liens entre politique et violence[4].

Travaux publiés sur la dictature et les camps de détention clandestins

Photographie couleurs d'une femme aux cheveux roux mi-longs, tenant un micro, devant un panneau signalétique universitaire
Lila Pastoriza (es).

Pilar Calveiro a écrit deux livres sur l'engagement politique durant les années 1970 et le pouvoir concentrationnaire pendant la dictature en Argentine (1976-1983) : Poder y Desaparición (Pouvoir et disparition) et Violencia y/o política (Violence et/ou politique)[1]. Dans Poder y Desaparición, livre dédié à son amie Lila Pastoriza (es), elle décrypte le pouvoir concentrationnaire mais aussi les stratégies de résistance qui se mettent en place inévitablement dans un contexte de pouvoir totalitaire[1],[5]. Elle explique également l'arbitraire qui se met en place dans les camps de détention clandestins. les tortionnaires exercent un pouvoir absolu de vie et de mort et rien ne garantit d'échapper aux transferts (euphémisme utilisé par les militaires pour signifier la condamnation aux vols de la mort). Les personnes survivantes qui arrivent à sortir des camps de détention ne savent en général pas pourquoi elles ont pu partir. De plus, le fait d'avoir été détenue et de se retrouver libre entâche les personnes survivantes du soupçon de traitrise[6]:

« Le sujet évadé est moins un héros qu'un suspect. Il a été contaminé au contact de l'Autre et sa survie déroute. Le récit qu'il livre du camp […] a toujours une connotation fantastique, incroyable; on doute de sa sincérité et par conséquent de sa relation avec l'Autre […]. De plus, il s'avère menaçant puisqu'il connait la réalité du camp, mais aussi l'ampleur de la défaire que les cadres dirigeants tentent d'occulter. »

Photographie noir et blanc d'un homme aux cheveux bruns vêtu d'une chemise blanche
Horacio Campiglia (es)

Dans El Petrus y nosotras, écrit avec ses deux filles Maria et Mercedes[7], elle décrit la vie de son compagnon Horacio Campiglia (es)[8], dirigeant Montoneros disparu dans le cadre du plan Condor à Rio de Janeiro en 1980[1].

Publications

  • Poder y desaparición, Colihue, 1998. Traduction française : Pouvoir et disparition, La Fabrique, 2006.
  • Pilar Calveiro, Pouvoir et disparition : Les camps de concentration en Argentine, Paris, La Fabrique éditions, (ISBN 978-2358720946). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (es) Política y/o violencia : una aproximación a la guerrilla de los años 70, Norma, (lire en ligne).

Témoignages

En 2014, Pilar Calveiro témoigne pour la septième fois dans un procès pour crime contre l'humanité. Cette fois-là, elle le fait devant la Cour générale de Biélorussie no 5 de Comodoro Py pour son enlèvement au sein de l'AEMF[9].

Prix et distinctions

  • 2014 : prix Konex pour son travail politique et sociologique[10].
  • 2018 : membre de l'Académie Mexicaine des sciences[11].

Références

  1. (es) Marta Dillon, « Pilar Calveiro: Lo urgente es defender la vida | Entrevista » Accès libre, sur Pagina/12, (consulté le )
  2. Calveiro 2006.
  3. (es) « Pilar Calveiro », sur redfilosofiapolitica.org (consulté le )
  4. Natalia La Valle et Marc Lenormand, « Introduction. Pilar Calveiro : la violence et la mémoire », Tracés. Revue de Sciences humaines, no #14,‎ , p. 11–16 (ISSN 1763-0061, DOI 10.4000/traces.5988, lire en ligne, consulté le )
  5. (es) Juan Gelman, « Pilar Calveiro describe la vida-muerte de los campos de concentración "Una está en otra dimensión" », sur www.pagina12.com.ar, (consulté le )
  6. Leila Guerriero (trad. Maïra Muchnik), L'appel : Histoire d'une femme argentine, Rivages, , 440 p. (ISBN 9782743667924)
  7. (es) Hector Pavon, « Entrevista con Pilar Calveiro. Voces y gritos de aquellos años clandestinos », sur Clarín, (consulté le )
  8. (es-AR) José Pablo Criales, « Recuerdos de un padre montonero: “Desde la mentira no hay manera de atrapar la historia” », sur El País Argentina, (consulté le )
  9. (es) Natalia Biazzini, « Pilar Calveiro: “La ESMA significó una ruptura total en mi vida” », sur Infojus Noticias (consulté le )
  10. (es) Troop Software Factory, « Pilar Calveiro | Fundación Konex », sur www.fundacionkonex.org (consulté le )
  11. (en-US) « Pilar Calveiro Garrido | Comisión Mexicana de Defensa y Promoción de los Derechos Humanos » (consulté le )

Bibliographie

  • (es) « Revue critique », dans Poder y desaparición : los campos de concentración en Argentina (PDF), Comision por la memoria, , 105 p. (lire en ligne).
  • (es) Francisco Gulino, « Calveiro, Pilar (2012), Violencias de Estado. La guerra antiterrorista y la guerra contra el crimen como medios de control global, Buenos Aires, Siglo XXI, 328 p. », Las Torres de Lucca. International Journal of Political Philosophy, vol. 3, no 4,‎ , p. 153–159 (ISSN 2255-3827, lire en ligne, consulté le ).

Liens externes

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