Piment Malagueta

Piment Malagueta
Malagueta pepper
Image illustrative de l’article Piment Malagueta
Un Tangara sayaca se nourrissant de piments malagueta

Espèce Capsicum frutescens
Famille Solanaceae
Partie utilisée fruit
Saveur très fort
Propriétés Scoville = 60,000–100,000
Un Tangara sayaca se nourrissant de piments malagueta.

Malagueta pepper est une variété de piments de l'espèce Capsicum frutescens[1]. C'est une variété largement utilisée dans le monde lusophone (Portugal, Brésil, Mozambique, Angola, Cap-Vert et Sao Tomé-et-Principe) et aux Caraïbes. Il tire son nom du piment melegueta, une épice africaine originaire de Guinée et appartenant à la famille du .gingembre[2].

Le piment malagueta est un petit piment effilé d'environ 5` cm de long. Son piquant se situe entre 60 000 et 100 000 unités sur l'échelle de Scoville.

Nomenclature

On trouve deux calibres sur les marchés, parfois désignés par des noms différents : les plus petits sont appelés « malaguetinha » au Brésil et « piri piri » (un nom swahili) au Mozambique et au Portugal, bien que ce nom soit désormais aussi utilisé pour un cultivar africain plus récent, le piment piri piri. Les plus gros sont appelés « malagueta » au Brésil et au Portugal. Il ne s’agit pas de variétés différentes, mais simplement de piments issus d’un même plant à différents stades de maturité. En Angola, on le connaît également sous les noms de « jindungo », « ndongo », « nedungo » et « pripíri » dans diverses langues locales. Au Cap-Vert, la malagueta est appelée m'lagueta et margueta en créole capverdien. Certains auteurs, tant botaniques que culinaires, continuent de confondre le piment malagueta et le poivre melegueta en raison de la similitude de leurs noms.

Histoire

Les premiers Européens à avoir été en contact avec cette espèce furent les membres d'équipage qui accompagnèrent Christophe Colomb lors de son premier débarquement dans les Caraïbes en 1492. Outre le fait d'être un mets raffiné très apprécié des anciens habitants des Amériques, il était également utilisé comme teinture naturelle et, surtout, comme remède.

La teneur en capsaïcine des piments a certainement éveillé l'intérêt des Portugais, qui cherchaient depuis des décennies des sources plus faciles d'approvisionnement en poivre noir d'Asie (dont le piquant est dû à la pipérine). L'une des principales motivations des voyages de Christophe Colomb était de découvrir une nouvelle route vers l'Asie pour le commerce direct des épices, de la soie et d'autres produits asiatiques. À l'arrivée de Colomb dans le Nouveau Monde, les Portugais faisaient commerce, depuis le golfe de Guinée, d'une épice africaine très populaire comme substitut au poivre noir : l'Aframomum melegueta (aujourd'hui désuète en Occident, mais connue sous le nom de graines de paradis), alors plus connue sous le nom de poivre melegueta. Bien que les esclaves africains appréciaient déjà les graines de paradis, ils étaient fascinés par le piquant du piment Capsicum[2]. Le nom a été appliqué aux piments locaux, sous le nom de malagueta, car le piquant du piment rappelait celui du poivre du « Vieux Monde »[3].

Durant la période d'intenses échanges et voyages entre l'Europe et les Amériques, connue aujourd'hui sous le nom d'échanges colombiens, les navigateurs portugais emportèrent cette nouvelle « malagueta » au Portugal et au Brésil, où elle prit le nom de chili, chile ou pimenta ; en Afrique, où elle devint très populaire sous les noms de jindungo et piri-piri ; et enfin en Asie, où elle devint un ingrédient des currys et autres plats épicés. Grâce à ses qualités, moins d'un siècle après son introduction en Europe, ce piment se répandit dans de nombreuses autres cultures du Vieux Continent et s'intégra aux cuisines locales, notamment en Arabie, en Inde, en Thaïlande, en Chine et dans les régions avoisinantes.

Utilisations

Dans la cuisine de São Tomé-et-Príncipe, la sauce « piri-piri » à base de piments malagueta est couramment disponible comme condiment dans les restaurants de São Tomé-et-Príncipe, ainsi qu'au Portugal[4].

Dans la municipalité de Borba, en Amazonie brésilienne, le piment malagueta est également utilisé pour conjurer le mauvais œil, qui prend racine dans des sentiments d'envie[5].

Références

  1. Dave DeWitt et Paul W. Bosland, The Complete Chile Pepper Book: A Gardener's Guide to Choosing, Growing, Preserving, and Cooking, Timber Press, (ISBN 978-0881929201)
  2. Jean Andrews, The pepper trail : history & recipes from around the world, Denton, Tex., University of North Texas Press, , 50-54, 222-223 (ISBN 9781574410709)
  3. Francesco Guidi Bruscoli, Bartolomeo Marchionni, "Homem de grossa fazenda", Firenze, Leo S. Olschki editore, (1re éd. c. 1450–1530)), 92–93 p. (ISBN 9788822263001)
  4. Kathleen Becker, Sao Tome and Principe, Bradt Travel Guides, , 74–79 p. (ISBN 9781841622163, lire en ligne)
  5. Nicholas C. Kawa, « Magic Plants of Amazonia and Their Contribution to Agrobiodiversity », Human Organization, vol. 71, no 3,‎ , p. 230 (DOI 10.17730/humo.71.3.21252l5484378738, JSTOR 44148655, lire en ligne Accès payant, consulté le )
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