Piotr Ilitch Sorokooumowsky

Piotr Ilitch Sorokooumowsky
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Empire russe

Piotr Ilitch Sorokooumowsky (en russe : Пётр Ильич Сорокоумовский, nom parfois orthographié selon les langues et périodes Sorokoumowsky ou Sorokoumowski) né en à Zaraïsk et mort le à Moscou, est un négociant russe en fourrures, fondateur d’une dynastie marchande prospère à Moscou, surnommée « les rois de la fourrure ».

Biographie

Origine et enfance

Né à Zaraïsk dans la province de Riazan[1],[2],[3], Piotr est le deuxième enfant connu d’Ilia Sorokooumowsky (1740-1801) et d’une mère non identifiée. Il a un frère aîné, Ivan Ilitch (1766-1826).

Installation à Moscou

En 1809, il s’installe à Moscou, dans le quartier Yakimanka, où il ouvre une petite entreprise de commerce de fourrures[1],[4],[5]. En 1809, peu avant la guerre de 1812, il épouse à Moscou Marguerite Simionovna Dériaguine (1790-1841), fille du marchand moscovite Simion Dériaguine. Le couple s’installe à Zamoskvoretchie. Dès 1818, une ruelle proche de Yakimanka est appelée « Sorokoumovskaïa » (aujourd’hui ruelle Zemsky (ru)), en référence à la famille.

Activité marchande et reconnaissance impériale

Issu de la guilde des marchands moscovites, Piotr développe son commerce et fonde une entreprise familiale prospère, à l’origine d’une dynastie marchande florissante à Moscou, surnommée « les rois de la fourrure »[4]. Le , il reçoit le titre héréditaire de citoyen d’honneur[1] héréditaire de l’Empire russe.

Son activité contribue à l’essor de la maison marchande Sorokooumowsky, qui s’impose progressivement comme l’une des principales entreprises de fourrures de l’Empire russe[1].

La maison Sorokooumowsky acquiert une renommée particulière grâce à ses liens avec la Cour impériale. Elle reçoit plusieurs commandes prestigieuses, dont la restauration de la couronne de Monomaque ainsi que la confection de manteaux de couronnement, notamment pour l’empereur Nicolas II[7]. Ces commandes témoignent du rôle de la maison Sorokooumowsky dans la fourniture de fourrures destinées aux insignes et cérémonies du pouvoir impérial. Ces pièces sont aujourd’hui conservées au Palais des Armures du Kremlin.

En 1899, la maison de commerce est honorée du titre de Fournisseur de la Cour de Sa Majesté Impériale, distinction accordée aux entreprises fournissant régulièrement la cour impériale en produits de luxe, ici en particulier en fourrures[6].

Portraits par Tropinine

En 1851, Vassili Tropinine réalise un portrait[8] de Piotr Ilitch Sorokooumowsky, présenté lors d’une exposition. L’artiste, connu pour représenter ses modèles dans leur environnement habituel, notamment des artisans d'art et métiers du luxe, dépeint le citoyen d’honneur héréditaire de Moscou, dans son atelier, tenant des papiers commerciaux, tandis qu’à l’arrière-plan apparaissent des fourrures, rappelant son appartenance à une classe marchande aisée. Sur sa poitrine figure une médaille « Pour la diligence (ru) », à l’effigie du tsar Nicolas Ier, suspendue au ruban Anninsky (rouge bordé d’or), distinction décernée aux marchands pour divers mérites, notamment la charité. Des variantes de ce portrait sont sont conservées dans plusieurs musées, notamment au Musée régional des beaux-arts de Rostov (huile sur toile, 113 × 91 cm, 1851), au Musée d’art de Louhansk, et au Musée d’art de Transcarpatie. L'artiste traduit en pinceau la ressemblance du modèle, et mais aussi les qualités qu'il prête au marchand : précision, retenue, dignité.

Décès

Piotr meurt le à Moscou. Il est inhumé au cimetière Vagankovo (Ваганьковское кладбище).

Famille

De son mariage avec Marguerite Simionovna Dériaguine (1790-1841), naissent douze enfants : Olga (1809), Liouba (1810-1880), Elisabeth (1811-1816), Piotr (1813-1842), Pavel (1815-1874), Vladimir (1821-1860), Nadejda (1822-1885), Maria (1824-1874), Alexeï (1824-?), Vera (1826-1889), Dimitri (1831-1884) et Ivan (1835-?).

Plusieurs d’entre eux s’illustrent dans la vie marchande de Moscou, notamment Piotr, membre de la guilde II de Moscou, et Pavel, entrepreneur et philanthrope, fondateur de la maison de commerce « Pavel Sorokooumowsky et fils »[9],[7]. À partir des années 1830, l’entreprise connaît une forte expansion avec l’entrée des fils de Piotr Ilitch dans l’activité. Elle ouvre plusieurs succursales à Saratov, Kiev (1836) et Kharkiv (1839), et participe aux grandes foires commerciales de Nijni Novgorod et d’Irbit[6].

Au cours du XIXe siècle, la maison développe également des relations commerciales internationales durables, notamment avec des maisons à Leipzig et à Paris, ainsi qu’avec le marché des enchères de Londres[6].

L'entreprise gagne à la fin du XIXe siècle une renommée et clientèle plus largement internationale jusqu'à la révolution de 1917. Piotr Pavlovitch, son petit-fils, est considéré comme le dernier représentant actif de cette dynastie de fourreurs.

Distinctions

Notes et références

  1. (ru) Galina Ulyanova, « Fournisseurs de la Cour impériale », Monde russe,‎ (lire en ligne)
  2. (ru) « Le fournisseur de l’empereur (la vie et l’œuvre du fourreur Piotr Pavlovitch Sorokooumowsky) », PokupkaLux.ru,‎ s.d. (lire en ligne)
  3. (ru) « Le fourreur du souverain », Ogonyok Magazine,‎ (lire en ligne)
  4. (ru) Valery Chumakov, Sorokoumovsky. Rois de la fourrure de Russie, Businesskom CJSC,
  5. (ru) Maria Sorokooumowsky, « Les Sorokooumowsky sont les rois des fourrures de Russie. », Société des Marchands et Industriels,‎ (lire en ligne)
  6. (ru) Album du Centenaire de la Maison Sorokoumowsky, Moscou, 1809-1909
  7. (ru) « Ambassade de Grèce », Salon.ru,‎ (lire en ligne)
  8. https://www.wikiart.org/ru/vasiliy-tropinin/portret-p-i-sorokoumovskogo
  9. (ru) « L’histoire de l’une des familles de marchands et de mécènes des arts les plus célèbres de Russie – les Sorokooumowsky – est associée à Zaraïsk », Ville de Zaraïsk,‎ (lire en ligne)
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