Place des femmes dans la Rumba congolaise

Lucie Eyenga.

Les femmes dans la rumba congolaise ont longtemps été invisibilisées. Des pionnières ont toutefois joué un rôle important avec des figures marquantes comme Lucie Eyenga, Mbilia Bel, Faya Tess, Barbara Kanam et Mariusca Moukengue[1].

Pionnières

Abeti Masikini, 1978.

La rumba congolaise émerge dans les années 1940, et se répand fortement dans les années 1960. Elle est inscrite par l'UNESCO à l'héritage immatériel de l'humanité[2].

La présence des femmes dans ce type de musique est attestée depuis ses débuts, même si elles sont longtemps restées dans l'ombre ou au second plan. Elles participent aux chœurs, aux danses ou inspirent des chansons comme muses. Wendo Kolosoy interprète Marie-Louise et Koffi Olomidé interprète Henriquet pour une lauréate de Miss Congo dans les années 1980[3]. C'est toutefois seulement à partir des années 1970 qu'elles parviennent pleinement à s'imposer dans ce style comme compositrices et interprètes[3].

Selon Monique Mbeka Phoba, cinq femmes sont incontournables dans l'histoire des femmes dans la rumba congolaise : Lucie Eyenga dans les années 1950, Abeti Masikini et M'pongo Love dans les années 1970, et enfin Mbilia Bel et Tshala Mwana, dans les années 1980[4].

Tshala Mwana en 2015.

En 1956, Lucie Eyenga, Congolaise de la République démocratique du Congo (RDC), enregistre une chanson sur la libération du Congo alors sous domination belge[2]. Elle joue un rôle de pionnière pour l'émancipation des femmes à un moment où le simple fait de chanter une chanson pouvait mener à l'emprisonnement[5]. Pour l'historienne Scholastique Dianzinga, « La rumba congolaise va bouleverser beaucoup de choses dans la place de la femme sur le plan culturel mais pas seulement. L’amour passion, cela ne se chantait pas jusque-là. On ne disait pas je t’aime à la folie, on le vivait secrètement ».

Postérité

Yamina Benguigui, réalisatrice du documentaire La Rumba congolaise, les héroïnes, en 2009.

Yamina Benguigui réalise un documentaire, La Rumba congolaise, les héroïnes[6], sur l'histoire des femmes qui se sont battues pour transmettre leur passion de cette musique et exister[7]. Le documentaire est projeté au Canal Olympia de Brazzaville[8] pendant la 12e édition du Festival panafricain de musique (Fespam) en [2].

Références

  1. « Les femmes de la rumba congolaise sortent de l’ombre - FESPAM », (consulté le )
  2. « Congo-Brazzaville: «La rumba congolaise, les héroïnes», au Festival panafricain de musique », sur RFI, (consulté le )
  3. Kevin Sonsa-Kini, « L'évolution de la rumba congolaise partie 6 : Les femmes, entre muse et modernité », sur Culture & Passions, (consulté le )
  4. La Pointe, « La Rumba au féminin », sur La Pointe (consulté le )
  5. « «Rumba congolaise, les héroïnes» : quand les femmes s'émancipent grâce à la danse », sur lejdd.fr, (consulté le )
  6. Ludovic Perrin, « «Rumba congolaise, les héroïnes» : quand les femmes s'émancipent grâce à la danse » Accès libre, sur lejdd.fr, (consulté le )
  7. « RD Congo : la rumba congolaise au féminin, entre héritage et résistance », TV5MONDE Afrique,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  8. « Rumba congolaise, les héroïnes sortent de l’ombre | Les Inrocks », sur https://www.lesinrocks.com/ (consulté le )

Liens externes

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