Plaine de la Lys
| Plaine de la Lys | |
| Région | Hauts-de-France |
|---|---|
| Département | Nord, Pas-de-Calais |
| Villes principales | Armentières, Halluin, Merville |
| Coordonnées | 50° 49′ 59″ nord, 3° 12′ 37″ est |
| Relief | plaine alluviale +/- 20 m altitude |
| Régions naturelles voisines |
Houtland, Weppes, Ferrain, Audomarois |
| Régions et espaces connexes | Flandre française, Westhoek |
Localisation | |
La Plaine de la Lys constitue une région naturelle du nord de la France située à une vingtaine de mètres d'altitude, sur les parties Nord et Ouest du territoire de la communauté urbaine de Lille (côté français), en continuité biogéographique avec la vallée de la Deûle, ces deux cours d'eau ayant toutefois été fortement artificialisés (canalisés, rectifiés, et dégradés par un contexte fortement urbanisé et concerné par d'importantes séquelles industrielles et de l'agriculture intensive).
Elle correspond, entre Aire-sur-la-Lys et la frontière belge, à la Lys canalisée[1]. En amont se trouve la haute vallée de la lys, depuis sa source et en aval, la région touristique belge flamande, De Leiestreek.
Histoire
Dans l'Ancien Régime, le sud-ouest de la plaine faisait partie du Comté d'Artois, tandis que le nord et l'est faisaient partie du Comté de Flandre.
C'est une zone dont l'histoire a été particulièrement mouvementée. La vallée a maintes fois été un couloir d'invasion et un lieu de batailles. Elle a aussi été le théâtre d'importants affrontements durant les deux guerres mondiales. Les séquelles de ces guerres sont encore nombreuses dans le paysage, notamment avec les cimetières militaires.
Activité économique aux XVIIIe et XIXe siècles
Avant la démarcation territoriale des Traités d'Utrecht, les deux rives formaient un ensemble cohérent sur le plan socio-économique. Depuis, cette démarcation constitue un obstacle entre deux régions jusqu'alors étroitement liées par leurs activités[2]. De nombreux chargements de grains et de produits fabriqués privilégiaient les voies d'eau aux voies terrestres et il existait une liaison vers Lille par la Deûle. À titre indicatif, du au , le compte de passages sous le pont de Comines est de 1819 grandes embarcations et 71 petites. Ce trafic persiste pendant la Révolution française et se poursuit pendant une partie du XIXe siècle[3].
La principale activité économique était la culture céréalières et plus spécifiquement celle du froment. La fertilité du sol limoneux permettait d'exploiter des techniques de culture intensives. Aux cultures céréalières s'ajoutaient ensuite les cultures industrielles comme le colza, pour son huile, et le lin, pour approvisionner l'industrie textile locale. L'implantation de l'activité rubanière à Comines, par Philippe Hovyn dès 1719, éclipse peu à peu les autres activités de la vallée, à l'exception des brasseries, qui se concentre alors dans le domaine textile[2]. (voir Histoire de la rubanerie cominoise)
Flamand

Au 19e siècle, le flamand est présent dans certaines communes du sud de la Lys à Warneton, Wervicq, Halluin et Roncq[4], selon Hermann Suchier, la population est mêlée à Halluin et Roncq[5].
Le flamand reste une langue spécifique des catégories ouvrières du sud de la Lys encore au 20e siècle, ainsi selon Firmin Lentacker, il forme un dialecte local populaire, ignoré des gens ayant connus une scolarisation française[6]. Selon Michel Hastings, dans le bilinguisme de la vallée de la Lys, les communes de Bousbecque, Wervicq-Sud, Halluin et Roncq se démarquent par la dominance du flamand[7].
Encore aujourd'hui, le flamand reste parler à Halluin[8], et de nombreuses communes de la partie belge du Ferrain accordent des facilités linguistiques aux néerlandophones, comme à Comines, Warneton, Ploegsteert, Houtem, Bas-Warneton, Mouscron, Dottignies, Herseaux et Luingne.
Géographie
La plaine de la Lys corresponds en très grande partie au Bas-Pays de Béthune jusqu'à Lillers, et partiellement au Ferrain et aux Weppes[9]. C'est une zone transfrontalière qui fait partiellement partie du Westhoek, des Flandres artésiennes et de la Flandre wallonne.
Sa richesse en limons très fertiles explique l'omniprésence de l'agriculture et la faible présence de la forêt. Les prairies y sont restées longtemps nombreuses en raison du caractère alluvial et inondable d'une partie de la plaine, mais l'endiguement de la Lys et les progrès du drainage ont causé une forte régression des herbages à partir des années 1960.
Écologie
La vallée de la lys, en tant qu'ancien corridor biologique, à restaurer dans le cadre de la directive cadre sur l'eau et du réseau écologique paneuropéen, et en tant que corridor effectif de migration des oiseaux est un élément important de la trame verte et bleue régionale et du réseau écologique paneuropéen (transfrontalier).

Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
Bibliographie
Notes et références
- ↑ VNF, « La vallée de la Lys et la Lys transfrontalière », sur Voies navigables de France (consulté le )
- Gérard Flament, La société pendant la Révolution dans quelques communes de la vallée de la Lys - de Comines à Armentières, Mémoires de la Société d'Histoire de Comines-Warneton et de la Région, Comines, 1976
- ↑ Archives Communales de Comines, CC 63
- ↑ Victor Derode, Histoire de Lille et de la Flandre wallonne: 4. Chapitres complémentaires, suivis de souvenirs lillois (lire en ligne), p48
- ↑ Hermann Suchier, Le français et le provençal (lire en ligne)
- ↑ Firmin Lentacker, En marge d'une métropole : Hier et aujourd'hui dans « la vallée de la Lys », (communes d'Halluin, Roncq et Bousbecque) (lire en ligne)
- ↑ Michel Hastings, Halluin la rouge 1919-1939: Aspects d'un communisme identitaire (lire en ligne)
- ↑ « Mark Ingelaere et la recherche des derniers Mohicans de Flandre française »
- ↑ Atlas des paysages du Nord-Pas-de-Calais, 2005
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