Plateau de Dieng
| Plateau de Dieng | |
Carte de 1854 du plateau de Dieng. | |
| Localisation | |
|---|---|
| Coordonnées | 7° 12′ S, 109° 51′ E[1] |
| Pays | |
| Province | Java central |
| Kabupaten | Banjarnegara, Temanggung, Wonosobo |
| Géologie | |
| Massif | Java |
| Type de cratère | Caldeira |
| Type | Volcan de subduction |
| Activité | Actif |
| Dernière éruption | Du au |
| Code GVP | 263200 |
| Observatoire | Centre de volcanologie et de réduction des catastrophes géologiques |
| Dimensions | |
| Altitude | 2 565 m |
| Longueur | 14 km |
| Largeur | 6 km |
Le plateau de Dieng (en indonésien Dataran Tinggi Dieng), souvent appelé simplement Dieng (javanais : ꦣꦶꦲꦾꦁ, prononcé [dijɛŋ]), est un haut-plateau volcanique formé par le plancher de la caldeira du complexe volcanique éponyme, sur Java, en Indonésie. Situé à cheval sur les kabupaten de Banjarnegara, Temanggung et Wonosobo de Java central, il culmine à plus de 2 100 mètres d'altitude, dans un environnement montagnard aux fortes précipitations et au climat subtropical, largement mis en culture. Le plateau est encadré par un bourrelet de montagnes d’environ 6 km du nord au sud et 14 km d’ouest en est. Le complexe volcanique demeure actif ; la dernière éruption recensée date du .
Site archéologique majeur, Dieng conserve un ensemble de huit petits temples hindous (candi) à toitures étagées, vestiges des plus anciennes architectures en pierre de Java. Ces temples, de dimensions modestes, doivent pour la plupart leur appellation aux personnages du wayang kulit et de l’épopée du Mahābhārata, témoignant de la profondeur culturelle du répertoire javanais dans la toponymie archéologique.
Toponymie
Le plateau de Dieng est appelé Dataran Tinggi Dieng en indonésien[2]. D'un point de vue volcanologique, il est appelé Dieng Volcanic Complex, soit « complexe volcanique de Dieng » par le Global Volcanism Program[1].
Le terme Dieng provient du javanais di hyang, qui signifie en français « demeure des dieux ». Cette étymologie se retrouve dans Priangan, une région de Java occidental, et dans la réserve du plateau de Yang, dans l'est de Java.
Géographie

Le plateau de Dieng est situé en Indonésie, dans le centre de Java, au nord-ouest du Sumbing, un volcan, et au nord de la ville de Wonosobo. Administrativement, le plateau est partagé entre les kabupaten de Banjarnegara, Temanggung et Wonosobo de la province de Java central.
Le plateau est constitué d'une caldeira mesurant quatorze kilomètres de longueur dans le sens est-ouest pour six kilomètres de largeur[1]. Il culmine à 2 565 mètres d'altitude au Prahu[2], l'un des rebords de la caldeira, tandis que le fond de la dépression s'élève entre 1 600 et 2 000 mètres d'altitude. Ce volcan est encore actif avec d'importantes émissions de gaz volcaniques sulfurés formant des fumerolles, des mares de boue et des lacs acides. La caldeira renferme une vingtaine de cônes volcaniques, cinq cratères, quatre dômes de lave et dix champs de fumerolles et mares de boue[2].
Le climat y est plus humide que dans les plaines environnantes avec une plus forte pluviométrie et de fréquentes brumes. Ce climat combiné aux sols volcaniques fertiles ont permis le développement de l'agriculture dans le fond et sur les pentes de la caldeira. Cette agriculture était diversifiée jusqu'à la fin du XXe siècle avec la culture du chou, des champignons et des cultures vivrières mais une monoculture de la pomme de terre s'est mise en place.
La rivière Kali Tulis alimentait autrefois le lac de Bale Kambang au cœur du cratère, mais tous deux ont presque disparu à cause des détournements agricoles de l'eau. Le lac Telaga Warna connaît aujourd’hui le même déclin[3].
Histoire

Premières constructions
Plateau sacré majeur de Java central, Dieng concentre dès les VIIe – VIIIe siècles un chapelet de petits temples hindous, conçus comme demeures divines dans un paysage de hauteurs propice aux retraites de ṛṣi (ermitage).
Au tournant des VIIIe – IXe siècles, l’essor du vajrayāna en plaine (Candi Sewu, Lumbung) fait écho à des évolutions stylistiques hindoues à Dieng (Candi Bhima), tandis que l’assimilation des techniques d’origine indienne culmine avec Borobudur et Prambanan sous le royaume de Mataram.
Sur les inscriptions
Des inscriptions javanaises du IXe siècle confirment le rôle de Dieng/Dihyang comme centre religieux hindou à Java central. Quatre textes majeurs l’attestent : celle de Gunung Wule (861), qui mentionne un responsable chargé d’un édifice sacré ; Kapuhunan (878), évoquant un lieu saint nommé Kailāsa et un culte rendu à Śiva (Sri Haricandana), avec référence explicite à Dihyang ; Wintang Mas II (919), qui cite le Sang Hyang Dharma en lien avec Dihyang ; et Indrakila (882), qui consigne une donation de terres (sīma) au profit du Sang Hyang Dharma à Dihyang.
Une inscription non datée en écriture brahmi, peinte en rouge sur une paroi rocheuse entre les lacs Telaga Warna et Telaga Pengilon, suggère que la construction des temples de Dieng aurait commencé au VIIIe siècle. Les spécialistes fondent cette hypothèse sur les similitudes stylistiques avec d’autres inscriptions anciennes de Java, comme celles de Sojomerto, Tukmas ou Canggal[3].
Dieng et la Chine
Dieng dans les sources chinoises
Dès le IXe siècle, le plateau du Dieng semble avoir été connu des Chinois. Le Nouveau Livre des Tang rapporte en effet que le souverain javanais accomplissait chaque année un pèlerinage vers un lieu élevé appelé Lang-pi-ya, d’où il était possible d’apercevoir la mer. Cette dimension sacrée est confirmée par une inscription javanaise de 919, qui classe le Dieng parmi les montagnes sacrées de Java (Lulius van Goor 1922 : 220)[3].
Découverte de céramiques chinoises
En 1982, lors de la construction d’une passerelle surélevée destinée à relier le groupe de temples Arjuna au musée du site de Dieng, des travaux de terrassement mirent au jour de nombreux fragments de céramiques javanaises et chinoises datant principalement de la dynastie Tang (IXe siècle). Parmi elles figuraient notamment des fragments de céramiques de Changsha, un type de poterie chinoise exportée à grande échelle au IXe siècle. Ces découvertes rapprochent Dieng d’autres grands sites javanais comme Borobudur, Prambanan ou Sojiwan, où des objets similaires ont également été retrouvés[3].
De plus, les couches archéologiques découvertes sur le plateau témoignaient d’une occupation humaine ancienne, avec des traces de charbon, de céramiques locales non vernissées et de productions chinoises Tang. Ces éléments renforcent l’idée que Java était déjà intégrée aux grands réseaux commerciaux asiatiques du IXe siècle et constituait une destination importante pour les produits chinois[3].
Épave de l'île Belitung
Cette hypothèse d'un lien fort entre le plateau et la Chine prit une importance particulière après la découverte, en 1998-1999, de l’épave dite du Batu Hitam ou épave de Belitung, retrouvée entre les îles de Bangka et Belitung. Ce navire du IXe siècle transportait une cargaison exceptionnelle de céramiques chinoises, d’objets précieux en or et en argent, ainsi que des marchandises d’origine sud-est asiatique. Bien que certains chercheurs aient pensé que le bateau se dirigeait vers Oman ou le golfe Persique, plusieurs indices suggèrent plutôt que Java pouvait constituer sa véritable destination ou une étape majeure de son itinéraire commercial[3].
La fréquence des ambassades javanaises envoyées à la Chine des Tang entre 813 et 839, connues dans les sources chinoises sous le nom de Shepo, témoigne d’ailleurs de relations diplomatiques étroites entre Java et la cour impériale chinoise. Dans ce contexte, les découvertes de céramiques Tang sur le plateau du Dieng prennent une importance majeure : elles démontrent que des produits chinois circulaient bien à Java au IXe siècle et renforcent l’idée que les royaumes javanais occupaient une place centrale dans les échanges maritimes de l’Asie ancienne[3].
Époque coloniale européenne
Le plateau de Dieng est identifié dès le début du XIXe siècle comme un haut lieu archéologique javanais, d’abord signalé par un officier britannique qui repère des ruines émergentes au milieu d’un lac. Dans The History of Java, Thomas Stamford Raffles — alors gouverneur des Indes orientales néerlandaises (1811-1816) — rapporte l’existence d’environ 400 sanctuaires et sites, attestant l’ampleur d’un ancien complexe religieux[4]. Outre les temples, il mentionne des vestiges de dharmasala (ermitage), résidences de ṛṣi étroitement liées au fonctionnement cultuel et à l’entretien des sanctuaires.
Ce premier compte-rendu est rendu possible grâce à Cornelis qui réalisa également le premier inventaire des monuments de Dieng après avoir étudié Borobudur. À cette époque, le plateau était inhabité et largement recouvert par la jungle, ce qui limitait les recherches. Au fil du XIXe siècle, plusieurs visiteurs identifièrent progressivement de nouvelles ruines, certaines estimations évoquant jusqu’à 400 vestiges sur le plateau.
En 1865, le photographe van Kinsbergen fit drainer une partie du lac recouvrant la vallée afin de faciliter ses travaux photographiques. Toutefois, après l’abandon progressif des fouilles par l’administration coloniale, les habitants commencèrent à prélever des pierres des temples pour leurs propres usages. La création de la Commission archéologique des Indes néerlandaises en 1900 marqua une reprise des études scientifiques sur le site. Des chercheurs comme Brandes, Van Erp ou H. Leydie Melville contribuèrent alors à documenter et restaurer les temples de Dieng et au recensement officiel de 104 vestiges (structures, temples, éléments architecturaux) et à un classement du site en trois ensembles : le groupe de Dwarawati, celui d’Arjuna-Gatotkaca et celui de Bhima. Ces derniers furent intégrés dès 1919 dans des guides destinés au grand public[3].
Époque contemporaine
Durant la révolution nationale indonésienne (1945-1949), les régions montagneuses de Java central, dont les environs du plateau de Dieng, servirent ponctuellement de zones de refuge et de circulation pour les forces républicaines engagées dans la guérilla contre les troupes néerlandaises. Le général Sudirman mena alors une longue campagne de guérilla à travers les reliefs javanais afin de maintenir la résistance de la République indonésienne après l’offensive néerlandaise Operatie Kraai (littéralement « Opération Corbeau ») de 1948.
Temples et vestiges architecturaux

Le plateau de Dieng forme un paysage sacré majeur de Java central, où se croisent exigences foncières et conceptions hindoues et bouddhiques de l’espace sacré. Considéré à l’époque comme un centre religieux de premier plan, il a livré les plus anciennes structures en pierre connues de Java : un noyau conservé de huit temples hindous datés des VIIe – VIIIe siècles, vestiges d’un ensemble initial parfois estimé à environ 400 sanctuaires[5]. De dimensions modestes et d’un plan relativement simple, ces temples étaient conçus comme demeures divines et supports de cultes d’ancêtres royaux, plutôt que comme lieux de rassemblement pour les humains.
L’étude des inscriptions montre que la plupart des temples de Dieng furent édifiés à partir du IXe siècle, comme l’attestent plusieurs inscriptions en brahmi et en kawi découvertes autour du site. Une inscription datée de 1210 indique toutefois que le plateau était encore visité plusieurs siècles après l’abandon supposé des temples, suggérant que Dieng conserva durablement une importance symbolique et sacrée[3].
Développement des temples sur le plateau
À partir des inscriptions, de l’architecture et des styles décoratifs, l'architecte français Jacques Dumarçay estime que les sanctuaires du Dieng furent édifiés en deux grandes phases : une première entre la fin du VIIe siècle et vers 730, avec les temples Arjuna, Semar, Srikandi et Gatotkaca ; puis une seconde entre 730 et 780, marquée par la construction de Puntadewa, Sembadra et Bhima. Après 780, aucun nouveau temple ne semble avoir été fondé, mais plusieurs édifices furent encore modifiés, notamment le Candi Gatotkaca au IXe siècle[3].
Alors que les grands complexes bouddhiques de Java central se transforment sous l’influence du vajrayāna et du culte des cinq Jina dans les plaines méridionales (Prambanan et Borobudur), certains sanctuaires hindous de Dieng, comme le Candi Bhima, développent des formes stylistiques originales qui témoignent du dynamisme religieux et artistique propre au plateau[6]. Plus tard, à partir d’environ 830, les techniques d’implantation et de construction d’origine indienne sont pleinement assimilées et diffusées à l’échelle de l’île, comme l’attestent les dernières phases du Borobudur et l’édification de nouveaux ensembles majeurs tels que Prambanan. L’ensemble du corpus de Dieng se rattache au royaume de Mataram (VIIIe siècle) et révèle des influences architecturales sud-indiennes antérieures (VIe siècle)[7].
Accès au site
Le plateau était relié aux plaines par deux escaliers monumentaux taillés directement dans la roche des montagnes. Bordés de balustrades d’environ trente centimètres de hauteur, ils furent identifiés et étudiés entre 1860 et 1870. Depuis le nord, un itinéraire montait depuis Bawang, dans la région de Pekalongan, en passant par Deles et Segemplong jusqu’au plateau via le mont Kendang. Depuis le sud, la route partait du mont Tawang, au sud de Wonosobo, puis traversait Wonosobo, Mungang et Kalibeber avant de grimper vers Ngadiluwih, où elle se divisait en deux chemins menant vers le lac Telaga Warna ou vers Lobang[3].
Orientation
Le choix d’implantation des sanctuaires répond autant à la fertilité du site qu’à la présence divine postulée en montagne : plateau riche en sources, ceint de reliefs propices aux retraites de ṛṣi et aux rituels. L’archéologie met en évidence une dominante shivaïsme (abondance de liṅga-yoni, statues, inscriptions et dédicaces), conforme à la tradition qui associe Shiva aux hauteurs — Kailāsa comme montagne paradigmatique — et recherche des lieux calmes, élevés et préservés, favorables à la méditation et à la sacralité. Dans la cosmologie javanaise, la montagne figure l’axe du monde, point de jonction de la terre et du ciel ; selon le Sthapatya Veda, l’architecture sacrée se veut miroir du cosmos. Appliqués à Dieng, ces principes confèrent au paysage le statut d’axe cosmique, expliquant la densité, la forme et l’orientation des aménagements cultuels.
Architecture
Les temples de Dieng sont rattachés, sur critères stylistiques, au groupe javanais centre-nord aux côtés de Gedong Songo (Java central) et, dans une certaine mesure, de Badut (Java oriental) ainsi que de Cangkuang et Bojongmenje (Java occidental). L’ensemble est généralement daté des VIIe – VIIIe siècles. Une inscription découverte près du temple d’Arjuna, vers 808–809 apr. J.-C., constitue l’un des plus anciens spécimens conservés d’écriture vieux-javanaise et atteste une occupation du site du milieu du VIIe au début du IXe siècle.
Statuaire
Les statues découvertes à Dieng appartiennent exclusivement au panthéon hindou. Elles représentent notamment Shiva, Parvati, Durga, Ganesha, Brahma, Vishnu ainsi que des ascètes barbus. Leur style présente toutefois des caractéristiques originales révélant une phase ancienne de l’art javanais, distincte des modèles indiens. Certaines figures, comme Nandi, y sont par exemple représentées sous une forme anthropomorphe à tête bovine[3].
Ensemble de temples sur le plateau
Le complexe se répartit en trois ensembles : Arjuna, Dwarawati et Gatotkaca, tandis que Bhima constitue un sanctuaire isolé.
À Dieng, pour les temples Setyaki (Satyaki), Gatotkaca, Nakula et Sadewa (les jumeaux Pāṇḍava) ou Gareng (personnage punakawan du théâtre d’ombres), ces noms sont des appellations modernes données par analogie avec le répertoire épique javanais ; ils ne correspondent pas forcément aux noms anciens des sanctuaires faute d'inscription nominative.
Ensemble Arjuna
Le principal ensemble de Dieng s’organise autour du temple d’Arjuna, au cœur d’une plaine ceinturée de collines. Situé au centre du plateau, le groupe d’Arjuna aligne quatre temples sur un axe nord-sud : Arjuna au nord, puis Srikandi, Puntadewa et Sembadra vers le sud. En vis-à-vis immédiat d’Arjuna se dresse le temple Semar. Les quatre sanctuaires du groupe sont orientés à l’ouest, à l’exception de Semar, tourné vers l’est, directement opposé à Arjuna. Cet ensemble est le mieux conservé du complexe diengien.
- Temple d’Arjuna : le plus complet ; toiture intégralement remontée, des photographies du XIXe siècle attestant l’effondrement des niveaux supérieurs.
- Temple Semar : divinité tutélaire/figure punakawan du wayang javanais (conseiller des héros, esprit gardien).
- Temple Srikandi : personnage du Mahābhārata ; dans la tradition javanaise, archère héroïque.
- Temple Puntadewa : nom javanais de Yudhiṣṭhira, aîné des Pāṇḍava.
- Temple Sembadra : forme javanaise de Subhadrā, sœur de Krishna et épouse d’Arjuna.
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Candi Srikandi. -
Candi Sembadra. -
Candi Arjuna. -
Détail du candi Arjuna. -
Ensemble du candi Arjuna.
Groupe de Gatotkaca

Le groupe de Gatotkaca se composait de cinq sanctuaires — Gatotkaca, Setyaki, Nakula, Sadewa et Gareng — ; aujourd’hui, seul le temple de Gatotkaca est encore debout, les quatre autres n’étant plus visibles qu’à l’état de ruines.
- Temple Gatotkaca : dans la tradition javanaise du wayang, il est roi de Pringgadani et célèbre pour sa devise otot kawat, balung wesi (« muscles de fil d’acier, os de fer »).
- Le temple Gatotkaca fut restauré par le gouvernement indonésien en 1979, puis étudié lors de fouilles archéologiques menées en 1983 dans le cadre d’un programme de l’ASEAN consacré à la chronologie du monument[3].
Groupe de Dwarawati
Le groupe de Dwarawati rassemblait quatre sanctuaires — Dwarawati, Abiyasa, Pandu et Margasari — ; seul Dwarawati est aujourd’hui relativement intact, les trois autres n’ayant subsisté qu’à l’état de ruines.
Groupe de Bhima

Le temple de Bhima est un sanctuaire isolé, édifié sur une éminence à l’écart des autres monuments de Dieng. C’est l’édifice le plus grand et le plus élevé du complexe. Par sa volumétrie et certains motifs, il s’écarte des canons habituels de Java central et rapproche plutôt de modèles indiens : il a été notamment comparé au Parashurameśvara (v. 650, Bhubaneswar, Odisha), au temple de Bhitargaon et, plus pertinemment, au Laxman (VIIe siècle, à Sirpur).
Son soubassement carré présente, sur chaque face, un léger ressaut ; à l’ouest, une avancée d’environ 1,5 m forme un porche précédant le garbha griha (similaire à la cella romaine). Les trois autres côtés ménagent des niches (aujourd'hui vides) destinées à des images cultuelles.
La superstructure se compose de cinq registres décroissants, ornés de niches en bourgeon de lotus et d’arceaux figurés de type gavākṣa/kūḍu (motif de « fenêtre » très répandu dans l’architecture hindoue), dont chacun suggère une tête tournée vers l’extérieur. Des éléments analogues se retrouvent aux temples de Kalasan, Gebang (tous deux à l'est de Yogyakarta) et Merak (au nord de Yogyakarta). Le pinacle originel a disparu. Des anneaux segmentés apparentés à l’amalaka marquent certains angles, tandis que les corbeaux, feuilles et festons sous les gavākṣa (fenêtre/baie) évoquent une influence sinisante transmise par l’art bouddhique.
Autour du plateau
Les sommets montagneux entourant le plateau du Dieng abritaient eux aussi des sanctuaires. Sur le mont Panggongan, des pierres taillées ainsi que deux inscriptions ont été découvertes. Le mont Perahu a également livré les vestiges de deux structures, ainsi qu’une plaque d’or gravée représentant Nandi et des empreintes sculptées dans la pierre, peut-être associées à Vishnu (Krom 1923 : 201)[3].
Notes et références
- (en) « Global Volcanism Program - Dieng Volcanic Complex » (consulté le )
- (en) « Global Volcanism Program - Synonymes et sous-éléments » (consulté le )
- « https://epress.nus.edu.sg/sitereports/dieng/text/background/ », sur epress.nus.edu.sg (consulté le )
- ↑ Thomas Stamford Raffles, A History of Java, Cambridge University Press, (ISBN 978-1-108-02345-0 et 978-0-511-78306-7, lire en ligne)
- ↑ George Coedès et George Coedès, The Indianized states of Southeast Asia, East-West Center Pr, (ISBN 978-0-8248-0368-1)
- ↑ Jacques Dumarçay, « Note sur le second état du Candi Lumbung et du Candi Bima », Archipel, vol. 56, no 1, , p. 455–464 (DOI 10.3406/arch.1998.3501, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Early interactions between South and Southeast Asia: reflections on cross-cultural exchange, Institute of Southeast Asian Studies, coll. « Nalanda-Sriwijaya Series », (ISBN 978-981-4345-10-1, 978-981-4311-16-8 et 978-981-4311-17-5)
Voir aussi
Bibliographie
- Dumarçay Jacques. L'espace architectural indo-javanais. In: Archipel, volume 31, 1986. p. 73–85.
- (en) Backshall, Stephan et al (1999) Indonesia The Rough Guide London Penguin (ISBN 1-85828-429-5) p. 190-195
- (en) Dalton, Bill Indonesia Handbook fourth edition p. 280-283
- (en) Dumarçay, J. and Miksic J. Temples of the Dieng Plateau in Miksic, John 1996 (editor) 1996 Ancient History Volume 1 of Indonesian Heritage Series Archipleago Press, Singapore. (ISBN 981-3018-26-7)
- (id) Mertadiwangsa, S. Adisarwono, (1999) Dataran tinggi Dieng : objek wisata alam dan objek wisata budayanya = Dieng Plateau Yogyakarta: Kaliwangi Offset Yogyakarta
- (en) Patrick Witton, Indonesia, Melbourne, Lonely Planet, (ISBN 1-74059-154-2), p. 209-211
Articles connexes
Liens externes
- Ressources relatives à la géographie :
- Ressource relative aux beaux-arts :
- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :
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