Plumbotellurite

Plumbotellurite
Catégorie IV : oxydes et hydroxydes[1]
Image illustrative de l’article Plumbotellurite
Agrégats de cristaux jaunâtres de plumbotellurite provenant de la localité type du Kazakhstan
Général
Symbole IMA Pbtlr
Classe de Strunz
Classe de Dana
Formule chimique Pb(TeO3)
Identification
Masse formulaire 382,80 uma
Couleur gris, brun à brun-jaune. Couleur en lumière réfléchie : Gris à gris brunâtre
Système cristallin monoclinique
Classe cristalline et groupe d'espace 2/m - prismatique

B2/b

Clivage aucun observé
Habitus pseudomorphe - se présente sous la forme d'un autre minéral
Échelle de Mohs 5,5
Trait gris-jaune
Propriétés optiques
Indice de réfraction nα = 2,190, nβ = 2,230, nγ = 2,350
Biréfringence δ = 0,160 – biaxe(+)
Angle 2V 50° (mesuré),

64° (calculé)

Dispersion optique relativement forte
Transparence oui, translucide
Propriétés chimiques
Densité 7,2 (mesurée), 7,16 (calculée)

Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

La plumbotellurite est un minéral extrêmement rare de la famille des tellurites, et de formule chimique de PbTe4+O3[2].

Minéral secondaire, formé par altération de l'altaïte près de la zone d'oxydation d'un gisement minéral riche en tellure, elle a été décrite pour la première fois en 1982 par Spiridonov et Tananeyva[3], et reconnue par l'Association internationale de minéralogie (IMA) sous le symbole Pbtlr[4]. Sa localité type est le gisement d'or Zhana-Tyube, à Stepnogorsk, dans l'Oblys d'Aqmola au Kazakhstan[5].

Sa dureté Vickers (VHN) oscillant entre 30 et 42[6], équivaut approximativement à 5,5 sur l'échelle de Mohs sur la base d'une moyenne de 38.

Dans la classification de Strunz, la plumbotellurite est classée parmi les tellurites sans anions supplémentaires et sans présence d'eau (H2O). Selon la classification de Dana, elle est classée comme une tellurite, oxyde de type A(XO3)[7].

Le fait que la plumbotellurite cristallise dans un système monoclinique, a été redéfini dans la thèse de M. E. Back en 1990[8] en correction de la donnée précédente qui lui attribuait une structure orthrhombique. Cela a été confirmée plusieurs fois par la suite[9],[10].

Ce minéral est également connu sous le synonyme de dunhamite[2].

Chimie et formation

La plumbotellurite a une masse molaire de 382,80 g/mol. Les oxydes qui la composent sont le PbO, à 58,31 % et le TeO2 41,69 %.

Composition[11]
Tellure 33,33 %
Plomb 54,13 %
Oxygène 12,54 %

La plumbotellurite est un dimorphe (ou analogue structurel) de la matthiaswéilite et un pseudomorphe de l'altaïte.

La formule chimique de ce minéral est α-Pb(TeO3). À ce jour, trois polymorphes du composé Pb(TeO3) ont été identifiés en tant que composés synthétiques, selon les travaux de Weil et al. en 2018[12].

En termes de contexte géologique, la plumbotellurite est associée à des formations dont l'âge remonte pour les plus anciennes, à la grande Oxydation, qui date de moins de 2,4 milliards d'années (stade paragénétique 7) parmi les minéraux secondaires (vanadates, chromates et manganates) formés dans des environnements d'altération à basse température en contact avec une atmosphère oxygénée (mode paragénétique 47e), et les minéraux oxydés et déshydratés en surface (mode 47h)[2].

Elle peut aussi avoir une origine anthropique (stade 10b) de moins de 10 000 ans si elle partie des minéraux miniers (mode 55)[2].

Gîtologie et gisements

Le matériau type de la plumbotellurite a été découvert dans la zone d'oxydation d'un gisement riche en tétrachlorure de titane et se présente sous forme de bordures de remplacement et de pseudomorphes de l'altaïte qui lui est associée[5].

En plus de l'altaïte, la plumbotellurite est par ailleurs associée à des chlorites, du tellurantimoine, des grenats, de l'actinolite, la frohbergite, la galène, l'ilménite, la pyrite et l'arsénopyrite. Selon les données de Mindat.org en 2025, la plumbotellurite est recensée dans un total de dix gisements différents, situés pour moitié dans le sud-ouest des États-Unis. Il n'y a que 2 gisements au Kazakhstan[2].

Notes et références

  1. La classification des minéraux choisie est celle de Strunz, à l'exception des polymorphes de la silice, qui sont classés parmi les silicates.
  2. (en) « Plumbotellurite », sur Mindat.org (consulté le )
  3. (en) E. M. Spiridonov et O. I. Tananeyva, « Plumbotellurite, α-PbTeO3, a new mineral », Doklady Akademii Nauk SSSR, vol. 262,‎ , p. 1231-1235
  4. (en) Laurence N. Warr, « IMA–CNMNC approved mineral symbols », Mineralogical Magazine, vol. 85, no 3,‎ , p. 291-320 (DOI 10.1180/mgm.2021.43 Accès libre).
  5. (en) « Plumbotellurite », dans J. W. Anthony, R. Bideaux, K. Bladh et al., Handbook of mineralogy, (lire en ligne [PDF]) (consulté le )
  6. (de + en) « Mineralienatlas - Fossilienatlas », sur Mineralienatlas (consulté le )
  7. La formule A(XO3) est une notation chimique qui décrit la composition d'un minéral ou d'un composé chimique, où : A représente un cation métallique (un ion chargé positivement). X représente un anion (un ion chargé négativement), souvent un sulfure (S2+) ou un autre ion non métallique. O représente un atome d'oxygène.
  8. (en) M. E. Back, A Study of Tellurite Minerals: Their Physical and Chemical Data Compatibility, and Structural Crystallography (MSc Thesis), Toronto, University of Toronto, Canada,
  9. (en) Valery E. Zavodnik, Sergey A. Ivanov et Adam I. Stash, « α-Lead tellurite from single-crystal data », Acta Crystallographica Section E Structure Reports Online, vol. 64, no 3,‎ , i16–i16 (ISSN 1600-5368, DOI 10.1107/s1600536808003267, lire en ligne, consulté le )
  10. (en) Owen P. Missen, Michael S. Rumsey, Anthony R. Kampf et Stuart J. Mills, « The discreditation of oboyerite and a note on the crystal structure of plumbotellurite », Mineralogical Magazine, vol. 83, no 6,‎ , p. 791–797 (ISSN 0026-461X et 1471-8022, DOI 10.1180/mgm.2019.63, lire en ligne, consulté le )
  11. (en) « Plumbotellurite Mineral Data », sur www.webmineral.com (consulté le )
  12. (en) W. Weil, M. Shirkhanlou, E. Füglein et E. Libowitzky, « Determination of the correct composition of “hydrous lead(II) oxotellurate(IV)” as PbTeO3, crystallizing as a new polymorph », Crystals, vol. 8, no 51,‎
  • icône décorative Portail des minéraux et des roches