Pluton (1778)

Pluton
illustration de Pluton (1778)

Type Navire de ligne
Histoire
A servi dans Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Lancement 1778
Statut détruit en 1805
Équipage
Équipage 740 hommes[1]
Caractéristiques techniques
Longueur 53,8 m
Maître-bau 14,1 m
Tirant d'eau 7,3 m
Propulsion Voile
Caractéristiques militaires
Armement 74 canons
Pavillon France

Le Pluton est un navire de guerre français , en service de 1778 à 1805. C'est un navire de ligne de 74 canons de la Marine royale française.

Le contexte de la naissance du Pluton

Le Pluton, vaisseau de 74 canons, est mis à l’eau en 1778, à un moment charnière pour la Marine royale française. Après les désastres de la guerre de Sept Ans (1756-1763), la France avait entrepris un long et coûteux effort de reconstruction navale destiné à restaurer sa puissance maritime face à la Grande-Bretagne.

La mise à l’eau du Pluton coïncide avec la reprise des tensions entre la France et la Royal Navy, dans le contexte de la guerre d’indépendance des États-Unis. En 1778, la France entre officiellement en guerre aux côtés des insurgés américains. Le Pluton s’inscrit ainsi dans cet effort de réarmement visant à rétablir l’équilibre naval européen et à affirmer le retour de la Marine royale parmi les grandes puissances maritimes.

Caractéristiques générales

Le Pluton est un vaisseau de ligne de 74 canons, construit à l’arsenal de Rochefort en 1778 par l’ingénieur naval François Guillaume Clairain des Lauriers[2][3]. Il appartient à la lignée des « 74 canons », modèles emblématiques de la Marine royale, réputés pour leur équilibre entre puissance de feu, maniabilité et coût de construction maîtrisé.

Son armement suit la configuration classique de ce type de bâtiment :

28 canons de 36 livres sur la batterie basse ;

30 canons de 18 livres sur la batterie haute ;

16 canons de 8 livres sur les gaillards.

En 1781, le Pluton est partiellement doublé en cuivre sur douze virures, une innovation destinée à protéger la coque contre les tarets et à améliorer sa vitesse en mer [4]. En 1797, il est rebaptisé Dugommier, en hommage au général républicain Jacques François Dugommier[5].

Carrière

Guerre d’indépendance américaine (1778-1782)

Dans les premières phases du conflit, il intègre la flotte du comte de Guichen et prend part à la bataille de la Martinique le , sous le commandement du capitaine de vaisseau de La Marthonie[6].

En , sous le commandement du capitaine de vaisseau Albert de Rions, le Pluton intègre la flotte de l’amiral de Grasse, qui quitte la France pour les Antilles à la tête de vingt vaisseaux et trois frégates[7],[8]

Lors de cette campagne, il participe aux engagements suivants :

Les guerres révolutionnaires

En 1796, il prend part à l’expédition d’Irlande menée par le général Lazare Hoche, destinée à soutenir les républicains irlandais contre la domination britannique. Cette opération échoue en raison de conditions météorologiques défavorables. Le Pluton, alors commandé par le capitaine Jean-Marie Lebrun, fait partie des navires ayant affronté de violentes tempêtes au large des côtes irlandaises[9]

Notes et références

  1. Le ratio habituel, sur tous les types de vaisseau de guerre au XVIIIe siècle est d'en moyenne 10 hommes par canon, quelle que soit la fonction de chacun à bord. C'est ainsi qu'un 100 canons emporte 1 000 hommes d'équipage, un 80 canons 800 hommes, un 74 canons 740, un 64 canons 640, etc. L'état-major est en sus. Cet effectif réglementaire peut cependant varier considérablement en cas d'épidémie, de perte au combat ou de manque de matelots à l'embarquement. Acerra et Zysberg 1997, p. 220.
  2. Boudriot (1992).
  3. Académie de marine (2025).
  4. Chaline & Kowalski (2023), p. 44.
  5. Le Conte (1932), p. 68.
  6. Troude (1867), p. 71.
  7. Chaline & Kowalski (2023).
  8. Roche (2005), p. 423.
  9. James (2002), p. 5.

Bibliographie

  • L'Amiral de Grasse et l'Indépendance américaine : commander en opérations, Vincennes, Sorbonne Université Presse, coll. « Histoire maritime », , 620 p. (ISBN 979-10-231-0703-6)
  • Pierre Le Conte, Répertoire des navires de guerre français, Cherbourg, s.n., , 190 p. (lire en ligne)
  • Jean Boudriot, Les Vaisseaux de 74 à 120 canons : Étude historique 1650-1850, Ancre, (ISBN 978-2-903179-19-9)
  • (en) William James, The Naval History of Great Britain : During the French Revolutionary and Napoleonic Wars, vol. 2, Londres, Conway Maritime Press, , 620 p. (ISBN 0-85177-906-9)
  • Georges Lacour-Gayet, La marine militaire de la France sous le règne de Louis XVI, Paris, Honoré Champion, (OCLC 763372623, lire en ligne)
  • Jean-Michel Roche, Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours, vol. 1, Group Retozel-Maury Millau, , 372–373 p. (ISBN 978-2-9525917-0-6, OCLC 165892922)
  • Onésime-Joachim Troude, Batailles navales de la France, vol. 2, Challamel ainé, (OCLC 836362484, lire en ligne)
  • « François Guillaume Clairain des Lauriers », sur Académie de marine (consulté le )


Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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