Pont-sur-Vanne

Pont-sur-Vanne
Pont-sur-Vanne
L'église Notre-Dame.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Yonne
Arrondissement Sens
Intercommunalité Communauté de communes de la Vanne et du Pays d'Othe
Maire
Mandat
Valérie Picon
2020-2026
Code postal 89190
Code commune 89308
Démographie
Population
municipale
216 hab. (2023 en évolution de +11,34 % par rapport à 2017)
Densité 21 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 11′ 06″ nord, 3° 26′ 37″ est
Altitude Min. 86 m
Max. 233 m
Superficie 10,47 km2
Type Commune rurale à habitat dispersé
Unité urbaine Hors unité urbaine
Aire d'attraction Sens
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Brienon-sur-Armançon
Législatives Troisième circonscription
Localisation
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Pont-sur-Vanne

Pont-sur-Vanne est une commune française située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté. Ses habitants sont appelés les Vannipontains.

Géographie

Ville du Sénonais, située en lisière nord de la forêt d'Othe, Pont-sur-Vanne est située sur l'axe Sens - Troyes que suit la Vanne, rivière affluent rive droite de l'Yonne. L'aqueduc de la Vanne qui dessert Sens et la région parisienne passe à proximité.

Communes limitrophes

Rose des vents Fontaine-la-Gaillarde Les Clérimois Rose des vents
Villiers-Louis N Les Vallées-de-la-Vanne
(Chigy)
O    Pont-sur-Vanne    E
S
Les Vallées-de-la-Vanne (Theil-sur-Vanne) (Vareilles)

Climat

En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000[1]. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid (°C)[2].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 15,4 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 687 mm, avec 11,5 jours de précipitations en janvier et 7,4 jours en juillet[1]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Coulours », sur la commune de Coulours à 11 km à vol d'oiseau[3], est de 11,2 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 786,0 mm. La température maximale relevée sur cette station est de , atteinte le  ; la température minimale est de , atteinte le [Note 1],[4],[5].

Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020[6]. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en [7].

Urbanisme

Typologie

Au , Pont-sur-Vanne est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[8]. Elle est située hors unité urbaine[9]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Sens, dont elle est une commune de la couronne[Note 2],[9]. Cette aire, qui regroupe 65 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[10],[11].

Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (66,7 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (66,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (65,5 %), forêts (24,9 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (6 %), zones urbanisées (2,5 %), zones agricoles hétérogènes (1,1 %)[12]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Le nom de la localité est attesté sous les formes Pontes super Vannam (1159) ; Pons-sur-Vanne (1453)[13].
Pluriel de l'oil pont et l'hydronyme Vanne[14]. Le mot pont est issu d'une racine indo-européenne *pent- qui signifiait « voie de passage, chemin ». En latin, la forme pons, pontis avait le sens du français actuel (« pont, passage »). C'est en fait la forme à l'accusatif pontem, qui a donné « pont » en français, construction élevée d'un bord à l'autre d'une rivière, pour permettre de la traverser.

La forme plurielle (Pons, Ponts) est employée jusqu'en 1257. En 1373, la forme au singulier est définitivement usitée. Or des "planches" franchissent la Vanne au Sud de l'église paroissiale (1374), laissant entendre que le pont est momentanément hors d'usage.

Au bord de la Vanne, une rivière française située dans les deux départements de l'Aube (Grand-Est) et de l'Yonne (Bourgogne-Franche-Comté).
Vanne est un nom désignant un « retranchement construit dans une rivière pour fermer le passage aux poissons »[15].

Histoire

Un domaine romain des Ier au IVe siècle, succède à des implantations plus anciennes surplombant le village actuel, au débouché du vallon qui ouvre la voie au nord du finage[16].

La première mention certaine du finage date de 1154. Le village de Pont-sur-Vanne use exclusivement de la forme plurielle jusqu'à la fin de la guerre de Cent Ans. Il est permis de supposer qu'il soit ainsi fait référence à la succession de ponceaux (aliàs planches) qui sont employées pour franchir alors la Vanne. Clairement, l'axe de circulation est Nord-Sud (positionnement de la Grande Rue). Un "grand chemin" de 19 kilomètres va de Pont-sur-Vanne à Voisines, puis de Voisines à Grange (-le-Bocage) en passant par Thorigny (-sur-Oreuse). Il témoigne d'un axe de circulation abandonné très ancien. Un fois franchie la Vanne, ce grand chemin passe devant la Fontaine Saint-Philibert (aujourd'hui sur le territoire de Theil) mais on ignore sa destination vers le Sud[17].

Un deuxième grand chemin suit la ligne de crête . Il se rend à Sens à Foissy en passant par Les Hauts de Villiers, et permet de gagner deux kilomètres par rapport à un second tracé de voie romaine empruntant un large coude fait par la vallée de la Vanne en direction du Sud. Etonnamment, la voie sommitale est bordée par cinq fiefs (Passemer, le Lys, Mitois, Chatière et Trémont), formant un effet de tuilage. Ces fiefs pourraient dater au moins de 1154. Le village se tient à l'écart de la voie romaine passant dans la vallée au plus près du talus Nord.

Bien que les abbayes de Saint-Pierre-le-Vif (Est de Sens), de Saint-Remy (Sud-Ouest de Sens) et l'archevêque détiennent l'essentiel du foncier de Pont, les lieux sont inclus dans le domaine rural sénonais de la Couronne. En 1316, les derniers éléments de ce patrimoine hérité des temps mérovingiens (palais de Mâlay) et romains (camp de Mâlay), sont abandonnés par Philippe V à une branche cadette de la Maison de Sancerre (seigneurs de Sagonne) en échange de ses droits sur le comté d'Angoulême. A Pont-sur-Vanne, il est alors précisément fait état d'un droit de gîte en faveur du Roi. Plus tard encore, et peu avant 1575, le morcellement de la châtellenie de Mâlay-le-Roi (auj. -le-Petit) fait émerger une théorique seigneurie de Pont-sur-Vanne aux mains des seigneurs de Theil. [18]

Économie

De 1362 à 1623, Pont-sur-Vanne se distingue parmi toutes les paroisses du Sénonais, par l'importance de la culture locale de l'oignon, notamment dans les redevances des baux de terres. La colline dominant le village était couvert de vignes dès le Moyen Age. En aval de Pont, un moulin à eau est cité depuis 1245 et subsiste à l'état de bâti (2026). En contrebas de la colline Nord passe le grand chemin de Sens à Troyes. Au XIXe siècle, s'y fixe une aubergiste sur la route de poste de Sens à Troyes, organisée durant le règne de Louis XVI.

Pont-sur-Vanne s'est trouvé sur "la Vanne marchande". La construction de ce canal débutant à Saint-Liébault (auj. Estissac), a été confiée par Louis XIII à un bourgeois de Troyes. Il a permis jusqu'au milieu du XIXe siècle, de convoyer des flots de bois jusqu'au port de la Marchandise, proche de la confluence de la Vanne avec l'Yonne. Ces flots ne s'opérait pas par "trains", mais par bûches à flot.

Politique et administration

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
         
    Jean Dechambre[19]    

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[20]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[21].

En 2023, la commune comptait 216 habitants[Note 3], en évolution de +11,34 % par rapport à 2017 (Yonne : −1,78 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
254265260289297291309306322
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
350318354312312331316304283
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
274246231185181172184160166
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
175162142127137184195197191
2017 2022 2023 - - - - - -
194205216------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[22] puis Insee à partir de 2006[23].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments

L'église Notre-Dame de Pont-sur-Vanne est un des plus anciens exemples de l'art roman qui ait subsisté dans le nord de l'Yonne où l'influence gothique a très vite pris le dessus. L'église, dont certains éléments peuvent être datés du XIIe siècle est un bel exemple de nef avec une simple abside typique du roman icaunais. La tour-clocher décentrée est soutenue par de puissants contreforts.

En 1539, Pont-sur-Vanne a été autorisé, comme beaucoup d'autres bourgs de l'Yonne, à se clore de fossés et de murailles. En 1544, un texte évoque le détournement du cours de la Vanne (par le Nord) pour réaliser le chantier, alors achevé[24].

Église de Pont-sur-Vanne

Personnalités liées à la commune

  • Miles de Trémont. Chevalier originaire du Jovinien proche de Puisaye. Signalé de 1198 à 1211. Son fief de Trémont, au nord du finage de Pont-sur-Vanne et en bordure de la voie romaine suivant la ligne de crête entre Sens et Foissy, ferme l'accès vers Sens aux féodaux champenois postés à Foissy.
  • le bâtard de Colaverdey. Alors que depuis treize ans les Anglais ont quitté le Sénonais après le Troyen, ce combattant brigande depuis Pont-sur-Vanne. Il rançonne Jehan Le Becel, receveur de l'évêque de Troyes venu à Sens. Il lui vole son cheval et son manteau. Il les restitue contre rançon. Sans doute était-il retranché à Vermont.
  • Nicolas Marteau. Françoise Coiffart, veuve de Jehan Michel, capitaine de deux compagnies d'arquebusiers à pied, donne mandat à ce natif de Pont-sur-Vanne, pour obtenir le remboursement des équipements payés par son mari tué à l'assaut contre Vézelay en . Il était sous les ordres de Claude Hodoart, et en sous-ordre de Louis Prévost de Sansac, grand fauconnier de France, chargé par le Roi de reprendre Vézelay tombé au pouvoir des Huguenots.
  • Auguste-Bond Lavoué. Né vers 1804. Maire de Pont-sur-Vanne. Le 14 novembre 1870, il recueille un cavalier brandebourgeois du 16e régiment de hussard du IXe corps d'armée de l'armée du prince Frédéric-Charles de Prusse arrivant de Metz. Celui-ci, ivre à 18 h., est couché dans une chambre de la ferme du maire, pour "cuver son vin". Maîtrisé avec peine, il dort après s'être fortement agité. Bien entendu, à son réveil, le cavalier craignant une sanction traditionnellement violente dans son armée, est dirigé vers Chigy où loge une grosse troupe. Là, par lâcheté, il accuse son hôte pour éviter d'être mis en cause pour son ivrognerie. Sur le champ, les officiers décident de représailles. Le conseil de guerre tenu dans une maison voisine du maire décide de fusiller Auguste Lavoué et son berger. Le berger tente de s'enfuir, aggravant encore le sort de son employeur-maire. On cherche en vain les témoins français de la veille partis se cacher. Les deux hommes sont trainés derrière la dernière maison en direction de Chigy, et fusillés à 10 h. du matin. La maison est incendiée. Les gros barreaux de section carrée tordus par la violence de l'incendie se voyaient encore dans les années 2000.

Pour approfondir

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

Notes

  1. Les records sont établis sur la période du au .
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.

Cartes

  1. IGN, « Évolution comparée de l'occupation des sols de la commune sur cartes anciennes », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ).

Références

  1. Daniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale », Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography, no 501,‎ (DOI 10.4000/cybergeo.23155, lire en ligne, consulté le )
  2. « Zonages climatiques en France métropolitaine. », sur pluiesextremes.meteo.fr (consulté le ).
  3. « Orthodromie entre Pont-sur-Vanne et Coulours », sur fr.distance.to (consulté le ).
  4. « Station Météo-France « Coulours », sur la commune de Coulours - fiche climatologique - période 1991-2020. », sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  5. « Station Météo-France « Coulours », sur la commune de Coulours - fiche de métadonnées. », sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  6. « Les nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020. », sur drias-climat.fr (consulté le ).
  7. « Climadiag Commune : diagnostiquez les enjeux climatiques de votre collectivité. », sur meteofrance.com, (consulté le ).
  8. « La grille communale de densité », sur le site de l'Insee, (consulté le ).
  9. Insee, « Métadonnées de la commune de Pont-sur-Vanne ».
  10. « Liste des communes composant l'aire d'attraction de Sens », sur le site de l'Insee (consulté le ).
  11. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur le site de l'Insee, (consulté le ).
  12. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le ).
  13. Maximilien Quantin, Dictionnaire topographique de la France : Dictionnaire topographique du département de l'Yonne, Paris, Impr. impériale, , p. 101.
  14. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, vol. 2, Genève, Droz, , p. 1372.
  15. Ernest Nègre - Toponymie générale de la France - Volume 2 - Page 1109 - (ISBN 2600001336).
  16. Didier Perrugot, « Pont-sur-Vanne (89, Yonne). De l'archéologie à l'histoire », AU courant de la Vanne, no 25,‎ , p. 69 à 76
  17. Etienne Meunier, « Notes pour servir à l'histoire de Pont-sur-Vanne », Au courant de la Vanne, no 25,‎ , p. 19 à 68
  18. Etienne Meunier, « Brader les bijoux de grand-mère. », Au courant de la Vanne, no 25,‎ , p. 77 à 85
  19. Conseil général de l’Yonne, Ma Commune, consulté le 31 décembre 2013.
  20. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  21. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  22. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  23. Fiches Insee - Populations de référence de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020, 2021, 2022 et 2023.
  24. Etienne Meunier, « Notes pour servir à l'histoire de Pont-sur-Vanne », Au courant de la Vanne, no 25,‎
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