Pont de Villeneuve-le-Roi

Pont de Villeneuve-le-Roi
Le pont vu depuis Villeneuve-le-Roi.
Le pont vu depuis Villeneuve-le-Roi.
Géographie
Pays France
Région Île-de-France
Département Val-de-Marne
Commune(s) Villeneuve-le-Roi / Villeneuve-Saint-Georges
Coordonnées géographiques 48° 43′ 41″ N, 2° 26′ 38″ E
Fonction
Franchit Seine
Fonction Pont routier
Itinéraire D 136 (anciennement « chemin de grande communication n°32 de Massy à Brunoy »)
Caractéristiques techniques
Type Pont à poutres
Longueur 160 m
Portée principale 78 m
Largeur 14 m
Construction
Concepteur Henry Lossier
Architecte(s) Jean Démaret
Ingénieur(s) Henry Lossier
Maître(s) d'œuvre Société des ponts et travaux en fer
Entreprise(s) Entreprises Fourré & Rhodes
Géolocalisation sur la carte : Val-de-Marne
(Voir situation sur carte : Val-de-Marne)
Géolocalisation sur la carte : Île-de-France
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(Voir situation sur carte : France)

Le pont de Villeneuve-le-Roi, ou aussi appelé le pont de Villeneuve-Saint-Georges, est un pont qui traverse la Seine et relie les communes de Villeneuve-le-Roi et de Villeneuve-Saint-Georges.

Localisation

Il est situé à proximité de la gare de Villeneuve-Saint-Georges et de la confluence de la Seine avec l'Yerres.

Historique

Il existe des archives indiquant la présence d'un pont en bois à l'époque médiévale[1] (XIIIe siècle).

Pont suspendu de Villeneuve-Saint-Georges (vers 1910).

Au XIXe siècle, la construction d'un pont suspendu sur la Seine reliant Villeneuve-Saint-Georges à Villeneuve-le-Roi est décidée en 1839, juste en aval de l'embouchure de la rivière Yerres. Sa construction est réalisée par la compagnie des frères Seguin (selon la technique mise au point par l'ingénieur Marc Seguin) et achevée en 1843. Un tablier d'une longueur de 109 m est suspendu par des câbles métalliques reliés à une paire sur de pylônes sur chaque rive. Il est convenu de mettre en place un péage comme droit de passage pour une durée de 59 ans ; l'état et la commune verse une subvention de 53 000 francs. Il est coupé pendant la guerre de 1870 et remplacé par deux ponts flottants par les prussiens. Le pont suspendu est restauré après la guerre[2]. Le tablier en bois est remplacé en 1921 par un tablier semi-rigide après un accident survenu en 1919. Le pont suspendu est situé face à la rue du pont de fer à Villeneuve-Saint-Georges.

Un concours pour construire un nouveau pont sur la Seine sur le tracé du « chemin de grande communication n°32 de Massy à Brunoy » (Gc32) est lancé en 1935 par le département de Seine-et-Oise et est remporté par le projet d'Henry Lossier. Le pont suspendu lui-même est remplacé par le nouvel ouvrage achevé en 1939[3].

Les pylônes du pont suspendu qui se dressaient encore sur la commune de Villeneuve-Saint-Georges ont été rasés en 1994.

Le nouveau pont a été construit à partir de 1935 sur les plans de l'ingénieur conseil Henry Lossier par les Établissements Fourré et Rhodes[4]. Il est considéré à l'époque comme détenant « le record mondial de portée de poutre cantilever à âme pleine en béton armé »[5]. Ce nouveau pont est construit quelques dizaines de mètres en aval du premier pont, afin de dégager de la circulation du centre ville de Villeneuve-Saint-Georges. Il dispose d'un tablier monolithe de 137,2 m de longueur. Sa largeur est de 14 m utile pour la circulation (8,40 m pour la chaussée entourée deux trottoirs en encorbellement de 2,80 m)[3].

Pont de Villeneuve-le Roi détruit par le génie en 1940. Photo tirée de l'hebdomadaire Le Génie civil (21-28 juin 1941)[5].

Il a été dynamité en par le Génie français mais les deux piles n'ont pas été détruites. Une étude de reconstruction est produite en juin 1941 par Henry Lossier[5] mais seul un passage provisoire pour les piétons est rétabli[4].

Le pont n'est reconstruit par les mêmes intervenants qu'en 1948-1950 à la demande du service des Ponts et Chaussées, avec la contrainte de réutiliser les piles et une des deux culées[4]. La construction n'est pas reconduite à l'identique et porte des innovations : la travée centrale est articulée et la précontrainte extérieure (« les câbles sont extérieurs au béton ce qui facilite leur entretien et leur éventuel changement »[4],[6]).

Après les premiers brevets d'Eugène Freyssinet sur la précontrainte, Henry Lossier va mettre au point ce qu'il a appelé la « précontrainte réglable », technique proche de ce qui a été plus tard appelé la précontrainte extérieure. La première application de cette technique est faite sur ce deuxième pont de Villeneuve-le-Roi/Villeneuve-Saint-Georges[7].

En octobre 2012, la partie inférieure de la rampe d’accès à Villeneuve-le-Roi s'effondre à cause d'infiltrations ; elle datait du premier pont en béton de 1939. Après une réparation d'urgence, celle définitive dure 6 mois durant le deuxième semestre 2014 nécessitant d'établir la circulation dans un seul sens de Villeneuve-le-Roi vers Villeneuve-Saint-Georges.

Caractéristiques

Le pont actuel en béton précontraint comprend trois travées, avec une travée centrale articulée : l’arche centrale comprend une poutre indépendante de 39,11 m. Le pont utilise la technique innovante à l'époque de la précontrainte extérieure : l'ouvrage est soumis à une compression, longitudinale uniquement, au moyen de câbles mis en traction directe après durcissement du béton. Les câbles sont placés dans les 3 caissons en béton formant la poutre et rendus accessibles par des trappes de visite.

Les trois travées reposent sur les deux piles de l'ancien pont par l’intermédiaire d’articulations en béton fretté et sur les deux culées par l’intermédiaire de pendules en béton fretté.

Le pont se comporte « à la fois comme un pont en béton armé et comme un pont suspendu. Les câbles doivent être protégés de la corrosion et leur tension vérifiée régulièrement[4]. »

Galerie

Notes et références

  1. H.-V Dandrieux et Mme A. Dandrieux, Histoire de Villeneuve-Saint-Georges, Villeneuve-Saint-Georges, Imprimerie l’Union typographique, , 178 p..
  2. « Pont suspendu », notice no IA00126346, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. « Pont en béton armé de Villeneuve-Saint-Georges sur la Seine, près de Paris », Le Génie civil, no 2968,‎ , p. 1-6 et pl. 1 (BNF 34348662, lire en ligne).
  4. Isabelle Duhau, « 2.7 Le pont de Villeneuve-Saint-Georges », dans La Seine en amont de Paris, Paris, Conseil régional d'Île-de-France, (lire en ligne).
  5. Henry Lossier, « La reconstruction du pont en béton armé de Villeneuve-Saint-Georges, sur la Seine, près Paris », Le Génie Civil, t. CXVII, nos 3045-3046,‎ 21-28 juin 1941, p. 353-257 (lire en ligne).
  6. Cerema, Instruction technique pour la surveillance et l’entretien des ouvrages d’art – Fascicule 32 – Ponts en béton précontraint, Bron, Cerema éditions, coll. « Les références », , 166 p. (ISBN 978-2-37180-596-5, ISSN 2276-0164, lire en ligne [PDF]).
  7. Voir : Bernard Marrey, p. 144-145.

Annexes

Bibliographie

  • Henry Lossier, La reconstruction du pont en béton armé de Villeneuve Saint-Georges, sur la seine, près Paris, p. 253-257, "Le Génie civil", n°3045-3046, 21- (lire en ligne)
  • Henry Lossier, Visite du pont de Villeneuve-Saint-Georges, p. 210, "Travaux", , no 196
  • Bernard Marrey, Les ponts modernes 20e siècle, p. 144-145, 276, Picard éditeur, Paris, 1995 (ISBN 2-7084-0484-9)
  • Isabelle Duhau, les ponts et passerelles de l'OIN ORSA (Opération d'intérêt national Orly-Rungis-Seine-Amont) - Numéro de dossier : IA94000511 (enquête thématique départementale patrimoine fluvial, industriel, des réseaux et de l'habitat de l'OIN ORSA (Opération d'intérêt national Orly-Rungis-Seine-Amont)), Région Ile-de-France - Inventaire général du patrimoine culturel, , 163 p. (lire en ligne [PDF]), p. 125-146.

Articles connexes

Liens externes

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