Pont des Belles Fontaines

Pont des Belles Fontaines
Juvisy-sur-Orge - vue ouest du Pont des Belles Fontaines
Juvisy-sur-Orge - vue ouest du Pont des Belles Fontaines
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Essonne
Commune(s) Juvisy-sur-Orge
Coordonnées géographiques 48° 41′ 10″ N, 2° 22′ 23″ E
Fonction
Franchit Orge
Fonction pont routier
Itinéraire Nationale 7 (ancienne route royale de Paris à Fontainebleau)
Caractéristiques techniques
Type Pont à une arche
Longueur 11,25 m
Largeur
  • en 1 728 : 9 m
  • en 1 970 : élargissement à 16,25
 m
Hauteur 12 m
Matériau(x) pierre
Construction
Construction 1724-1728
Architecte(s) Jacques de La Guépière (2e phase : à partir de 1716), François Romain (1re phase : 1714 - 1715)
Maître d'ouvrage Jean-François Mignot, grand voyer
Entreprise(s) Claude Bonneau, entrepreneur
Gestion
Propriétaire Commune
Historique
Protection Logo monument historique Classé MH (1914)
Géolocalisation sur la carte : Essonne
(Voir situation sur carte : Essonne)
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Géolocalisation sur la carte : Île-de-France
(Voir situation sur carte : Île-de-France)

Le pont des Belles Fontaines est un pont datant du XVIIIe siècle (travaux commencés en 1724 et achevés en 1728), construit à Juvisy-sur-Orge afin de prolonger la route royale devenue aujourd'hui la Nationale 7 (avenue de la Cour de France à Juvisy-sur-Orge). Il permet à la Nationale 7 de passer au-dessus de l'Orge. Le remblai de la chaussée a été percé à 75 m du pont pour laisser passer la ligne du Paris- Orléans en 1843, puis celle de la grande couronne. Le passage a été élargie ensuite avec l'augmentation du nombre de voies. Il laisse passer également le RER C.

Le pont des Belles Fontaines est classé monument historique en 1914[1].

Position

Le Pont des Belles Fontaines correspond à l'intersection de la Nationale 7 et l'Orge. Un ouvrage d'art postérieur, décalé de 75 m, permet le passage des voies ferrées dont la ligne du RER C direction Dourdan/Étampes.

L'ancienne voie romaine, la via romana des plateaux, quitte à Juvisy le plateau surplombant la Seine et l'Orge : devenue aujourd'hui la Nationale 7, elle accuse une pente en courbe avant de traverser l'Orge grâce au Pont des Belles Fontaines, puis elle s'engage dans la plaine de la Seine en traversant Viry-Châtillon.

Structure

Le pont est constitué de plusieurs arches, dont une seule enjambe l'Orge. Les autres arches enjambent soit un terrain vague, soit la ligne du RER C.[réf. nécessaire]

Des arches parallèles sont construites dès l'origine pour renforcer les remblais.[réf. nécessaire]

Histoire

La route royale de Paris à Fontainebleau passait à l'origine par le bourg de Juvisy et sa pente à 18% occasionnait de nombreux accidents (actuelle rue Camille Flammarion) sur la chaussée rendue dangereuse par temps de pluie et en hiver. Dans le cadre de la construction de la nouvelle route « Pavé Royal de Lyon » au début du XVIIIe siècle, il est décidé de contourner le bourg et de mettre en place une nouvelle route de déviation longue de 2 728 m disposant d'une pente douce et régulière n'excédant pas 4,16%. Le service royal des Ponts et chaussées entreprend de surélever la chaussée dans la plaine de l'Orge, de construire un nouveau pont sur la rivière de l'Orge et de creuser une tranchée dans le coteau pour déboucher sur le plateau au niveau d'Athis-Mons. Ce chantier d'envergure nécessite de grand travaux de sappe, employant deux régiments d'infanterie appuyés par des spécialistes du Génie experts en explosifs. « Le coteau est entaillé sur une longueur de 777 mètres pour réaliser une tranchée de 12 mètres de profondeur maximale dont les déblais sont transportés pour former le remblai de 509 m. La chaussée commence au niveau de Viry-Châtillon et se prolonge sous forme de levée de terre rectiligne de 1677 m de long, enjambant un bras de décharge de l'Orge sur le pont dit du "Mort-Rû"[2]. »

Appelé à l'origine le Pont du roy, l'ouvrage est terminé en 1728. Quatre personnes sont intervenues dans la conception et la réalisation de cet ouvrage. Le frère dominicain, architecte et ingénieur, doyen du Corps des ponts et chaussées, François Romain, est intervenu pendant les études préliminaires dans les années 1714-1715. Le financement de la construction est assuré par Jean-François Mignot, trésorier général des finances, grand voyer, commissaire de Sa Majesté pour les ponts et chaussées de la généralité de Paris depuis le . Le contrôle de l'exécution est effectué par Jacques de La Guépière, nommé inspecteur des ponts et chaussées le . La construction du pont est réalisée par l'entrepreneur Claude Bonneau, architecte des bâtiments du roi, qui a emporté les marchés de l'ouvrage en 1724 et 1728[2]. De 1724 à 1726, la voûte du pont et deux murs convergents de chaque côté raidis par sept contreforts sont érigés. Après l'effondrement de l'un de ces murs en avril 1727, l'écartement des murs convergents est assuré par une série de sept arcs doubleaux.

Fontaines monumentales sur le pont, vers 1933-1938.

Ayant découvert plusieurs sources à cet endroit, deux fontaines monumentales[3] sont commandées, avec l'approbation de Louis XV qui les considère comme des trophées en son honneur. La nature est en effet, depuis Louis XIV, un élément fondamental de l'ornementation royale : il symbolise le pouvoir du roi sur la nature longtemps ressentie comme élément indomptable par l'homme.

La découverte des sources aurait contribué à l'arrêt des travaux. Sculptées par des artistes de l’Académie, les deux fontaines donnèrent leur nom au pont : le pont des Belles Fontaines.

Les fontaines permettaient aussi de faire boire les chevaux des cochers et cavaliers.

Le pont et les fontaines ont été restaurés en 1813 sous le Premier Empire à la demande de Napoléon Bonaparte, qui a l'habitude de s'y arrêter en se rendant à Fontainebleau.

Illustration du pont permettant le passage de la voie ferrée Paris-Orléans au travers du remblai dans un magazine allemand publié en 1843.

Depuis cette période, l'arrivée à Juvisy-sur-Orge de la ligne de chemin de fer Paris-Orléans, mise en service en 1843, a nécessité de percer le remblai à 75 m du pont de façon à ne pas modifier la pente de la chaussée. Le trafic ferroviaire ne cessant de croître, la percée doit être élargie d'abord pour le passage en 1902 de 4 voies ferrées puis en 1974 de 6 voies ferrées.

En 1970, la section de la Nationale 7 portant le pont est élargie de 9 m à 16,25 m (passage de deux à cinq voies de circulation) : les deux fontaines doivent être déplacées. Elles sont réinstallées en 1977 dans le parc Ducastel de la mairie de Juvisy : il s'agit d'une reconstitution du même écart de voie, avec simulation du pavage et du muret comme sur le pont d’origine.

Description des fontaines

La base Palissy[3] donne la description suivante pour les fontaines de 7,5 m de hauteur :

« 

  • Borne fontaine aval : le Temps, sous forme d'un vieillard terrasse Mathusalem ; le portrait du roi Louis XV de profil dans un médaillon est coiffé d'un génie ailé tenant un sablier. Un amour, étendu devant une gerbe de lys, présente un brin de verdure, représentant la Renommée s'apprêtant à couronner l'effigie royale.
  • Borne fontaine amont : deux jeunes garçons dressés sur une peau de lion portent un globe fleurdelysé, coiffé d'une couronne. »

Le pont dans les arts

Le peintre Raymond Desvarreux-Larpenteur a peint une scène historique intitulée La Halte de l'Empereur qui représente Napoléon Bonaparte, descendu de sa voiture à cheval, au pied d'une des fontaines du pont le soir du où il apprend que Paris a capitulé[4],[5]. Il abdique le .

Galerie

Notes et références

  1. Notice no PA00087929, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. « Inventaire général : Pont des Belles fontaines ; route nationale 7 », notice no IA91000741, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. Notice no IM91001424, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  4. G. Lenotre, « Chapitre II. — Les adieux de Fontainebleau », dans Rois sans royaume, Paris, Flammarion, (BNF 34019541, lire en ligne)
  5. Florence Méréo, « La nuit où Napoléon a tout perdu », Le Parisien,‎ (lire en ligne, consulté le ).

Annexes

Liens externes

  • icône décorative Portail des ponts
  • icône décorative Portail des routes
  • icône décorative Portail des transports en Île-de-France
  • icône décorative Portail de l’Essonne