Pont vivant (Roubaud)

Pont vivant
Artiste
Date
1897
Type
Technique
Dimensions (H × L)
214 × 354 cm
No d’inventaire
Ж-101
Localisation
Soldats, sous-officiers et officiers (17e régiment de chasseurs en 1802) par Adolf Charlemagne
Sous-officiers et général de grenadiers (15e régiment de grenadiers de Tiflis) en 1797.

Le Pont vivant est un tableau du peintre russe d'origine française Franz Roubaud, réalisé en 1897, d'après les évènements de l'un des épisodes de la guerre russo-persane de 1804-1813.

Contexte de l'évènement représenté sur le tableau

En , le souverain persan Fath Ali Chah Qadjar, profitant du fait que les forces russes se battent à l'Ouest avec l'armée de Napoléon Ier, fait déplacer ses troupes jusqu'à la ville de Chouchi (située à cette époque dans le khanat du Karabakh devenu aujourd'hui un territoire de l'Azerbaïdjan).

L'armée perse comptait environ 40 000 hommes sous le commandement d'Abbas Mirza. L'armement de cette armée comprenait encore la platine à mèche datant du XVIe siècle.

En face, l'armée russe se composait du 17e régiment de chasseurs sous le commandement du colonel Pavel Kariaguine (ru), de la compagnie du régiment de mousquetaires de Tiflis (en) sous le commandement du capitaine Tatarintsov et du 7e régiment d'artillerie (23 canonniers, un canon de 8 livres Licorne (en), pesant 524 kg, et un canon de 6 livres, pesant jusqu'à 1 tonne) sous le commandement du sous-lieutenant Sidor Goudim-Levkovitch. Au total 493 baïonnettes et deux canons sous le commandement du colonel Kariagine[1].

Après plusieurs affrontements, le régiment de Kariagine et les troupes perses se sont rencontrés près de la ville de Choucha. À plusieurs reprises les perses sont passés à l'offensive, mais à chaque fois les chasseurs russes les repoussèrent.

Fin juillet 1805, les forces russes sont venues en renfort du régiment de Kariagine.

Sujet

Une bataille s'engage avec les troupes perses. Les artilleurs russes doivent changer de position de toute urgence. Mais sur leur chemin ils trouvent un large fossé qui ne peut être contourné. Les soldats se couchent alors l'un sur l'autre comme un pont vivant, depuis le fond du fossé jusqu'au niveau où les canons peuvent passer. Des avant-trains d'artillerie tirés par des chevaux portant les canons sont tirés alors vers le fossé puis par dessus les corps des soldats russes qui gémissent de douleur.

Sur l'exploit du soldat Gavril Sidorov

Au moment où se terminait un ultimatum, le détachement de Kariaguine quitte secrètement la forteresse de Chahbulag, pour se diriger vers celle de Mokhratagh. Il dispose de 179 hommes, deux canons et des charges de canon 45. Au matin du , l'avant-garde du major Piotr Kotliarevski (ru) a pris la citadelle de Mokhratagh. Alors que les forces du détachement de Kariagine traversaient les montagnes avec des canons, la route est traversée par un profond promontoire de la rivière Tartar, au travers duquel il était impossible de faire passer des canons.

Le temps manquait pour construire un pont. Sans canon, le détachement était condamné à mort, en présence de forces ennemies supérieures en nombre.

Le soldat Gavril Sidorov lance alors : « Le canons c'est la grande dame du soldat, elle a besoin d'aide », puis saute au fond du fossé en tenant quelques planches au-dessus de sa tête. Dix autres soldats suivent son exemple.

Deux canons en fonte - une licorne pesant 35 pouds (573 kg) et un bombardier de 60 pouds (982 kg) sont alors traînés par les chevaux de l'autre côté en passant sur le corps des soldats étendus, sous leurs gémissements, leurs grincements de dents, le craquement de leurs os.

Cette histoire a inspiré l'artiste d'origine française Franz Roubaud, qui en a fait un tableau.

Selon A. V. Potto dans son ouvrage Les Exploits du colonel Kariaguine, le « pont vivant » aurait été monté à partir de fusils, et plusieurs soldats l'ont soutenu pour que la structure ne s'effondre pas. Le premier canon a traversé le pont sans incident, mais le second est tombé et a frappé Gavril Sidorov et un autre soldat avec une des roues. Cela leur a fait subir un traumatisme crânien qui les a tué[2]. Les victimes ont été enterrées sur les lieux.

Références

(ru) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en russe intitulé « Живой мост (картина) » (voir la liste des auteurs).

Liens externes

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