Portrait de Marie-Anne d'Escoubleau de Sourdis

| Artiste | |
|---|---|
| Date | |
| Type | |
| Matériau | |
| Dimensions (H × L) |
54 × 36 cm |
| Mouvement |
Le Portrait de Marie-Anne d'Escoubleau de Sourdis est une peinture à l'huile sur toile réalisée vers 1867-1872 par le peintre français Jean-Léon Gérôme. L'œuvre, qui mesure 54 × 36 cm, appartient à une collection particulière.
Il s'agit d'un portrait en pied représentant Marie-Anne d'Escoubleau de Sourdis (1853-1938). Elle est la fille de Lina M. Augustine d'Escoubleau de Sourdis et de Pierre Alexandre Mathelat de Bourbévelle. En 1870, elle épouse Charles-Joachim Lefèvre (1826-1896), maire de Chamant et passionné de hippisme[1].
Attribution et identification du modèle
Pendant un temps, le tableau est identifié comme représentant Marie Gérôme, née Goupil, fille du marchand d'art Adolphe Goupil, que Gérôme épouse en 1863. Toutefois, la comparaison avec les portraits connus de Marie Gérôme ne confirme pas cette identification.
Les recherches récentes tendent à identifier le modèle comme Marie-Anne d'Escoubleau de Sourdis, épouse Lefèvre. L'œuvre est vraisemblablement peinte au début des années 1870, alors que Gérôme séjourne à Londres afin d'échapper à la guerre franco-prussienne. Cette hypothèse est renforcée par la présence, au verso de la toile, du timbre du fabricant Winsor & Newton, fournisseur britannique dont Gérôme utilise les supports durant son séjour en Angleterre. Gérôme réalise en 1872 un portrait de Charles-Joachim Lefèvre le représentant appuyé contre la barrière de l'hippodrome de Newmarket. Ce portrait est également exécuté sur une toile de Winsor & Newton. Il est probable que Lefèvre commande simultanément un portrait de son épouse.
Contexte et interprétation
L'année 1872 constitue un moment marquant dans la vie de Charles-Joachim Lefèvre. Il connaît alors un important succès comme propriétaire de chevaux de course en Angleterre, notamment avec sa jument Reine à Newmarket, et figure parmi les propriétaires les plus récompensés de l'année. Cette période correspond également à son mariage avec Marie-Anne, réputée pour sa grande beauté.
Plusieurs éléments iconographiques renforcent l'hypothèse d’un portrait célébrant leur union. Le portrait masculin reflété dans le miroir placé derrière le modèle pourrait représenter Charles-Joachim Lefèvre. Le petit chien — possiblement un griffon ou un ratier de Prague — tenu dans les bras de la jeune femme constitue un symbole traditionnel de fidélité conjugale.
Analyse stylistique
Le tableau se distingue par la virtuosité technique de Gérôme, notamment dans le rendu des matières. La robe de satin blanc témoigne d'une grande maîtrise dans la représentation des textures et des effets lumineux, évoquant l'influence de Jean-Auguste-Dominique Ingres dans le traitement des textiles. Toutefois, Gérôme dépasse ce modèle par une attention minutieuse portée à l'environnement intérieur : le tapis à motifs, le velours capitonné, le satin du fauteuil et des tentures murales, ainsi que le marbre de la cheminée orné de bronzes dorés finement détaillés. Cette richesse décorative contraste avec les arrière-plans généralement plus sobres des portraits d'Ingres ou de ceux qu'il réalise de sa famille.
La signature de l'artiste figure en bas à gauche, entre le fauteuil et la cheminée J.L.GEROME.
Historique des ventes
L'œuvre est présentée lors d’une vente anonyme organisée par Sotheby Parke Bernet à Londres le sous le titre Portrait de Marie Gérôme, née Goupil. Elle est de nouveau proposée à la vente en 2020 par Christie's, atteignant le prix de 93 750 dollars[2].
-

-

-
Buste de Marie-Anne au musée d'Orsay.
Notes et références
- Portail de la peinture
- Portail de la France au XIXe siècle
- Portail des années 1860
- Portail des années 1870