Portrait de madame de Soer de Solières

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| Dimensions (H × L) |
60,2 × 50,2 cm |
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Le Portrait de madame de Soer de Solières est un pastel réalisé en 1897 par Adrien de Witte, peintre belge et professeur à l'Académie royale des beaux-arts de Liège. Dans une symphonie de gris, de blanc et de mauve, l'artiste brosse le portrait « d'une grande dame parée avec le plus grand raffinement »[1].
Élaboration et genre artistique
Ce portrait au pastel est réalisé en 1897 par Adrien de Witte[2],[3], qui, à cette époque, se consacre pleinement aux multiples cours qu'il prodigue à l'Académie royale des Beaux-Arts Liège[4],[5]. De 1885 jusqu'à sa mise à la retraite en 1921, il se centre sur l'enseignement « au détriment de sa production personnelle »[5],[6],[7]. On retrouve néanmoins « la même virtuosité attentive » dans les œuvres qu'il produit durant cette période[8].
Le catalogue qu'effectuent, en 1927, Charles Delchevalerie et Armand Rassenfosse de l'œuvre du peintre dénombre seulement sept pastels[9]. La quasi-totalité correspond à des portraits et six sur sept sont exécutés entre 1887 et 1900, plus un dernier qui est daté de 1922[9].
Madame de Soer de Solières
Adèle Cornélie Hyacinthe Wittert de Hoogland (d), née en 1826 à Liège, est la nièce du Baron Adrien Wittert (d), qui, à sa mort, survenue en 1903, lègue à l'université de Liège une importante collection de livres rares, tableaux, dessins, estampes et autres objets d'art, qui forment le cœur des collections de l'actuel musée Wittert[1],[10].
En 1846, elle épouse Oscar de Soer de Solières (d)[1],[11]. Ce dernier est bourgmestre pendant un peu plus de 35 ans de la commune de Ben-Ahin, membre fondateur de la nouvelle Société royale d’horticulture de Liège en 1860 et officier de l'ordre de Léopold[1],[11],[12]. À partir de 1882, le couple réside à l'hôtel Desoër de Solières[13], que Mme de Soer de Solières hérite de son père, le général baron Adrien Aimé Thomas Wittert (1798-1880)[14], qui lui-même l'a obtenu en héritage de son épouse, Catherine Richard (1795-1872)[15], fille de l'ancien notaire Jean-Jacques Richard[16].
M. de Soer de Solières, homme charmant doté « d'une grande affabilité et d'une courtoisie d'une autre époque », décède en à l'âge de 82 ans[12]. Pour sa part, « Madame Adèle, baronne Wittert de Hoogland » meurt, âgée de 81 ans, le [17].
Parcours de l'œuvre
Selon le catalogue Delchevalerie-Rassenfosse de 1927, l'œuvre fait partie des collections de M. de Soer[9], probablement l'un des descendants ou parents du couple. En 1981, elle est répertoriée comme étant la propriété de M. Maxime de Soer de Solières dans le catalogue de l'exposition Adrien de Witte : Dessins - Pastels - Gravures[2]. Elle est mise en vente aux enchères à l'hôtel des ventes Mosan (Liège) en [18].
Réception critique
En 1906, l'écrivain et critique d'art Luca Rizzardi (d) considère que les portraits réalisés par Adrien de Witte sont « merveilleux de ressemblance, à la fois physique et morale » et que, dans ses portraits au pastel, « la précision n'a pas exclu la fermeté »[19]. Selon l'historienne de l'art Emmanuelle Sikivie, les « quelques portraits de bourgeois respectables » que l'artiste exécute au pastel, comme par exemple ceux de Maurice Chizelle, d'Édouard Brahy-Prost et de Mme de Soer de Solières, sont des « portraits conventionnels où le modèle est figuré dans une attitude classique et où chaque détail de la physionomie ou du vêtement est admirablement rendu »[20].
Dans le catalogue de l'exposition Adrien de Witte : Dessins - Pastels - Gravures de 1981, Françoise Clercx-Léonard-Etienne et Sylvie Lejeune commentent le portrait en ces termes : « Dans une magnifique symphonie de gris, de blanc et de mauve, de Witte nous a laissé le portrait d'une grande dame parée avec le plus grand raffinement. Le même ruban de satin parme mêlé à la dentelle, orne les cheveux blancs relevés et le jabot retenu par une broche en brillants assortie aux boucles d'oreilles. L'artiste a merveilleusement rendu les motifs et la transparence de la dentelle »[1].
Expositions
- 1927 : Exposition d'ensemble de l'œuvre d'Adrien de Witte (dans le cadre du Salon de la Société royale des Beaux-Arts), du au , Palais des Beaux-Arts du parc de la Boverie, Liège (438 œuvres, dont le présent portrait, de de Witte sont exposées)[1],[21],[22],[23] ;
- 1950 : Rétrospective Adrien de Witte, du au , musée des Beaux‑Arts, Liège[1],[24].
- 1981 : Adrien de Witte : Dessins - Pastels - Gravures, du au , cabinet des Estampes et des Dessins, Liège (catalogue no 91)[25].
Notes et références
- Clercx-Léonard-Etienne et Lejeune 1981, p. 64.
- Clercx-Léonard-Etienne et Lejeune 1981, p. 63.
- ↑ Adrien de Witte, « Portrait de Mme de Soer de Solières »
, sur Art-info.be (consulté le )
- ↑ Delchevalerie 1949, p. 5-6.
- Clercx-Léonard-Etienne et Lejeune 1981, p. 17, 19.
- ↑ Bosmant 1930, p. 148-149.
- ↑ Bronze 2001, p. 504.
- ↑ Delchevalerie 1949, p. 7.
- Delchevalerie 1927, p. 68.
- ↑ « Adrien Wittert »
, sur musée Wittert (consulté le )
- Joseph Beaujean et Régine Fabri, « Personnalités illustres et méconnues de la botanique et de l'horticulture en province de Liège », Lejeunia, Revue de Botanique, (ISSN 0457-4184 et 2295-7243, lire en ligne
, consulté le )
- « Nécrologie », La Meuse, , p. 3 (lire en ligne
)
- ↑ Chronique archéologique du pays de Liége, vol. 56-61, Liège, Institut archéologique liégeois, (lire en ligne), p. 77
- ↑ « Décès Adrien Aimé Thomas Wittert le 16 juin 1880 à Liège »
, sur Archives Ouvertes (consulté le )
- ↑ « Décès Anne Catherine Marguerite Josephe Richard le 30 décembre 1872 à Liège »
, sur Archives Ouvertes (consulté le )
- ↑ Théodore Gobert, Les rues de Liège: anciennes & modernes, t. II, Liège, Librairie Louis Demarteau, 1884-1901, 641 p. (OCLC 69331299, lire en ligne
), p. 466
- ↑ « Chronique locale (p. 3) : Nécrologie (p. 5) », La Meuse, , p. 3 et 5 (lire en ligne
)
- ↑ Adrien de Witte, « Portrait de Madame de Soer de Solières-Wittert »
, sur La Gazette Drouot,
- ↑ Rizzardi 1906, p. 57.
- ↑ Sikivie 1988, p. 238.
- ↑ « Société royale des Beaux-Arts : Le Salon de 1927 », La Meuse, Liège, vol. 72e année, no 64, , p. 4 (lire en ligne
)
- ↑ « L'inauguration du Salon de mai », La Meuse, Liège, vol. 72e année, no 126, , p. 4 (lire en ligne
)
- ↑ Arsène Heuze, « À la Société royale des Beaux-Arts : Salon de 1927 : Exposition Rétrospective des œuvres d'Adrien de Witte », La Meuse, Liège, vol. 72e année, no 144, , p. 2 (lire en ligne
)
- ↑ Charles Delchevalerie, « Wallonie Magazine : À la veille d'un centenaire », La Wallonie, vol. 39e année, no 225, 23 et 24 septembre 1950, p. 8 (lire en ligne
)
- ↑ Clercx-Léonard-Etienne et Lejeune 1981, p. 63-64.
Annexes
Bibliographie
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- Jules Bosmant, La peinture et la sculpture au pays de Liège de 1793 à nos jours, Liège, Mawet éditeur, , 316 p. (OCLC 458651068, BNF 31848054, SUDOC 020550065).

- Françoise Clercx-Léonard-Etienne et Sylvie Lejeune, Adrien de Witte : Dessins - Pastels - Gravures (Catalogue de l'exposition organisée au cabinet des Estampes - musée de la Boverie du au ), Liège, Imprimerie Georges Thone, , 104 p. (OCLC 10610655).

- Charles Delchevalerie, Adrien de Witte : peintre, dessinateur et graveur. Catalogue de son œuvre précédé d'une notice par Charles Delchevalerie, Liège, Imprimerie Bénard, , 94 p. (OCLC 31671709).

- Charles Delchevalerie, Monographies de l'art belge : Adrien de Witte, Anvers, De Sikkel, , 43 p. (OCLC 459141599).

- Jean-Patrick Duchesne (directeur scientifique), Vers la modernité : le XIXe siècle au pays de Liège (Catalogue de l'exposition organisée au Musée de l'Art wallon et à la salle Saint-Georges, à Liège, du au ), Stavelot, Imprimerie J. Chauveheid, , 565 p. (OCLC 66405174).
- David Bronze, « Biographies : De Witte Adrien (Liège, 1850-1935) », Vers la modernité : le XIXe siècle au pays de Liège, , p. 503-504.

- David Bronze, « Biographies : De Witte Adrien (Liège, 1850-1935) », Vers la modernité : le XIXe siècle au pays de Liège, , p. 503-504.
- Luca Rizzardi, « Peintres et aquafortistes liégeois : Adrien de Witte », Revue de Belgique, Bruxelles, P. Weissenbruch, vol. XLVIIIe année, , p. 52-57 (lire en ligne
). 
- Jacques Stiennon, Jean-Patrick Duchesne et Yves Randaxhe, de Roger de le Pasture à Paul Delvaux : cinq siècles de peinture en Wallonie, Bruxelles, Lefebvre & Gillet, , 335 p. (ISBN 9782871480167 et 287148-0168, OCLC 489961289).
- Emmanuelle Sikivie (rédaction de l'article), « Ombres et lumières de la ville », de Roger de le Pasture à Paul Delvaux : cinq siècles de peinture en Wallonie, , p. 231-257.

- Emmanuelle Sikivie (rédaction de l'article), « Ombres et lumières de la ville », de Roger de le Pasture à Paul Delvaux : cinq siècles de peinture en Wallonie, , p. 231-257.
Liens externes
- Art-info.be : Portrait de Mme de Soer de Solières
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