Power, Corruption and Lies

Power, Corruption and Lies

Album de New Order
Sortie
Enregistré octobre à novembre 1982
Studios Britannia Row, Islington (Londres)
Durée 42 min 36 s
Genre Post-punk, synthpop, new wave
Producteur New Order
Label Factory Records

Albums de New Order

Power, Corruption and Lies est le deuxième album studio du groupe anglais New Order, sorti en 1983.

Historique

Cet album marque un virage important dans la carrière du groupe, après des albums post-punk pour passer à la synthpop, voire de la musique électronique, marqué par le single Blue Monday, sorti la même année et qui est devenu la meilleure vente de maxi 45 tours en Angleterre. L'album est paru sous le code FACT75 (pour le LP) et FACD75 (pour le CD).

C'est à cette époque que le groupe précise son style avec une basse distinctive de plus en plus présente, de façon rythmique pour des compositions guitare/basse classiques (Age of Consent, Leave Me Alone), mais aussi plus mélodique lorsque la rythmique est plutôt assurée de façon électronique (Blue Monday, Your Silent Face).

Stephen Morris ira jusqu'à déclarer que, d'après lui, Power, Corruption and Lies est « le premier "vrai" album de New Order, parce qu'il s'éloigne de ce qu'on faisait auparavant avec Joy Division et s'aventure dans quelque chose de complètement différent »[1].

À partir de 2013, Peter Hook and The Light l'ont rejoué sur scène. Plusieurs albums live sont venus documenter cette représentation, à commencer par le double CD Movement & Power, Corruption & Lies (Live At Manchester Cathedral 18th January 2013). Les arrangements originaux sont respectés et les huit titres y figurent regroupés dans l'ordre de l'album historique.

À l'instar de Movement en 2019, une definitive edition est publiée en 2020, qui ne comprend cependant pas certains enregistrements de cette époque tels Video 5 8 6 ou le Hacienda Christmas Flexi – Factory FAC 51B (Rocking Carol / Ode to Joy)[2]. Celle-ci est publiée le [3].

Un livre relatant l'enregistrement de l'album est sorti en 2016 (The Blue Monday Diaries: In The Studio With New Order), écrit par le journaliste Michael Butterworth, présent aux côtés du groupe à l'époque[4].

Contenu

La chanson Age of Consent, qui ouvre l'album, est particulièrement célèbre pour le riff de basse inaugural de Peter Hook, considéré comme l'un des plus reconnaissables et entraînants du groupe. Stephen Morris a par ailleurs révélé en 2021 que la partie de batterie était une réutilisation partielle de la chanson Love Will Tear Us Apart de Joy Division, dans une version alternative de Martin Hannett. Le titre viendrait lui, selon Peter Hook, d'un article du Sunday Times évoquant les relations sexuelles toujours plus précoces entre jeunes[5],[6], tandis que Stephen Morris évoque lui le film éponyme de Michael Powell (sorti en 1969)[7].

La chanson Your Silent Face, construit sur de longs passages instrumentaux de synthétiseurs, est un hommage au groupe allemand Kraftwerk, pionnier de la musique électronique, et en particulier à leur titre Trans Europe Express. La première version de la chanson était d'ailleurs nommée KW1 (pour Kraftwerk 1)[8],[9].

La chanson 5 8 6 tire son nom de la structure musicale du morceau au début de sa conception (5 temps pour la 1re mesure, 8 temps pour la 2e, 6 temps pour la 3e), qui est également celle de la chanson Ecstasy[7]. Longue de 7 minutes et 31 secondes, la chanson comporte une longue intro qui serait en réalité une version ralentie et retravaillée du reste du morceau[10].

Le titre de la chanson The Village est une référence à la série télévisée britannique Le Prisonnier[7].

La chanson Leave Me Alone a été reprise par Thurston Moore (Sonic Youth) en 2019, et enregistrée à Salford en signe de respect pour Bernard Sumner et Peter Hook (tous deux nés dans cette ville)[11].

Pochette

Henri Fantin-Latour, Un panier de roses (1890).

La pochette de l'album, conçue par Peter Saville, est une reproduction du tableau Un panier de roses d'Henri Fantin-Latour[12] qui fait partie de la collection permanente de la National Gallery de Londres. Initialement, Peter Saville souhaitait s'inspirer d'un tableau sombre de la Renaissance pour s'accorder avec le titre de l'album qu'il trouvait « machiavélique »[13]. Il s'est rendu à la National Gallery à la recherche d'un portrait, puis a changé d'avis trouvant finalement l'association trop évidente. C'est sa compagne de l'époque qui lui a donné l'idée d'utiliser le tableau de Fantin-Latour en regardant des cartes postales rapportées du musée. La reproduction du tableau a pu être utilisée grâce à l'autorisation exceptionnelle du directeur de la National Gallery, sur une demande de Tony Wilson.

Titres de l'album

  1. Age of Consent (5:16)
  2. We All Stand (5:14)
  3. The Village (4:37)
  4. 586 (7:31)
  5. Your Silent Face (6:00)
  6. Ultraviolence (4:52)
  7. Ecstasy (4:25)
  8. Leave Me Alone (4:39)

2008 Collector's Edition bonus disc

  1. Blue Monday – 7:32
  2. The Beach – 7:22
  3. Confusion – 8:15
  4. Thieves Like Us – 6:38
  5. Lonesome Tonight – 5:13
  6. Murder – 3:57
  7. Thieves Like Us (Instrumental) – 6:59
  8. Confusion (Alt Version) (Instrumental) – 7:36

2020 Definitive Edition bonus disc

  1. Age of Consent (Writing Session Recordings)
  2. The Village (Writing Session Recordings)
  3. 5 8 6 (Writing Session Recordings)
  4. Your Silent Face (Writing Session Recordings)
  5. Ecstasy (Writing Session Recordings)
  6. Leave Me Alone (Writing Session Recordings)
  7. Turn the Heater on (John Peel Session 1982)
  8. We All Stand (John Peel Session 1982)
  9. Too Late (John Peel Session 1982)
  10. 5 8 6 (John Peel Session 1982)
  11. Too Late mix instrumental (John Peel Session demo 1982)
  12. Thieves Like Us (New York Session demo)
  13. Thieves Like Us (Writing Session Recordings)
  14. Murder (Writing Session Recordings)
  15. Blue Monday #1 (Writing Session Recordings)
  16. Blue Monday #2 (Writing Session Recordings)
  17. Blue Monday instrumental demo (Album Session Recordings)

Classements et certifications

Classements hebdomadaires

Classement (1983) Meilleure
place
Drapeau de l'Australie Australie (ARIA)[14] 38
Drapeau du Canada Canada (RPM)[15] 66
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande (RIANZ)[16] 3
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas (Mega Album Top 100)[17] 14
Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni (UK Albums Chart)[18] 4

Certifications

Région Certification Ventes/Streams
Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni (BPI)[19] Disque d'argent Argent 60 000^

*Ventes selon la certification
^Mise en rayon selon la certification
xNon précisé par la certification

Notes et références

  1. (en) Stephen Morris, Fast Forward - Confessions of a Post-Punk Percussionist, volume 2, Royaume-Uni, Constable, , 456 p. (ISBN 978-1-47213-254-3), p. 134
  2. Steve Hoffman Forums
  3. New Order annonce la sortie de « Power, Corruption & Lies» ! - rfm.fr, le
  4. (en) Dave Jennings, « The Blue Monday Diaries: In The Studio With New Order – Michael Butterworth: Book Review », sur Louder Than War,
  5. (en) Dave Simpson, « This article is more than 6 years old New Order: where to start in their back catalogue », sur The Guardian,
  6. (en) « Song Stories: New Order: Age of Consent », sur Beyond the Grooves,
  7. Michael Butterworth, The Blue Monday Diaries: In the Studio with New Order, Plexus Publishing Ltd, (ISBN 978-0-85965-546-0 et 978-0-85965-866-9), p. 131-135
  8. Jack, « « Trans-Europe Express » de Kraftwerk en sept influences », sur Canal +,
  9. (en) John Doran, « New Order - Power, Corruption & Lies Review », sur BBC,
  10. Peter Hook, Substance - Inside New Order, Simon & Schuster, Limited, (ISBN 978-1-4711-3243-8), p. 121-123
  11. (en) Janice Headley, « Thurston Moore Covers New Order's "Leave Me Alone" », sur KEXP,
  12. (en-GB) « Ignace-Henri-Théodore Fantin-Latour | A Basket of Roses | NG3726 | National Gallery, London », sur www.nationalgallery.org.uk (consulté le )
  13. Gareth Grundy, « Peter Saville on his classic Joy Division and New Order artwork », sur the Guardian, (consulté le )
  14. Kent, David, Australian Chart Book 1970–1992, St Ives, N.S.W., Australian Chart Book, (ISBN 0-646-11917-6)
  15. « RPM Top 100 Albums », RPM, vol. 38, no 20,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  16. (en) Charts.org.nz – New Order – Power, Corruption & Lies. RIANZ. Hung Medien. Consulté le 4 novembre 2019.
  17. (nl) Dutchcharts.nl – New Order – Power, Corruption & Lies. Mega Album Top 100. Hung Medien. Consulté le 4 novembre 2019.
  18. (en) Official Albums Chart Top 100. UK Albums Chart. The Official Charts Company. Consulté le 4 novembre 2019.
  19. (en) « Royaume-Uni album certifications – New Order – Power, Corruption & Lies », British Phonographic Industry Entrez Power, Corruption & Lies dans le champ Search. Sélectionnez titre dans le champ Search by. Sélectionnez « album » dans le champ « By Format ». Cliquez « Go »

Bibliographie

  • (en) Michael Butterworth, The Blue Monday Diaries: In the Studio With New Order, Royaume-Uni, Plexus Publishing Ltd, , 192 p. (ISBN 978-0859655460)
  • (en) Peter Hook, Substance - Inside New Order, Royaume-Uni, Simon & Schuster, , 752 p. (ISBN 978-1-4711-3242-1), p. 121-123
  • (en) Stephen Morris, Fast Forward - Confessions of a Post-Punk Percussionist, volume 2, Royaume-Uni, Constable, , 456 p. (ISBN 978-1-47213-254-3), p. 134
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