Pranu Muttedu

Pranu Muttedu
Complexe archéologique de Pranu Muttedu
Image illustrative de l’article Pranu Muttedu
Alignement mégalithique.
Localisation
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Sardaigne
Province Sardaigne du Sud
Commune Goni
Coordonnées 39° 34′ 02″ nord, 9° 16′ 14″ est
Histoire
Époque Néolithique
Géolocalisation sur la carte : Italie
(Voir situation sur carte : Italie)
Pranu Muttedu
Pranu Muttedu
Géolocalisation sur la carte : Sardaigne
(Voir situation sur carte : Sardaigne)
Pranu Muttedu
Pranu Muttedu

Pranu Muttedu, ou selon son nom complet le complexe archéologique de Pranu Muttedu, est un site préhistorique daté du Néolithique situé à Goni, dans la province de Sardaigne du Sud. Le site comporte la deuxième plus grande concentration de menhirs de Sardaigne, deux tombes mégalithiques et une domus de janas entourée de cercles de pierres.

Le site a été inscrit en 2025 sur la liste du Patrimoine mondial avec 26 autres sites néolithiques de Sardaigne.

Historique

La zone archéologique de Pranu Muttedu a été explorée entre 1975 et 1984 par Enrico Atzeni, qui a mis au jour de nombreux monuments funéraires (cercles recouverts d’un tumulus avec chambres internes, hypogées bicellulaires) et des menhirs[1].

En 2025, le site archéologique de Pranu Muttedu fait partie de l'ensemble inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO sous le nom « Tradition funéraire dans la Sardaigne préhistorique – Les domus de janas »[2].

Monuments

Menhirs

Environ 60 menhirs ont été recensés sur le site, isolés, par paire ou alignés, soit la deuxième plus grande concentration de menhirs de Sardaigne après celle de Biru 'e Concas. Ces menhirs sont de type aniconique et proto‑anthropomorphe. La plupart de ces monolithes ont été retrouvés abattus et ont été redressés in situ lors des fouilles[1].

Dans la partie occidentale de la zone archéologique, à courte distance de la tombe II et du « grand cercle », on peut voir un alignement mégalithique composé de 18 monolithes en grès local disposés le long d’un axe orienté est‑ouest, s'étirant sur une longueur totale de 32 m. Les menhirs sont dressés à une distance variable les uns des autres (minimum 0,50 m, maximum 2 m). Leur hauteur varie de 0,50 à 2,70 m[3]. Certains menhir sont brisés et, pour la plupart, très érodés en surface. Toutefois, les mieux conservés permettent encore d’observer le soin apporté à leur finition, obtenue par une percussion fine et minutieuse. La plupart des menhirs sont de type aniconique, tandis qu’au moins trois (menhirs V, VII et XII) présentent des caractéristiques proto‑anthropomorphes, avec un profil tendant à l’ogival et une section plano‑convexe[1].

Environ à 30 m à l’est du dernier menhir, hors de l’axe de l’alignement, se trouvent deux autres monolithes[1]. Un menhir proto‑anthropomorphe accompagne la tombe V et trois menhirs sont dressés autour de la tombe IV[3].

Tombes mégalithiques

La tombe II se distingue par son caractère monumental : elle comporte un bloc monolithique parfaitement travaillé au marteau, duquel rayonnent de petites chambres disposées en éventail, l’ensemble étant entouré d’un péristalithe de forme annulaire, lui‑même inclus dans une enceinte plus vaste, ceinturée de menhirs proto‑anthropomorphes, parfois alignés. Il s’agit très certainement d’un centre cérémoniel, où les rituels communautaires étaient centrés sur une forme de culte des ancêtres, dont les corps étaient conservés dans les structures funéraires. Les fouilles n’ont pas permis de récupérer les restes humains, détruits par le temps et l’acidité des sols, mais il est presque certain que la tombe II abritait les dépouilles de personnages éminents de la communauté[4].

La tombe III, située environ 30 mètres au nord de la tombe I, est constituée d’une petite enceinte en pierre de forme elliptique (7 m × 6 m) qui renferme, en son centre, un petit espace de plan quadrangulaire. La maçonnerie externe est formée de deux rangées de blocs de grandes dimensions et avait pour fonction de retenir le tumulus de terre et de pierres qui devait à l’origine recouvrir la sépulture. L’entrée de la chambre, orientée à l’est, est constituée d’un couloir (long. 2,50 m ; larg. 1 m) délimité par de grandes dalles plantées de chant, quatre de chaque côté, dont certaines ont conservé leur hauteur originelle d’environ un mètre. Le petit espace central (long. 0,80 m ; larg. 0,60 m), ouvert à l’est, est fermé sur ses côtés sud et ouest par des dalles dressées, tandis que le côté nord est constitué d’un mur de pierres. L'éboulis présent autour de la tombe pourrait correspondre à l’effondrement de la couverture tumulaire[5].

La tombe V correspond à une chambre funéraire quadrangulaire, entourée d'un péristalithe et précédée d’un long dromos. Le matériel archéologique découvert témoigne du rang élevé des individus inhumés : un bol décoré, deux petits poignards en silex de grande qualité, des lames également en silex, des pointes de flèche en obsidienne et deux éléments de collier en argent[4] qui appartiennent aux plus anciens objets métalliques de Sardaigne[6].

Domus de janas

Datation

La découverte sur le site de fragments de céramiques datés de la culture d’Ozieri, de perles en argent et de poignards en silex de type « remedellien »[3] atteste d'une fréquentation du Néolithique récent jusqu’au début de l’Âge du cuivre[1].

Notes et références

  1. Catalogo dei siti, p. 407.
  2. « Tradition funéraire dans la Sardaigne préhistorique – Les domus de janas », sur UNESCO
  3. Merella 2009.
  4. Perra 2017, p. 162-163.
  5. Catalogo dei siti, p. 431.
  6. (it) Maria Grazia Melis, « L’eredità del Neolitico. La Sardegna tra il IV e il III millennio a.C. », dans Alberto Moravetti, Paolo Melis, Lavinia Foddai, Elisabetta Alba, La Sardegna preistorica : Storia, materiali monumenti, Carlo Delfino Editore, , 500 p. (ISBN 9788893610827), p. 91

Annexes

Bibliographie

  • (it) Salvatore Merella, I menhir della Sardegna, Sassari, , 372 p. (lire en ligne), p. 166-167
  • (it) Mauro Perra, « Le statue antropomorphe prima dei nuraghi », dans Alberto Moravetti, Paolo Melis, Lavinia Foddai, Elisabetta Alba, La Sardegna preistorica : Storia, materiali monumenti, Carlo Delfino editore, , 500 p. (ISBN 9788893610827), p. 159-178

Articles connexes

Liens externes

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