Première guerre ottomano-sorane

Première guerre ottomano-sorane
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L’Émirat de Soran à son apogée (1835)
Informations générales
Date 1832-1834
Lieu Anatolie, Mésopotamie
Issue Victoire de Soran
Commandants
Mir Mohammed de Rawanduz
Bedirxan Beg
Seyféddine Beg
Rasul Beg
Drapeau de l'Empire ottoman Mahmoud II
Drapeau de l'Empire ottoman Mehmed Rechid Pacha
Drapeau de l'Empire ottoman Gouverneur de Bagdad
Drapeau de l'Empire ottoman Gouverneur de Mossoul
Forces en présence
près de 10 000 (cavaliers) et 20 000 (Fantassins)[1] Armée de 3 Éyalets (Sivas, Mossoul et Bagdad)[1]
Pertes
Inconnues Lourdes (soldats épuisé et démoralisé)[1]

La Première guerre ottomano-sorane a eu lieu en 1832, après que Mir Mohammed de Rawanduz eut conquis les émirats kurdes voisins. Il déclara alors son indépendance et infligea une défaite aux Ottomans en interceptant toutes les offensives ottomanes entre 1832 et 1834[1].

Origines du conflit

Le centre de gravité des soulèvements kurdes au XIXe siècle restait concentré dans le massif montagneux du Kurdistan méridional. Après le déclin de l’émirat des Baban, c’est Mir Mohammed, souverain de la principauté de Soran, située entre le Grand Zab et la frontière iranienne, qui entreprit de créer un État kurde indépendant. Descendant de Saladin, il ambitionnait de réunifier les terres kurdes et de faire reconnaître l’indépendance du Kurdistan sous l’égide de sa propre dynastie[1].

Le contexte géopolitique était favorable : l’Empire ottoman sortait affaibli de sa guerre contre la Russie, tandis que ses troupes étaient mobilisées face aux forces de Méhémet Ali, vice-roi d’Égypte, en rébellion contre le pouvoir central[1].

S’inspirant du modèle égyptien, Mir Mohammed lança un vaste programme de modernisation à Rawanduz, sa capitale. Il y fit établir des manufactures d’armement destinées à produire fusils, munitions et canons. Plus de deux cents pièces d’artillerie furent fabriquées localement, dont certains exemplaires sont encore conservés à Rawandouz et au musée de Bagdad. En parallèle, il constitua une armée régulière bien entraînée, composée d’environ 10 000 cavaliers et 20 000 fantassins.

À la fin du mois de , ses troupes avaient établi leur autorité sur une grande partie du Kurdistan méridional — incluant les régions de Soran, Bahdinan et Mossoul et obtient une alliance avec les Émirs de la principauté de Bohtan[1],[2],[3].

Mir Mohammed continua alors son Expansion en prenant la province de Diyarbakir[4]

La guerre contre l’Empire ottoman

L’expansion militaire et politique de Mir Mohammed attira rapidement l’attention de la Sublime Porte. En réaction, le sultan Mahmud II ordonna une campagne militaire destinée à écraser le mouvement kurde. Les troupes impériales basées à Sivas, dirigées par Mehmed Rechid Pacha, furent mobilisées, appuyées par les forces des walis (gouverneurs) de Mossoul et de Bagdad[1].

La guerre ottomano-sorane éclata durant l’été 1834. Selon le témoignage du capitaine Helmuth von Moltke, alors conseiller militaire auprès des Ottomans, les combats furent particulièrement intenses. Il rapporta que les Kurdes opposèrent une résistance héroïque, obligeant les soldats ottomans à se battre pendant trente à quarante jours pour s’emparer du moindre monticule ou colline. L’armée régulière kurde, soutenue par des unités de guérilla, infligea de lourdes pertes à l’ennemi[1].

Épuisées et démoralisées, les troupes ottomanes furent battues, laissant à Mir Mohammed le contrôle effectif du territoire[1].

Les conquêtes

Le Mir de Rawanduz prit le contrôle de nombreux émirats kurdes voisins et avança dans la région de Diyarbakır. Il vainquit à plusieurs reprises les forces de l’Empire ottoman[1].

Références

  1. Gérard Chaliand, Les Kurdes et le Kurdistan, La Découverte (réédition numérique FeniXX), (ISBN 978-2-348-00865-8, lire en ligne)
  2. ↑ Michael Eppel, A People Without a State: The Kurds from the Rise of Islam to the Dawn of Nationalism, University of Texas Press, (ISBN 978-1-4773-0911-7, DOI 10.7560/309117, lire en ligne)
  3. ↑ (en) The Kurdish National Movement: Its Origins and Development, Syracuse University Press, (ISBN 978-0-8156-3093-7, lire en ligne)
  4. ↑ (tr) Fatih Gencer, « TANZİMAT FERMANI ÖNCESİ DOĞU VİLAYETLERİNE YÖNELİK OSMANLI MERKEZİLEŞME POLİTİKASI », Journal of History School, vol. 11, no XXXVI,‎ , p. 130–148 (ISSN 1308-5298, DOI 10.14225/Joh1407, lire en ligne, consulté le )
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