Premier éveil national letton

Premier éveil national letton
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Image allégorique de l'éveil national letton illustrant un poème de Juris Alunāns (1873).

Date 1850
Lieu Drapeau de la Lettonie Lettonie

Le premier éveil national letton (letton : Pirmā atmoda) est un mouvement de renaissance culturelle et nationale qui se déroule en Lettonie entre 1850 et 1880 sous l'impulsion des Jeunes Lettons, un groupe opposé à la domination germano-balte dans les gouvernements de Livonie et de Courlande, jetant les bases de l'État-nation letton moderne[1]. Ce mouvement est influencé par les mouvements nationalistes romantiques européens comme la Jeune-Allemagne et la Renaissance culturelle tchèque. L'essentiel de leurs efforts est consacré à l'éducation de leurs compatriotes, à la critique des Allemands et à la lutte contre la stigmatisation de la langue, des traditions et de la culture lettones.

Le mouvement prend naissance après 1850 à l'Université de Tartu, alors le plus prestigieux établissement d'enseignement du gouvernement de Livonie, fréquentée par une trentaine d'étudiants lettons. Krišjānis Valdemārs, un étudiant de Courlande, affiche dans sa chambre universitaire un message se déclarant Letton, un geste inédit à l'époque[2]. Très vite, un groupe d'une dizaine d'étudiants se forme autour de lui ; ils organisèrent des soirées lettones durant lesquelles ils débattaient de la condition des Lettons opprimés par les Allemands. Juris Alunāns et Krišjānis Barons en deviennent rapidement des figures de proue.

Les revues Mājas Viesis et Pēterburgas Avīze éditées respectivement à Riga et à Saint-Pétersbourg publient les articles sur l'histoire nationale, le folklore, la culture et la langue littéraire nationale, établissant ainsi les traditions de la critique littéraire lettone. Le mouvement fut initialement soutenu par les autorités russes, qui y voyaient un outil contre les provinces baltes sous domination allemande[3].

En 1868, le jeune Letton Fricis Brīvzemnieks commençe à collecter des chants folkloriques lettons appelés Dainas. Son travail fut poursuivi par Krišjānis Barons, qui publia en 1894 le premier recueil de dainas[4].

Le professeur Jēkabs Jūsmiņš de l'université de Tartu, lors de ses recherches sur la Chronique des rimes livonienne (Livländische Reimchronik), tombe sur la mention d'un drapeau rouge-blanc-rouge. Les étudiants lettons de Tartu commencent alors à utiliser un drapeau similaire. Ces couleurs devinrent par la suite le drapeau de la Lettonie[5].

Atis Kronvalds œuvre sans relâche pour la modernisation de la langue lettone en créant de nombreux nouveaux mots.

En 1868, la Société lettone de Riga fut fondée, initialement comme organisation caritative venant en aide aux victimes des mauvaises récoltes. Elle organise la vie culturelle lettone à Riga et dans ses régions. La première troupe de théâtre lettone, dirigée par Ādolfs Alunāns, y fut créée en 1870, marquant ainsi l'émergence du théâtre en letton.

En 1873, le premier Festival national letton des chants et de danses a lieu à Riga mettant en vedette les chants folkloriques lettons. Parmi les nouveaux chants présentés à cette occasion, l'un d'eux, composé par Kārlis Baumanis, devint plus tard l'hymne national de la Lettonie. Craignant la montée du nationalisme, son titre original, Dievs, svētī Latviju, qui signifie littéralement Dieu, bénis la Lettonie fut changé par la censure russe en Dieu, bénis les pays baltes.

En 1888, l'épopée nationale Lāčplēsis, écrite par Andrejs Pumpurs, fut publiée pour la première fois[6].

C'est un mouvement culturel qui touche principalement les classes instruites et qui s'essouffle rapidement à mesure que la société lettone gagne en maturité et s'intéresse à de nouvelles idées politiques et scientifiques. Nombre de ses figures de proue, les Jeunes Lettons, meurent prématurément ou travaillent en Russie, loin de leur patrie. La Lettonie connaîtra également une vague de russification durant laquelle l'usage du letton sera interdit dans les écoles ce qui réduira les effets du premier éveil national. Il sera toutefois suivi par le mouvement du Nouveau Courant (Jaunā strāva), beaucoup plus politisé, qui aboutira à la création du Parti social-démocrate.

Notes et références

  1. ↑ (en) Vita Zelče, « The New Latvians », ResearchGate,‎ (lire en ligne)
  2. ↑ « Happy 200th birthday, Krišjānis Valdemārs! », sur lsm.lv,
  3. ↑ Eduards Liniņš, « Latviešu nacionāli politiskās preses aizsākumi: "Mājas Viesis" un "Pēterburgas Avīzes" », sur Latvijas Radio,
  4. ↑ (en) Wojciech Roszkowski, Cultural Heritage of East Central Europe, , 260 p. (ISBN 9788364091551, lire en ligne)
  5. ↑ Justyna Petit, Daniel Petit, Parlons letton, Harmattan, , 284 p. (ISBN 9782296350335, lire en ligne), p. 16
  6. ↑ (en) Simon J. Bronner, The Practice of Folklore : Essays Toward a Theory of Tradition, University Press of Mississippi, , 382 p. (ISBN 9781496822666, lire en ligne), p. 252

Liens externes

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