Premier ministre de Madagascar
| Premier ministre de Madagascar (mg) Praiminisitr'i Madagasikara | ||
Sceau du Premier ministre de Madagascar | ||
Titulaire actuel Mamitiana Rajaonarison depuis le (2 mois et 7 jours) | ||
| Création | ||
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| Titre | Son Excellence | |
| Mandant | Président de la République | |
| Durée du mandat | Indéterminé | |
| Premier titulaire | Andriamihaja | |
| Résidence officielle |
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| Rémunération | 10 200 000 d'ariary net par mois[1]. | |
| Site internet | https://www.primature.gov.mg/ | |
| Liste des Premiers ministres de Madagascar | ||
Le Premier ministre de Madagascar (en malgache: Praiminisitra) est le chef du gouvernement de Madagascar. Nommé par le président de la République, il est habituellement issu d'un parti politique appartenant à la majorité de l'Assemblée nationale.
L'actuel titulaire de la fonction est Mamitiana Rajaonarison depuis le .
Histoire
Origines dans la monarchie merina (1833-1896)

La fonction de Premier ministre à Madagascar trouve son origine dans la monarchie merina au XIXe siècle. La première mention officielle de ce titre remonte à 1833 avec Rainiharo, membre de l'oligarchie hova du clan des Andafiavaratra, qui devint à la fois l'amant et le « Premier ministre » de la reine Ranavalona Ire, Andriamihaja n'ayant été que « ministre en chef »[2].
Sous le règne des souverains merina, la pratique du pouvoir reposait sur un équilibre entre le souverain (représentant les nobles andriana) et le Premier ministre (représentant les roturiers hova). Ce poste, souvent occupé par un amant officiel de la reine, permettait une forme de tutelle sur la royauté[2].
La figure la plus marquante de cette période est sans conteste Rainilaiarivony, qui dirigea le royaume de 1864 à 1895 en tant que Premier ministre et époux successif des trois dernières reines (Rasoherina, Ranavalona II et Ranavalona III)[3]. Son action fut entièrement guidée par la préservation de l'indépendance face aux visées coloniales françaises et britanniques. Il entreprit d'importantes réformes militaires, réorganisant l'armée, rappelant les réservistes dès 1866, et n'hésitant pas à s'attaquer aux privilèges de la noblesse pour créer une armée plus méritocratique[3].
Face à la menace française, Rainilaiarivony fit venir des instructeurs étrangers et développa une industrie militaire locale avec l'aide de Jean Laborde. Il sut également mobiliser psychologiquement la population, n'hésitant pas à faire fabriquer 90 000 sagaies en 1883 pour galvaniser les esprits[3]. Son rôle fut crucial pendant la première guerre franco-malgache (1883-1885), où il fit preuve d'une résistance inflexible, refusant catégoriquement toute idée de protectorat français[3].
Suppression et résurgence après l'indépendance
Le poste de Premier ministre fut supprimé par le gouverneur général français Joseph Gallieni en , après la conquête coloniale et l'exil de Rainilaiarivony[2].
Pendant toute la période coloniale et les premières années de la Première République (1958-1975), le poste de Premier ministre n'exista pas. Philibert Tsiranana, premier président de la République, concentrait l'ensemble du pouvoir exécutif[2], après avoir toutefois été Premier ministre pro tempore en 1958.
La fonction réapparut dans un contexte de crise. En , confronté à d'importantes mobilisations sociales, Tsiranana donna les pleins pouvoirs au général Gabriel Ramanantsoa, qu'il nomma « chef du gouvernement » pour se maintenir au pouvoir. Le poste était ainsi recréé pour quelques mois à un moment de crise politique et sociale[2].
Sous la Deuxième République (1975-1992), la Constitution prévoyait un Premier ministre nommé par le président, mais celui-ci restait un simple exécutant du chef de l'État[2].
La « bicéphalie conflictuelle » de la Troisième République (1992-2010)
La Constitution de 1992, née du mouvement de contestation contre le président Didier Ratsiraka, instaura un régime parlementaire radical. Pour la première fois, le Premier ministre était élu par l'Assemblée nationale, tandis que le président restait élu au suffrage universel direct. Cette « invention malgache » créait « deux personnes détentrices de deux pouvoirs légitimes au sein du même pouvoir exécutif »[2].
Ce système bicéphale, conçu pour limiter les pouvoirs d'un président jugé trop puissant, engendra une instabilité gouvernementale chronique et des conflits permanents entre les deux têtes de l'exécutif[2].
Face à ces dysfonctionnements, les révisions constitutionnelles de 1995, 1998 et 2007 (sous Marc Ravalomanana) revinrent à un système présidentiel où le président nommait directement le Premier ministre.
La Constitution de 2010 : un hybride source de blocages
La Constitution de 2010, adoptée en pleine crise politique, tenta une synthèse complexe. Le Premier ministre n'est plus élu directement par l'Assemblée, mais il doit « émaner de la majorité parlementaire » qui le propose, le président se contentant de le nommer[2].
Ce système hybride peut conduire à des cohabitations forcées lorsque la majorité parlementaire est hostile au président, comme cela s'est produit après les élections de 2013 où la nomination du Premier ministre prit 80 jours[2]. Cette conception rend le président dépendant de l'Assemblée nationale et peut générer des blocages dans l'exercice du pouvoir, perpétuant l'instabilité qui a marqué l'histoire de cette fonction à l'époque contemporaine.
En 2025, face à l'ampleur des manifestations et à l'impossibilité de contenir la colère populaire, le président Andry Rajoelina met fin aux fonctions de Christian Ntsay en annonçant la dissolution de son gouvernement le , plongeant alors Madagascar dans une situation d'incertitude[4]. Au bout de trois jours de réunion, l'Assemblée nationale ne parvient à trouver un consensus sur les candidats à proposer au chef de l'État.
Après une semaine de concertation avec l'Assemblée nationale, Andry Rajoelina nomme le général de division Ruphin Zafisambo, ex-directeur du cabinet de Christian Ntsay, Premier ministre.
Conditions d'exercice du mandat
Nomination
En application de l'article 54 de la Constitution de Madagascar[5], le Premier ministre est nommé par le Président de la République sur proposition du parti ou du groupe de partis majoritaire à l'Assemblée nationale. Le président peut également mettre fin à ses fonctions, soit sur la présentation par celui-ci de la démission du gouvernement, soit en cas de faute grave ou de défaillance manifeste.
Motion de censure
La procédure par laquelle l'Assemblée nationale peut mettre en cause la responsabilité du Premier ministre est une motion de défiance constructive. Il ne peut ainsi être renversé par une majorité négative, c’est-à-dire s’il a contre lui une majorité des députés même de tendances opposées, mais par une majorité positive[6].
Fonctions
Selon la Constitution de la IVe République, le Premier ministre conduit la politique générale de l'État et est le Chef de l'Administration. Il a également l'initiative des lois et veille à l'exécution des décisions de la justice[7].
Bureaux
De 1828 à 1894, le palais d'Andafiavaratra accueillait les bureaux du Premier ministre. Depuis 1977, les bureaux du Premier ministre siègent au palais de Mahazoarivo, dans le IIe arrondissement d'Antananarivo[8].
Liste des titulaires
Notes et références
- ↑ Décret 2018-1617 Fixant le régime des indemnités des membres du gouvernement.
- Toavina Ralambomahay, « Le poste de Premier ministre à Madagascar. Une singularité au prisme des crises », sur Cairn.info, (consulté le ).
- Jacqueline Ravelomanana, « Rainilaiarivony (1864-1896) face aux Grandes Puissances franco-britannique : un Héros, un Patriote », sur HAL, (consulté le ).
- ↑ « EXECUTIF – Andry Rajoelina dissout le gouvernement », sur 2424.mg - L'actualité à Madagascar en temps réel, (consulté le ).
- ↑ Constitution de la Quatrième République (lire en ligne
[PDF]), Article 54 (page 11).
- ↑ Constitution de la Quatrième République, 37 p. (lire en ligne
[PDF]), Article 100 (page 23).
- ↑ Constitution de la Quatrième République, 37 p. (lire en ligne
[PDF]), Article 65 (page 13).
- ↑ « Historique | Primature » (consulté le ).
Voir aussi
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