Prionailurus javanensis
Chat de Java, Chat-léopard de la Sonde
Statut CITES
Répartition géographique
- Felis javanensis (Demarest, 1816) (Protonyme)
- Felis javanica (H. R. Schinz, 1821)
- Felis sumatrana (Horsfield, 1821)
- Felis undata javanensis (J. B. Fischer, 1829)
- Felis undata sumatrana (J. B. Fischer, 1829)
- Felis angulifera (H. G. L. Reichenbach, 1834)
- Felis javanica (Schlegel, 1837)
- Felis sumatrensis (Schlegel, 1837)
- Felis sumatranus (E. Blyth, 1840)
- Panthera angulifera (Fitzinger, 1868)
- Felis javensis (J. E. Gray, 1874)
- Felis javensis (D. G. Elliot, 1882)
- Felis punctulata (D. G. Elliot, 1882)
- Felis microgale (E. Dubois, 1908)
- Felis tingia (Lyon, 1908)
- "Felis" macrogale (M. Kretzoi, 1929)
- Felis bengalensis sumatrana (G. S. Miller, 1942)
- Felis bengalensis borneoensis (D. D. Davis, 1962)
- Prionailurus bengalensis heaneyi (Groves, 1997)
- Prionailurus bengalensis rabori (Groves, 1997)
- Prionailurus bengalensis sumatranus (Wozencraft, 2005)
- Felis tinga (R. D. Fisher & Ludwig, 2016)
- Prionailurus javanensis (Mammal Diversity Database, 2018)
Prionailurus javanensis, le Chat de Java ou Chat-léopard de la Sonde, est une espèce de mammifères carnivores de la famille des Félidés (les félins). Elle est endémique des îles de la Sonde, en Asie du Sud-Est.
Dénominations
- Nom scientifique valide : Prionailurus javanensis (Desmarest, 1816)[1] ;
- Nom normalisé anglais : Sunda léopard-cat[2],[3] ;
- Noms vulgaires : Chat-léopard de la Sonde[3], Chat de Java[4], Chat de Sumatra[5] ;
- Noms vernaculaires : Chat-léopard.
Taxonomie
Histoire
L’espèce à été décrite scientifiquement en 1816 sous le nom de Felis javanensis et « Chat de Java » comme nom figuré[4], suivit de la sous-espèce autrefois nommée Felis umatranus quelques années plus tard par Thomas Horsfield en 1821[6], avant d’être reclassé assez rapidement sous l’espèce du Chat-léopard du Bengale (à l’époque appelé Felis undata) par Fisher en 1829[1]. Au cours du XXe siècle, plusieurs spécimens seront découverts, eux aussi associé à l’espèce Prionailurus bengalensis : Prionailurus bengalensis borneoensis par Leo Brongersma en 1935 depuis Bornéo[7] et P. b. heaneyi depuis l’île de Palawan[8] dans les philippines et P. b. rabori depuis les îles Negros, Cebu et Panay, tous deux décrits en 1997 par Colin Groves, sur la base d’une analyse morphologique de 147 peaux et 100 crânes de chats-léopards provenant d’Asie du Sud-Est[8].
Ce n’est qu’à la suite d’une réorganisation complète de la famille des félins par la Cat Specialist Group en 2017 que le clade Indonésien sera séparé du clade continental[3]. Dans le même temps, les trois dernières sous-espèces découvertes après Sumatranus ont été incorporées dans cette dernière, sans aucun doute possible[3]. Au sein de la diversification de l’espèce, les résultats d’une étude phylogéographique indiquent que la lignée du chat-léopard de la Sonde aurait divergé au Pléistocène moyen. La population de Bornéo aurait colonisé Sumatra et l’île philippine de Palawan après l’éruption du Toba, lorsque ces îles étaient connectées durant la glaciation du Pléistocène supérieur. Étant donné que les populations de Palawan et de Negros présentent peu de différences génétique, il est possible que l’espèce ait été introduite par l’Homme de Palawan vers Negros et les îles voisines[9], notamment P. j. heaneyi[3].
Sous-espèces
| Nom binominal, vernaculaires et auteur | Description | Répartition | Synonymes (anciennes sous-espèces) |
|---|---|---|---|
| P. j. javanensis (Desmarest, 1816) Chat de Java (Espèce-type) ![]() |
Le pelage est d’une teinte d’un gris brunâtre[3]. | Îles de Java et Bali[3]. | - |
| P. j. sumatranus (Horsfield, 1821) Chat de Sumatra ![]() |
Le pelage possède une grande variété de teinte d’un brun plus ou moins prononcé[3] et d’un gris clair à un gris jaunâtre[8]. | Sumatra, Bornéo, ainsi que les îles de Palawan, Cebu, Negros et Panay dans les Philippines[3] . |
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Description
Dimensions
Il a une forme élancé, avec de longues pattes et des membranes bien définies entre les doigts. Sa tête est petite et son museau est court et étroit[8]. Comme toutes les espèces du genre Prionailurus, ses oreilles sont arrondies[10], mais sont d’une longueur modérée[8]. Pour ses dimensions, Desmarest le décrit sobrement : « A peu près de la taille du chat domestique. »[4], â ceci près que ce dernier possède des pattes plus courte et a une forme plus trapu[2]. Mais par rapport au chat-léopard du Bengale, le chat de Java reste plus petit, avec une queue plus courte[2] : l’espèce mesure 39 à 50 cm de longueur pour le corps, 22 cm de queue[2], faisant environ 40 à 50% de la longueur du corps[11]. La hauteur au garrot est de 30 à 35 cm[2]. Il pèse un poids allant de 0,55 à 3,8 kg[2],[8] . Les femelles sont semblables aux mâles ou légèrement plus graciles : la circonférence crânienne est de 8,0 cm pour une largeur de 5,8 cm chez le mâle et d’une longueur de 7,7 cm pour une largeur de 5,6 cm chez la femelle. La formule dentaire est composée de 30 dents. Le nombre de chromosomes est de 38[2].
Pelage et motifs

Dans sa première description de l’espèce, Desmarest décrivit l’animal de la manière suivante : « Pelage d'un gris-bran clair en dessus et blanchâtre en dessous, avec quatre lignes de taches brunes allongées sur le dos, et des taches rondes épaisses sur les flancs ; une bande transverse sous la gorge, et deux ou trois autres sous le cou. »[4].« Il a assez de rapports avec le margay dans la distribution de ses couleurs. Fond du pelage brun clair, avec des taches brunes très marquées ; celles du dos allongées et disposées sur quarre lignes parallèles entres elles ; une bande partant de l'œil, et allant en arrière se recourber pour former une sorte de collier sous la gorge, que suivent sous le cou deux ou trois autres bandes. »[4]. Le pelage est court et fin[2]. Sa tête est marquée de deux bandes sombres prononcées partent des yeux vers les oreilles et de petites stries blanches s’étendent des yeux vers le museau[8]. L’arrière des oreilles modérément est noir avec des taches blanches centrales. Le corps et les membres sont parsemés de taches noires de tailles et de nuances variables, et le long du dos se trouvent trois rangées de taches allongées qui se rejoignent pour former des bandes complètes chez certaines populations[8] et quatre bandes longitudinales sont visibles sur la nuque et le cou[2]. La queue présente quelques anneaux peu perceptibles près de son extrémité noire. La couleur générale du pelage varie d’une teinte brune, d’un brun grisâtre à un brun roussâtre, qui s’assombrit d’aventage sur l’échine[2], pour un poil blanc ou crème sur le ventre et le poitrail[2],[8]. Deux variantes principales de coloration ont été observées. Les populations de Java, Bali et Palawan sont gris clair, parfois d’un gris jaunâtre, avec des taches petites peu marquées, forment des bandes incomplètes et rapprochées entre elles le long du dos. Celles de Sumatra, Bornéo et Negros présentent un pelage d’une teinte chaude de couleur ocre avec des taches plus grandes et bien distinctes[8]. Cette teinte foncée au niveau du pelage et ses taches bien marquées, sont un signe distinctif le différenciant du chat-léopard du Bengale[2].
Distribution et habitat
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Comme son nom l’indique, cette espèce occupe la zone géographique correspondant à l’archipel de la Sonde en Asie du Sud-Est : il occupe les îles indonésiennes de Sumatra, Bornéo, Java, Bali, Tebingtinggi,ainsi que les îles de Palawan, Negros, Cebu et Panay sur l’archipel des Philippines[8]. Son habitat naturel est constitué de forêts tempérées sempervirentes, mais il s’est également adapté aux paysages modifiés par l’homme, tant qu’il existe une couverture végétale appropriée, et fréquente les zones agricoles telles que les plantations de caoutchouc, de palmier à huile et de canne à sucre[12].
Dans la réserve naturelle de Tabin (en) au Sabah, les chats-léopards de la Sonde présentaient des domaines vitaux moyens de 3,5 km2[13].
Dans le Kalimantan, les chats-léopards de la Sonde ont été enregistrés dans des forêts marécageuses mixtes et des forêts intérieures denses, à des altitudes inférieures à 20 m, à proximité du Parc national de Sabangau entre 2008 et 2018[14].
Écologie et comportement
Activité et territorialité
Des chats-léopards de la Sonde pris par des pièges photo dans le Kalimantan entre 2008 et 2018 étaient principalement nocturnes, avec un rythme d’activité chevauchant celui du chat à tête plate (Prionailurus planiceps)[14]. Ceux observés dans une plantation de palmier à huile au centre du Kalimantan étaient actifs de la fin de l’après-midi au début de la matinée[15]. Neuf individus équipés de collier émetteurs dans le Sabah utilisaient principalement les plantations de palmiers à huile ainsi que les forêts de diptérocarpe exploitées adjacentes à la réserve naturelle de Tabin[16]. Les mâles avaient des domaines vitaux plus grands que les femelles, atteignant en moyenne 3,5 km2 et 2,1 km2 respectivement. Le territoire de chaque mâle chevauchait celui d’une ou plusieurs femelles[16]. Dans l’ouest de Java, des chats-léopards ont été observés à proximité de zones habités, n’ayant pas peur de venir se reposer au sol[17].
Régime alimentaire

Comme la plupart des félins, le chat-léopard de la Sonde a un régime alimentaire exclusivement carnivore : les muridés constituent la plus grande part de ses proies, mais il chasse également d’autres petits mammifères comme des écureuils ou des toupayes, des oiseaux, dans une moindre mesure des reptiles comme des serpents et des geckos, ainsi que des amphibiens[12], de gros invertébrés et peu occasionnellement se rendre dans les élevages pour y voler de la volaille[2].
Les individus du Sabah ont été observés jusqu’à 4 m au-dessus du sol en train de chasser des rongeurs et des coléoptères, et se nourrissaient principalement du rongeurs des espèces Maxomys whiteheadi (en), Niviventer cremoriventer (en), Leopoldamys sabanus (en), ainsi que de lézards, de serpents et de grenouilles[16]. Ceux observé dans la plantation de palmiers au centre du Kalimantan, se nourrissaient principalement de rat des rizières et autres rongeurs[15]. Il préfère chasser dans ces zones bien qu’elles offrent un nombre limitée de prise car l’habitat y est plus ouvert et offre moins d’endroits où les petits animaux comme les rats peuvent se cacher[2]. Des fèces collectées dans des champs de canne à sucre sur l’île de Negros indiquent que les félins se nourrissent principalement de rongeurs tels que la souris domestique, le rat polynésien, le rat des rizières et le rat Tanezumi[18].
Reproduction et cycle de vie
Les femelles entrent une gestation pendent 56 à 70 jours, donnant naissance à 1 à 3 petits par portée. La maturité sexuelle est atteinte entre 10 et 18 mois, et la reproduction semble se produire tout au long de l’année. Les nouveau-nés ouvrent les yeux à environ 10 jours et commencent à consommer de la nourriture solide vers l’âge de 23 jours. Parmi leurs principaux prédateurs figurent le python réticulé, les grands rapaces comme les hiboux, ainsi que d’autres grands félins comme la panthère de Diard[2].
Relations avec l’Homme

L’espèce chassant dans les plantation de palmiers à huile, elle devient un élément efficace dans la lutte contre les rongeurs, cependant, il est réputé pour se montrer féroce et impossible à apprivoiser en captivité[2].
Menaces
À Java et à Bali, 219 chats-léopards de la Sonde ont été enregistrés dans 21 des 27 marchés de faune sauvage étudiés entre 1996 et 2018. Plus de la moitié étaient des chatons, ce qui indique qu’ils ont été capturés dans la nature. Le nombre d’individus proposés à la vente a diminué entre les enquêtes des années 1990 et 2018[19].
À Sumatra, l’espèce est menacée par la perte d’habitat liée à la déforestation[20].
Conservation
L'espèce est classée en préoccupation mineure au niveau mondial, mais espèce vulnérable aux Philippines. Elle figure en annexe II de la CITES[2].
Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Sunda leopard cat » (voir la liste des auteurs).
- ASM Mammal Diversity Database, consulté le 13 novembre 2025.
- (en) Castelló, José R., Felids and Hyenas of the World: Wildcats, Panthers, Lynx, Pumas, Ocelots, Caracals and Relatives, Princeton (NJ), Princeton University Press, , 278 p.
- (en) Kitchener, A. C.; Breitenmoser-Würsten, C.; Eizirik, E.; Gentry, A.; Werdelin, L.; Wilting, A.; Yamaguchi, N.; Abramov, A. V.; Christiansen, P.; Driscoll, C.; Duckworth, J. W.; Johnson, W.; Luo, S.-J.; Meijaard, E.; O'Donoghue, P.; Sanderson, J.; Seymour, K.; Bruford, M.; Groves, C.; Hoffmann, M.; Nowell, K.; Timmons, Z.; Tobe, S., « A revised taxonomy of the Felidae: The final report of the Cat Classification Task Force of the IUCN Cat Specialist Group », sur Cat News. Special Issue 11: 26–29,
- Desmarest, A.-G., Mammalogie, ou, description des espèces de mammifères, Paris, Mme Veuve Agasse, imprimeur‑libraire, 1820‑1822 (lire en ligne)
- ↑ Auguste Ménégaux (dir.) (ill. Wilhelm Kuhnert), La Vie des animaux illustrée : Les Mammifères, Paris, J.-B. Baillière et fils, 1902-1904, 525 p., in-4, p. 259
- ↑ Horsfield, T., Zoological researches in Java and the neighbouring islands, London, Kingbury, Parbury and Allen,
- ↑ (en) Brongersma, L. D., « Notes on some Recent and fossil cats, chiefly from the Malay archipelago », Zoologische Mededelingen, vol. 18, , p. 1–89
- Groves, C. P., Mammal Species of the World: A Taxonomic and Geographic Reference, Washington, Smithsonian Institution Press, (ISBN 1-56098-217-9)
- ↑ Patel, R. P., Wutke, S., Lenz, D., Mukherjee, S., Ramakrishnan, U., Veron, G., Fickel, J., Wilting, A. et Förster, D., « Genetic Structure and Phylogeography of the Leopard Cat (Prionailurus bengalensis) Inferred from Mitochondrial Genomes », Journal of Heredity, vol. 108, no 4, , p. 349–360 (PMID 28498987, DOI 10.1093/jhered/esx017
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- ↑ Haidir, I. A., Macdonald, D. W., Wong, W.-M., Lubis, M. et Linkie, M., « Population dynamics of threatened felids in response to forest cover change in Sumatra », PLOS ONE, vol. 15, no 8, (PMID 32785217, PMCID 7423073, DOI 10.1371/journal.pone.0236144
, Bibcode 2020PLoSO..1536144H)
Voir aussi
Articles connexes
- Le Chat-léopard, espèce dont sont issues les populations du Chat-léopard de la Sonde.
- Les Îles de la Sonde sont un ensemble d’îles situées en Asie du Sud-Est.
Liens externes
- (en) CITES : Prionailurus javanensis (Desmarest, 1816) (+ répartition sur Species+) (consulté le )
- (en) Catalogue of Life : Prionailurus javanensis (Desmarest, 1816) (consulté le )
- (fr + en) GBIF : Prionailurus javanensis (Desmarest, 1816) (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Prionailurus javanensis (Desmarest, 1816) (consulté le )
- (en) Mammal Diversity Database (MDD) : Prionailurus javanensis (A. G. Desmarest, 1816) (consulté le )
- (en) Paleobiology Database : Prionailurus javanensis (consulté le )
- (en) Taxonomicon : Prionailurus javanensis (Desmarest, 1816) (consulté le )
Autres liens externes
- « Chats‑léopards continental et de la Sonde », sur MNHN, Muséum national d’Histoire naturelle (consulté le )
- Portail des mammifères
- Portail des félins
- Portail de l’Asie



