Prison de Lurigancho

Establecimiento Penitenciario Lurigancho

Prison de Lurigancho
(es) Establecimiento Penitenciario Lurigancho
Image de l'établissement
Localisation
Pays Drapeau du Pérou Pérou
Département Lima
Province Lima
Localité Lima
District San Juan de Lurigancho (en)
Coordonnées 11° 59′ 32″ sud, 76° 59′ 48″ ouest
Géolocalisation sur la carte : Lima
(Voir situation sur carte : Lima)
Prison de Lurigancho
Géolocalisation sur la carte : Pérou
(Voir situation sur carte : Pérou)
Prison de Lurigancho
Architecture et patrimoine
Architecte(s) Fernando Belaúnde Terry
Construction -
Installations
Type Prison
Superficie 2,59 ha (terrain constructible) et 1,87 ha (bâtiment)
Fonctionnement
Date d'ouverture
Opérateur(s) Drapeau du Pérou Institut National Pénitentiaire (en)

La prison de Lurigancho, officiellement dénommée établissement pénitentiaire de Lurigancho (en espagnol : Establecimiento Penitenciario Lurigancho) et également connue sous le nom de prison de San Juan de Lurigancho, est une prison péruvienne pour hommes située dans le district de San Juan de Lurigancho (en) de la ville de Lima, dans la province de Lima et dans le département de Lima.

La prison, administrée par l'Institut national pénitentiaire (en), est la plus grande et la plus peuplée du pays.

Histoire

La construction de l'établissement est décidée en , sous le premier gouvernement de l'architecte Fernando Belaúnde Terry[1]. Il est destiné à remplacer le pénitencier de Lima (en), qui avait cessé d'être utilisé comme prison en et qui sera démoli dans les années suivantes[réf. nécessaire]. Les seules prisons qui étaient alors en activité dans le district de Lima depuis cette fermeture étaient les prisons d'El Sexto (en) et de San Jorge (en), toutes deux surpeuplées et situées en plein centre de la ville, ce qui générait une insécurité pour la population civile[réf. nécessaire].

La construction de la prison est planifiée sur un terrain situé dans le district de San Juan de Lurigancho (en), qui était à cette époque encore périphérique et éloigné de la ville de Lima mais qui est cependant complètement urbanisé à partir des années . Les travaux de construction sont réalisés malgré l'interdiction juridique de toute construction à moins de deux cents mètres des habitations. Depuis, la prison est immergée dans le tissu urbain de la ville[réf. nécessaire].

L'établissement entre en service quatorze ans après l'approbation de sa construction, le [1], lors de la première phase du Gouvernement révolutionnaire des forces armées, sous le gouvernement militaire du général Juan Velasco Alvarado[2]. Il était alors nommé Centre de Réinsertion Sociale (CRAS) et était destiné à l'incarcération de tous les prisonniers sans exclusion ni différenciation des délits ou de la récidive[réf. nécessaire]. Il avait alors une superficie totale de 2,56 ha et une superficie bâtie de 1,87 ha avec une capacité d'accueil de 2 500 places[réf. nécessaire].

En , elle a été baptisée prison de San Pedro[réf. nécessaire].

La prison a connu un pic de population carcérale en avec 11 247 détenus présents dans l'établissement pour redescendre à un nombre de 9 294 détenus en à la suite d'un plan de grâce, de grande ampleur mais parfois controversé, décidé par l'administration l'administration du président Alan García[3].

Description

Situé à 10 km du centre-ville de Lima, la capitale du Pérou[3], l'établissement pénitentiaire de Lurigancho est l'un des 18 établissements pénitentiaires de la région de Lima[4]. La prison est la plus grande et la plus surpeuplée du Pérou, abritant plus d'un quart des détenus du pays, et est l'une des plus dangereuses d'Amérique du Sud et a été classée comme l'une des 10 prisons les plus dangereuses du monde[5],[3].

L'établissement a une capacité d'accueil de 3 204 places uniquement pour hommes[4], prévenus ou condamnées[4], mais l'établissement accueillait 9 735 détenus au , selon les chiffres officiels de l'Institut national pénitentiaire (en), avec un ratio de 100 détenus pour un agent pénitentiaire, mais le nombre réel de détenus incarcérés pourrait être supérieur[3].

Il est divisé en 20 blocs répartis entre 2 zones : les blocs impairs constituent « le Jardin » (en espagnol : El Jardín), qui est la zone la plus privilégiée, tandis que les blocs pairs constituent « La Pampa », la zone la plus marginale et dangereuse[3]. Ces deux zones sont séparées par « El Jirón de la Unión », artère principale de la prison où se trouvent également les différents commerces internes à la prison[3]. La prison dispose également d'un quartier exclusivement destiné à regrouper les détenus tuberculeux pour les isoler des autres[3] ainsi qu'un bâtiment destiné à accueillir les détenus étrangers[6].

La prison est gangrénée par la corruption et la toxicomanie ainsi que par la tuberculose qui touche de nombreux détenus du fait de l'insalubrité[3].

La sécurité intérieure de la prison est assurée par l'Institut national pénitentiaire (en) et la sécurité extérieure est assurée par la police nationale du Pérou (en)[réf. nécessaire].

Actions de réinsertion par le travail et la formation des détenus

En , une marque de vêtements fabriqués par les détenus est lancée par un entrepreneur français nommé Thomas Jacob[7].

Détenus notables

  • Juan Navarro : détenus incarcéré et « oublié » dans la prison durant 37 ans sans qu'aucune décision de justice n'ait été retrouvée pour justifier de son incarcération. Emprisonné le , il est libéré en [8].
  • Jason Sanford Staling Conquet : détenu néerlandais qui a assassiné sa compagne à l'intérieur de la prison à la suite d'une dispute alors qu'elle lui rendait visite puis l'a enterrée à l'intérieur de sa cellule[9].

Événements notables

En , un détenu parvient à organiser une grande fête d'anniversaire à l'intérieur de la prison, avec de nombreux invités, dont des femmes et plusieurs membres du personnel de l'établissement, de l'alcool et deux orchestres. Cet événement, filmé dont les vidéos ont été diffusées à la télévision nationale, est remonté jusqu'au Premier Ministre Juan Jimenez qui a destitué le directeur de la prison ainsi que tous les membres du personnel ayant participé à cette fête[10].

En , l'établissement organise une séance d'aérobic qui a duré 3 heures et regroupé 1 200 détenus, destinée à entrer dans le Livre Guiness des records. Cet événement était cependant consécutif à l'évasion de 5 détenus survenue durant la même semaine[11].

En , à l'occasion de la qualification du Pérou pour la Coupe de monde de football 2018, pour la première fois en 36 ans, les autorités pénitentiaires du pays ont organisé un tournoi de football entre des équipes de détenus provenant de 16 prisons péruviennes, chacun prenant le nom d'un pays. La compétition a duré un mois et la finale, qui s'est déroulée au Stade monumental de Lima, a opposé l'équipe de la prison de Chimbote à l'équipe de prison de Lurigancho, aboutissant à la victoire de ces derniers[12].

En , un détenu nommé John Kennedy Javier Sebastian parvient à s'évader de la prison en escaladant l'enceinte. Son évasion est filmée par les autres détenus, les vidéos publiées sur Internet devenant rapidement virales[13].

Notes et références

  1. « Penales: Penal Lurigancho | CDI », sur lum.cultura.pe (consulté le )
  2. (es) Masiel Chamorro Lopez, « El penal de Lurigancho 30 años después », sur www.inpe.gob.pe (consulté le )
  3. (en-US) « Inside Peru’s Lurigancho Prison | ReVista » (consulté le )
  4. (es) INPE, « INFORME ESTADÍSTICO » Accès libre [PDF], sur inpe.gob.pe,
  5. « Pérou. Pourquoi Juana vit en prison sans avoir jamais été inculpée », sur Courrier international, (consulté le )
  6. « Au Pérou, une prison ordinaire ... », sur Le Monde diplomatique, (consulté le )
  7. « Reportage international - Pérou: le succès d'une marque de vêtements fabriqués par des prisonniers », sur RFI, (consulté le )
  8. « Oublié en prison pendant 37 ans - Pérou », sur parismatch.com, (consulté le )
  9. « Pérou : il enterre sa femme en prison », sur Le Figaro, (consulté le )
  10. Thierry Portes, « Au Pérou, la prison c'est parfois l'eldorado », sur Le Figaro, (consulté le )
  11. « Pérou: séance d'aérobic pour le Guiness dans une prison de Lima », sur Le Point, (consulté le )
  12. AFP, « Le Pérou, champion du Mondial de football... des prisonniers », sur Challenges, (consulté le )
  13. « Au Pérou, la vidéo spectaculaire de John Kennedy s’évadant de prison », sur parismatch.com, (consulté le )

Voir aussi

Articles connexes

  • Prison au Pérou
  • Institut national pénitentiaire (en)
  • Ministère de la justice et des droits humains (en)
  • Établissement pénitentiaire Miguel Castro Castro (es)

Liens externes

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