Prison des ours polaires
Polar bear jail
| Prison des ours polaires (en) Polar bear jail | |
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| Localisation | |
|---|---|
| Pays | |
| Province | |
| Localité | Churchill |
| Coordonnées | 58° 45′ 13″ nord, 94° 04′ 26″ ouest |
| Architecture et patrimoine | |
| Construction | |
| Installations | |
| Type | Bâtiment |
| Capacité | 28 places |
| Fonctionnement | |
| Opérateur(s) | Programme Polar Bear Alert |
| Statut actuel | En fonctionnement (d) |
Le centre de détention des ours polaires (en anglais : Polar Bear Holding Facility), communément appelé prison des ours polaires (en anglais : Polar bear jail), est un bâtiment spécial canadien situé à Churchill, au Manitoba, où les ours blancs considérés comme problématiques ou dangereux sont isolés jusqu'à ce qu'ils puissent être relocalisés[1].
Avant la création de l'établissement, les ours blancs considérés comme dangereux étaient abattus. Un exemple marquant est celui d'un ours blanc nommé « Cédric ». Cet ours était très malicieux et attaquait souvent les employés. Finalement, l'euthanasie s'avéra la solution la plus sûre, et c'est donc avec le cœur lourd que Cédric fut abattu devant la prison[2].
Historique
Le village de Churchill, surnommé la « capitale mondiale de l'ours polaire »[3],[4], se trouve sur l'une des principales routes migratoires des ours blancs[5].
La prison est créée en [6] ou en dans un hangar datant des années , après qu'une personne ait été attaquée par un ours dans la rue[7]. L'établissement est le sujet du poème « Churchill Bear Jail » du chef salish Victor A. Charlo[8].
Initialement, l'établissement comptait vingt cellules pouvant accueillir seize ours isolés et quatre groupes familiaux[1]. En , le bâtiment a été agrandi et compte désormais 28 cellules[9]. En , les 28 cellules du bâtiment peuvent accueillir une trentaine d'ours avec deux cellules peuvent accueillir les mères et leurs petits et cinq cellules climatisées pour pallier les températures trop chaudes[10],[11].
En , 53 ours blancs ont été incarcérés dans la prison avant d'être relâchés une fois l'hiver installé et que la glace se soit formée[12]. Une cinquantaine d'ours sont ainsi capturés chaque année avant d'être relâchés, avec un record de 176 captures en [3].
Du fait du réchauffement climatique, la banquise fond de plus en plus tôt chaque année forçant ainsi de plus en plus d'ours blancs à se rapprocher des zones habitées pour trouver de la nourriture et y passer l'été[4],[13],[14].
Fonctionnement

Les agents du programme d'alerte des ours polaires (en anglais : Polar Bears Alert Program ou PBAP) répondent aux signalements des habitants et interviennent pour capturer et emprisonner les ours[3]. Les ours dangereux sont ainsi tranquillisés ou piégés lors de leur capture puis pesés, mesurés et marqués pour être identifiés[10].
Les ours peuvent y rester de deux à trente jours. Si un ours avait été capturé à plusieurs reprises, la durée de sa captivité aurait pu être prolongée[7]. L'idée est qu'une captivité prolongée créerait un sentiment de danger chez les ours, les dissuadant ainsi de s'approcher de la ville. Les ours ne sont pas nourris pendant leur captivité. Leur cycle de vie naturel impliquant de longues périodes de jeûne, leur organisme est adapté à la privation de nourriture pendant une période prolongée[15].
À l'approche de l'hiver, lorsque la glace est formée dans la baie d'Hudson, les ours sont relâchés. Ils sont à nouveau tranquillisés et transportés par hélicoptère loin de la ville[5],[7].
Les habitants de Churchill doivent toujours rester vigilants à l'extérieur, car il est dit localement qu'un millier d'ours polaires fréquentent les abords de la ville en été[9],[16].
Des panneaux signalant « Alerte ours polaire » (en anglais : Polar Bear Alert) sont installés sur les rives de la baie d'Hudson et de la rivière Churchill, et toute personne apercevant un ours polaire peut appeler un numéro de téléphone désigné, auquel cas des employés du ministère des Ressources naturelles du Canada viendront le capturer[7].
La population locale considère que la mise en place de la prison a sauvé des vies car aucune personne n'a succombé à une attaque d'ours blanc depuis sa mise en place[14]. Néanmoins, certains détracteurs, tels que la WWF, considèrent que la prison incite les ours blancs à se rapprocher des habituations, accoutument les ours à la présence des humains ou déplacent le problème dans d'autres zones habitées, notamment certains zones situées dans le Nunavut[17].
Notes et références
- (en) « Churchill Pictures: The Polar Bear "Jail" » [archive du ], www.bears.org (consulté le )
- ↑ (en) « Cedric Incident », The Arctic History Archives (consulté le )
- « Churchill, la « capitale mondiale de l'ours polaire » bientôt envahie par un nombre record d'ours - Geo.fr », sur www.geo.fr, (consulté le )
- Corinne Picard, « Au Canada, les ours polaires « délinquants » vont aussi en prison », sur VSD, (consulté le )
- « Churchill : 800 habitants 1200 ours », sur France Inter, (consulté le )
- ↑ (en) Wilkerson James A., Ernest E. Moore et Ken Zafren, Medicine for Mountaineering: And Other Wilderness Activities, The Mountaineers Books, , 323 p. (ISBN 9781594853937, lire en ligne [archive du ])
- (en) « Into the Wilds of the Canadian Arctic: On the Polar Bear Trail » [archive du ], (consulté le )
- ↑ (en) Brady Harrison, All Our Stories Are Here: Critical Perspectives on Montana Literature, U of Nebraska Press, (ISBN 978-0803222779, lire en ligne [archive du ]), p. 30
- (ru) « В канадском городе Черчилль расширяют тюрьму для белых медведей » [archive du ], newsmake.net (consulté le )
- « La minute insolite : au Canada, les ours qui se comportent mal sont envoyés en prison - RTBF Actus », sur RTBF (consulté le )
- ↑ Isabelle Leca, « Au Canada les ours polaires « délinquants » de Churchill apprennent en prison à avoir peur de l’homme », sur Le chasseur français, (consulté le )
- ↑ Radio-Canada, « 53 ours polaires en prison », sur Radio-Canada, (consulté le )
- ↑ « CONSERVATION. Délicate mission pour la patrouille des ours polaires », sur Courrier international, (consulté le )
- « Ours polaires en prison climatisée », sur Le Figaro, (consulté le )
- ↑ (en) « Complete Polar Bear Facts » [archive du ], (consulté le )
- ↑ (en-GB) Zed Nelson, « A jail for wayward polar bears? You must be in Churchill, Canada… », The Guardian, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- ↑ Radio-Canada, « La prison pour ours polaires de Churchill peu efficace, dit le WWF », sur Radio-Canada, (consulté le )
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
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