Prix Fetkann ! Maryse Condé

Prix Fetkann ! Maryse Condé
Organisateur CIFORDOM

Le Prix Fetkann ! Maryse Condé est un prix littéraire français créé en 2001.

Présentation

Maryse Condé en 2008.
Maryse Condé en 2008.

Le Prix Fetkann ! Maryse Condé est créé en 2001 dans le cadre de l’application de la Loi tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité, dite loi Taubira, du nom de la députée rapporteuse Christiane Taubira. Celle-ci concerne la reconnaissance, en France, comme crime contre l'humanité des traites et des esclavages pratiqués à partir du XVe siècle sur les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes[1].

Il est organisé par le Centre d’information, de formation, recherche et développement pour les originaires d’outre-mer (association CIFORDOM)[2],[3].

Le nom Fetkann ! signifie fête de la canne en langue créole. La canne à sucre rappelle l’itinéraire Afrique-Antilles, l’exploitation des esclaves et leur combat pour la liberté[4]. La fin de sa récolte fait l'objet traditionnellement d'une fête[5].

Le Prix Fetkann ! récompense des travaux récents réalisés en faveur du devoir de mémoire, qui font vivre les valeurs républicaines et amplifient les voix des pays du Sud[6]. Il est ouvert à toutes et tous, quels que soient leur origine, leur âge et leur nationalité[1].

Il comprend quatre catégories[1] :

  • Le prix Mémoire récompense un ouvrage de fiction ou documentaire.
  • Le prix de la Recherche récompense un travail de recherche réalisé par des étudiants inscrits dans une université francophone et aux chercheurs confirmés.
  • Le prix de la Jeunesse récompense une œuvre de fiction ou un essai écrit par un auteur mineur, ou un ouvrage destiné aux jeunes, sans limite d’âge.
  • Le prix de la Poésie récompense un recueil de poèmes.

Liste des lauréats

Catégorie Mémoire

Fabienne Kanor en 2010.
Fabienne Kanor en 2010.

Catégorie Recherche

Eric Jennings en 2010.
Eric Jennings en 2010.
  • 2004 : Yves Bénot, pour La modernité de l’esclavage : essai sur la servitude au cœur du capitalisme, La Découverte.
  • 2005 : Frédéric Régent (Frédéric Régent), pour Esclavage, métissage, liberté : La Révolution française en Guadeloupe 1789‑1802, Grasset.
  • 2006 : Eric Deroo et Sandrine Lemaire, pour L’illusion coloniale, Tallandier.
  • 2007 : Pierre H. Boulle (Pierre H. Bouillé), pour Race et esclavage dans la France de l’Ancien Régime, Perrin.
  • 2008 : Jean Crusol, pour Les îles à sucre, Les Perséides[8].
  • 2009 : Jean‑Louis Donnadieu, pour Un grand seigneur et ses esclaves : le comte de Noé entre Antilles et Gascogne 1728‑1816, Presses Universitaires du Mirail‑Toulouse[9].
  • 2010 : François Blancpain, pour Étienne de Polverel Libérateur des esclaves de Saint‑Domingue, Les Perséides[10].
  • 2011 : Guillaume Hervieux, pour L’ivresse de Noé : Histoire d’une malédiction, Perrin.
  • 2012 : Vincent Cousseau, pour Prendre nom aux Antilles (individu et appartenances XVII‑XIXe siècle), Société de l’histoire de France.
  • 2013 : Collectif, Guyane, pour Histoire & Mémoire, Ibis Rouge.
  • 2014 : Eric Jennings, pour La France libre fut africaine, Perrin.
  • 2015 : Céline Flory, pour De l’esclavage à la liberté forcée. Histoire des travailleurs africains engagés dans la Caraïbe française au XIXᵉ siècle, Karthala.
  • 2016 : Pierre Vermeren (Pierre Vermeren), pour Les chocs des décolonisations : De la guerre d’Algérie aux printemps arabes, Odile Jacob.
  • 2017 : Bernard Gainot, pour La révolution des esclaves. Haïti, 1763‑1803, Vendémiaire[12].
  • 2018 : Glen Sean Coulthard, pour Peau rouge, masques blancs : Contre la politique coloniale de la reconnaissance, LUX[14].
  • 2019 : Anne Lafont, pour L’art et la race : L’Africain (tout) contre l’œil des lumières, Les pressses du réel[15].
  • 2020 : Malcom Ferdinand, pour Une écologie décoloniale : penser l’écologie depuis le monde caribéen, Seuil.
  • 2022 : Collectif, Haïti‑France, pour Les chaînes de la dette : Le rapport Mackau (1825), Maisonneuve & la Rose / Hémisphères[17].
  • 2023 : Marie‑Jeanne Rossignol, pour Noirs et blancs dans le mouvement antiesclavagiste aux États‑Unis (1760‑1830), Karthala[3].
  • 2024 : Bruno Maillard (Bruno Maillard), pour La vie des esclaves en prison, Plon.
  • 2025 : Flore Pavy, Voukoum, pour Esprits rebelles du carnaval guadeloupéen (Maison des Sciences de l'Homme), Maison des sciences de l’Homme Paris-Nord[2].

Catégorie Jeunesse

Yves Pinguilly en 2011.
Yves Pinguilly en 2011.
  • 2004 : Yves Pinguilly, pour Un tirailleur en enfer, Nathan.
  • 2005 : Bertrand Solet, pour Chasseurs d’esclaves, Flammarion Castor Poche.
  • 2006 : Patricia C. M. Kissack, pour Je suis une esclave, Journal de Clotée, 1859‑1960, Gallimard Jeunesse.
  • 2007 : Gilles Gauvin, pour Abécédaire de l’esclavage des Noirs, Dapper.
  • 2008 : Béatrice Tanaka, pour La légende de Chico Rei, Kanjil[8].
  • 2009 : Alain Guédé et Serge Hochain, pour Le Chevalier de Saint-Georges, Dagan et Mat[9].
  • 2010 : Anne Blanchard, pour Francis Mizio et Serge Bloch, L’Encyclopédie des rebelles insoumis et autres révolutionnaires, Gallimard Jeunesse[10].
  • 2011 : Danièle Bernini-Montbrand, pour Mangotine et la Bête à Man Ibè, K. Éditions.
  • 2012 : Sarah Cohen-Scali, pour Max, Gallimard Jeunesse.
  • 2013 : Serge Diantantu, pour Homme noir, d’Afrique, d’Amérique et des Antilles, Tome 1, Caraïbéditions.
  • 2014 : Natacha Scheidhauser et Vincent Caut, pour L’Afrique à petits pas, Actes Sud Junior.
  • 2015 : Riad Sattouf, pour L’Arabe du futur, Une jeunesse au Moyen-Orient (1984-1985), Allary Editions.
  • 2016 : Collectif, pour La République et ses valeurs expliquées aux enfants, Aux grands aussi parfois !, Play Bac.
  • 2017 : Stéphane Frattini et Stéphanie Ledu (ill. Julien Castanié), pour L’Atlas des inégalités, Milan[12].
  • 2018 : Barbara Jean-Élie, pour Sina et le secret de la Caraïbe, Diasporamix[14].
  • 2019 : Katy François et Didier Duroc, pour Sous le quenettier de Mamy Ayuda, Tome 1 : Apprentis sages, Belbalan[15].
  • 2020 : Ilyasah Shabazz et AG Ford, pour Malcolm Little, le garçon qui allait devenir Malcolm X, Roots Éditions.
  • 2022 : Cynthia Gocoul, pour J’étais assise sur un petit banc, Neg Mawon[17].
  • 2023 : Ibi Zoboi et Yusef Salaam, pour Mes coups seront mes mots, Gallimard Jeunesse[3].
  • 2024 : Élise Fontenaille, pour Missak et Mélinée, une histoire de l’Affiche rouge, Éditions du Rouergue.
  • 2025 : Amina Luqman-Dawson, pour Les enfants de Freewater, Milan[2].

Catégorie Poésie

Joséphine Bacon en 2017.
Joséphine Bacon en 2017.
  • 2005 : Collectif (anthologie poétique d’inédits), pour Hurricane, Cris d’insulaires, Desnel.
  • 2006 : Daniel Maximin, pour Les fruits du cyclone, Seuil.
  • 2007 : Yves Untel‑Pastel, pour L’humeur des cannes, L’Harmattan.
  • 2008 : Noël James, pour Le sang visible du vitrier, Cidihca[8],[18].
  • 2009 : Suzanne Dracius, pour Exquise déréliction métisse, Desnel.
  • 2010 : Édouard Glissant, pour Philosophie de la Relation, poésie en étendue, Gallimard[10].
  • 2011 : Yvonne Gombaud‑Saintonge, pour Fleurs du Gaïac, Poètes guadeloupéens du XXᵉ siècle, Jasor.
  • 2012 : Dominique Deblaine, pour Paroles d’une île vagabonde, Riveneuve[19].
  • 2013 : Catherine Boudet, pour Bourbon hologramme, L’Harmattan.
  • 2014 : Marc Alexandre Oho Bambe, pour Le chant des possibles, La Cheminante[20].
  • 2015 : Jean‑Marc Rosier, pour Urbanîle, Dumerchez[21].
  • 2016 : Joël Des Rosiers, pour Tryptique, Chaux[22].
  • 2017 : Gabriel Garran, pour Filiation, Riveneuve[12].
  • 2018 : Joséphine Bacon, pour Uiesh, Quelque part, Mémoire d’encrier[14].
  • 2020 : Nassuf Djailani, pour Naître ici, Bruno Doucey[23].
  • 2022 : Saindoune Ben Ali, pour Johanna, Pour toi pour moi, Project’îles[17].
  • 2023 : Stève Wilifrid Mounguengui, pour Tu as fait de moi celui qui enjambe la monde, du Mauconduit[3].
  • 2024 : Laetitia Juraver, Exodus, pour Journal de bord d’une atypique, Nèg Mawon.
  • 2025 : Caroline Despont, pour La femme qui attendait la pluie, Tarmac[2].

Références

  1. Marie Saint-Louis, « Prix Littéraire FETKANN ! Edition 2012 » Accès libre, sur Africultures, (consulté le )
  2. Hocine Bouhadjera, « Les lauréats du prix littéraire Fetkann ! Maryse Condé 2025 » Accès libre, sur ActuaLitté.com, (consulté le )
  3. CB., « Le prix littéraire Fetkann ! Maryse Condé a été attribué à "Guadeloupe, mai 67" d’Elsa Dorlin » Accès libre, sur Guadeloupe La 1ère, (consulté le )
  4. « Prix littéraire Fetkann ! Maryse Condé, catégorie recherche | Livres Hebdo », sur www.livreshebdo.fr (consulté le )
  5. « La Fête de la canne résonne à Beauport » Accès payant, sur guadeloupe.franceantilles.fr, (consulté le )
  6. Louella Boulland, « Le Prix Fetkann ! Maryse Condé lance son édition 2025 » Accès libre, sur ActuaLitté.com, (consulté le )
  7. Sophie Saint-Just, « Fabienne Kanor » Accès libre, sur Île en île, (consulté le )
  8. « Jean Crusol, Pap Ndiaye, Béatrice Tanaka et James Noël lauréats du Fetkann 2008 » Accès payant, sur martinique.franceantilles.fr, (consulté le )
  9. « Le prix Fetkann 2009 honore Maryse Condé » Accès payant, sur guadeloupe.franceantilles.fr, (consulté le )
  10. « Edouard Glissant lauréat du prix Fetkann » Accès payant, sur martinique.franceantilles.fr, (consulté le )
  11. Thomas C. Spear, « Maryse Condé » Accès libre, sur Île en île, (consulté le )
  12. Victor De Sepausy, « Les lauréats 2017 du Prix Littéraire Fetkann ! Maryse Condé » Accès libre, sur ActuaLitté.com, (consulté le )
  13. Thomas C. Spear, « Gary Victor » Accès libre, sur Île en île, (consulté le )
  14. « Quatre femmes récompensées par le prix Fetkann' Maryse Condé » Accès payant, sur guadeloupe.franceantilles.fr, (consulté le )
  15. FXG, « Le 16e prix Fetkann' de la mémoire attribué à Christiane Taubira » Accès libre, sur martinique.franceantilles.fr, (consulté le )
  16. Kathleen Gyssels, « Christiane Taubira », sur Île en île, (consulté le )
  17. Dépêche, « Les lauréats du Prix Littéraire Fetkann ! Maryse Condé révélés » Accès libre, sur ActuaLitté.com, (consulté le )
  18. Thomas C. Spear, « James Noël » Accès libre, sur Île en île, (consulté le )
  19. Clotilde Martin, « "Je crois qu'écrire, c'est avoir le souci de l'autre et le souci de soi" », sur ActuaLitté.com, (consulté le )
  20. Cécile Mazin, « Le Chant des possibles, Prix Paul Verlaine de l'Académie Française » Accès libre, sur ActuaLitté.com, (consulté le )
  21. Thomas C. Spear, « Jean-Marc Rosier » Accès libre, sur Île en île, (consulté le )
  22. Thomas C. Spear, « Joël Des Rosiers » Accès libre, sur Île en île, (consulté le )
  23. Thomas C. Spear et Claire Riffard, « Nassuf Djailani » Accès libre, sur Île en île, (consulté le )

Liens externes

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